29/06/2026 5 mins de lecture
Origine, transmission, espoirs pour la recherche… L’ANRS Maladies infectieuses émergentes, agence dédiée, et l’Inserm font le point sur les données scientifiques disponibles sur le variant Bundibugyo d’Ebola, à l’origine d’une épidémie en République démocratique du Congo déclarée comme « urgence sanitaire de portée internationale » par l’OMS.
D’où vient ce virus ?Le virus Bundibugyo est une forme du virus Ebola identifiée pour la première fois en 2007 en Ouganda, puis observée à nouveau lors d’une épidémie en 2012 en République démocratique du Congo (RDC)[1].
Comme les autres virus Ebola, il est probablement d’origine animale. Les chercheurs pensent qu’il circule chez certaines chauves-souris qui se nourrissent de fruits, avant de passer à l’humain. La contamination survient le plus souvent lors de contacts étroits avec des animaux infectés, vivants ou morts, notamment en zone forestière.
Les deux flambées précédemment rapportées présentaient des taux de létalité respectifs de 31 % et 34 %.
Le virus Ebola se transmet par contact direct avec des fluides corporels tels que le sang, la salive, l’urine, le lait maternel, le sperme, la sueur, les selles et les vomissures des personnes infectées.
Les personnes contaminées ne sont pas contagieuses avant l’apparition des symptômes, mais elles le deviennent dès les premiers signes de la maladie[2].
Les soins prodigués sans mesures de prévention ni contrôle des infections, les soins à domicile et les pratiques funéraires impliquant un contact rapproché avec les corps sont des circonstances majeures de transmission3.
Le diagnostic repose sur un test réalisé en laboratoire, qui permet de détecter la présence du virus dans le sang. Des tests antigéniques rapides peuvent être utilisés en première intention dans les zones éloignées, mais nécessitent une confirmation par PCR[3].
Après une incubation qui peut aller de 2 à 21 jours2, la maladie se manifeste d’abord par des symptômes évoquant ceux d’une grippe : une fièvre, une grande fatigue, des maux de tête ou des douleurs musculaires.
Des troubles digestifs (vomissements, diarrhées, douleurs abdominales…) peuvent ensuite apparaître, suivis, dans certains cas, de saignements et/ou d’atteintes touchant plusieurs organes.
Les modélisations réalisées à ce stade par Vittoria Colliza, directrice de recherche à l’Inserm, avec Santé publique France montrent que le risque d’importation du virus en France hexagonale et à Mayotte est très faible. Elles seront constamment mises à jour afin d’anticiper au mieux l’évolution de l’épidémie. De plus, il n’existe pas de connexion aérienne directe entre la région aujourd’hui concernée par l’épidémie et l’Hexagone[4].
| Consulter la carte interactive des cas d’Ebola. |
L’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE), agence autonome de l’Inserm dédiée aux maladies infectieuses émergentes, a été désignée par l’OMS pour coordonner le Collaborative Open Research Consortium (CORC) consacré aux filovirus afin d’anticiper et de répondre aux menaces sanitaires émergentes comme Ebola et Marburg. Actuellement, il n’existe aucun vaccin ni traitement homologué contre la souche Bundibugyo.
Dès le signalement des premiers cas, l’ANRS MIE, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ont réuni des experts pour préparer la mise en place rapide des essais cliniques, en particulier ceux portant sur les traitements et les vaccins, et de définir les priorités scientifiques et opérationnelles de la réponse.
Un protocole international appelé Partner a été activé pour permettre d’évaluer rapidement des traitements en situation d’épidémie. En parallèle, des études sont prévues pour suivre des personnes exposées au virus et tester des stratégies de prévention médicamenteuses après exposition, dont l’étude EBO-PEP sponsorisée par l’ANRS MIE[5]. Des travaux sont également en cours pour pouvoir déployer rapidement des essais vaccinaux si nécessaire.
Enfin, l’ANRS MIE est également mobilisée à travers son dispositif Émergence de réponse aux crises. Une cellule Émergence de niveau 1 est ouverte pour suivre activement les épidémies à filovirus. Cette activité consiste à mettre en place une veille scientifique renforcée ainsi qu’à définir les priorités de recherche en lien avec les communautés scientifiques, les groupes d’experts et les associations, et à produire de l’information à destination des décideurs publiques. Le suivi de l’épidémie à virus Ebola Bundibugyo de mai 2026 s’inscrit dans cette démarche.
Plusieurs traitements sont actuellement à l’étude, avec des niveaux de preuve encore limités chez l’humain pour ce variant précis.
Le candidat le plus avancé est un traitement à base de deux anticorps capables de neutraliser le virus, appelé MBP134, qui a été testé sur des primates non humains, avec des résultats encourageants[6].
Une version optimisée, appelée MBP431, a également été développée pour agir plus longtemps dans l’organisme et être plus simple à administrer, notamment par injection intramusculaire. Testée chez l’animal, cette forme pourrait faciliter son utilisation sur le terrain, en particulier chez des personnes récemment exposées au virus, afin d’éviter le développement de la maladie[7].
Un autre médicament, le remdesivir, déjà utilisé contre la Covid-19, montre une activité antivirale contre le variant Bundibugyo en laboratoire [8],[9]. Cependant, son efficacité chez l’humain n’est pas démontrée à ce stade.
Enfin, un antiviral appelé obeldesivir est également étudié. Administré par voie orale, il pourrait présenter un intérêt particulier en contexte d’épidémie, car il serait plus facile à distribuer rapidement à des personnes exposées. Mais là encore, les données disponibles restent pour le moment limitées[10].
À ce jour, aucun vaccin spécifiquement conçu contre le virus Bundibugyo n’est disponible.
Le vaccin Ervebo, utilisé contre une autre forme d’Ebola, pour la souche Zaïre, est le seul actuellement homologué et disponible en stock. Des données chez l’animal suggèrent qu’il pourrait offrir une protection partielle contre Bundibugyo[11], de l’ordre de 70 à 80 %, mais cela n’a pas été confirmé chez l’humain.
Un autre schéma vaccinal, Zabdeno/Mvabea, développé contre Ebola Zaïre, semble peu adapté à ce variant, car il cible principalement une autre souche du virus[12].
Plusieurs candidats vaccins spécifiquement dirigés contre Bundibugyo sont en cours de développement, comme rVSV-BDBV GP, qui a montré une protection chez l’animal, y compris après exposition. D’autres approches visent une protection plus large contre plusieurs virus Ebola, mais elles en sont encore à des stades précoces de recherche et ne sont pas disponibles à ce stade.
Article
Publié le 11/09/2025
Information proposée par mpedia, site d’informations santé pour les parents, édité par l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA)
En 2022, on célébrait les 50 ans du dépistage néonatal en France. Cet examen de santé publique réalisé chez tous les nouveau-nés dans les jours suivant la naissance, permettait de dépister 6 maladies métaboliques graves, auxquelles a été ajouté le dépistage de la surdité. Début 2023, ce dépistage est étendu à 7 maladies supplémentaires. Depuis le 1er septembre 2025, 3 nouvelles maladies viennent encore compléter ce programme national, portant à 16 le nombre de maladies recherchées chez les nouveau-nés.
Qu’est-ce que le dépistage néonatal ? Quelles maladies permet-il de détecter ? Retrouvez dans cet article les nouvelles recommandations mises en place en 2023 concernant le dépistage néonatal.
Je retiens !
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Le dépistage néonatal est proposé aux parents de chaque enfant né en France, à la maternité, dans les jours qui suivent la naissance. Financé par l’assurance maladie et réalisé avec l’accord des parents, ce dépistage aussi appelé « test de Guthrie » repose sur le prélèvement de quelques gouttes de sang au niveau du talon. Celles-ci sont ensuite déposées sur un papier buvard pour être analysées dans un centre régional de dépistage néonatal (CRDN) chargé de faire les analyses.
À partir d’un seul et infime prélèvement sanguin, il est possible de détecter un ensemble de maladies rares mais graves pour la santé, la croissance et le développement de l’enfant. Un diagnostic précoce, avant l’apparition des premiers signes cliniques, réduit considérablement la morbidité et le risque de séquelles potentielles.
En effet, ces maladies souvent d’origine génétique, ne sont pas visibles à la naissance. Les détecter très tôt avec ce test de dépistage permet de traiter les enfants et de leur proposer un accompagnement rapidement. Depuis 1972, plus de 35 millions d’enfants ont été dépistés et 23 500 enfants ont été pris en charge grâce à ce dépistage.
Depuis sa mise en place en 1972, le dépistage néonatal dépistait 6 maladies, à savoir :
Depuis le 1er janvier 2023, le Ministère de la Santé et de la Prévention a étendu le dépistage néonatal à la recherche de 7 erreurs innées du métabolisme qui empêchent l’utilisation par l’organisme de certains acides aminés présents dans les protides ou acides gras présents dans le graisses. Ces maladies héréditaires aux conséquences graves souvent rapidement mortelles ne nécessitent généralement pas de traitement médicamenteux particulier, mais elles nécessitent un régime alimentaire adapté et une supplémentation vitaminique…) :
Le dépistage de ces 7 nouvelles erreurs innées du métabolisme vient s’ajouter au dépistage de la surdité permanente et des 6 maladies déjà détectées lors du dépistage néonatal.
Depuis le 1er septembre 2025, le programme national de dépistage néonatal s’élargit encore : trois nouvelles maladies rares mais graves peuvent désormais être détectées dès les premiers jours de vie, permettant une prise en charge rapide et adaptée.
Déficits immunitaires combinés sévères (DICS) :
Amyotrophie spinale infantile (SMA) :
Déficit en acyl-coenzyme A déshydrogénase des acides gras à chaîne très longue (VLCAD) :
Les résultats du dépistage néonatal ne sont communiqués aux parents qu’en cas de test anormal ou douteux. Un résultat anormal à un test de dépistage doit obligatoirement être vérifié au plus vite et confirmé. Ensuite, le processus de prise en charge complet se met en place : information aux parents, prise de rendez-vous avec un médecin spécialiste et, si le diagnostic est confirmé, mise en place du traitement, puis organisation de l’accompagnement adapté.
En plus des 16 maladies dépistées, des tests de surdité sont réalisés à la maternité. En effet, environ un bébé sur 1000 présente un déficit auditif à la naissance.
Le test de la surdité permanente a lieu avant la sortie de la maternité, dans un environnement silencieux, quand l’enfant est calme ou endormi. 2 tests de dépistage sont utilisés :
La technique des OEAA consiste à envoyer un petit son dans l’oreille de votre bébé et à recueillir la réponse de la cochlée (l’organe de l’audition) à cette stimulation sonore.
Les PEAa explorent le fonctionnement des voies de l’audition (oreille interne, nerf auditif, aires cérébrales de l’audition). Elles sont à privilégier dans la population des nouveau-nés à risque (prématurés, enfants nés avec un retard de croissance, hospitalisation en unité de soins intensifs, infection néonatale …)
Néanmoins, ne soyez pas étonnés si l’on ne réalise pas ce test chez votre enfant, car le dépistage des troubles de la surdité n’est pas généralisé en France bien qu’il soit recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS).
Pour aller plus loinCliquez-ici pour savoir où se situe le centre régional de dépistage néonatal (CRDN) dans votre région. |
À retrouver sur https://www.mpedia.fr/art-depistage-neonatal/
www.mpedia.fr, est un site de soutien à la parentalité porté par l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA). Son objectif est de mettre à la disposition des futurs parents et des parents d’enfants de 0 à 11 ans des informations scientifiquement fiables sur le développement et la santé des enfants. Ce site est d’accès gratuit et sans publicité.
Vous y trouverez de très nombreux articles traitant de la santé physique ou psychologique, des maladies, de la nutrition, du sommeil, de la parentalité et de l’éducation, de l’école, du comportement… du début de la grossesse aux portes de l’adolescence. Ces articles sont écrits par plus de 170 experts de la santé de la petite enfance.
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