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Publié le 29/06/2026
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
Les paris sportifs sont aujourd'hui la deuxième forme de jeu la plus pratiquée en France, derrière les loteries. Le phénomène touche en particulier les jeunes adultes : 64 % des parieurs sportifs ont entre 18 et 34 ans.
Mais au-delà du nombre, ce sont aussi les jeux d’argent qui présentent le plus gros risque pour les joueurs : environ 15 parieurs sur 100 développent un jeu problématique [1], un taux plus élevé que pour les autres formes de jeux d'argent. Comme tout jeu d'argent, les paris sportifs comportent des risques pour la santé (financiers, psychologiques, relationnels) qui peuvent s'installer progressivement. Cette page fait le point sur ces risques et les mécanismes mis en place pour encourager les paris, et sur les ressources pour se faire aider si l’on se sent concerné.
On pense souvent que le seul risque des paris sportifs, c'est de perdre de l'argent. C'est inexact. Pertes financières, troubles du sommeil, isolement, dépression : les conséquences d'une pratique problématique touchent tous les domaines de la vie.
Ces conséquences ne concernent pas seulement les cas extrêmes. Elles peuvent s'installer progressivement, souvent sans qu'on s'en rende compte.
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C'est l'une des croyances les plus répandues chez les parieurs. Les paris sportifs allient connaissances sportives et hasard. C'est pourquoi il est fréquent de penser que plus on est informé, plus nos chances de gagner sont importantes. Certains joueurs passent beaucoup de temps à étudier les statistiques des matchs, consulter des pronostics, s'informer sur l'état de forme des joueurs. Cela les renforce dans la croyance qu'ils peuvent prédire l'issue d'un match : c'est l'illusion de contrôle.
En réalité, la part du hasard est importante. De nombreux évènements imprévisibles influencent le résultat final : blessure d'un joueur, erreur d'arbitrage, météo. Le système de cotes implique que pour obtenir un gros gain, le parieur doit miser sur un résultat improbable. Dans ces conditions, les parieurs même très expérimentés ne peuvent jamais vraiment gagner beaucoup d'argent.
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Par la suite, plus le joueur joue, plus il perd de l'argent. L'espoir de gagner se transforme en espoir de se refaire. Jouer n'est plus un plaisir mais une nécessité, car il s'agit de regagner l'argent perdu. C'est un moment où le jeu devient particulièrement central dans ses préoccupations.
Ce mécanisme est documenté et prévisible. Lorsqu'on gagne, l'euphorie pousse à parier à nouveau, et lorsqu'on perd, la déception et l'espoir de gagner ou de « se refaire » incitent également à parier rapidement sur un autre match. Les deux situations, gagner et perdre, poussent donc dans la même direction : continuer à jouer.
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La perte d’argent n’est pas le seul risque des paris sportifs : lorsque le jeu devient problématique, le jeu peut avoir des conséquences dans tous les domaines de la vie.
La préoccupation permanente pour le jeu engendre une tension chez le joueur. Il peut ressentir une forte excitation avant de jouer ou pendant le jeu, se sentir très frustré quand il ne peut pas jouer, être très abattu, découragé ou agressif quand il perd. Ces changements d'humeur répétés perturbent l'équilibre psychologique. Avec le temps, le mal-être s'accentue et peut plonger le joueur dans une dépression.
La pratique du jeu isole également le joueur et diminue le temps et l'attention accordés aux proches, aux enfants, à la famille. Les mensonges et les comportements imprévisibles peuvent dégrader le climat familial ou amical.
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Dans les parcours des joueurs en difficulté, on retrouve souvent trois étapes : une phase de gain initiale, qui entretient l'envie de rejouer ; une phase de perte, où jouer devient une nécessité pour se refaire ; puis une phase de désespoir, où le jeu devient une obsession et l'état dépressif s'installe.
Cette trajectoire n'est pas inévitable. Elle est d'autant plus facile à éviter qu'on peut en identifier les signes d’alerte.
Si vous ou un proche voyez la pratique du jeu prendre de plus en plus de place, une aide existe : Joueurs Info Service, au 09 74 75 13 13 (7j/7 de 8h à 2h, appel anonyme non surtaxé) ou par chat.
Il peut être utile de s'interroger si vous reconnaissez certains de ces comportements :
Les paris se font majoritairement en ligne, ce qui augmente le risque d'addiction : la possibilité de parier partout et à tout moment, la dématérialisation de l'argent joué, le fait de jouer seul loin du regard des autres peuvent faire perdre la notion du temps passé et de l'argent dépensé.
En savoir plus :
Joueurs Info Service est le service national d'aide et d'écoute dédié aux personnes en difficulté avec les jeux d'argent, ainsi qu'à leur entourage.
09 74 75 13 13 - appel anonyme, non surtaxé, 7j/7 de 8h à 2h
Chat disponible sur joueurs-info-service.fr
L'aide est gratuite. Il n'est pas nécessaire d'attendre d'être en difficulté grave pour y avoir recours.
👉 Les risques des paris sportifs pour la santé : l'essentiel à retenir
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29/06/2026 5 mins de lecture
Origine, transmission, espoirs pour la recherche… L’ANRS Maladies infectieuses émergentes, agence dédiée, et l’Inserm font le point sur les données scientifiques disponibles sur le variant Bundibugyo d’Ebola, à l’origine d’une épidémie en République démocratique du Congo déclarée comme « urgence sanitaire de portée internationale » par l’OMS.
D’où vient ce virus ?Le virus Bundibugyo est une forme du virus Ebola identifiée pour la première fois en 2007 en Ouganda, puis observée à nouveau lors d’une épidémie en 2012 en République démocratique du Congo (RDC)[1].
Comme les autres virus Ebola, il est probablement d’origine animale. Les chercheurs pensent qu’il circule chez certaines chauves-souris qui se nourrissent de fruits, avant de passer à l’humain. La contamination survient le plus souvent lors de contacts étroits avec des animaux infectés, vivants ou morts, notamment en zone forestière.
Les deux flambées précédemment rapportées présentaient des taux de létalité respectifs de 31 % et 34 %.
Le virus Ebola se transmet par contact direct avec des fluides corporels tels que le sang, la salive, l’urine, le lait maternel, le sperme, la sueur, les selles et les vomissures des personnes infectées.
Les personnes contaminées ne sont pas contagieuses avant l’apparition des symptômes, mais elles le deviennent dès les premiers signes de la maladie[2].
Les soins prodigués sans mesures de prévention ni contrôle des infections, les soins à domicile et les pratiques funéraires impliquant un contact rapproché avec les corps sont des circonstances majeures de transmission3.
Le diagnostic repose sur un test réalisé en laboratoire, qui permet de détecter la présence du virus dans le sang. Des tests antigéniques rapides peuvent être utilisés en première intention dans les zones éloignées, mais nécessitent une confirmation par PCR[3].
Après une incubation qui peut aller de 2 à 21 jours2, la maladie se manifeste d’abord par des symptômes évoquant ceux d’une grippe : une fièvre, une grande fatigue, des maux de tête ou des douleurs musculaires.
Des troubles digestifs (vomissements, diarrhées, douleurs abdominales…) peuvent ensuite apparaître, suivis, dans certains cas, de saignements et/ou d’atteintes touchant plusieurs organes.
Les modélisations réalisées à ce stade par Vittoria Colliza, directrice de recherche à l’Inserm, avec Santé publique France montrent que le risque d’importation du virus en France hexagonale et à Mayotte est très faible. Elles seront constamment mises à jour afin d’anticiper au mieux l’évolution de l’épidémie. De plus, il n’existe pas de connexion aérienne directe entre la région aujourd’hui concernée par l’épidémie et l’Hexagone[4].
| Consulter la carte interactive des cas d’Ebola. |
L’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE), agence autonome de l’Inserm dédiée aux maladies infectieuses émergentes, a été désignée par l’OMS pour coordonner le Collaborative Open Research Consortium (CORC) consacré aux filovirus afin d’anticiper et de répondre aux menaces sanitaires émergentes comme Ebola et Marburg. Actuellement, il n’existe aucun vaccin ni traitement homologué contre la souche Bundibugyo.
Dès le signalement des premiers cas, l’ANRS MIE, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ont réuni des experts pour préparer la mise en place rapide des essais cliniques, en particulier ceux portant sur les traitements et les vaccins, et de définir les priorités scientifiques et opérationnelles de la réponse.
Un protocole international appelé Partner a été activé pour permettre d’évaluer rapidement des traitements en situation d’épidémie. En parallèle, des études sont prévues pour suivre des personnes exposées au virus et tester des stratégies de prévention médicamenteuses après exposition, dont l’étude EBO-PEP sponsorisée par l’ANRS MIE[5]. Des travaux sont également en cours pour pouvoir déployer rapidement des essais vaccinaux si nécessaire.
Enfin, l’ANRS MIE est également mobilisée à travers son dispositif Émergence de réponse aux crises. Une cellule Émergence de niveau 1 est ouverte pour suivre activement les épidémies à filovirus. Cette activité consiste à mettre en place une veille scientifique renforcée ainsi qu’à définir les priorités de recherche en lien avec les communautés scientifiques, les groupes d’experts et les associations, et à produire de l’information à destination des décideurs publiques. Le suivi de l’épidémie à virus Ebola Bundibugyo de mai 2026 s’inscrit dans cette démarche.
Plusieurs traitements sont actuellement à l’étude, avec des niveaux de preuve encore limités chez l’humain pour ce variant précis.
Le candidat le plus avancé est un traitement à base de deux anticorps capables de neutraliser le virus, appelé MBP134, qui a été testé sur des primates non humains, avec des résultats encourageants[6].
Une version optimisée, appelée MBP431, a également été développée pour agir plus longtemps dans l’organisme et être plus simple à administrer, notamment par injection intramusculaire. Testée chez l’animal, cette forme pourrait faciliter son utilisation sur le terrain, en particulier chez des personnes récemment exposées au virus, afin d’éviter le développement de la maladie[7].
Un autre médicament, le remdesivir, déjà utilisé contre la Covid-19, montre une activité antivirale contre le variant Bundibugyo en laboratoire [8],[9]. Cependant, son efficacité chez l’humain n’est pas démontrée à ce stade.
Enfin, un antiviral appelé obeldesivir est également étudié. Administré par voie orale, il pourrait présenter un intérêt particulier en contexte d’épidémie, car il serait plus facile à distribuer rapidement à des personnes exposées. Mais là encore, les données disponibles restent pour le moment limitées[10].
À ce jour, aucun vaccin spécifiquement conçu contre le virus Bundibugyo n’est disponible.
Le vaccin Ervebo, utilisé contre une autre forme d’Ebola, pour la souche Zaïre, est le seul actuellement homologué et disponible en stock. Des données chez l’animal suggèrent qu’il pourrait offrir une protection partielle contre Bundibugyo[11], de l’ordre de 70 à 80 %, mais cela n’a pas été confirmé chez l’humain.
Un autre schéma vaccinal, Zabdeno/Mvabea, développé contre Ebola Zaïre, semble peu adapté à ce variant, car il cible principalement une autre souche du virus[12].
Plusieurs candidats vaccins spécifiquement dirigés contre Bundibugyo sont en cours de développement, comme rVSV-BDBV GP, qui a montré une protection chez l’animal, y compris après exposition. D’autres approches visent une protection plus large contre plusieurs virus Ebola, mais elles en sont encore à des stades précoces de recherche et ne sont pas disponibles à ce stade.