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Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
La pyélonéphrite est une infection des voies urinaires situées entre les reins et la vessie (les « uretères ») qui s’accompagne d’une infection d’un ou des reins. Dans la quasi-totalité des cas, elle fait suite à une infection urinaire « basse » (cystite, qui touche la vessie et l’urètre) qui a progressé dans la partie supérieure des voies urinaires.
Chez l’adulte, les femmes sont davantage à risque de souffrir de pyélonéphrite que les hommes (qui représentent entre 1 et 7 % des cas, surtout après l’âge de 50 ans).
Les personnes immunodéprimées (par une maladie ou un traitement) ou celles qui souffrent d’anomalies ou d’obstacles sur les voies urinaires sont également davantage à risque de pyélonéphrite.
Les femmes enceintes présentent un risque particulier du fait de la pression possible de l’utérus sur les voies urinaires, gênant le flux naturel de l’urine, ainsi que de la présence de bactéries dans les urines (sans symptômes) chez environ 6 % d’entre elles. Pour cette raison, au cours des visites de suivi de la grossesse, un examen des urines par bandelette est systématiquement effectué, à la recherche de traces de bactéries ou d’infection.
Chez les personnes âgées, le risque augmente après 75 ans. Il est également plus élevé chez les personnes de plus de 65 ans lorsque celles-ci souffrent de fatigue ou de diminution de la mobilité, ainsi que chez les personnes qui souffrent d’une maladie du rein chronique.
Chez les nourrissons et les enfants, le risque de pyélonéphrite aiguë est directement lié à une anomalie des voies urinaires qui favorise le reflux des urines de la vessie vers les reins.
Au cours des 3 premiers mois de la vie, le risque d’infection urinaire (dont la pyélonéphrite mais aussi les infections urinaires basses) est plus élevé chez les garçons non circoncis (19 % sont touchés) que chez les filles (13 %) et les garçons circoncis à la naissance (2 %).
Entre l’âge de 3 mois et 1 an, ce risque est un peu plus élevé chez les filles (6 % contre 3 % chez les garçons). Après l’âge de 1 an, le risque augmente chez les filles : 8 % contre 2 % chez les garçons.
La pyélonéphrite est le plus souvent liée à la progression d’une infection urinaire « basse » (vessie et urètre) vers les reins. L’infection passe d’abord dans un uretère puis progresse et s’installe dans un rein (plus rarement, les deux reins sont touchés). Les pyélonéphrites sont dues à des bactéries, essentiellement E. coli (Escherichia coli, en cause dans 75 à 90 % des cas adultes et quasiment toujours chez les nourrissons et les enfants).
La pyélonéphrite est favorisée par la présence d’un obstacle à l’écoulement naturel des urines : anomalie des voies urinaires, calculs rénaux, pression externe sur ces voies (par exemple par l’utérus chez la femme enceinte), prostate volumineuse (chez les hommes) ou difficulté à vider complètement sa vessie.
Chez les hommes, la pyélonéphrite, comme les autres infections urinaires, s’accompagne quasiment toujours d’une inflammation de la prostate (« prostatite »), elle aussi infectée.
Lors de pyélonéphrite, on retrouve les symptômes habituels des infections urinaires : douleur en urinant (brûlures), envies d’uriner anormalement fréquentes (pour de petites quantités). Lors de pyélonéphrite, ces signes s’accompagnent souvent de frissons et de fièvre, de douleurs dans la région des reins (le plus souvent d’un seul côté), parfois d’une pression sanguine (« tension ») anormalement basse ou de signes digestifs (vomissements, diarrhées, maux de ventre). Chez les hommes, la fièvre est moins présente que chez les femmes.
Chez les nourrissons, les symptômes de la pyélonéphrite sont peu caractéristiques : fièvre, perte d’appétit, vomissements, diarrhée, pleurs (en particulier en urinant), urines de couleur ou d’odeur inhabituelle, maux de ventre, déshydratation, dégradation de l’état général. Chez les enfants plus grands, les symptômes urinaires sont présents, avec une fièvre élevée (plus de 39 °C), des maux de ventre et des douleurs dans la région des reins.
Chez les personnes âgées, la pyélonéphrite peut se traduire par de la confusion, des maux de ventre, une chute, ou l’aggravation soudaine d’une autre maladie chronique jusque-là maîtrisée par les traitements.
En cas de survenue de symptômes évoquant une pyélonéphrite, il faut consulter un médecin dans la journée.
La pyélonéphrite est grave par ses complications. Pour cette raison, elle doit être traitée rapidement, en particulier chez les femmes enceintes. L’infection, lorsqu’elle atteint les reins, provoque la formation de pus, voire d’abcès locaux qui vont laisser des cicatrices et réduire la capacité des reins à remplir leur fonction. Dans les cas les plus sévères, l’infection peut gagner le sang et le reste du corps (choc septique, septicémie).
Le traitement des pyélonéphrites vise à éliminer la bactérie responsable de l’infection, soulager et supprimer les symptômes et éviter les complications. Ce traitement repose sur l’administration d’un antibiotique adapté à la bactérie responsable et à sa sensibilité aux différents antibiotiques. En général, lors de pyélonéphrite, le traitement antibiotique dure entre 7 et 10, voire 14 jours, le plus souvent par voie orale.
Le traitement peut également inclure des médicaments contre la douleur, voire un drainage des urines accumulées dans la vessie (par exemple, chez les hommes dont la prostate gêne leur élimination). Enfin, comme pour toutes les infections urinaires, il est important de boire de grandes quantités de liquides pendant le traitement, ainsi qu’après le traitement, pour prévenir une éventuelle récidive.
Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.
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Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
La rosacée (dont l’un des symptômes est également appelé « couperose ») est une maladie inflammatoire chronique des petits vaisseaux sanguins de la peau du visage, assez fréquente, qui touche en particulier les personnes à peau claire. Ses symptômes sont variés. Ses causes sont encore relativement inconnues. Sans gravité, la rosacée est néanmoins une maladie qui peut avoir, du fait de ses conséquences esthétiques, un impact négatif sur la qualité de vie de celles et ceux qui en souffrent.
On estime que plus d’un million de personnes souffrent d’une forme de rosacée en France, ce qui en fait une maladie fréquente. La rosacée touche plutôt les femmes (deux fois plus souvent que les hommes) avec un pic de fréquence autour de la ménopause, mais il se pourrait que cette fréquence plus élevée reflète le fait que les femmes sont plus enclines à consulter pour ce problème.
Les causes de la rosacée sont mal identifiées. Aujourd’hui, les médecins pensent qu’il s’agit d’une maladie multifactorielle (due à l’association de plusieurs facteurs) qui fait intervenir à la fois des facteurs génétiques et des facteurs liés à l’environnement.
L’hypothèse la plus fréquemment retenue pour expliquer cette maladie inflammatoire chronique des petits vaisseaux sanguins est une stimulation anormale du système immunitaire de la peau (peut-être sous l’action de micro-organismes). Cette stimulation entraîne un dérèglement des mécanismes de contrôle du diamètre de ces petits vaisseaux, entraînant leur dilatation temporaire ou permanente, ce qui les rend visibles (veinules).
On distingue 4 formes de rosacée qui peuvent être associées ou se succéder dans le temps.
Cette forme de rosacée, la plus fréquente, se caractérise par des rougeurs (« érythème ») situées essentiellement sur la partie centrale du visage (joues, nez, sans toucher les zones autour de la bouche et des yeux). C’est la couperose.
Dans cette forme de rosacée, on note la présence de papules ou de pustules (des « boutons »), de nouveau sur la partie centrale du visage. Cette forme s’accompagne souvent de sensations de picotements ou de brûlures au niveau de la peau du visage.
Cette forme de rosacée se caractérise par un épaississement de la peau des zones touchées avec rougeur permanente : nez, joues, sourcils, menton et oreilles. Les glandes sébacées se multiplient, leur taille augmente et leur orifice devient visible. Cette forme est plus rare.
Dans 30 à 50 % des cas, il existe une forme de rosacée qui touche les deux yeux. La personne se plaint de picotements, de sécheresse et de démangeaisons des yeux, de larmoiement voire d’hypersensibilité à la lumière.
L’évolution de la rosacée au cours des années est assez imprévisible. En général, elle tend à s’atténuer avec l’âge.
Les traitements de la rosacée sont des traitements dits « symptomatiques », c’est-à-dire qu’ils visent à soulager les symptômes sans s’attaquer aux causes de cette maladie.
Le médecin peut prescrire un gel destiné à réduire le diamètre des petits vaisseaux sanguins de la peau du visage (brimonidine, MIRVASO, sur ordonnance mais non remboursé). Ce gel, qui agit pendant 9 à 12 heures, doit être appliqué le matin.
Lorsque des veinules sont apparentes de manière permanente, celles-ci peuvent être supprimées en utilisant des lasers : laser KTP (photocoagulation), laser à colorant pulsé (thermocoagulation ou photothermolyse), laser Nd:Yag (thermocoagulation).
Chez les personnes qui souffrent de rougeurs déclenchées par les émotions, le médecin peut prescrire un bêtabloquant à prendre avant les situations « à risque » (propranolol).
Lors de forme papulo-pustuleuse de la rosacée, le médecin peut prescrire des traitements locaux : métronidazole (ROZACREME, ROZAGEL, ROSEX) ou ivermectine (SOOLANTRA), acide azélaïque (FINACEA), voire dans certains cas, trétinoïne, adapalène ou peroxyde de benzoyle.
Un traitement par antibiotique de la famille des cyclines (doxycycline) peut également être prescrit (par voie orale, pendant 1 à 3 mois, parfois plus longtemps) pour son action anti-inflammatoire au niveau de la peau et, possiblement, son action contre des micro-organismes.
En cas de rosacée hypertrophique, outre les traitements précédemment cités, il est possible de réduire le nombre et la taille des glandes sébacées à l’aide d’un laser à CO2 ou par une intervention chirurgicale, sous anesthésie locale ou générale.
La forme oculaire de la rosacée est traitée par la prescription d’antibiotiques de la famille des cyclines par voie orale ou sous forme de collyre, de larmes artificielles ou l’application régulière de compresses imbibées de sérum physiologique sur les yeux.
Certaines mesures simples peuvent contribuer à réduire les symptômes de la rosacée, ainsi que la fréquence et l’intensité des poussées.
Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
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Publié le 05/05/2025
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L’hypotension orthostatique est une baisse anormale de la pression artérielle lors du passage de la position couchée à la position debout.
L’hypotension orthostatique est une baisse anormale de la pression artérielle lors du passage de la position couchée à la position debout. Elle se traduit par une sensation de tête qui tourne, une vision floue, voire une chute ou une perte de connaissance.
L’hypotension orthostatique touche particulièrement les personnes âgées et celles qui souffrent de certaines maladies, en particulier lorsqu’elles ont été alitées depuis quelques semaines voire plus. Elle concerne également les personnes qui prennent certains médicaments, en particulier ceux destinés à traiter l’hypertension artérielle.
Lors du passage de la position assise à la position debout, la gravité fait passer une quantité notable de sang dans les jambes et, à un moindre degré, dans la rate. Sans phénomène de compensation, la pression artérielle et le débit sanguin du cœur diminuent de manière sensible.
Heureusement, pour compenser, il existe un réflexe qui, dès le passage à la position debout, augmente le retour du sang veineux vers le cœur, augmente la fréquence cardiaque et réduit le diamètre des vaisseaux sanguins. Ce réflexe cesse quand la pression artérielle retrouve des valeurs normales.
En cas d’hypotension orthostatique, ce mécanisme de compensation est moins efficace, voire inefficace, et les effets du passage à la position debout sur la pression sanguine persistent plusieurs minutes. Chez les personnes âgées, même sans autre maladie, le baroréflexe devient moins efficace, ce qui explique la plus grande fréquence de l’hypotension orthostatique dans cette population.
La cause la plus fréquente d’hypotension orthostatique est la prise de médicaments, en particulier chez un patient âgé. Parmi ces médicaments, on peut citer les diurétiques, certains traitements de l’hypertension artérielle, certains antidépresseurs, les neuroleptiques, les traitements de la maladie de Parkinson, les antidouleurs de la famille des opiacés, les chimiothérapies anticancéreuses, certains traitements de l’hyperplasie bénigne de la prostate, etc.
La déshydratation est également une cause d’hypotension orthostatique, par exemple lors de maladie entraînant des vomissements et de la diarrhée, lors d’exposition à la chaleur, de fièvre, etc. L’anémie peut également être une cause d’hypotension orthostatique.
Si les symptômes de l’hypotension orthostatique sont assez caractéristiques, il est important de garder à l’esprit que cette baisse anormale de la pression artérielle est souvent asymptomatique, c’est-à-dire qu’elle passe inaperçue.
Lorsqu’elle est symptomatique, l’hypotension orthostatique peut provoquer, lors du passage de la position couchée à la position debout : un malaise (tête qui tourne), une vision floue, une difficulté à réfléchir une fois en position debout, des douleurs dans le cou et le haut des épaules, voire une perte de connaissance (« syncope ») et une chute.
Le plus souvent, ces symptômes sont plus intenses le matin au lever ou, chez certaines personnes, après un repas (en particulier s’il a été copieux).
Le diagnostic de l’hypotension orthostatique se fait en mesurant la pression artérielle et la fréquence cardiaque chez un patient qui, allongé depuis 5 minutes, passe rapidement en position debout. Les mesures sont faites 1 puis 3 minutes après le lever.
Quelques conseils simples peuvent améliorer la qualité de vie des personnes souffrant d’hypotension orthostatique et éviter les malaises et les chutes :
Les personnes qui ont tendance à présenter des symptômes d’hypotension orthostatique après les repas peuvent boire entre 400 et 450 ml d’eau (2 grands verres) avant le repas, en 3 à 4 minutes. Elles peuvent également réduire la taille des principaux repas et opter pour des collations plus petites réparties sur la journée. La prise d’un café ou d’un thé après chaque repas peut également les aider à prévenir l’hypotension.
Lorsque des signes d’hypotension orthostatique apparaissent, certains gestes peuvent éventuellement permettre de réduire rapidement les symptômes :
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