La pollution diminue-t-elle la fertilité ?

03/06/2024 5 mins de lecture

De nombreuses études décrivent un lien entre l’exposition à certaines familles de polluants et les troubles de la fertilité : par exemple, baisse de la qualité du sperme ou des ovules, augmentation de la fréquence des fausses couches, difficultés à mener la grossesse à terme. Mais ces effets négatifs concernent parfois la fertilité de la génération suivante : abaissement de l’âge de la puberté, diminution du nombre de futurs ovules, augmentation de la fréquence d’anomalies du développement des organes génitaux, risque plus élevé de maladies chroniques à l’âge adulte, etc. Quels sont les polluants les plus fréquemment impliqués dans les troubles de la fertilité ?

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Crédits photo: Catherine Sheila

Les perturbateurs endocriniens, premiers suspects de la baisse de fertilité

Un perturbateur endocrinien (PE) désigne une substance ou un mélange qui modifie les fonctions de notre système hormonal. En France, les résultats de l’étude Esteban, publiés en septembre 2019 par Santé publique France, montrent une imprégnation généralisée du sang et des fluides corporels humains par 6 familles de PE, présents dans les produits de consommation courante : les bisphénols, les phtalates, les parabènes, les éthers de glycol, les retardateurs de flamme bromés et les composés perfluorés. Les PE affectent la fertilité des hommes et des femmes adultes, mais pourraient également affecter celle de leurs enfants.

L’influence des perturbateurs endocriniens sur la fertilité des hommes

Chez l’homme, l’exposition aux PE (en particulier les phtalates) est associée à la réduction de la quantité et de la qualité des spermatozoïdes, et à l’augmentation des cancers du testicule chez les hommes jeunes. Une analyse croisée de plusieurs études, publiée en 2017, a révélé que la concentration de spermatozoïdes dans le sperme a diminué de plus de 50 % en moins de quarante ans (1973 -2011) chez les hommes occidentaux (Amérique du Nord, Europe, Australie, Nouvelle-Zélande), soit une diminution de 1,4 % par an. Fait préoccupant, cette analyse croisée n’observe aucune atténuation de cette baisse dans les années les plus récentes (jusqu’à 2011).

L’influence des perturbateurs endocriniens sur la fertilité des femmes

Chez les jeunes filles, une puberté précoce est fréquemment observée en relation avec une exposition aux PE avant ou juste après la naissance. Cette puberté précoce a été associée à un risque plus élevé de développer un cancer du sein, ainsi que des maladies métaboliques (diabète de type 2, obésité, par exemple). Des concentrations élevées en bisphénol A ou en phtalates ont également été observées dans le sang de femmes atteintes d’endométriose, d’insuffisance ovarienne, ou souffrant de fausses-couches à répétition.

La pollution atmosphérique, deuxième suspect de la baisse de fertilité

La pollution atmosphérique fait partie des facteurs environnementaux qui affectent la fertilité : particules fines, ultrafines, nanoparticules, ozone, suie, oxydes d’azote, monoxyde de carbone, dioxyde de soufre, biphényles polychlorés (PCB ou pyralènes), benzopyrènes, solvants organiques, dioxines, etc. Ces composés peuvent provenir de l'air extérieur mais aussi de l'air intérieur.

Ces polluants peuvent affecter la fertilité en agissant comme des perturbateurs endocriniens, mais aussi en provoquant du stress oxydatif (qui endommage les cellules impliquées dans la reproduction) ou en perturbant l’expression des gènes (ADN).

L’influence de la pollution atmosphérique sur la fertilité

La fertilité des deux sexes est affectée par la pollution atmosphérique, et ce, à de multiples niveaux : équilibre hormonal, qualité et quantité des spermatozoïdes et des ovules, capacité à maintenir une gestation. Pour les femmes exposées à la pollution atmosphérique, une perturbation des cycles menstruels et une réduction du nombre et de la qualité des ovocytes (les futurs ovules) ont été observées.

Dans diverses études scientifiques, l'exposition au trafic routier ou à d'autres polluants atmosphériques a été associée à une réduction de la fertilité spontanée des couples. De plus, chez les couples qui sont dans une démarche d’aide médicale à la procréation, une mauvaise qualité de l'air dans leur lieu de résidence a été associée à une diminution des chances de succès et à une augmentation du nombre de fausses couches.

Les autres types de polluants qui affectent la fertilité

L'exposition à des concentrations élevées de métaux lourds (mercure, plomb, molybdène, cadmium, etc.) est associée à des effets négatifs sur la fertilité chez l'homme et la femme. Par exemple, le mercure provoque une modification des membranes des spermatozoïdes et réduit leur viabilité. Le molybdène, un métal lourd utilisé dans l’industrie, a été associé à une baisse de la fertilité et les cellules des testicules sont particulièrement sensibles au cadmium. Des associations entre anomalies de la fertilité et expositions professionnelles masculines ou féminines au plomb et au cadmium (à des niveaux jusque-là considérés comme sûrs) ont également été observées.

De nombreux autres composés ont des effets négatifs sur la fertilité : les solvants (par exemple éther de glycol ou éthanol), les composés organiques volatiles des peintures et des vernis, les polychlorobiphényles (PCB), l'hexachlorobenzène (HCB), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les dioxines/furanes, etc. Ils résultent souvent de procédés industriels comprenant une étape de combustion. Mais ils sont également produits par les feux domestiques (cheminée, barbecue, feux de broussaille dans les jardins), les feux de forêts ou les incendies de bâtiments. Chez les agriculteurs et les éleveurs, l'usage de pesticides peut également conduire à une exposition importante aux perturbateurs endocriniens.

Comprendre les notions d’exposome et de fenêtre d’exposition

L’action des polluants sur la fertilité est le résultat de l’effet combiné de tous les facteurs détaillés précédemment. Des « effets cocktail » peuvent apparaître où les facteurs négatifs agissent en commun, même si chacun d’entre eux est en-dessous de la dose considérée comme toxique. Pour essayer de prendre tous ces facteurs dans leur ensemble et avoir une vision globale, les chercheurs parlent désormais d’« exposome », c’est-à-dire l’ensemble des expositions à des facteurs polluants que subit un organisme de sa conception à la fin de vie (donc y compris pendant sa vie dans l’utérus de sa mère).

Mais l’effet des polluants sur la fertilité ne dépend pas seulement de l’intensité de l’exposome. Certaines périodes de la vie sont plus vulnérables aux substances polluantes : ce sont les « fenêtres d’exposition », par exemple les 6 mois précédant la conception. Autre exemple, le fœtus et l’enfant de moins de 3 ans sont plus sensibles à une exposition aux perturbateurs endocriniens qu’un adulte. De même, le moment de la puberté est une période sensible au cours de laquelle un dérèglement hormonal par ces perturbateurs peut modifier de manière irréversible certaines fonctions de l’organisme.

En conclusion, il est certain que la pollution, dans son ensemble, exerce un effet négatif sur la fertilité des femmes et des hommes. Les connaissances sur le sujet sont encore parcellaires et il est primordial d'améliorer nos connaissances sur l'impact des substances polluantes sur la fertilité des adultes, mais aussi sur celle de leurs enfants à naître.

Auteur : Service Public d'Information en Santé (SPIS)

Le Service Public d’information en santé met à la disposition du grand public les informations les plus pertinentes, solides et utiles pour vos recherches en santé.

Info ou intox ? Dans le cadre de la lutte contre les fausses informations qui circulent en matière de santé, rédacteurs et experts scientifiques répondent ici à vos demandes de décryptages déposées sur Santé.fr.

Les huiles essentielles ont-elles prouvé leur efficacité et leur sécurité ?

26/06/2023 4 mins de lecture

En ligne ou dans les magazines, les huiles essentielles sont régulièrement mises en avant pour d’éventuels bénéfices pour notre santé. Ces produits de phytothérapie contiennent effectivement de nombreuses substances dont certaines ont, en laboratoire, des propriétés biologiques. Malheureusement, la littérature scientifique est très pauvre en études cliniques fiables sur ces produits. Leur efficacité manque souvent de preuves objectives. Mais leur toxicité potentielle est, elle, bien connue et leur usage exige le respect de certaines précautions.

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Crédit photo: Alexia Kozig

Moins connue que la phytothérapie, l’aromathérapie possède un champ d’action plus étroit.
Elle se divise en deux écoles : l’aromathérapie médicale, qui préconise l’absorption d’huiles essentielles par voie orale ou rectale, et l’aromathérapie grand public qui utilise l’application d’huiles essentielles sur la peau (massages, bains) ou en diffusion dans l’air ambiant (brûle-parfum, inhalation). Dans le cas de son utilisation grand public, on prête à certaines huiles essentielles des propriétés diverses : antistress, toniques, sédatives ou antiseptiques.

La production des huiles essentielles de plantes

Les huiles essentielles et les essences aromatiques sont des liquides odorants et volatils. Elles sont principalement extraites des racines, des fleurs, des feuilles et des tiges de plantes ainsi que de certains arbres. La qualité d’une huile essentielle repose sur des critères bien précis : l’origine botanique de la plante, le mode de culture et de récolte, la méthode d’extraction et la composition biochimique de l’huile essentielle qui varie suivant le lieu et l’époque de récolte.
Les huiles essentielles pures se conservent quelques années, exception faite des essences d’orange, de citron et de pamplemousse, qui sont plus fragiles.

Quelle efficacité pour les huiles essentielles ?

Les études scientifiques de bonne qualité méthodologique portant sur les huiles essentielles sont rares. L’Institut Cochrane, qui analyse objectivement les résultats des études scientifiques, a évalué l’efficacité de l’aromathérapie dans les nausées et vomissements post-opératoires, les troubles cognitifs liés à l’âge (« démence ») et les douleurs après un accouchement. Dans ces trois domaines, les huiles essentielles n’ont pas mieux fait que le placebo (une huile végétale neutre).
Quelques études cliniques contrôlées (« randomisées ») ont exploré certaines huiles essentielles dans d’autres contextes :
-    une étude coréenne, publiée en 2016, a évalué les effets d’une inhalation répétée d’un mélange de trois huiles essentielles : bois de santal, encens oliban et ravintsara, chez des patients souffrant de rhinite allergique perannuelle (qui durait toute l’année). Les patients ont été répartis au hasard en deux groupes. Le premier a utilisé le mélange d’huiles essentielles, le second (le groupe « contrôle ») seulement l’huile d’amande douce. Pendant 7 jours, matin et soir, les participants ont inhalé ces huiles pendant 5 minutes. Dans cette étude, ce mélange d’huiles essentielles a amélioré les symptômes allergiques.
-    chez des patients atteints de pelade (une perte de cheveux localisée), une étude clinique contrôlée a montré une certaine efficacité d’un mélange d’huiles essentielles de thym, de romarin, de lavande et de cèdre.
-    dans diverses conditions de stress et d’anxiété liées à une hospitalisation, les huiles essentielles de rose, de lavande ou d’orange ont montré une certaine efficacité dans des études contrôlées de faible valeur statistique.
Il est donc difficile de se prononcer sur l’efficacité des huiles essentielles, car les études sérieuses manquent.

Les huiles essentielles sont-elles dangereuses ?

Parce qu’elles concentrent des substances potentiellement irritantes, les huiles essentielles doivent être utilisées avec précaution. D’ailleurs, certaines huiles essentielles sont vendues exclusivement en pharmacie (par exemple, celles de sauge officinale, de thuya, de tanaisie, d’absinthes, d’armoises, etc.).

Deux règles s’imposent absolument :
-    tout d’abord, il est essentiel de préciser que l’utilisation des huiles essentielles ne convient ni aux enfants ni aux femmes enceintes !
-    ensuite, les traitements utilisant des huiles essentielles par voie orale ne doivent se faire que sur avis médical d’un médecin phytothérapeute. En effet, les huiles essentielles concentrent les substances actives et nécessitent une posologie bien adaptée pour prévenir tout risque de toxicité et d’irritation des muqueuses digestives.
Ces deux règles de base ne doivent jamais être transgressées.

L’application sur la peau étant l’un des usages les plus courants des huiles essentielles, quelques précautions sont à respecter dans ce contexte. Tout d’abord, mieux vaut ne jamais les appliquer pures au risque de voir apparaître des irritations, voire des brûlures. Pour les massages, elles doivent être préalablement diluées dans une base d'huile végétale (huile de noisette, d'amande douce, de macadamia, etc.) dans laquelle une ou plusieurs huiles essentielles sont incorporées. On obtient ainsi une lotion qui est utilisée en massage ou en friction. Pour les bains, il est recommandé de les mélanger d'abord à un savon liquide, car elles ne se dissolvent pas dans l’eau.
Attention, certaines huiles essentielles ne doivent jamais être appliquées sur la peau : par exemple, celles de cannelle, giroflier, origan, sarriette, thym, lavande aspic, etc. Par ailleurs, attention aux huiles essentielles d’agrumes (en particulier celle de citron) qui réagissent mal avec les rayons du soleil (photosensibilisation).

En cas d’inhalation directe, lorsqu’on souhaite un résultat rapide, il est préférable de respirer une à deux gouttes d'huile essentielle versées sur un mouchoir. Ne jamais inhaler directement une huile essentielle à la bouteille !

En conclusion, dans la très grande majorité des cas, les huiles essentielles ne peuvent pas prétendre aux bénéfices dont on les pare. Elles restent néanmoins des produits contenant un grand nombre de substances actives potentiellement toxiques (et elles sont reconnues en tant que telles par les autorités sanitaires). Leur usage doit donc se faire en respectant les précautions de base et, de préférence, sous la supervision d’un professionnel de santé.

Auteur : Service Public d'Information en Santé (SPIS)

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Comment dormir quand il fait trop chaud ?

Article

Publié le 26/06/2023

Information proposée par Réseau Morphée

On le constate chaque été, il est très difficile de dormir quand il fait trop chaud. La température idéale dans la chambre se situe entre 18 et 20°C, autant dire qu’en été, maintenir cette température relève de l’impossible.

Pourquoi a-t-on autant de mal à dormir quand il fait chaud ?

Le cerveau doit garder une température raisonnable et a horreur des pics de température !

On ne peut s’endormir que lorsque la température de notre corps baisse. Ensuite au cours du sommeil et pendant le sommeil paradoxal, la température n’est plus régulée sur les 37° habituel, s’il fait très chaud la température de notre cerveau monte. Ce qui éveille le dormeur.

Il est recommandé d’avoir une chambre un peu plus fraîche que le reste de votre logement. Or, vous l’aurez deviné, quand il fait chaud cela devient très compliqué.

On se retrouve donc à dormir moins longtemps, à avoir plus de réveils nocturnes et au final un sommeil de moins bonne qualité, ce qui nuit à notre santé et notre humeur.

Quelques conseils  pour diminuer votre température interne et garder un bon sommeil malgré la chaleur qui nous accable.

8 conseils pour dormir malgré la chaleur 

1/ Manger léger.

Plus votre repas est riche, plus longue sera la digestion. La digestion sollicite notre organisme et contribue à maintenir notre température interne élevée. Il est donc recommandé de prendre des repas légers.

2/ Boire de l’eau.

Il important de vous hydrater non seulement avant de vous coucher, mais aussi tout au long de la journée pour garder une température interne constante. Les personnes âgées notamment ont tendance à l’oublier. Veillez aussi à éviter l’alcool pour ne pas vous déshydrater.

3/ Ne pas vous coucher trop tôt.

En gardant des horaires de sommeil réguliers, vous vous assurez de respecter vos besoins de sommeil.

4/ Essayer d’aérer la chambre avant d’aller vous coucher.

On n’y pense pas toujours, mais rafraîchir la température de la pièce grâce à un ventilateur, en faisant un courant d’air, avant d’aller se coucher, facilitera l’endormissement. 

5/ Si l’air est très sec, ne pas hésiter à humidifier la pièce.

Vous pouvez par exemple vaporiser de l’eau sur les rideaux.

6/ Utiliser un ventilateur ou un climatiseur pendant la nuit.

Attention : ne l’orientez pas directement vers vous (sauf sur les pieds) au risque d’attraper froid. Reconnaissez que ce serait le comble ! A noter : Le ventilateur fait circuler l’air ambiant dans la pièce, il soulève donc poussières et pollens. Si vous souffrez d’allergies, ce n’est donc pas forcément la meilleure solution.

7/ Porter des vêtements légers.

Il est recommandé de porter plutôt des draps et vêtements en tissu léger style lin ou coton. Les tissus synthétiques font transpirer, ils sont donc à éviter.

Si malgré tout vous avez encore trop chaud, il n’y a aucune contre-indication au fait de dormir nu. Mais gare aux moustiques !

8/ Refroidir votre corps.

Aux grands maux les grands remèdes, si la température n’est plus soutenable, n’hésitez pas à vous rafraîchir en vous mouillant le corps et le visage, voire à prendre une douche rapide et vous coucher sans vous essuyer.

À retrouver sur https://blog.reseau-morphee.fr/2023/06/14/comment-dormir-quand-il-fait-trop-chaud

Réseau de santé consacré à la prise en charge des troubles chroniques du sommeil

Réseau Morphée
Cabinet médical - Dr. Pinon
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