Cancers du côlon : la chirurgie

Article

Publié le 01/03/2021

Information proposée par Institut national du cancer

La chirurgie est le traitement principal du cancer du côlon. Elle consiste à retirer la tumeur avec une marge de tissu sain autour. Le type de chirurgie réalisé dépend de la partie du côlon où est située la tumeur.

Le chirurgien retire également les ganglions lymphatiques voisins de la tumeur. C’est ce qu’on appelle un curage ganglionnaire. Puis les ganglions sont analysés à l’aide d’un microscope pour déterminer s’ils contiennent ou non des cellules cancéreuses. C’est un facteur pronostique, c’est-à-dire que cela donne une indication sur l’évolution possible de la maladie.

Dans quels cas de cancer du côlon la chirurgie est-elle indiquée ?

Pour les cancers du côlon, la chirurgie est le traitement de référence pour les stades I (traitement endoscopique possible en cas de tumeur superficielle), II et III.

Pour en savoir plus sur les différents stades du cancer.

Pour les tumeurs de stade III et certaines tumeurs de stade II, une chimiothérapie adjuvante (c’est-à-dire réalisée après la chirurgie) est indiquée.

Pour les stades IV, il est possible d’effectuer une chirurgie destinée à retirer la tumeur primitive (du côlon) et les métastases. Son intérêt est évalué en fonction de l’étendue de la maladie, de l’efficacité de la chimiothérapie, le cas échéant, et de votre état général.

Qu’est-ce qu’une tumeur primitive ? C’est la tumeur principale à partir de laquelle peuvent s’échapper des cellules cancéreuses pouvant former des métastases dans d’autres parties du corps.

Comment se préparer à l'opération ?

Deux consultations sont programmées quelques jours avant l’intervention : l'une avec le chirurgien, l’autre avec l’anesthésiste. Un bilan préopératoire doit également être réalisé ; il repose sur les examens du bilan préthérapeutique.

Important : arrêter de fumer quelques semaines avant l’intervention

Cet arrêt est important pour réduire les risques de complications pendant et après l’opération (risques de complications pulmonaires, d’infection de la zone opérée et de problèmes de cicatrisation). Des moyens existent pour accompagner l’arrêt du tabac et soulager les symptômes de sevrage.

Parlez-en à l’équipe soignante. Vous pouvez aussi recourir à des aides à distance ou télécharger ce dépliant :

Traitement du cancer et tabac - Pourquoi arrêter et comment me faire aider ?

La consultation avec le chirurgien

Le chirurgien vous explique :

  • les objectifs de l’opération ;
  • la technique qu’il va utiliser ;
  • les suites opératoires et les complications possibles.

Si une stomie (« anus artificiel » et poche) est nécessaire, il vous explique son fonctionnement et sa gestion.

Cette consultation est l’occasion de poser toutes vos questions au sujet de l’intervention.

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale

  • Comment l’opération se déroule-t-elle ?
  • Quels en sont les risques ?
  • Comment puis-je me préparer au mieux ?
  • Que va-t-il se passer après l’intervention ?
  • Quelles vont être les conséquences de l’opération sur ma vie de tous les jours ?
  • Comment seront-elles prises en compte ?

Lors de cette consultation, le chirurgien vous informe qu’un échantillon de la tumeur peut faire l’objet d’une analyse dans le cadre de la recherche et être conservé après l’opération dans une tumorothèque, une bibliothèque de tumeurs, en vue de recherches ultérieures. Vous avez le droit de vous y opposer.

La consultation avec l’anesthésiste

L’intervention étant réalisée sous anesthésie générale, la consultation en amont avec l’anesthésiste permet d’évaluer les risques liés à l’anesthésie, en prenant en compte vos antécédents médicaux et chirurgicaux.

Il est important de signaler :

  • tout problème de santé, notamment les allergies (rhume des foins, eczéma, allergie au latex, à certains médicaments, etc.) ;
  • les problèmes respiratoires (asthme, bronchite chronique) ;
  • les problèmes cardiaques (hypertension artérielle par exemple) ;
  • la prise de médicaments, les problèmes de coagulation liés à une maladie ou à une prise régulière de médicaments (aspirine, anticoagulants) ;
  • votre consommation d’alcool et de tabac.

Un anticoagulant est un médicament qui diminue la coagulation (transformation d’une substance liquide en une masse solide) du sang, évitant ainsi la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins.

L’anesthésiste aborde avec vous la question de la gestion de la douleur après l’opération.

Cette consultation est l’occasion de poser toutes les questions que vous avez au sujet de l’anesthésie.

Évaluation de l'état nutritionnel pour lutter contre une dénutrition

Votre « état nutritionnel », c’est-à-dire le bon équilibre entre ce que vous mangez et ce que vous dépensez, est souvent altéré par la maladie et aggravé par la chirurgie. Cela risque d’entraîner une dénutrition qui se manifeste par une perte de poids.

Si l’équipe médicale constate une dénutrition avant ou après l’intervention, vous pourrez bénéficier d’un support nutritionnel complémentaire de votre alimentation visant à rétablir votre état nutritionnel. Il peut s’agir de la prescription :

  • d’une alimentation enrichie en calories ou protéines ;
  • de compléments nutritionnels oraux (CNO) ;
  • d’une nutrition entérale.(via une sonde gastrique).

Des compléments nutritionnels, pour quoi ?

Quel que soit votre état nutritionnel (dénutri ou non), un support nutritionnel complémentaire visant à stimuler votre système immunitaire, appelé immunonutrition, est recommandé au minimum une semaine avant l’intervention et jusqu’à 7 jours après en cas de dénutrition.

Il permet à l’organisme de se préparer à la chirurgie grâce à un apport en certains nutriments indispensables au système immunitaire. Il est le plus souvent envisagé par voie orale.

Des antibiotiques pour réduire le risque d’infection

L’intestin est l’organe qui contient le plus de bactéries. Leur présence y est normale. Mais si elles se déplacent dans la cavité abdominale, à la suite d’une coupure ou d’une perforation de l’intestin par exemple, elles peuvent engendrer une infection grave du péritoine (la membrane qui recouvre les organes abdominaux), appelée péritonite.

Afin de réduire ce risque pendant et après l’intervention, des antibiotiques sont généralement administrés en même temps que les produits anesthésiques.

Comment le chirurgien accède à la tumeur ?

On appelle « voie d’abord » le chemin utilisé pour accéder à l’organe ou à la zone à opérer. Deux voies d’abord peuvent être utilisées pour opérer un cancer du côlon : la cœlioscopie et la laparotomie.

Qu’est-ce que la cœlioscopie (ou laparoscopie) ?

C’est une technique chirurgicale récente (aussi dite “opération à ventre fermé”). Le chirurgien effectue plusieurs petites incisions au niveau du ventre qui lui permettent de passer un système optique (une sorte de caméra), ainsi que des instruments chirurgicaux à l’intérieur de l’abdomen. Le système optique est relié à un écran extérieur. Le chirurgien opère en regardant l’écran.

La cœlioscopie apporte des bénéfices à court terme : diminuer la douleur et les complications après l’intervention, réduire la durée d’hospitalisation, ou encore préserver la paroi abdominale avec un bénéfice esthétique (pas de grande cicatrice). À long terme, elle entraîne un risque moins important d’éventration de la paroi abdominale.

Elle est aussi efficace que la laparotomie pour enlever la portion du côlon malade.

Qu’est-ce que la laparotomie ?

Cette technique consiste à procéder à une ouverture dans le ventre pour accéder aux organes (opération à ventre ouvert). Le chirurgien effectue une incision verticale sur l’abdomen, en partant du dessus du nombril qu’il contourne, jusqu’au bas du ventre. Cette technique permet au chirurgien d’observer et de palper minutieusement toute la cavité abdominale avant de retirer la portion du côlon atteinte par la tumeur, ainsi que les ganglions les plus proches.

Cœlioscopie ou laparotomie, pourquoi une technique plutôt que l’autre ?

Le choix de l’une ou l’autre de ces voies dépend des caractéristiques du cancer (taille et localisation de la tumeur), des antécédents chirurgicaux éventuels, ainsi que de votre morphologie et de la spécialisation de l’équipe chirurgicale.

Parfois, alors que la cœlioscopie a été choisie, elle peut être finalement complétée en cours d’opération par une laparotomie complémentaire.

Comment se déroule l'intervention ?

Elle commence par une phase d’exploration pendant laquelle le chirurgien examine le côlon et la cavité abdominale afin de confirmer que la tumeur ne s’est pas étendue localement (ou dans l’abdomen) et qu’il n’y a pas de métastase au niveau du foie.

Que retire le chirurgien ?

L’intervention consiste à retirer la partie du côlon où est située la tumeur. Le chirurgien retire également, autour de cette partie du côlon, une portion saine avec une marge de sécurité d’au moins 5 centimètres. Il enlève le mésocôlon (tissu graisseux enveloppant le segment de côlon retiré qui contient des vaisseaux sanguins et des ganglions lymphatiques).

Relier les segments restants du côlon

Puis, une fois la portion du côlon atteinte enlevée, le chirurgien réalise une anastomose : il relie les deux segments restants du côlon à l’aide de fils ou de pinces mécaniques. Cette étape de l’intervention vise à reformer le conduit intestinal et à rétablir la continuité digestive.

En cas de tumeur dans la première moitié du côlon (côlon droit)

Si la tumeur est située au niveau du côlon ascendant, le chirurgien retire le côlon droit (ascendant). Il retire alors le cæcum, ainsi que la moitié droite du côlon transverse. C’est ce qu’on appelle une hémicolectomie droite. Le chirurgien effectue ensuite une anastomose entre l’intestin grêle et la partie restante du côlon.

L’hémicolectomie droite

En cas de tumeur dans la deuxième moitié du côlon (côlon gauche)

Si la tumeur est située au niveau de la moitié gauche du côlon, le chirurgien retire le côlon gauche (descendant) avec ou sans la moitié gauche du côlon transverse. Une partie du côlon sigmoïde peut également être retirée. On parle d’hémicolectomie gauche. Le chirurgien réalise ensuite une anastomose entre les deux parties du côlon restantes. C’est-à-dire qu’il relie les deux segments restants du côlon à l’aide de fils ou de pinces mécaniques.

L'hémicolectomie gauche

En cas de tumeur juste avant le rectum

Si la tumeur est située dans la dernière portion du côlon, juste avant le rectum, le chirurgien retire le côlon sigmoïde. On parle de sigmoïdectomie. Une anastomose est ensuite effectuée pour relier le côlon au rectum : il relie alors les deux segments restants du côlon à l’aide de fils ou de pinces mécaniques.

La sigmoïdectomie

Selon la localisation de la tumeur dans le côlon transverse (à gauche ou à droite), le chirurgien décide de pratiquer une hémicolectomie gauche ou droite. Il retire le côlon transverse et le côlon droit ou gauche.

Dans de plus rares cas, la totalité du côlon, dont le cæcum et l’appendice, est retirée. On parle alors de colectomie totale. Une telle intervention est réalisée s’il y a plusieurs localisations tumorales.

On peut aussi proposer ces interventions à certaines personnes atteintes de polypose adénomateuse familiale (PAF) ou de cancer colorectal héréditaire sans polypose afin de prévenir l’apparition d’un cancer colorectal.

Réalisation d’une stomie

Selon le type d’intervention réalisé, le chirurgien est parfois amené à pratiquer une stomie appelée parfois « anus artificiel ».

Il s’agit de raccorder le tube digestif (intestin grêle ou côlon) directement à la peau de l’abdomen et de créer une ouverture (la stomie) d’où seront évacuées les selles.

Les selles sont alors recueillies dans une poche spéciale collée sur le ventre autour de la stomie.

Une stomie, dans quels cas ?

Le plus souvent temporaire, la stomie est indiquée dans deux cas :

  • le chirurgien décide de ne pas effectuer tout de suite la couture entre les deux segments digestifs, car il existe trop d’inflammation dans l’abdomen. Le risque de voir l’anastomose (le lien réalisé entre deux segments du côlon) ne pas cicatriser est alors trop important. Il effectue le plus souvent une colostomie, c’est-à-dire qu’il suture l’extrémité du côlon à la peau ;
  • le chirurgien effectue par exemple une suture entre le côlon gauche et le rectum après résection (retrait de l’anomalie) du côlon sigmoïde, mais la couture semble fragile. Il peut alors effectuer une iléostomie, c’est-à-dire qu’il va raccorder la partie terminale du petit intestin (l’iléon) à la peau pour dériver de manière temporaire les selles, cela afin d’éviter qu’elles passent au niveau de la zone de suture.

Si la stomie est temporaire

Une nouvelle opération est programmée 6 à 12 semaines après la réalisation de la stomie pour la refermer, reformer le circuit intestinal et permettre aux selles d’être évacuées à nouveau par la voie naturelle. C’est ce qu’on appelle le rétablissement de la continuité intestinale.

En cas de chimiothérapie adjuvante (réalisée après la chirurgie), le rétablissement de la continuité digestive peut s’effectuer plus tard, à la fin des 3 ou 6 mois de traitement.

Pour en savoir plus sur la stomie digestive.

Quelle opération en cas d'occlusion intestinale ?

Parfois, le cancer du côlon est découvert à cause d’une occlusion : en grossissant, la tumeur bloque le passage des selles et des gaz. Cela provoque des douleurs abdominales, des vomissements, un arrêt total ou partiel du transit et un gonflement de l’abdomen. Le côlon augmente de volume et finit parfois par se perforer.

Une occlusion nécessite donc le plus souvent une intervention en urgence.

En quoi consiste l’opération ?

Selon les cas, cette intervention consiste soit :

  • à effectuer une stomie temporaire afin de dériver les selles et de décomprimer rapidement le côlon en évacuant les gaz et les selles. Une deuxième intervention est programmée une semaine plus tard, « à froid », pour retirer la tumeur, refermer la stomie et rétablir la continuité digestive ;
  • à retirer d’emblée la tumeur en enlevant la portion du côlon atteinte. Pendant l’intervention, le chirurgien effectue un lavage du reste du côlon et rétablit le circuit digestif si le côlon n’est pas trop abîmé. Si le côlon a été trop abîmé, il réalise une stomie temporaire. Dans ce dernier cas, une autre intervention chirurgicale est programmée quelques mois plus tard pour refermer la stomie et rétablir le circuit intestinal ;
  • soit à réaliser une résection (le retrait) de tout le côlon. Cela peut être envisagé, par exemple, dans le cas d’une tumeur du côlon gauche qui provoque une distension (augmentation du volume) du côlon droit trop importante, avec des lésions menaçant d’entraîner une perforation. La colectomie est alors réalisée. Le rétablissement du circuit digestif repose sur une couture entre la partie terminale de l’intestin grêle (iléon) et la partie haute du rectum.

Quelle opération en cas de métastases ?

Certaines métastases peuvent être retirées par chirurgie. On dit alors qu’elles sont résécables.

Les possibilités de pratiquer une chirurgie dépendent de la localisation et du nombre de métastases.

En cas de métastases résécables (au niveau des poumons, du foie…), l’intervention chirurgicale peut être pratiquée en deux temps, avec une chimiothérapie entre les deux opérations pour contrôler la maladie.

Si les métastases ne sont pas opérables en raison de leur nombre ou de leur inaccessibilité, des traitements médicaux sont proposés (chimiothérapie et thérapie ciblée).

Que se passe-t-il après l'intervention chirurgicale ?

Vos sensations à votre réveil

Une fois l’intervention terminée, vous êtes amené en salle de réveil où l’équipe médicale et paramédicale continue d’assurer votre surveillance.

À votre réveil, vous pouvez ressentir des nausées ou encore une somnolence, provoquées par l’anesthésie.

Un ou plusieurs drains sont mis en place dans la zone opérée pendant l’intervention. Ces tuyaux très fins permettent d’évacuer les liquides (sang, lymphe) qui peuvent s’accumuler au cours de la cicatrisation. Ces drains ne sont pas douloureux et sont retirés sur décision du chirurgien, dans les jours suivant l’opération.

Qu’est-ce que la lymphe ?

C’est un liquide légèrement coloré produit par le corps qui transporte les globules blancs et évacue les déchets des cellules. La lymphe circule dans des vaisseaux dits lymphatiques.

De même, une sonde urinaire peut également avoir été mise en place. Elle sert à recueillir les urines et à mesurer leur volume pour mieux contrôler le fonctionnement des reins. Elle est retirée quelques jours après l’intervention.

Les médecins vous prescrivent un médicament anticoagulant et vous demandent de vous lever dès que possible après l’intervention. L’objectif est d’éviter une phlébite (c’est-à-dire une inflammation d’une veine pouvant provoquer son obturation par la formation d’un caillot de sang et aussi appelée thrombose veineuse). Cette phlébite peut être provoquée par un alitement prolongé après une opération chirurgicale, ou par la chirurgie elle-même,

De plus, le port de bas anti-thrombose (appelés bas de contention ou encore bas à varices) pendant la journée est préconisé après l’opération et pendant toute la durée prescrite par votre médecin.

Une douleur systématiquement traitée

Comme après toute intervention chirurgicale, les douleurs sont systématiquement traitées, généralement par de la morphine ou l’un de ses dérivés.

Il est important que vous décriviez ce que vous ressentez afin que votre équipe médicale puisse vous proposer le traitement le plus adapté. Si vous n’êtes pas suffisamment soulagé, signalez-le sans tarder à l’équipe médicale afin que le traitement puisse être adapté.

Pour en savoir plus, retrouvez notre dossier consacré à la douleur.

Une durée d’hospitalisation variable

En moyenne de 1 à 2 semaines, la durée d’hospitalisation varie cependant en fonction de l’intervention pratiquée, de votre état de santé général et de la façon dont vous avez supporté la chirurgie.

Un séjour en service de soins de suite et réadaptation (maison de convalescence) peut vous aider à récupérer.

Si une stomie a été mise en place, une infirmière stomathérapeute vous apprendra comment vivre avec une stomie et en prendre soin.

La reprise du transit intestinal, couramment sous 2-3 jours

Le soir de l’intervention, en général, vous reprendrez une alimentation légère avant de réintégrer progressivement des aliments solides.

La reprise du transit intestinal intervient généralement dans les 2 ou 3 jours qui suivent l’opération. Il est marqué par une importante émission de gaz.

Il peut arriver que le transit ne reprenne pas de façon spontanée sous 4 jours ; c’est ce qu’on appelle un iléus paralytique.

En plus de l’absence de gaz et de selles, ce retard se manifeste par un ballonnement, un hoquet, des nausées voire des vomissements. Ce retard peut nécessiter la pose d’une sonde nasogastrique durant quelques jours pour vous alimenter. La sonde nasogastrique est introduite par le nez pour atteindre l’estomac.

Les analyses de la tumeur : déterminer sa propagation

Tout ce qui est a été retiré lors de l’intervention chirurgicale est transmis au laboratoire ou au service d’anatomopathologie pour être analysé. Cet examen est réalisé par un médecin spécialiste appelé anatomopathologiste.

L’examen consiste à observer, à l’œil nu puis au microscope, les tissus prélevés afin de déterminer jusqu’où les cellules cancéreuses se sont propagées : paroi du côlon, péritoine, ganglions lymphatiques, organes voisins.

Grâce à cet examen, le type de cellules concerné, le stade du cancer, c’est-à-dire son degré d’extension, ainsi que son degré d’agressivité sont définis.

Une analyse des altérations moléculaires de la tumeur peut être réalisée. Avec ces informations, les médecins peuvent décider si un traitement médicamenteux (chimiothérapie ou thérapies ciblées) est nécessaire après la chirurgie.

Quels sont les effets indésirables et complications possibles ?

La survenue éventuelle d’effets indésirables est surveillée pendant votre hospitalisation et lors des consultations qui suivent. N’hésitez pas à décrire aux professionnels tous les signes et symptômes que vous rencontrez.

La fatigue

Juste après l’intervention, vous pouvez ressentir de la fatigue. Elle est notamment due à l’anesthésie ou à l’anxiété générée par l’opération. La fatigue dépend de la façon dont vous avez supporté l’intervention et des autres effets indésirables.

Elle ne doit pas être banalisée.

Agir contre la fatigue : signalez-la à l’équipe soignante afin qu’elle soit prise en compte le mieux possible. Parfois, un séjour en maison de soins de suite et de réadaptation pour un temps de convalescence est prescrit par le médecin. C’est l’établissement de soins qui en fait la demande.

Des douleurs localisées

Des douleurs localisées peuvent persister pendant quelques semaines après l’opération. Vous aurez un traitement antidouleur (antalgique) à prendre jusqu’à ce qu’elles aient totalement disparu.

Des difficultés à cicatriser

Des problèmes de cicatrisation peuvent survenir. Il arrive qu’un hématome ou une infection apparaissent au niveau de la cicatrice. Ces effets indésirables guérissent souvent à l’aide de soins locaux. Cependant, s’ils ne disparaissent pas, une nouvelle opération est parfois nécessaire pour les traiter.

La fistule anastomotique : la complication la plus grave

La principale complication, et la plus grave, est la fistule anastomotique : elle est due à une mauvaise cicatrisation de la suture entre les deux segments de côlon ou entre le côlon et le rectum. La fistule génère un écoulement de liquide digestif dans l’abdomen, par cette suture.

Quels symptômes ?

Cette complication survient entre 3 et 15 jours après la chirurgie et se traduit par de la fièvre, une douleur abdominale et, parfois, des sécrétions sales au niveau du drain abdominal.

Quels traitements ?

Le plus souvent, un scanner de l’abdomen est effectué. En fonction de la sévérité de la complication, le traitement varie de la mise sous antibiotiques à la réalisation d’une nouvelle intervention.

Des saignements dans l’abdomen

Les autres complications chirurgicales sont des saignements dans l’abdomen qui nécessitent le plus souvent une nouvelle intervention chirurgicale.

Un caillot de sang entraînant un risque de phlébite ou d’embolie pulmonaire

Il existe également un risque de :

  • thrombose veineuse (ou phlébite, c’est-à-dire qu’une veine se bouche par un caillot de sang, ce qui bloque la circulation du sang) ;
  • voire d’une embolie pulmonaire (le caillot de sang obstrue l’artère pulmonaire ou une de ses branches).

Quel traitement ?

Si cette complication survient, elle nécessite un traitement par des anticoagulants pendant quelques mois associé au port, dans la journée, de bas anti-thrombose (appelés bas de contention ou encore bas à varices).

Des troubles du transit intestinal fréquents

Après l’opération, des troubles du transit intestinal sont fréquents : diarrhée, constipation, augmentation du nombre de selles.

Ces troubles sont variables selon les personnes et selon la portion du côlon qui a été enlevée :

  • plus la portion du côlon enlevée est importante, plus les selles sont molles ; si le côlon a été entièrement retiré (colectomie totale), des diarrhées sont importantes les premiers mois et diminuent ensuite ;
  • si le côlon droit a été enlevé, les selles sont plus molles que lorsque le chirurgien a retiré le côlon sigmoïde (juste avant le rectum).

Ces troubles s’améliorent le plus souvent au cours de la première année qui suit l’opération.

Des solutions pour réduire ces troubles

Des médicaments (suppositoire, laxatif, etc.) et un régime alimentaire adapté peuvent réduire ces troubles et permettre de retrouver une meilleure qualité de vie. N’hésitez pas à en parler, lors des consultations de suivi, avec votre chirurgien ou votre gastroentérologue.

En cas de diarrhée (c’est à dire au moins trois selles liquides par jour), optez de façon temporaire pour une alimentation pauvre en fibres (à base de riz, pommes de terre vapeur, carottes, etc.), mais attention à ne pas prolonger ce régime plus de 3 mois, car des carences nutritionnelles sont à craindre.

Une diarrhée peut persister et devenir chronique. Il vous est conseillé de consulter votre médecin. En cas de diarrhée prolongée (plus de 3 jours), il existe un risque de déshydratation, d’insuffisance rénale ou de perte en minéraux (sodium, potassium, magnésium, bicarbonates, notamment). Une prise de sang sera alors nécessaire. Des analyses pourraient vous être prescrites pour comprendre les causes de cette diarrhée. Il pourrait alors être nécessaire d’instaurer un régime alimentaire adapté, basé notamment sur une diminution de la consommation de fibres. Des antidiarrhéiques peuvent également vous être prescrits.

En cas de constipation, préférez au contraire les aliments riches en fibres tels que les fruits et légumes et les céréales complètes et privilégiez une activité physique quotidienne et une hydratation orale d’au moins 1,5 litre par jour.

Pour en savoir plus sur les moyens de lutter contre la diarrhée ou la constipation.

Un risque de dénutrition

La chirurgie du côlon, selon sa nature, peut entraîner un état de dénutrition [lien vers la page Nutrition à venir dans ce dossier] qui se traduit par une perte de poids . Cela est le plus souvent lié à une perte d’appétit et à l’inflammation secondaire à l’intervention.

Comment lutter contre la dénutrition ?

Pour retrouver un état nutritionnel satisfaisant, un accompagnement adapté vous est proposé. Il peut s’agir d’abord de conseils pratiques pour améliorer et enrichir vos prises alimentaires (c’est-à-dire vos repas) au quotidien, l’objectif étant d’augmenter le nombre de calories sans nécessairement augmenter le volume des portions que vous mangerez.

Si votre alimentation ne couvre pas tous vos besoins nutritionnels, vous pouvez bénéficier, sur prescription, d’une alimentation enrichie en calories ou protéines, de compléments nutritionnels oraux (CNO) ou d’une nutrition entérale (via une sonde gastrique). Votre médecin vous prescrira ce qui vous convient le mieux ou vous adressera vers un diététicien ou un médecin nutritionniste spécialisé en nutrition clinique.

Faire le point sur les différentes techniques de traitements nutritionnels.

Des complications liées à la stomie

Des complications peuvent apparaître à la suite de la réalisation d’une stomie : l’orifice de stomie peut se rétrécir (sténose) ou une partie de l’intestin peut se déplacer en dehors de son emplacement normal (prolapsus).

Éventration de la stomie : il s’agit d’une complication assez fréquente. Elle se manifeste par l’apparition d’une grosseur (tuméfaction) autour de la poche, souvent en dedans de l’orifice.

Elle n’est généralement pas douloureuse, mais cela crée un risque d’étranglement de l’intestin dans l’orifice et peut conduire à une occlusion intestinale. Cette hernie peut en outre gêner l’appareillage et favoriser les fuites entre le support et la peau.

Selon les cas, une intervention chirurgicale de correction peut être pratiquée, notamment lorsque l’appareillage de la stomie ne peut plus se faire correctement ou lorsque la fonction d’évacuation de la stomie n’est plus satisfaisante.

Et à plus long terme ?

L’opération peut avoir des conséquences à plus long terme sur votre qualité de vie : fatigue, anxiété voire difficultés psychologiques, etc.

La stomie peut notamment affecter l’estime de soi. Parlez-en à votre équipe médicale. Elle vous renseignera sur les professionnels de santé spécialisés (stomathérapeutes, des infirmiers spécialisés dans l’accompagnement des personnes dotées d’une stomie) et sur l’existence de groupes qui aident les personnes ayant une stomie et qui les aident à faire face aux changements corporels.

En savoir plus sur les soins de support

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-colon/La-chirurgie

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

La chimiothérapie et les thérapies ciblées : la chambre implantable et le cathéter pour administrer les traitements médicamenteux

Article

Publié le 08/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Administrer les traitements médicamenteux dans des petites veines comme celles du bras peut être complexe. Elles sont en effet fragiles et les injections répétées peuvent devenir douloureuses et endommager vos veines.

Aussi, avant de commencer le traitement par perfusion, dit intraveineux, la pose d’une chambre implantable percutanée (CIP) est recommandée. Elle est même indispensable avec certains produits.

Qu’est-ce que la chambre implantable percutanée ?

Ce dispositif est composé d’un petit boîtier, la chambre implantable, et d’un tuyau souple et fin, un cathéter. Il est entièrement placé sous la peau, au cours d’une courte intervention chirurgicale sous anesthésie locale. Le boîtier est placé au niveau du thorax et relié au cathéter, lui-même placé dans une veine. Après l’intervention, une radiographie du thorax est réalisée pour vérifier que le dispositif est placé correctement.

À chaque perfusion, les médicaments sont injectés directement dans la chambre implantable, à travers la peau. Un anesthésique local (en crème ou patch) peut être appliqué au moins 60 minutes avant la perfusion. Ce système limite les douleurs liées aux piqûres répétées, car celles-ci sont beaucoup moins profondes.

Un dispositif souvent bien supporté et qui permet une activité physique normale

La chambre implantable reste en place pendant toute la durée du traitement et permet d’avoir une activité physique normale, de se baigner, de voyager, etc.

Le plus souvent, le cathéter et la chambre implantable sont bien supportés. Une gêne peut néanmoins être ressentie en voiture à cause de la ceinture de sécurité. Cependant, son port reste obligatoire.

Lorsque le dispositif n’est plus utile, il est enlevé lors d’une courte intervention chirurgicale sous anesthésie locale.

Le cathéter central inséré dans une veine du bras : le cathéter brachial

En cas de contre-indications à la chambre implantable (abord veineux, c’est-à-dire l’accès à la veine, compliqué, par exemple) ou de traitement de courte durée, un autre type de cathéter peut vous être proposé.

Il s’agit d’un cathéter qui est inséré dans une veine de votre bras et qui est poussé vers une grosse veine située près du cœur. Cela permet une diffusion du traitement dans la circulation sanguine. On l’appelle PICC ou cathéter brachial.

Comment est posé ce cathéter ?

La pose de ce cathéter se fait sous anesthésie locale, généralement par un radiologue. La veine de votre bras est repérée sous échographie. Une radiographie permet de contrôler le bon positionnement du cathéter après sa pose. Le cathéter est visible au niveau du bras. C’est à cet endroit qu’il sort du corps. Il est fixé par quelques points de suture puis protégé par un pansement.

Le cathéter au quotidien

Il est important de garder le pansement au sec quand vous vous lavez et de ne pas faire de mouvements brusques ou répétés. 

Par l’embout du cathéter, il est possible non seulement d’injecter le traitement médicamenteux anticancéreux, mais aussi d’autres types de traitement, et d’effectuer des prélèvements de sang.

En savoir plus sur la chambre implantable et le cathéter central.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-colon/La-chimiotherapie-et-les-therapies-ciblees/La-chambre-implantable-et-le-catheter

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Quels sont les effets indésirables possibles des chimiothérapies et thérapies ciblées ?

Article

Publié le 08/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Les effets indésirables des traitements médicamenteux varient selon les médicaments utilisés, les dosages et les personnes. Contrairement aux idées reçues, les médicaments pris par voie orale entraînent aussi des effets indésirables.

Certains effets indésirables peuvent être limités ou évités grâce à des traitements préventifs ou des conseils pratiques. Néanmoins, s’ils deviennent trop importants ou si vous ne supportez pas l’un des médicaments utilisés, le traitement peut être modifié ou interrompu pour permettre à l’organisme de récupérer. Il est important de signaler tout symptôme inhabituel au cours d’un traitement, afin que le médecin puisse prendre les mesures adéquates.

En fonction du protocole de traitement qui vous a été proposé, votre médecin vous indique de façon précise les effets indésirables qui peuvent vous concerner et vous informe sur les moyens d’y faire face. Gardez à l’esprit que la survenue de l’ensemble des effets présentés ci-dessous n’est pas systématique. Il s’agit des effets indésirables les plus fréquents liés aux médicaments utilisés pour traiter le cancer du côlon.

Attention à l’automédication

L’automédication n’est pas recommandée avec les traitements médicamenteux contre le cancer, notamment en raison d’interactions potentielles. Certaines molécules pouvant être obtenues avec ou sans prescription médicale, ainsi que certains compléments alimentaires et produits phytopharmaceutiques (produits à base de plantes, comme le millepertuis), peuvent limiter l’effet de médicaments anticancéreux. D’autres médicaments peuvent au contraire entraîner un risque accru d’effets indésirables. L’avis d’un médecin ou d’un pharmacien est nécessaire avant toute initiation d’un nouveau traitement.

La présence ou l’absence d’effets indésirables n’est pas liée à l’efficacité de la chimiothérapie.

Ne ressentir aucun effet indésirable ne signifie pas que le traitement est inefficace et, inversement, en ressentir de nombreux ne signifie pas qu’il est particulièrement actif.

Les professionnels de santé (médecins, pharmaciens…) ont l’obligation de déclarer les effets indésirables susceptibles d’être dus à un médicament, auprès d’un centre régional de pharmacovigilance (CRPV).

Si vous ressentez un quelconque effet indésirable, parlez-en à votre médecin, pharmacien ou infirmier.

Depuis peu, il vous est également possible, en tant que patient, de signaler vous-même ces effets indésirables, directement via le système national de déclaration de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et du réseau des Centres régionaux de pharmacovigilance : la procédure ainsi que les formulaires de déclaration sont disponibles sur le site signalement-sante.gouv.fr. 

Cette démarche s’applique aussi à tout effet indésirable qui ne serait pas mentionné dans la notice d’information.

À noter : une déclaration n’a pas pour objectif une gestion individuelle de vos effets indésirables. En signalant les effets indésirables, vous contribuez à fournir davantage d’informations sur la sécurité du médicament.

Quels sont les effets indésirables les plus courants ?

Les effets indésirables communs à la chimiothérapie conventionnelle et aux thérapies ciblées

Certains médicaments de chimiothérapie conventionnelle et de thérapies ciblées peuvent provoquer :

Déclarer des effets indésirables

Depuis peu, il vous est possible, en tant que patient, de signaler vous-même des effets indésirables, directement via le système national de déclaration de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et du réseau des Centres régionaux de pharmacovigilance.

Ceci s’applique aussi à tout effet indésirable qui ne serait pas mentionné dans la notice d’information.

Une déclaration n’a pas pour objectif une gestion individuelle de vos effets indésirables. En signalant les effets indésirables, vous contribuez à fournir davantage d’informations sur la sécurité du médicament.

La procédure et les formulaires de déclaration sont disponibles sur le site de l’ANSM

Des nausées et des vomissements

Pour la chimiothérapie conventionnelle, les nausées (sensations d’écœurement) commencent souvent le soir ou le lendemain de la perfusion. Elles durent rarement plus de 72 heures après le traitement. Elles ne sont pas systématiquement accompagnées de vomissements. Des phénomènes de nausées précédant la chimiothérapie (anticipatoires) peuvent survenir : elles commencent parfois dès l’entrée dans l’hôpital, avant le début de la perfusion. Ces nausées sont liées à l’anxiété provoquée par le traitement et peuvent être réduites par des médicaments ou des techniques de relaxation.

Pour toutes les thérapies ciblées, les nausées et les vomissements sont des effets indésirables fréquents voire très fréquents.

AU QUOTIDIEN POUR LIMITER LES NAUSÉES ET VOMISSEMENTS 

  • Privilégiez les aliments froids ou tièdes qui sont moins odorants que les aliments chauds.
  • Fractionnez l’alimentation = mangez en petites quantités mais souvent (4 à 6 petits repas par jour, ou les 2 repas principaux de la journée coupés chacun en 2).
  • Buvez plutôt avant ou après les repas. Les boissons gazeuses fraîches, à base de cola notamment, aident parfois à diminuer les nausées.
  • Mangez lentement en mastiquant bien afin de faciliter la digestion.
  • Mangez légèrement avant et après le traitement.
  • Ne consommez pas d’aliments qui ne vous font pas envie.
  • Évitez de boire de l’alcool.
  • Évitez de fumer.

À noter : si vous avez faim, mangez ! Quelle que soit l’heure.

Conseils pratiques pour limiter ces effets indésirables

Lorsque des vomissements surviennent, il est conseillé de se rincer la bouche avec de l’eau froide et d’attendre 1 à 2 heures avant de manger. Les vomissements ne persistent, en général, pas plus de 48 heures après l’administration des médicaments.

Des médicaments dits antiémétiques peuvent être prescrits pour réduire les risques de nausées et de vomissements, y compris anticipatoires. Si ces effets indésirables apparaissent malgré le traitement préventif, signalez-le à votre médecin car nausées et vomissements contribuent à l’apparition d’une dénutrition qui pourrait justifier un traitement nutritionnel spécifique.

Il arrive que pendant la chimiothérapie, des personnes ressentent un mauvais goût dans la bouche ou soient particulièrement sensibles aux odeurs. Cela entraîne parfois l’apparition de nausées. Diverses alternatives sont alors proposées :

  • sucer des bonbons mentholés diminue le goût désagréable ;
  • pratiquer des exercices de relaxation avant et pendant la perfusion de chimiothérapie. Vous pouvez solliciter des conseils à ce sujet auprès des soignants ;
  • regarder la télévision, écouter la radio ou de la musique, jouer à des jeux de société, lire, discuter, etc. pendant la perfusion. Ces activités contribuent parfois à diminuer la sensation de nausées ;
  • privilégier les aliments qui vous attirent le plus, ainsi que les modes de cuisson et les plats qui dégagent le moins d’odeurs.


La diarrhée et la constipation

Une diarrhée est possible avec les médicaments de chimiothérapie conventionnelle et de thérapies ciblées. Un traitement dit antidiarrhéique pourra vous être prescrit afin de la limiter.

S’hydrater pour éviter les complications liées aux diarrhées

Pensez également à bien vous hydrater en buvant entre 1,5 et 2 litres par jour.

En cas de diarrhée persistante ou associée à de la fièvre, des douleurs abdominales, des vomissements ou à du sang dans les selles, contactez en urgence votre équipe médicale.

Il existe un risque de diarrhée tardive avec l'irinotecan. Cela signifie qu’une diarrhée peut apparaître plus de 24 heures après l’administration du médicament et à tout moment entre les cures (on dit qu’elle apparait à distance de l’administration du médicament).

En cas d’apparition de cet effet indésirable, vous devez prévenir rapidement votre médecin pour débuter un traitement adapté.

CONSEIL PRATIQUE POUR LIMITER LA DIARRHÉE

Privilégiez une alimentation pauvre en fibres (exemple : riz, pâtes, pommes de terre vapeur, carottes, bananes mûres, fruits cuits, fromage à pâte cuite, biscottes…)

La constipation, plus rare

Plus rarement, une constipation peut être provoquée par des médicaments de chimiothérapie conventionnelle et de thérapies ciblées, en particulier le bevacizumab.

La constipation est aussi parfois induite par les médicaments antiémétiques (contre les vomissements), par certains médicaments antidouleur et le ralentissement de l’activité physique.

CONSEILS PRATIQUES POUR LIMITER LA CONSTIPATION

  • Boire au moins 2 litres d’eau par jour.
  • Privilégier une alimentation riche en fibres, à base de fruits et légumes, céréales, pain complet à chaque repas, dont le petit-déjeuner.
  • Si possible, faire de l’exercice de façon adaptée et régulière en favorisant la marche.
  • Pratiquer des massages doux du ventre.

Attention : pensez à signaler toute modification de poids à votre équipe soignante.


La baisse des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes

Les médicaments utilisés dans le cancer du côlon ont souvent des effets indésirables sur le sang et la moelle osseuse. Ils peuvent entraîner :

  • une baisse du nombre de globules blancs (leucopénie), en particulier des polynucléaires neutrophiles (neutropénie) ou des lymphocytes (lymphopénie). Cette baisse entraîne un risque accru d’infection, car les moyens de défense du corps sont réduits. En cas de fièvre ou si vous ne vous sentez pas bien (frissons, diarrhées ou vomissements importants), contactez immédiatement votre médecin ;
  • une diminution du nombre de globules rouges et de la quantité d’hémoglobine qui provoque, lorsqu’elle est importante, une anémie. L’anémie se manifeste principalement par une pâleur, un essoufflement et une fatigue qui ne s’atténue pas avec le repos ;
  • une baisse du nombre de plaquettes (thrombopénie), qui participent au phénomène de coagulation du sang (c’est-à-dire à la création de caillots sanguins). Une diminution des plaquettes augmente le risque de saignements et d’ecchymoses (infiltration de sang sous la peau à la suite d’un saignement).

Ces effets indésirables sont très contrôlés.

Avant chaque cure, des prises de sang permettent de vérifier le nombre de globules blancs, globules rouges et plaquettes. En dessous d’un certain seuil, les doses de chimiothérapie sont adaptées ou le traitement peut être remis à plus tard.

Il est parfois nécessaire de prescrire des facteurs de croissance lorsque la baisse du nombre de globules blancs ou de globules rouges est trop importante. Dans de rares cas, une transfusion de globules rouges ou de plaquettes peut être réalisée.

Qu’est-ce qu’un facteur de croissance ?

Il s’agit d’une substance qui régule la croissance et la multiplication des cellules, comme certaines hormones. Les facteurs de croissance agissent par l’intermédiaire de récepteurs disposés à la surface des cellules.

En cas de fièvre ou si vous ne vous sentez pas bien (frissons, diarrhées ou vomissements importants), contactez immédiatement votre médecin.

Pour en savoir plus, notamment sur les signes à surveiller et les conseils pour éviter une infection

Surveillez votre température

La « neutropénie fébrile » est une des complications susceptibles de survenir chez les patients traités par chimiothérapie.

Les polynucléaires neutrophiles (PNN) sont des cellules impliquées dans les premiers temps de la réponse immunitaire. Ils interviennent dans la destruction des agents pathogènes. La diminution de leur taux, appelée neutropénie, expose donc aux infections.

Le caractère fébrile de la neutropénie est défini par une température supérieure ou égale à 38,5°C. En cas de température supérieure ou égale à 38,5°C ou si vous ne vous sentez pas bien (frissons, diarrhées ou vomissements importants), contactez immédiatement votre médecin.


Les lésions de la bouche

Certains médicaments de chimiothérapie conventionnelle (5-FU ou capécitabine) et de thérapies ciblées (bevacizumab) peuvent entraîner des lésions à l’intérieur de la bouche et le long du tube digestif (aphtes, rougeurs, douleurs). On parle de mucite (inflammation d’une muqueuse), ou encore de stomatite (mucite de la bouche).

Dès que vous constatez des aphtes ou des douleurs, prévenez votre médecin afin de recevoir un traitement antidouleur adapté.

Conseils pratiques pour limiter les lésions de la bouche

À faire :

  • après les repas, réalisez des bains de bouche sans alcool et à base de bicarbonate de soude alimentaire, prescrits par le médecin ;
  • brossez-vous régulièrement les dents avec une brosse à dents souple et utilisez du bicarbonate de soude ;
  • sucez des glaçons, de la glace pilée, des glaces à l’eau et des sorbets, des bonbons à la menthe (sauf en cas de traitement à l’oxaliplatine) ;
  • buvez beaucoup (eau minérale, thé, tisane, boisson à base de cola) ;
  • privilégiez les aliments sans acidité, mous voire mixés ;
  • graissez-vous les lèvres en appliquant un lubrifiant (vaseline, beurre de cacao).

À éviter :

  • ne consommez pas d’aliments trop épicés ou acides (jus de citron, vinaigrette, moutarde), secs, croquants ou durs ;
  • évitez de consommer des aliments chauds et des aliments qui favorisent l’apparition d’aphtes, comme les noix, le gruyère et l’ananas ;
  • n’utilisez pas des bains de bouche à base d’alcool ; ils dessèchent la muqueuse de la bouche et risquent de provoquer des sensations de brûlure ;
  • évitez de fumer et de boire de l’alcool, surtout dans les semaines qui suivent le traitement.

Pour en savoir plus et découvrir nos conseils sur les maux de bouche.


La chute des cheveux et des poils

Les protocoles utilisés pour les formes localisées n’entraînent que rarement la chute des cheveux.

L’oxaliplatine, l’irinotecan, le 5-FU, le capécitabine et le panitumumab peuvent néanmoins générer une chute des cheveux (appelée alopécie) parfois difficile à vivre, car elle est un signe concret et visible de la maladie. Elle est parfois précédée de douleurs ou de sensibilité du cuir chevelu.

Comment se fait la chute des cheveux ?

Elle commence environ 2 à 3 semaines après la première perfusion, mais elle est en général temporaire. La plupart du temps, les cheveux commencent à repousser environ six à huit semaines après la fin du traitement.

Pour en savoir plus et découvrir nos conseils pour limiter cette chute

Port d’une perruque et conseils de maquillage

En attendant, une prothèse capillaire peut vous être prescrite ; renseignez-vous auprès de votre assurance santé complémentaire sur leur niveau de prise en charge.

Les cils, les sourcils et les poils pubiens peuvent également tomber provisoirement. Des conseils de maquillage peuvent vous être apportés par une socio-esthéticienne.


Les sensations d’engourdissement ou de fourmillement (neuropathie périphérique)

Certains médicaments de chimiothérapie conventionnelle ont un effet toxique sur les nerfs, notamment les médicaments dérivés du platine. Ils peuvent entraîner des troubles de la sensibilité, appelés paresthésies, qui se manifestent par des sensations d’engourdissement, de fourmillements ou de picotements qui peuvent être douloureuses et handicapantes. Ils peuvent également se manifester par des troubles de la coordination ou une perte de force dans les muscles. Ces symptômes sont nommés troubles neuropathiques périphériques.

Il est très important de les signaler immédiatement à votre médecin sans attendre le rendez-vous suivant et même si vous les supportez bien. Ils peuvent rendre nécessaire une diminution des doses ou un arrêt du traitement.


Les troubles cutanés et syndrome « main-pied »

Certains médicaments de chimiothérapie conventionnelle (5-FU, capécitabine) et de thérapies ciblées (cetuximab, bevacizumab, panitumumab) peuvent entraîner des troubles au niveau de la peau : rougeurs, plaques, dessèchement, tiraillement, ainsi que des éruptions cutanées aussi appelées rash cutanés.

Parmi ces troubles, le syndrome main-pied se manifeste au niveau de la paume des mains et de la plante des pieds. Il se caractérise par des rougeurs, un gonflement, une sécheresse ou des cloques.

Pour en savoir plus sur notre dossier dédié aux problèmes de peau 

Conseils pratiques pour limiter les troubles cutanés

À faire :

  • appliquez régulièrement et généreusement un agent hydratant sur la peau (après la toilette avec un savon surgras) ;
  • réalisez une manucure et une pédicure avant de commencer le traitement, si les mains et les pieds sont déjà un peu abîmés (présence de corne) ;
  • portez des vêtements amples et des chaussures souples.

À éviter :

  • ne vous exposez pas les mains et les pieds à la chaleur (soleil, bains chauds, sauna) ;
  • ne pratiquez pas d’activités qui entraînent un frottement de la peau ou une pression sur les mains (activités ménagères, conduite, jardinage, etc.) ;
  • n’appliquez pas des pansements adhésifs ou des bandages serrés ;
  • évitez de marcher de manière prolongée et de courir en cas de syndrome main-pied.

Si, malgré l’application de ces conseils, votre peau devient rouge, sensible ou douloureuse, signalez-le à votre médecin sans attendre que les symptômes n’empirent. Des médicaments antidouleur, prescrits par votre médecin, ou des soins locaux peuvent les soulager.


La perte d’appétit

Certains traitements de chimiothérapie (oxaliplatine, 5-FU, capécitabine) et de thérapie ciblée (bevacizumab, cetuximab et panitumumab) entraînent une diminution de la prise alimentaire, le plus souvent du fait d’une perte d’appétit. Si elle se prolonge plus d’une semaine, elle risque d’entraîner une perte de poids que l’on appelle « dénutrition ».

La dénutrition a de nombreuses conséquences, comme une fonte des muscles, une diminution de la force musculaire ou une fatigue importante.

Elle peut également empêcher le bon déroulement de votre traitement et réduire son efficacité, c’est pourquoi il faut la prévenir et limiter son aggravation le plus précocement possible.

Un diététicien ou un médecin nutritionniste peuvent vous conseiller sur la façon de mieux vous alimenter pendant votre traitement. En cas de nécessité, un traitement nutritionnel pourra vous être prescrit.

Certains médicaments peuvent également générer une modification de la perception du goût (une dysgueusie) pouvant aussi favoriser une dénutrition. Celle-ci disparaît progressivement dès la fin des traitements.

CONSEILS PRATIQUES POUR PRÉVENIR LA DÉNUTRITION

  • Mangez les plats que vous aimez à l’heure que vous voulez.
  • Fractionnez votre alimentation ; mangez en petites quantités, mais souvent (4 à 6 petits repas par jour, ou les 2 repas principaux de la journée coupés chacun en 2)
  • N’hésitez pas à consommer plusieurs fois par jour des aliments simples contenant des protéines (jambon, produits laitiers, …)
  • Si possible, mangez accompagné et non seul.
  • Travaillez la présentation des plats.
  • Installez-vous à table, de préférence dans un cadre agréable.
  • Associez ces conseils à une activité physique quotidienne, adaptée à vos capacités (exemple : marche)


La fatigue

En dehors de la fatigue causée par la maladie elle-même, par l’appréhension des examens ou encore par les déplacements quotidiens, la fatigue peut être liée aux traitements médicamenteux. Elle dépend de votre tolérance à ce traitement, du nombre de cures et des effets indésirables. En effet, une anémie, une perte d’appétit, des nausées et des vomissements, une fièvre ou encore des douleurs peuvent contribuer à cette fatigue. Elle ne doit pas être banalisée. Signalez-la à l’équipe soignante afin qu’elle soit traitée le mieux possible.

Pratiquer une activité physique adaptée

Il est prouvé qu’une activité physique débutée dès le début de votre prise en soin, adaptée, régulière et modérée permet de lutter contre la fatigue après les traitements. Parlez-en avec votre équipe soignante.

Pour en savoir : Fatigue et cancers


Les troubles respiratoires

Des difficultés à respirer et une toux peuvent se manifester.

Ces symptômes peuvent alerter sur la présence d’une infection ou d’une réaction pulmonaire aux médicaments de chimiothérapie conventionnelle (notamment à l’oxaliplatine) et aux thérapies ciblées (panitumumab et bevacizumab).
N’hésitez pas à les signaler à votre équipe soignante.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données publique des médicaments du ministère chargé de la Santé.


Des risques de troubles cardiaques

Les médicaments de chimiothérapie et de thérapie ciblée peuvent avoir un impact négatif sur le cœur.

Cet impact peut être favorisé par l’association de différents facteurs de risque comme une pathologie cardiaque déjà présente et/ou un âge élevé.

Important : vous devez contacter immédiatement votre médecin notamment en cas de douleur thoracique, d’essoufflement ou encore d’accélération des battements du cœur.


Des troubles hépatiques

Le 5-FU, la capécitabine et l’irinotécan (chimiothérapie conventionnelle) ainsi que le cetuximab (thérapie ciblée) peuvent avoir une incidence sur le fonctionnement du foie, surtout lorsque celui-ci fonctionne déjà mal.

Une surveillance de certaines enzymes hépatiques (ASAT, ALAT, PAL, Gamma-GT) et de la bilirubine est nécessaire. La bilirubine est un pigment issu de la dégradation des globules rouges et qui donne sa couleur vert-jaune à la bile.

Prévenez votre médecin en cas de symptômes évocateurs d’une atteinte hépatique (nausées, vomissements, fièvre, jaunisse -ictère- et douleurs abdominales).

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données publique des médicaments du ministère chargé de la santé.

Contre-indications de certains vaccins

Les vaccins dits vivants, tels que ceux contre la fièvre jaune ou la rougeole par exemple, sont contre indiqués au moins 6 mois après la fin des traitements médicamenteux du cancer.

En cas de voyage dans des pays dits « à risque », questionnez votre pneumologue, oncologue médical et/ou votre médecin traitant.


Des réactions allergiques

Comme tout médicament, les médicaments de chimiothérapie conventionnelle et de thérapie ciblée peuvent être source d’allergie.

Alertez votre médecin en cas de gonflement du visage, des lèvres et de la langue, d’oppression au niveau de la poitrine, de difficultés à respirer ou de frissons, de réactions cutanées graves (démangeaisons, rougeurs, boutons) ou de tout autre trouble inhabituel.


Quelles répercussions sur votre vie intime et votre sexualité ?

La libido peut être modifiée pendant le traitement et quelque temps après. Les effets indésirables des médicaments comme la fatigue physique et psychologique, la modification de l’image de soi, les nausées et les vomissements peuvent en effet diminuer temporairement le désir ou la capacité physique. De même, le stress et l’inquiétude entraînent souvent une baisse de désir. Cette diminution de la libido est normale et généralement temporaire.

Les médicaments peuvent par ailleurs générer une sécheresse des muqueuses, dont celle du vagin pouvant rendre la pénétration sexuelle difficile et douloureuse. Il existe des gels intimes hydratants des muqueuses et des lubrifiants efficaces.

Chez les hommes, les effets indésirables des médicaments peuvent se manifester par des dysfonctions érectiles.

En cas de difficultés, n’hésitez pas à en parler à votre équipe médicale qui vous orientera vers une solution adaptée à votre situation. Par exemple, un accompagnement psychologique, associant ou non votre partenaire, peut être mis en place pour vous aider.

Pour en savoir plus, consultez notre dossier sexualité et cancer 


Quelles répercussions sur votre fertilité ?

Certains médicaments de chimiothérapie ou de thérapie ciblée sont susceptibles de provoquer une baisse de la fertilité voire une infertilité. Celle-ci n’est pas forcément définitive. Cela dépend notamment de votre âge et du type de traitement employé.

Il est très important de parler de la fertilité avant de commencer un traitement si vous envisagez d’avoir des enfants. Une consultation au Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS) le plus proche de chez vous peut vous être proposée. Cette structure spécialisée assure le recueil et la conservation des gamètes (spermatozoïdes et ovules) et des tissus germinaux (c'est-à-dire du tissu testiculaire ou ovarien).

En outre, certains traitements provoquent des malformations fœtales. Une grossesse est donc formellement contre-indiquée pendant les traitements. Une contraception adaptée doit être mise en place, pour les femmes susceptibles de procréer comme pour les hommes. Elle doit être poursuivie pendant toute sa durée et jusqu’à plusieurs semaines après la fin des traitements.

Consultez le site internet des CECOS qui propose une liste de questions fréquentes et une information détaillée et pratique sur la préservation de la fertilité.

Pour en savoir plus, consultez notre page Fertilité et cancer 


Les effets indésirables spécifiques aux thérapies ciblées


Une thrombose (phlébite et embolie pulmonaire)

La formation d'un caillot sanguin dans les veines, appelée thrombose veineuse ou phlébite peut être la conséquence d’un traitement par bévacizumab. C’est également un effet indésirable du panitumumab et du cetuximab, mais il est moins fréquent. C’est aussi un symptôme du cancer lui-même.

Le caillot sanguin se situe le plus souvent au niveau d’une jambe. Dans les cas les plus graves, il se détache et circule jusqu'à un poumon. C'est ce qui s'appelle une embolie pulmonaire (abrégé en EP). Cette affection susceptible d’être grave peut se manifester par un essoufflement et parfois une douleur dans la poitrine.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données publique des médicaments du ministère chargé de la Santé.

Comment réduire le risque de thrombose ?

Le fait de cesser de fumer réduit le risque de formation de caillots sanguins. Le fait de changer de position fréquemment, de faire des exercices pour les jambes et les chevilles et de se déplacer réduit également ce risque.

Le médecin peut aussi vous prescrire un traitement préventif à base de faibles doses d'anticoagulants, qui réduit la probabilité de formation de caillots sanguins chez les personnes à risque. Des bas de contention peuvent également vous être prescrits, selon les cas.

Il est important de signaler en urgence à votre médecin la présence d’une rougeur, d'un gonflement, d'une douleur au niveau du mollet ou de la poitrine, ou un essoufflement anormal.


Des risques d’hémorragie

Parmi les effets indésirables les plus graves du bevacizumab figure le risque d’hémorragie (saignement important).

Des saignements de nez importants ou des hémoptysies (crachats sanguinolents provenant des poumons) sont fréquents avec ce médicament.

Il est important de consulter rapidement un médecin si cet effet indésirable survient.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données publique des médicaments du ministère chargé de la Santé.


Des affections oculaires

Les yeux peuvent être affectés par certaines thérapies ciblées. Les yeux qui pleurent sont très fréquents avec le bevacizumab.

Une inflammation de la cornée, appelée kératite, peut également survenir ou s’aggraver au cours du traitement par cetuximab et panitumumab. Elle se manifeste par des larmoiements, une sensibilité à la lumière, une vision trouble ou des douleurs.

Le traitement par cetuximab et panitumumab peut également provoquer des conjonctivites, c’est-à-dire une inflammation de la muqueuse qui tapisse l’intérieur et l’avant des yeux. Elle se traduit par des écoulements purulents, des sensations de brûlure et des rougeurs.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données publique des médicaments du ministère chargé de la Santé.


Un risque de lésion (ostéonécrose) de la mâchoire

Le bevacizumab peut être responsable de lésions au niveau des os de la mâchoire. Il est important de prévenir votre médecin si vous présentez une affection de la bouche ou des dents.


Une mauvaise cicatrisation

Le bevacizumab gêne parfois la bonne cicatrisation des plaies après une intervention chirurgicale. C’est la raison pour laquelle ce traitement ne doit pas être commencé pendant au moins 1 mois après une intervention chirurgicale lourde ou tant que la plaie n’est pas totalement cicatrisée. En cas de complication de la cicatrisation d’une plaie pendant le traitement, celui-ci doit être interrompu jusqu’à la cicatrisation totale. Le traitement doit être interrompu lorsqu’une intervention chirurgicale est planifiée.


L’hypertension artérielle

L’un des effets indésirables les plus fréquents du bevacizumab est l’hypertension artérielle, c’est-à-dire une tension trop élevée.


Des douleurs abdominales aiguës

Le bevacizumab est susceptible de provoquer des douleurs abdominales importantes. Elles ne doivent pas être prises à la légère ; elles sont parfois le signe d’une perforation gastro-intestinale (un trou se forme dans la paroi de l'œsophage, de l'estomac, de l'intestin grêle ou du côlon). Cette performation constitue une urgence médicale.


Des troubles rénaux

Le bevacizumab (thérapie ciblée) peut avoir une incidence sur la fonction rénale. Avant et au cours du traitement, il est nécessaire de surveiller le bon fonctionnement des reins à travers des analyses de sang (taux de créatinine) et d’urine (protéinurie, clairance…). Le traitement doit être définitivement arrêté si la présence de protéines dans les urines est associée à des œdèmes corporels, c’est-à-dire à des gonflements des tissus (causés par une accumulation anormale de liquide).

Comment diminuer ces troubles ?

Afin de diminuer la toxicité de ce médicament au niveau des reins, une hyperhydratation avant et pendant la chimiothérapie est parfois proposée. L’hyperhydratation consiste à perfuser au patient une solution physiologique en quantité abondante et à lui faire boire beaucoup d’eau. Ceci permet de diluer le médicament, ce qui diminue sa toxicité, mais pas son efficacité. Cette technique nécessite le plus souvent une hospitalisation d’un ou deux jours pour chaque cure de chimiothérapie.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données publique des médicaments du ministère chargé de la Santé.


Une fragilisation et affections des ongles

Avec le cétuximab, une inflammation de la peau autour de l'ongle (paronychie ou périonyxis) peut survenir. Elle peut être douloureuse et récurrente.

Se ronger les ongles ou s’arracher la peau qui les entoure sont des facteurs aggravants de cette affection.

Pour limiter le risque d’apparition de cette inflammation, il est conseillé de garder les mains hors de l’eau et au sec, d’éviter tous traumatismes sur les ongles (notamment lors des manucures ou pédicures personnelles) et d’effectuer une coupe courte et droite des ongles mais jamais à ras.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données publique des médicaments du ministère chargé de la Santé.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-colon/La-chimiotherapie-et-les-therapies-ciblees/Les-effets-indesirables

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers colorectaux : quel suivi après les traitements ?

Article

Publié le 15/03/2023

Information proposée par Institut national du cancer

Après les traitements initiaux, un suivi régulier est mis en place, et cela à vie. L’équipe spécialisée ayant effectué le traitement joue un rôle essentiel dans ce suivi, en lien avec votre médecin traitant.

Quels sont les objectifs du suivi après traitement ?

Le suivi a pour objectifs de :

  • détecter de manière précoce tout signe de réapparition éventuelle de cellules cancéreuses, au même endroit ou dans une autre région du corps (récidive, encore appelée rechute) ;
  • identifier tout effet indésirable tardif des traitements ;
  • organiser les soins de support nécessaires pour rétablir et/ou préserver au mieux votre qualité de vie ;
  • surveiller la possible apparition d’une tumeur différente de celle qui a été traitée. Les zones pouvant être plus particulièrement concernées sont le rectum, l’intestin grêle ou encore l’endomètre (la muqueuse interne de l’utérus) chez les femmes. Ce risque est notamment lié au surpoids et à la consommation d’alcool ou de tabac. Il est donc indispensable de se faire accompagner, si besoin médicalement, pour le sevrage de ces deux addictions ;
  • vérifier la stomie, le cas échéant.

Tabac et alcool

L’arrêt du tabac et/ou de l’alcool est primordial pour limiter le risque de complications pendant et après les traitements. Il existe de nombreux recours pour vous aider. Parlez-en avec l’équipe qui vous suit.

Des associations de patients peuvent vous accompagner à tout moment de votre parcours de soins en vous apportant informations, écoute, partage d’expérience. N’hésitez pas à les contacter. Pour les retrouver, rendez-vous sur la carte interactive des associations.

Vous pouvez également bénéficier d’une aide à distance.

Traitement du cancer et tabac - Pourquoi arrêter et comment me faire aider ?

En quoi consiste votre suivi ?

Le suivi comprend des consultations au cours desquelles votre médecin vous interroge sur d’éventuels symptômes que vous pouvez ressentir, vous examine et vous prescrit certains examens.

Un examen clinique

Pendant les 5 premières années suivant le traitement, le médecin effectue un examen clinique tous les 3 mois pendant 3 ans puis tous les 6 mois pendant 2 ans.

Des examens d’imagerie (échographie ou scanner)

Avec la même périodicité, une échographie ou un scanner de la région abdominopelvienne est réalisé. Ces examens peuvent être réalisés en alternance.

Un scanner thoracique est effectué une fois par an.

Dans certains cas, un dosage de l’ACE peut être réalisé si celui-ci était élevé au moment du diagnostic.

En savoir plus sur l’ACE.

Attention : il est impossible d’interpréter par vous-même les résultats d’analyse. Une concentration normale d’ACE n’exclut pas un diagnostic de cancer et une concentration anormale peut être provoquée par une autre cause, comme le tabagisme.

À quel rythme effectuer une coloscopie ?

Le rythme de réalisation des coloscopies est défini au cas par cas, en fonction notamment de vos antécédents.

Dans des situations particulières, d’autres examens peuvent être réalisés (IRM, TEP, etc.).

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale

  • Comment le suivi se déroule-t-il en pratique ?
  • Quels sont les professionnels chargés de mon suivi ?
  • Quels seront les examens nécessaires ?
  • À quel intervalle les consultations et les examens auront-ils lieu ?
  • Qui contacter en cas d’apparition de symptômes entre deux consultations ?

Et après 5 ans sans récidive ?

Après ces 5 premières années de suivi sans récidive, ni apparition d’une nouvelle tumeur primitive, la fréquence des examens de suivi est décidée au cas par cas par l’équipe qui vous accompagne.

Le médecin vous indique également les symptômes qui doivent vous conduire à consulter en dehors des rendez-vous programmés, tels que :

  • fatigue ;
  • présence de sang dans les selles ;
  • modifications du transit ;
  • douleurs abdominales ou pelviennes ;
  • perte inexpliquée de poids ou d’appétit ;
  • gonflement du ventre…

Si vous ressentez des symptômes nouveaux ou inexpliqués, consultez votre médecin traitant qui évaluera la nécessité de vous orienter vers votre équipe hospitalière.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-colon/Le-suivi

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancer de l'ovaire : les points clés

Article

Publié le 04/07/2023

Information proposée par Institut national du cancer

Lorsqu’un cancer apparaît sur l’un des deux ovaires, les cellules cancéreuses sont d’abord peu nombreuses et localisées dans la couche externe de l’ovaire (au niveau de l’épithélium).

On parle de cancer épithélial de l’ovaire. Il se développe à partir d’une cellule initialement normale qui se transforme et se multiplie de façon anarchique, jusqu’à former une masse appelée tumeur maligne.

On estime à 5 348 le nombre de nouveaux cas de cancers de l’ovaire en 2023 en France.

Comment se développe un cancer de l’ovaire ?

Au fur et à mesure que les cellules cancéreuses se multiplient, la tumeur grossit et peut rompre la capsule qui entoure l’ovaire. Des cellules cancéreuses peuvent alors s’échapper dans le bassin et envahir les organes voisins, notamment les trompes de Fallope, l’utérus, la vessie, le rectum, l’autre ovaire. On parle d’extension pelvienne ou locorégionale. Les cellules cancéreuses peuvent ensuite s’étendre au-delà du bassin et atteindre le péritoine ou les ganglions lymphatiques situés dans l’abdomen.

Enfin, si aucun traitement n’est entrepris, le cancer risque de se propager à des organes éloignés comme le foie ou les poumons, en empruntant les vaisseaux sanguins et lymphatiques. On parle alors de métastases.

Quels sont les principaux facteurs de risque ?

La présence d’une anomalie génétique héréditaire telle qu’une mutation des gènes BRCA 1 ou 2, ou plus rarement d’un des gènes du syndrome de Lynch, constitue le principal facteur de risque de développer un cancer de l’ovaire. Elle est responsable de 15 à 20 % des cancers de l’ovaire de haut grade.

De plus, la présence de plusieurs cancers du sein et/ou de l’ovaire au sein d’une famille, même lorsqu’aucune mutation génétique n’a été identifiée dans la famille, représente également un facteur de risque.

D’autres facteurs augmentent le risque de développer un cancer de l’ovaire, tels que :

  • l’absence de grossesse ;
  • la surcharge pondérale et l’obésité ;
  • la précocité des règles ;
  • une ménopause tardive ;
  • l’âge (65 ans en moyenne lors du diagnostic).


Qu’est-ce qu’une mutation des gènes BRCA ?

Les gènes BRCA 1 et BRCA 2 participent à la réparation des lésions que l’ADN subit régulièrement. La présence d’une anomalie (ici une « mutation ») héréditaire (présente depuis la naissance dans les cellules) dans l’un de ces deux gènes perturbe cette fonction. La présence de cette mutation augmente fortement le risque de cancer du sein et de l’ovaire.

Néanmoins, toutes les femmes porteuses de ces mutations génétiques ne développeront pas systématiquement un cancer de l’ovaire ou du sein au cours de leur vie.

Pour en savoir plus sur les manières et les raisons de recherche une anomalie génétique.

Quels peuvent être les signes d’un cancer de l’ovaire ?

Un cancer de l’ovaire provoque peu de symptômes. De ce fait, il est souvent diagnostiqué lorsque des cellules cancéreuses ont atteint le péritoine. Néanmoins, il peut être suspecté devant plusieurs signes dont :

  • la détection d’une masse ovarienne lors du suivi gynécologique ou d’un examen d’imagerie ;
  • l’apparition de douleurs abdominales ou pelviennes (dans la zone du petit bassin) ;
  • une augmentation anormale du volume de l’abdomen liée à une ascite (c’est-à-dire une accumulation anormale de liquide dans la cavité péritonéale, qui contient certains organes de l’abdomen) ;
  • des saignements ou des pertes vaginales anormales (rarement) ;
  • des troubles du transit ;
  • de faux besoins d’aller à la selle ;
  • des envies très fréquentes ou pressantes d’uriner ;
  • l’apparition de problèmes de circulation dans un membre inférieur se manifestant par un œdème (gonflement), très rarement une sciatalgie (douleurs au niveau du nerf sciatique) ou une phlébite (inflammation d’une veine pouvant provoquer son obturation par la formation d’un caillot de sang) ;
  • l’apparition d’une douleur thoracique ;
  • un essoufflement prolongé ;
  • une dégradation inexpliquée de l’état général se manifestant notamment par une perte de poids et d’appétit, une diminution de la prise alimentaire et de la fatigue.

Comment est diagnostiqué un cancer de l’ovaire ?

Quel que soit le contexte de découverte d’une masse ovarienne, un certain nombre d’examens doit être réalisé pour confirmer le diagnostic de cancer et en évaluer le stade, c’est-à-dire son degré d’extension. L’ensemble de ces examens constitue le bilan diagnostique.

Quels sont les traitements du cancer de l’ovaire ?

Au moment du diagnostic et après la chirurgie, les médecins étudient précisément l’étendue du cancer afin de vous proposer le traitement le mieux adapté.

Plusieurs types de traitements sont utilisés pour traiter les cancers de l’ovaire. Le choix de ceux qui vous sont proposés est effectué par plusieurs médecins lors de la réunion de concertation pluridisciplinaire (ou RCP).

La chirurgie et les traitements médicamenteux (chimiothérapie conventionnelle et/ou thérapies ciblées) sont les principaux traitements des cancers de l’ovaire. Ils sont utilisés seuls ou associés les uns aux autres.

Quel suivi pendant et après le traitement ?

Quel est le rôle des soins de support ?

Vos soins ne se limitent pas aux traitements spécifiques du cancer. Dans une approche globale, des soins et soutiens complémentaires, appelés soins de support, peuvent être nécessaires pour gérer les conséquences de la maladie et de ses traitements : douleurs, fatigue, troubles de la sexualité, troubles nutritionnels (notamment perte d’appétit, nausées, vomissements) ou dénutrition, symptômes digestifs, difficultés psychologiques ou sociales, etc.

Ces soins peuvent être proposés tout au long de votre parcours de soins et visent à maintenir votre qualité de vie.

En quoi consiste le suivi après traitement ?

Après les traitements initiaux, un suivi régulier est mis en place. L’équipe spécialisée ayant effectué le traitement joue un rôle essentiel dans le suivi, en lien avec votre gynécologue et votre médecin traitant.

Les traitements des cancers de l'ovaire


LES GUIDES CANCER INFO

Ces informations sont issues du guide Patients sur les Traitements des cancers de l'ovaire. Ce guide fait partie des ressources Cancer info mises à disposition des patients et des proches.

Qu’est-ce que Cancer info ?

Cancer info est un service proposé par l'Institut national du cancer, en partenariat avec la Ligue contre le cancer et un groupe d'associations. Afin que chacun puisse y accéder aisément, l'information est disponible sous trois formes : téléphonique, numérique (le site internet de l’Institut) et papier (les guides d’information).

  • La ligne téléphonique est joignable au 0 805 123 124 (service et appel gratuits) du lundi au vendredi de 9h à 19h et le samedi de 9h à 14h.
  • Le site internet de l’Institut national du cancer propose des dossiers complets, classés par type de cancer, ainsi que des dossiers pratiques portant sur des questions transversales comme les droits des malades ou les démarches administratives pendant et après la maladie.
  • Les guides d’information sont conçus en « miroir » des recommandations professionnelles sur chaque type de cancer, les traitements et leurs effets secondaires éventuels. Ils sont téléchargeables sur le site ou disponibles gratuitement à la commande.

Parmi les nombreuses sources d'information existantes, Cancer info offre la garantie d'une information médicale et sociale de référence, validée, complète et à jour.

Ses contenus sont élaborés à partir des recommandations destinées aux professionnels de santé et selon une méthodologie pluridisciplinaire associant professionnels et usagers. Ils sont régulièrement mis à jour en fonction des avancées médicales et réglementaires.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-l-ovaire/Les-points-cles

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

L'ovaire, qu'est-ce que c'est ?

Article

Publié le 17/07/2024

Information proposée par Institut national du cancer

Les ovaires sont deux organes de la forme et de la taille d’une amande, situés dans le bassin, de chaque côté de l’utérus. Ils font partie de l’appareil reproducteur de la femme.

L'appareil reproducteur féminin

À quoi servent les ovaires ?

Les ovaires ont pour fonction principale :

  • la production des ovules ;
  • la production d’hormones impliquées dans la régulation de la reproduction et le développement des caractères sexuels.

Chaque mois, chez les femmes en âge de procréer, l’un des ovaires libère un ovule, qui est ensuite acheminé vers l’utérus par les trompes de Fallope. Si l’ovule est fécondé par un spermatozoïde, le fœtus s’implante à l’intérieur de l’utérus pour y continuer son développement. S’il n’est pas fécondé, il est expulsé avec le flux menstruel, lors des règles.

Qu’est-ce que les hormones ?

Produites par certaines glandes de l’organisme, les hormones sont des substances qui agissent sur le développement et le fonctionnement d’un organe. Chaque hormone a une fonction précise, comme contrôler la fertilité, par exemple.

À quoi servent les hormones produites par les ovaires ?

Les hormones produites par les ovaires (principalement les œstrogènes et la progestérone) sont à l’origine du développement des seins, de la transformation de la silhouette, de la voix et de l’épaisseur des cheveux au moment de la puberté.

De plus, ces hormones sexuelles contrôlent le cycle menstruel. Elles permettent la grossesse et préparent les glandes mammaires à l’allaitement.

Au fur et à mesure que la femme vieillit, les ovaires produisent de moins en moins d’hormones et ses cycles menstruels finissent par s’arrêter. C’est la ménopause.

Quelles sont les différentes parties composant les ovaires ?

Les ovaires sont constitués de trois différents types de cellules :

  • les cellules épithéliales, qui forment la couche externe des ovaires appelée l’épithélium ;
  • les follicules ovariens, situés sous les cellules épithéliales et à partir desquels les ovules sont fabriqués ;
  • les cellules du stroma (un tissu conjonctif qui remplit l’intérieur des ovaires) et les cordons sexuels, qui font le lien entre le corps de l’ovaire et la surface épithéliale.

Chaque ovaire est entouré d’une mince couche de tissu appelée capsule.

Coupe transversale d'un ovaire

Où se situent les ovaires ?

Les ovaires et l’ensemble de l’appareil reproducteur féminin sont logés dans le pelvis, appelé aussi petit bassin ou cavité pelvienne. Le pelvis forme une sorte de coupe qui contient les organes génitaux, l'appareil urinaire, le rectum (dernière partie du tube digestif qui sert de réservoir des selles avant leur évacuation par l’anus) et le canal anal.

Comme les organes abdominaux (côlon, foie, etc.), certains organes du pelvis sont recouverts par une fine membrane : le péritoine. Les organes situés à l'intérieur du péritoine sont dits « intrapéritonéaux » (c’est le cas des ovaires).

Les différents organes situés sous le diaphragme

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-l-ovaire/Les-ovaires

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers de l’ovaire : comment est établi le diagnostic ?

Article

Publié le 01/03/2021

Information proposée par Institut national du cancer

La preuve du cancer est apportée par l’examen anatomopathologique des tissus retirés lors d’une chirurgie ou prélevés lors d’une biopsie.

Qu’est-ce que l’anatomopathologie ?

Cette spécialité médicale consiste à observer et à étudier les organes, les tissus ou les cellules, pour repérer et analyser des anomalies liées à une maladie.

Définir le stade de la tumeur

Dans un premier temps, des examens d’imagerie et des examens sanguins sont réalisés. Leurs résultats permettent aux médecins de définir si le stade de la tumeur, c’est-à-dire de son étendue au moment du diagnostic, est présumé « précoce » ou « avancé ».

Comment détermine-t-on le stade d’un cancer de l’ovaire ?

Pour déterminer le stade du cancer, les médecins s’appuient sur le système de classification défini par la Fédération internationale de gynécologie obstétrique (FIGO).

Dans cette classification, il existe quatre stades différents, numérotés de I à IV :

  • le stade I correspond aux cancers limités aux ovaires (un ou les deux) ;
  • le stade II correspond aux cancers ayant atteint d’autres organes du pelvis (ou petit bassin) notamment utérus, vessie, rectum ;
  • le stade III se rapporte aux cancers qui se sont diffusés en dehors du pelvis, au péritoine ou aux ganglions lymphatiques situés derrière le péritoine ;
  • le stade IV réunit les cancers qui présentent des métastases à distance (dans le foie, la rate et les organes situés en dehors de l’abdomen).

Les stades se décomposent en outre en trois sous-parties (A, B, C) donnant des précisions supplémentaires sur l’étendue du cancer.

Les stades IA, IB, IC et IIA déterminent des cancers de l’ovaire présumés précoces. À partir du stade IIB, on parle de cancer de l’ovaire à un stade avancé.

Qu’est-ce que le pelvis ?

Aussi nommé petit bassin, il est situé entre les deux hanches. La cavité pelvienne contient le rectum, l'appareil urinaire (vessie et urètre) et l'appareil reproducteur (vagin, utérus, trompes utérines et ovaires).

Chirurgie pour les stades précoces

Lorsque le stade de la tumeur est présumé « précoce », une chirurgie est programmée. Elle a pour objectif de retirer la masse ovarienne et d’obtenir la preuve histologique du cancer grâce à l’examen anatomopathologique des tissus retirés pendant l’intervention.

Cœlioscopie pour les stades avancés

Lorsque le stade de la tumeur est présumé « avancé », une cœlioscopie exploratrice est généralement réalisée. Le chirurgien effectue de petites incisions dans l’abdomen par lesquelles il introduit les instruments de guidage (sonde visuelle) et de prélèvement. Il prélève plusieurs échantillons de tissus qui font ensuite l’objet d’un examen anatomopathologique afin de confirmer le cancer.

Ces examens (l’imagerie, la cœlioscopie et les analyses au laboratoire d’anatomopathologie) vont également permettre de choisir les traitements et l’ordre dans lequel les réaliser.

Biopsie, alternative au prélèvement chirurgical

Une alternative au prélèvement chirurgical est la biopsie guidée par l’imagerie. Elle est réalisée par un radiologue.

Quels peuvent être les examens pour confirmer la présence du cancer (ou bilan initial) ?

Les examens les plus souvent réalisés et leurs objectifs sont présentés ci-dessous. L’ordre dans lequel ils sont effectués peut varier d’une personne à l’autre. Ils ne sont pas tous systématiques et, si besoin, d’autres peuvent vous être proposés.

Cette étape peut vous sembler longue, mais un bilan précis est indispensable pour vous proposer un traitement adapté.

Examen clinique

Systématique

L’examen clinique est réalisé lors d’une consultation qui comprend tout d’abord un entretien avec la patiente.

Il repose ensuite notamment sur un examen gynécologique et de l’abdomen, une palpation des aires ganglionnaires.

Objectifs :

  • faire un bilan de votre état général ;
  • s’informer sur vos antécédents médicaux personnels et familiaux et vos traitements en cours ;
  • recenser vos facteurs de risque (dont le tabac, l’alcool, le surpoids) ;
  • déceler des signes visibles et « palpables » d’un cancer de l’ovaire et de son extension éventuelle aux organes voisins (utérus, rectum) et aux ganglions.

Échographie pelvienne

Non systématique

Examen de l’intérieur de la cavité pelvienne (du pelvis) à l’aide d’une sonde échographique. Il est réalisé par un gynécologue ou un radiologue. Cet examen se fait par deux abords combinés : par voie sus-pubienne (le médecin pose la sonde sur la peau au-dessus du pubis) et par voie transvaginale (le médecin introduit la sonde dans le vagin).

Objectifs : donner des informations précises sur la nature, la taille et la localisation de la tumeur. Il permet également d’évaluer son extension locale.


IRM pelvienne 

Non systématique

Examen d’imagerie qui utilise un puissant aimant et des ondes radio pour obtenir des images « en coupe » de la région pelvienne (vessie, urètre, utérus, vagin, ovaires, trompes utérines, rectum).

Objectifs : en cas de masse ovarienne suspecte lors de l’échographie, cet examen permet de déterminer le risque qu’il s’agisse ou non d’une tumeur maligne.


Dosage d’un marqueur tumoral, en particulier du CA 125

Systématique

À partir d’une prise de sang est mesuré le taux de concentration d’un marqueur tumoral, le plus souvent le marqueur CA 125. Il s’agit d’une protéine sécrétée par certaines tumeurs, dont les tumeurs de l’ovaire.

Objectifs : le dosage du marqueur CA 125 donne une indication sur la présence d’une tumeur de l’ovaire lorsque le diagnostic reste indéterminé à l’imagerie.

En revanche, cette mesure n’est pas spécifique car d’autres pathologies non cancéreuses peuvent être à l’origine d’une augmentation du taux de CA 125 dans le sang (kyste ovarien, fibrome…).


Biopsie

Systématique

Prélèvement d’un échantillon de tissu qui semble anormal.

Dans le cas d’un cancer de l’ovaire à un stade avancé, ce prélèvement se fait lors d’une cœlioscopie (ou laparoscopie) dite exploratrice. Elle est réalisée sous anesthésie générale. Le chirurgien réalise plusieurs petites incisions sur la paroi abdominale par lesquelles il introduit les instruments de guidage (sonde visuelle) et de prélèvement. Il prélève plusieurs échantillons de tissus.

Dans certains cas, une alternative au prélèvement chirurgical est la biopsie guidée par l’imagerie (échographie ou scanner), sous anesthésie locale. Elle est réalisée par un radiologue qui introduit une aiguille pour effectuer les prélèvements au niveau des tissus suspects. Le geste est entièrement suivi et contrôlé par le radiologue grâce aux images.

En cas de cancers présumés précoces, les prélèvements se font pendant l’intervention chirurgicale visant à retirer la tumeur.

Objectifs : récupérer des échantillons de tissus qui semblent anormaux pour les analyser et déterminer s’ils sont de nature cancéreuse ou non (voir examen anatomopathologique).

Ces échantillons peuvent également être conservés après l’opération dans une bibliothèque de tumeurs (tumorothèque), en vue de recherches ultérieures.


Examen anatomopathologique 

Systématique

Examen de tissus ou de cellules prélevés lors d’une biopsie ou retirés lors d’une chirurgie. Cet examen est réalisé à l’œil nu puis au microscope par un médecin spécialiste appelé anatomopathologiste, anatomocytopathologiste ou pathologiste.

Selon les situations, une analyse d’éventuelles altérations génétiques est réalisée dans un échantillon de tumeur, notamment à la recherche d’une mutation des gènes BRCA 1 et 2.

À savoir : une altération génétique est le terme générique pour évoquer une anomalie au niveau d’un gène. Ici, l’anomalie recherchée est une mutation.

Objectifs : examen indispensable pour diagnostiquer de façon certaine un cancer. Il permet d’étudier les caractéristiques des cellules de la tumeur (histologie, altération génétique si besoin).

Lorsqu’une masse laisse suspecter un cancer de l’ovaire à un stade précoce, l’examen anatomopathologique est parfois effectué pendant l’intervention chirurgicale visant à la retirer. C’est ce qu’on appelle un examen extemporané. Les résultats de cet examen sont reçus au cours de l’opération.

Pourquoi et comment rechercher une anomalie génétique héréditaire ?

Certains cas de cancers sont liés à une altération génétique héréditaire, c’est-à-dire à une anomalie au sein d’un gène, présente dans toutes les cellules de l’organisme depuis la naissance. Cette altération, dite constitutionnelle, est transmissible à la descendance et augmente le risque de cancer.

Une analyse de la tumeur, dite analyse tumorale, est réalisée systématiquement. Lorsqu’elle a déterminé la présence d’une anomalie au sein d’un gène pouvant avoir une origine héréditaire (comme une mutation des gènes BRCA), il faut alors rechercher cette anomalie par une autre analyse, dite constitutionnelle. Celle-ci est réalisée à partir de vos cellules « normales », prélevées par une prise de sang.

Si cette analyse révèle une anomalie génétique héréditaire, un suivi spécifique vous est proposé et certains membres de votre famille devront en être informés. Dans le cas du cancer de l’ovaire, ces analyses permettent en outre de vous proposer un traitement adapté par thérapie ciblée.

Si l’altération n’est pas retrouvée dans les autres cellules du corps, on dit que l’altération est somatique, c’est-à-dire limitée à la tumeur. Elle n’est pas héréditaire. 


Évaluation gériatrique

Systématique pour les personnes âgées de plus de 75 ans

Tests G8, VES 13, FOG, etc.

Il s’agit de tests visant à dépister la fragilité du patient reposant sur plusieurs composantes, dont :

  • l’autonomie motrice ;
  • l’auto-évaluation de son état de santé ;
  • le nombre de médicaments pris au long cours, leurs indications et les risques d’interactions ;
  • l’évaluation nutritionnelle ;
  • l’état des fonctions cognitives ;
  • l’état psychologique.

Objectifs : cette évaluation en cancérologie permet d’adapter les traitements anticancéreux et de prendre en compte les spécificités des personnes âgées.

Quels examens permettent d’évaluer l’extension de la tumeur ?

Scanner thoraco-abdomino-pelvien

Systématique

Examen indolore qui permet, à l’aide de rayons X, de réaliser des images en trois dimensions du thorax, de l’abdomen et de la région pelvienne (vessie, urètre, utérus, vagin, ovaires, trompes utérines, rectum). On parle aussi de tomodensitométrie, abrégée en TDM.

Avant l’examen, un produit de contraste (souvent de l’iode) est injecté pour visualiser les vaisseaux sanguins et distinguer les éventuelles anomalies dans les organes.

Objectif : déterminer si des métastases se sont développées dans les autres organes (foie, ganglions…) et sur le péritoine. Si c’est le cas, déterminer leur taille et leur localisation. Cet examen détecte des anomalies même de très petite taille (inférieure ou égale à 3 millimètres). Il permet de déterminer ce que le chirurgien doit et peut retirer pendant l’intervention chirurgicale.

Le scanner ne donne pas d’indication formelle sur le type de cellules dont il s’agit.


IRM + scanner thoracique 

Non systématique, prescrit en alternative au scanner thoraco-abdomino-pelvien lorsque l’injection de produit de contraste n’est pas possible (notamment pour des raisons d’allergie aux agents de contraste, d’insuffisance rénale ou d’hyperthyroïdie)

L’IRM avec injection d’un autre produit de contraste (le gadolinium) est un examen d’imagerie qui utilise un puissant aimant et des ondes radio pour obtenir des images en « coupe » des organes situés dans l’abdomen (côlon, foie…) et le pelvis (vessie, urètre, utérus, vagin, ovaires, trompes utérines, rectum).

Objectif : déterminer si des métastases se sont développées dans les autres organes (foie, ganglions…) et sur le péritoine. Si c’est le cas, déterminer leur taille et leur localisation. Cet examen détecte des anomalies même de très petite taille (inférieure ou égale à 3 millimètres). Il permet de déterminer ce que le chirurgien doit et peut retirer pendant l’intervention chirurgicale.

Le scanner ne donne pas d’indication formelle sur le type de cellules dont il s’agit.

En quoi consistent les examens du bilan préthérapeutique ?

Évaluation clinique et nutritionnelle initiale 

Systématique

  • Mesure du poids et de la taille pour le calcul de l’IMC (Indice de Masse Corporelle qui se calcule en divisant le poids d’une personne par sa taille au carré [poids en kg/taille en m x taille en m]).
  • Recherche d’une perte de poids par rapport au poids habituel.
  • Dosage dans le sang des taux d’albumine, de préalbumine et de CRP. Le taux de la protéine C réactive (CRP) dans le sang augmente en présence d’une inflammation.

Objectifs : un bon équilibre nutritionnel est indispensable avant le début du traitement car il conditionne le pronostic. Cette évaluation permet d’identifier un état de dénutrition et d’y remédier par des mesures adaptées.


Bilan biologique 

Systématique

Avant de débuter les traitements, on mesure dans le sang :

  • la quantité et la qualité des différentes cellules sanguines (on parle de numération formule sanguine [NFS] ou encore d’hémogramme) ;
  • le taux de créatinine qui permet de vérifier le bon fonctionnement des reins ;
  • la clairance de la créatinine pour apprécier la vitesse de filtration des reins ;
  • le taux de certaines enzymes et protéines fabriquées par le foie (transaminases, albumine, etc.) pour évaluer l’état de la fonction hépatique.

Objectif : fournir des renseignements sur l’état de santé général, vérifier qu’il n’y a pas de contre-indications à certains examens ou traitements.


Évaluation cardiovasculaire

Non systématique

Examen clinique par un cardiologue, associé ou non à une échographie cardiaque.

Objectif : déterminer les risques cardiaques d’une anesthésie et d’une intervention chirurgicale prolongée.


Exemples de questions à poser à l’équipe médicale :

  • Où le cancer est-il situé exactement ?
  • Quelles sont ses caractéristiques ?
  • Connaît-on son étendue ?
  • Quelle est sa gravité ?
  • Quel est l’impact possible sur ma vie quotidienne ?

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-l-ovaire/Le-diagnostic

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers de l’ovaire : quels traitements ?

Article

Publié le 01/03/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Plusieurs types de traitements sont utilisés pour traiter les cancers de l’ovaire. Le choix de ceux qui vous sont proposés est effectué par plusieurs médecins lors de la réunion de concertation pluridisciplinaire (ou RCP).

À noter : dans ce dossier sont indiqués uniquement les traitements administrés en première intention, c’est-à-dire après le diagnostic.

La chirurgie et les traitements médicamenteux (chimiothérapie conventionnelle et/ou thérapies ciblées) sont les principaux traitements des cancers de l’ovaire. Ils sont utilisés seuls ou associés les uns aux autres.

Selon les cas, ils ont pour objectif(s) de :

  • supprimer la tumeur ou les métastases ou en réduire la taille ;
  • ralentir le développement de la tumeur ou des métastases ;
  • réduire le risque de récidive ;
  • prévenir et traiter les symptômes et les complications engendrés par la maladie et les traitements pour assurer la meilleure qualité de vie possible.

La chirurgie et les traitements médicamenteux sont réalisés au sein d’établissements qui sont autorisés à les pratiquer. Ces établissements respectent des critères qui garantissent la qualité et la sécurité de ces traitements. Retrouvez la liste des établissements autorisés par région est disponible.

Arrêter la consommation de tabac et d’alcool

L’arrêt du tabac et de la consommation d’alcool est primordial, surtout pour limiter le risque de complications pendant et après les traitements. Poursuivre la consommation de ces substances a également un impact sur le risque de second cancer et la survie.

Il existe de nombreux recours pour vous aider : parlez-en avec l’équipe qui vous suit et/ou votre médecin traitant.

Comment est établi le choix de vos traitements ?

Votre traitement est adapté à votre cas personnel.

L’adaptation du choix en fonction de votre situation personnelle

Votre âge, vos antécédents médicaux et chirurgicaux, votre état général et les contre-indications éventuelles à certains traitements sont pris en compte.

L’adaptation du choix en fonction de la tumeur

 Le choix de vos traitements dépend également des caractéristiques du cancer dont vous êtes atteinte :

  • son type histologique, c’est-à-dire le type de cellules impliquées ;
  • son stade, qui correspond à son degré d’extension (atteinte ou non par des cellules cancéreuses des organes voisins, du péritoine et des ganglions lymphatiques situés au-delà du péritoine, présence ou non de métastases) ;
  • son grade, c’est-à-dire son degré d’agressivité. Dans le cas du cancer de l’ovaire, on distingue les cancers de haut grade, à progression rapide, des cancers de bas grade, à progression lente.

Ces caractéristiques sont déterminées grâce au bilan diagnostique, qui comprend notamment des examens d’imagerie et l’analyse des prélèvements effectués lors d’une intervention chirurgicale ou d’une cœlioscopie exploratrice.

Rechercher une altération des gènes BRCA 1 et 2

Dans certains cas de cancers avancés et de haut grade, la présence d’une anomalie génétique peut être recherchée dans un échantillon de la tumeur.

Selon les situations, elle est aussi recherchée dans des cellules normales prélevées par une prise de sang ou via un prélèvement buccal. Il s’agit notamment d’identifier l’éventuelle présence d’une altération des gènes BRCA 1 et 2, qui pourra orienter le choix des médicaments à utiliser.

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale :

  • Quels sont les traitements préconisés dans ma situation ? Pourquoi ?
  • Quels sont les objectifs de chacun de ces traitements ?
  • Quels en sont les effets indésirables ? Comment les prévenir/les soulager ?
  • Où et quand se déroulent les traitements ? Avec quels médecins/équipes médicales ?
  • Quelle est leur durée ?
  • Comment suis-je suivie pendant les traitements ?
  • Quel est l’impact possible sur ma vie quotidienne ?
  • Quel est l’impact sur ma fertilité ?

Le choix de vos traitements fait l’objet d’une concertation pluridisciplinaire

Votre situation est discutée au cours d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) qui rassemble au moins trois médecins de spécialités différentes : chirurgien gynécologue, oncologue médical, pathologiste…

En tenant compte des spécificités de votre situation et en s’appuyant sur des outils d’aide à la décision appelés recommandations de bonnes pratiques, les médecins établissent une proposition de traitements. Ils peuvent aussi vous proposer de participer à un essai clinique.

Important

Si vous envisagez d’avoir des enfants, il est très important d’en parler avec votre médecin avant de débuter les traitements, pour discuter des possibilités de préservation de la fertilité dans votre situation.

La proposition de traitements est discutée avec vous

Lors d’une consultation spécifique, la consultation d’annonce, le médecin vous explique les caractéristiques de votre maladie. Il vous présente la proposition de traitement retenue, les bénéfices attendus et les effets indésirables possibles. C’est l’occasion pour vous d’en discuter avec lui et de donner votre avis sur la proposition qui vous est faite.

Cette consultation est importante. Il est utile d’être accompagnée par l’un de vos proches ou la personne de confiance que vous avez choisie. Avant la consultation, notez toutes les questions qui vous viennent en tête et prenez le temps de les poser à votre médecin. Cet échange vous permettra de mieux comprendre et d’intégrer les informations données par le médecin, en particulier celles sur le traitement envisagé avec ses conséquences sur l’organisation de votre vie quotidienne, et de prendre avec lui les décisions adaptées à votre situation.

Une personne de confiance pour quoi faire ?

La personne de confiance est une personne que vous désignez, par écrit. Elle peut :

  • vous accompagner lors des entretiens médicaux ;
  • vous aider dans vos décisions ;
  • être consultée par l’équipe soignante si vous vous trouvez dans l’incapacité de recevoir des informations sur votre état de santé et d’exprimer votre volonté.

Elle appartient ou non à votre famille. À tout moment, vous pouvez modifier votre choix.

Pour aller plus loin : 

Le programme personnalisé de soins

Qu’est-ce que le programme personnalisé de soins ?

Les modalités de la proposition de traitement sont décrites dans un document appelé programme personnalisé de soins (PPS). Il comporte notamment :

  • les dates de vos différents traitements ;
  • leur durée ;
  • les coordonnées des membres de l’équipe soignante ;
  • un volet social qui doit permettre de repérer précocement d’éventuelles difficultés et de mettre en œuvre un accompagnement adéquat.

Quand vous avez donné votre accord sur la proposition de traitement, le document vous est remis et un exemplaire est transmis à votre médecin traitant, qui est un de vos interlocuteurs privilégiés. N’hésitez pas à le présenter aux infirmiers libéraux et au pharmacien qui vont vous suivre dans votre parcours de soins.

Si votre PPS ne vous a pas été délivré, demandez-le à votre équipe soignante. Le programme personnalisé de soins peut évoluer en fonction de votre état de santé et de vos réactions aux traitements.

Pourquoi écrire ses directives anticipées ? Comment les rédiger ?

Il vous est possible de rédiger seul, ou avec l’aide de votre médecin des directives anticipées. Il s’agit de formuler, à l’avance et par écrit, vos choix en matière de traitements pour le cas où vous seriez dans l’incapacité de les exprimer. Les directives anticipées permettent de faire prendre en considération vos souhaits en ce qui concerne les conditions de limitation ou l’arrêt d’un traitement. Elles sont modifiables et révocables à tout moment.

Pour en savoir plus :

Une consultation paramédicale, temps d’accompagnement et d’écoute

Après cette consultation avec le médecin, une consultation avec un autre membre de l’équipe soignante, le plus souvent une infirmière, vous est proposée ainsi qu’à vos proches. C’est un temps d’accompagnement et d’écoute.

Vous pouvez revenir sur les informations qui vous ont été données par le médecin, vous les faire expliquer à nouveau ou poser d’autres questions. L’infirmier évalue avec vous vos besoins en soins et soutiens complémentaires (sur le plan social, psychologique ou nutritionnel, par exemple) et il vous oriente si nécessaire vers les professionnels adaptés.

Des professionnels de santé présents pour vous accompagner

Les médecins, les pharmaciens et les membres de l’équipe soignante sont là pour vous accompagner. Ce sont vos interlocuteurs privilégiés ; n’hésitez pas à leur poser toutes vos questions. Ces échanges contribuent à renforcer le dialogue et la relation de confiance avec l’ensemble de ces professionnels tout au long de votre parcours de soins.

Les traitements possibles en fonction du stade du cancer

Retrouvez les différents stades de cancer de l’ovaire

Possibilités de traitements pour les stades présumés précoces (I à IIA)

La tumeur est retirée lors d’une intervention chirurgicale. Si le caractère malin de la tumeur et l’absence de dissémination au-delà des ovaires sont confirmés, le retrait des deux ovaires, de l’utérus, d’une partie du péritoine et des ganglions est effectué afin de vérifier qu’il s’agit bien d’un stade précoce.

Chez les femmes désirant une grossesse, le médecin peut proposer une autre stratégie selon le type histologique (nature des cellules impliquées) et le degré d’agressivité du cancer.

Une chimiothérapie conventionnelle est réalisée en complément de la chirurgie pour les cancers de haut grade (agressif, c’est-à-dire à progression rapide).

Possibilités de traitements pour les stades avancées (IIB à IV)

Le choix de l’enchaînement des traitements dépend de la possibilité de retirer par chirurgie toutes les lésions cancéreuses visibles à l’œil nu. L’objectif est une résection complète, c’est-à-dire le retrait de tous les organes atteints pour ne laisser aucun résidu tumoral.

Si une résection complète n’est pas envisageable en première intention, l’intervention chirurgicale peut être précédée de 3 à 4 cycles de chimiothérapie (chimiothérapie néoadjuvante).

La chirurgie est systématiquement suivie dans un délai optimal de 6 semaines d’une chimiothérapie adjuvante parfois associée à un traitement par thérapie ciblée.

Des traitements de thérapie ciblée peuvent également être prescrits après la chimiothérapie, en maintenance.

Participer à un essai clinique

L’équipe médicale peut vous proposer de participer à un essai clinique. Les essais cliniques sont des études scientifiques menées avec la participation des personnes malades. Cela ne peut être fait qu’après votre information et votre accord écrit.

Le cancer de l’ovaire fait l’objet de nombreuses études qui visent notamment à :

  • identifier des altérations moléculaires au niveau des gènes des cellules cancéreuses et proposer aux patientes les thérapies ciblées les plus adaptées ;
  • évaluer de nouvelles stratégies de traitements (chirurgie, séquences de traitement, etc.) ;
  • tester de nouveaux traitements anticancéreux (tels que des médicaments d’immunothérapie) ;
  • évaluer différentes façons d’utiliser les traitements existants en mettant en place de nouvelles combinaisons de molécules dans le but notamment d’améliorer l’efficacité des traitements et de réduire leurs effets indésirables ;
  • comparer l’efficacité des médicaments utilisés pour soulager les symptômes (médicaments contre la douleur, par exemple) ;
  • comparer différentes stratégies pour traiter la dénutrition.

Chaque essai clinique a un objectif précis. Pour y participer, les patients doivent satisfaire un certain nombre de critères, appelés critères d’inclusion, spécifiques à chaque essai et fixés dans le protocole de l’essai. C’est le médecin qui vérifie la possibilité que vous puissiez participer ou non.

À quoi servent les essais cliniques ?

Les essais cliniques sont indispensables pour faire progresser la recherche et à terme, la manière dont les patients sont soignés. C’est grâce à ces études que des avancées sont réalisées en matière de traitements contre les cancers. Dans certains cas, un essai clinique peut également vous permettre d’accéder à un nouveau traitement en le testant.

Vous avez la possibilité de mettre fin à votre essai clinique

Si le traitement administré dans le cadre de l’essai clinique ne vous convient pas (du fait des effets indésirables par exemple), le médecin peut décider d’y mettre fin et vous proposer un autre traitement. À tout moment, vous pouvez également décider de quitter un essai clinique sans que cela ne modifie ni la qualité de vos soins ni votre rapport avec votre médecin.

Pour en savoir plus sur les essais cliniques

Pour connaître les essais cliniques en cours sur le cancer de l'ovaire, vous pouvez consulter le registre des essais cliniques

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-l-ovaire/Les-traitements

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers de l’ovaire : les soins de support, ou comment maintenir sa qualité de vie durant les traitements ?

Article

Publié le 07/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Vos soins ne se limitent pas aux traitements spécifiques du cancer. Dans une approche globale, des soins et soutiens complémentaires peuvent être nécessaires pour gérer les conséquences de la maladie et de ses traitements : douleurs, fatigue, troubles de la sexualité, troubles nutritionnels (notamment perte d’appétit, nausées, vomissements) ou dénutrition, symptômes digestifs, difficultés psychologiques ou sociales, etc.

Qu’est-ce que les soins de support ?

Ces soins, appelés soins de support, peuvent être proposés tout au long de votre parcours de soins et visent à maintenir votre qualité de vie. Ils comprennent notamment :

  • l’évaluation et la gestion des effets indésirables des différents traitements ;
  • l’évaluation et le traitement de la douleur, qu’elle soit due au cancer ou aux traitements du cancer ;
  • le traitement de symptômes liés à la maladie et à son évolution éventuelle ;
  • l'accès à une consultation de diététique en prévention ou en cas de troubles de l’alimentation ou de dénutrition ;
  • la possibilité pour vous et vos proches de consulter un psychologue ;
  • l’aide à l’arrêt du tabac ;
  • l’aide au maintien ou à la reprise d’une activité physique adaptée, pendant ou après la maladie ;
  • la possibilité de rencontrer un assistant de service social pour vous aider dans vos démarches administratives.

À quel moment bénéficier des soins de support ?

Ces soins doivent être anticipés et discutés dès la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP).

Ils doivent être listés dans votre programme personnalisé de soins (PPS). Vous pouvez également les demander à tout moment. N’hésitez donc pas à demander la liste des soins de support proposés dans l’établissement de santé dans lequel vous êtes soignée, ainsi que les modalités pour y accéder.

Les soins de support font partie intégrante de votre parcours de soins. Ils ne sont ni secondaires, ni optionnels. Ils visent à vous assurer la meilleure qualité de vie possible.

N’hésitez pas à parler à votre médecin et aux autres membres de l’équipe soignante de la façon dont vous vivez la maladie et les traitements. Cela leur permet de vous apporter les soins et soutiens nécessaires, et de vous orienter au mieux vers les professionnels concernés.

Préservation de la fertilité : que faire si vous souhaitez avoir des enfants ?

Il est très important de parler de la fertilité avant de commencer un traitement si vous envisagez d’avoir des enfants. Une consultation de préservation de la fertilité peut être demandée à l’équipe médicale afin qu’elle vous oriente vers un centre d’assistance médicale à la procréation (AMP) spécialisé en oncofertilité pour étudier les possibilités éventuelles dans votre situation.

Pour en savoir plus, consultez notre dossier Fertilité.

Comment reprendre ou maintenir une activité physique adaptée ?

Parmi les soins de support, l’aide à la reprise ou au maintien d’une activité physique adaptée (APA) permet de lutter contre la sédentarité pendant vos traitements.

Lorsque les recommandations décrites dans l’illustration ne sont pas réalisables, il peut être préférable d’être accompagnée. Dans ce cas, un professionnel formé et expérimenté aux spécificités des cancers établit avec vous un programme personnalisé.

Votre médecin traitant peut vous prescrire une activité physique adaptée dès lors que vous êtes atteinte d’une affection longue durée. Cette prescription n’ouvre toutefois pas le droit à un remboursement de votre activité par l’Assurance maladie. Certaines associations proposent une APA gratuite pour les patients atteints d’un cancer.

Illustration Activité physiques - Pierre Bourcier
Pratiquer une activité physique permet, notamment, une meilleure tolérance aux traitements et une réduction de la fatigue.

Que penser des médecines complémentaires ?

Homéopathie, plantes, vitamines, acupuncture, massages, ostéopathie, relaxation… De nombreux patients ont recours à des médecines complémentaires, appelées aussi médecines douces, parallèles, alternatives ou non conventionnelles. Elles peuvent leur apporter un soutien supplémentaire pour mieux supporter la maladie, les traitements et leurs effets indésirables tels que la fatigue, l’anxiété ou la douleur.

Ces médecines complémentaires peuvent avoir des effets indésirables ou interagir avec les traitements prescrits par le médecin qui vous suit pour votre cancer. Ces interactions peuvent notamment diminuer l’efficacité du traitement anticancéreux prescrit par votre médecin. Il est donc très important d’en parler avec lui, sans crainte d’être jugée.

Important : si les médecines complémentaires peuvent soulager, elles ne remplacent en aucun cas les traitements habituels du cancer. Soyez vigilante si l’on vous propose des méthodes présentées comme plus efficaces que les traitements classiques. Il arrive en effet que des personnes ou des organisations cherchent à profiter de la vulnérabilité des personnes malades et/ou de leur famille en leur proposant des méthodes qui peuvent s’avérer dangereuses, coûteuses et inefficaces. En cas de doute sur des propositions qui vous sont faites, n’hésitez pas à interroger l’équipe médicale spécialisée qui vous suit, votre médecin traitant ou encore votre pharmacien.

Pour plus de précisions, vous pouvez consulter les informations sur la thématique des traitements miracles.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-l-ovaire/Les-soins-de-support

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers de l’ovaire : la chirurgie

Article

Publié le 01/03/2021

Information proposée par Institut national du cancer

La chirurgie est l’un des deux traitements du cancer de l’ovaire, avec les traitements médicamenteux (chimiothérapie et thérapies ciblées). Son objectif, lorsque c’est possible, est de ne laisser aucune lésion cancéreuse visible.

Le type de chirurgie dépend de l’étendue du cancer (son stade).

À un stade précoce, lorsque la tumeur se limite à un voire aux deux ovaires (et que sa malignité a été confirmée), la chirurgie consiste à retirer les ovaires et les trompes de Fallope, l’utérus, parfois l’appendice, une partie de l’épiploon (partir du péritoine qui forme un repli sous l’estomac et recouvre le côlon) et les ganglions lymphatiques voisins.

À un stade avancé et lorsque la maladie est résécable (la tumeur peut être enlevée), la chirurgie consiste à retirer tous les organes atteints avec l’objectif de ne laisser aucune lésion cancéreuse visible à l’œil nu. On parle alors de résection complète.

Dans certains cas, notamment lorsque la résection complète n’est pas réalisable d’emblée, l’intervention chirurgicale est précédée de 3 à 4 cycles de chimiothérapie. On parle de chimiothérapie néoadjuvante.

Néoadjuvant ou adjuvant ?

Un traitement est dit néoadjuvant lorsqu’il est réalisé avant le traitement principal (en général la chirurgie), et adjuvant lorsqu’il est effectué après.

La chirurgie réalisée après la chimiothérapie néoadjuvante et suivie d’une chimiothérapie adjuvante est appelée chirurgie intervallaire, ou d’intervalle.

 Pour en savoir plus sur le déroulement de l’intervention

En savoir plus sur les maladies dites résécables

Une tumeur est dite résécable lorsqu’elle peut être retirée complètement par chirurgie notamment parce qu’elle est accessible, ou parce qu’elle est suffisamment petite et localisée, ou parce que sa résection (encore appelée exérèse ou ablation) ne compromet pas des organes vitaux.

Dans le cas d’un cancer des ovaires, on parle de maladie résécable lorsque les examens d’imagerie et/ou la cœlioscopie montrent que toutes les lésions cancéreuses visibles à l’œil nu peuvent être retirées par chirurgie. L’équipe médicale peut parfois conclure que la maladie est non-résécable d’emblée. Un traitement par chimiothérapie est alors administré avant l’opération.

Comment se préparer à l’opération ?

Important : L’arrêt du tabac quelques semaines avant l’intervention

Cet arrêt est important pour réduire les risques de complications pendant et après l’opération (risques de complications pulmonaires, d’infection de la zone opérée et de problèmes de cicatrisation). Des moyens existent pour accompagner l’arrêt du tabac et soulager les symptômes de sevrage. Parlez-en avec l’équipe qui vous suit. Vous pouvez aussi recourir à des aides à distance.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le dépliant Traitement du cancer et tabac, disponible ci-dessous au téléchargement.

Traitement du cancer et tabac - Pourquoi arrêter et comment me faire aider ?

 

Deux consultations sont programmées quelques jours avant l’intervention, l’une avec le chirurgien, l’autre avec l’anesthésiste. Un bilan préopératoire doit également être réalisé ; il repose sur les examens du bilan préthérapeutique.

La consultation avec le chirurgien

Le chirurgien vous explique :

  • les objectifs de l’opération ;
  • la technique qu’il va utiliser ;
  • les suites opératoires et les complications possibles.

Cette consultation est l’occasion de poser toutes vos questions au sujet de l’intervention.

Lors de cette consultation, le chirurgien vous informe qu’un échantillon de la tumeur peut également faire l’objet d’une analyse dans le cadre de la recherche et être conservé après l’opération dans une tumorothèque, une bibliothèque de tumeurs, en vue de recherches ultérieures. Vous avez le droit de vous y opposer.

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale

  • Comment l'opération se déroule-t-elle ?
  • Quels en sont les risques ?
  • Comment puis-je me préparer au mieux ?
  • Que va-t-il se passer après l’intervention ?
  • Quelle est la durée d’hospitalisation ?
  • Quelles vont être les conséquences de l’opération sur ma vie de tous les jours et sur ma fertilité ? Comment seront-elles prises en compte ?

La consultation avec l’anesthésiste

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale. La consultation avec l’anesthésiste permet d’évaluer les risques liés à l’anesthésie, en prenant en compte vos antécédents médicaux et chirurgicaux.

Il est important de signaler :

  • tout problème de santé, notamment les allergies (rhume des foins, eczéma, allergie au latex, à certains médicaments, etc.) ;
  • les problèmes respiratoires (asthme, bronchite chronique) ;
  • les problèmes cardiaques (hypertension artérielle, par exemple) ;
  • la prise de médicaments ;
  • les problèmes de coagulation liés à une maladie ou à une prise régulière de médicaments (aspirine, anticoagulants) ;
  • votre consommation d’alcool et de tabac.

Un anticoagulant est un médicament qui diminue la coagulation (transformation d’une substance liquide en une masse solide) du sang, évitant ainsi la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins.

L’anesthésiste aborde avec vous la question de la gestion de la douleur après l’opération.

Cette consultation est l’occasion de poser toutes les questions que vous avez au sujet de l’anesthésie.

L’évaluation de votre état nutritionnel, pour lutter contre une dénutrition

Votre « état nutritionnel », c’est-à-dire le bon équilibre entre ce que vous mangez et ce que vous dépensez, est souvent altéré par la maladie et aggravé par la chirurgie. Cela risque d’entraîner une dénutrition qui se manifeste par une perte de poids. Si l’équipe médicale constate une dénutrition avant ou après l’intervention, vous pourrez bénéficier d’un support nutritionnel complémentaire de votre alimentation visant à rétablir votre état nutritionnel. Il peut s’agir notamment de la prescription :

  • d’une alimentation enrichie en calories ou protéines ;
  • de compléments nutritionnels oraux (CNO) ;
  • ou d’une nutrition entérale (via une sonde gastrique).

Des antibiotiques pour réduire le risque d’infection

Si l’intervention s’étend aux organes digestifs comme le côlon, un traitement antibiotique est nécessaire. L’intestin est l’organe qui contient le plus de bactéries. Leur présence y est normale. Mais si elles se déplacent dans la cavité abdominale, à la suite d’une coupure ou d’une perforation de l'intestin par exemple, elles peuvent engendrer une infection grave du péritoine, appelée péritonite. Afin de réduire ce risque pendant et après l’intervention, des antibiotiques sont généralement administrés en même temps que les produits anesthésiques.

Comment le chirurgien accède-t-il à la tumeur ?

On appelle  « voie d'abord » le chemin utilisé par le chirurgien pour accéder à l'organe ou à la zone à opérer. Deux voies d’abord sont utilisées pour opérer un cancer de l’ovaire : la cœlioscopie et la laparotomie. Le choix de l’une ou l’autre dépend du stade du cancer et de ses caractéristiques.

Qu’est-ce que la laparotomie ?

La laparotomie consiste à effectuer une ouverture au niveau du ventre pour accéder aux organes (opération à ventre ouvert). Le chirurgien effectue une incision verticale sur l’abdomen, en partant du dessus du nombril qu’il contourne, jusqu’au bas du ventre. Cette technique permet au chirurgien d’observer et de palper minutieusement les ovaires, l’utérus et toute la cavité abdominale avant de retirer les organes atteints ainsi que les ganglions les plus proches.

Cette voie d’abord est toujours utilisée dans les cas de cancers avancés.

Qu’est-ce que la cœlioscopie ?

Utilisée quand c’est possible dans les cas de cancers précoces, la cœlioscopie (ou laparoscopie) est une technique qui permet de ne pas ouvrir l’abdomen (opération à ventre fermé). Le chirurgien effectue plusieurs petites incisions qui lui permettent de passer un système optique ainsi que des instruments chirurgicaux à l’intérieur de l’abdomen. Le système optique est relié à un écran extérieur et le chirurgien opère en regardant l’écran. Au cours de la cœlioscopie, le chirurgien retire les organes atteints et réalise des prélèvements sur les organes voisins.

Les bénéfices de la coelioscopie : diminuer la douleur et les complications après l’intervention, réduire la durée d’hospitalisation ou encore préserver la paroi abdominale avec un bénéfice esthétique (pas de grande cicatrice).

Dans le cas des cancers avancés de l’ovaire, la cœlioscopie est uniquement utilisée pour effectuer un bilan précis de l’étendue de la maladie et ainsi vérifier si le cancer peut être retiré en totalité, et pour réaliser des prélèvements de tissus (des biopsies) à des fins diagnostiques.

Comment se déroule l’intervention ?

Le type d’intervention réalisée dépend du stade de votre cancer, c’est-à-dire de son étendue au moment du diagnostic.

La chirurgie en cas de stade précoce (stades IA à IIA)

Lorsque la malignité de la masse à retirer est confirmée et qu’elle se limite à un ou aux deux ovaires, le chirurgien retire les deux ovaires et les trompes de Fallope (annexectomie bilatérale) et l’utérus (hystérectomie). Cette intervention peut se faire par cœlioscopie ou par laparotomie.

L’examen extemporané pour retirer une masse suspecte et déterminer s’il s’agit d’un cancer

Lorsqu’une masse laisse suspecter un cancer de l’ovaire à un stade précoce, un examen anatomopathologique est parfois effectué pendant l’intervention chirurgicale visant à la retirer. C’est ce qu’on appelle un examen extemporané. Les résultats de cet examen sont reçus au cours de l’opération. Ils permettent de dire s’il s’agit ou non d’une tumeur maligne et donc d’un cancer. Si la malignité est confirmée, le chirurgien va alors s’assurer de l’absence de dissémination des cellules cancéreuses au-delà de la capsule ovarienne en effectuant une stadification chirurgicale complète (voir ci-dessous).

Lors de l’intervention, le chirurgien retire également d’autres tissus et des ganglions lymphatiques. L’objectif est de vérifier si des cellules cancéreuses se sont propagées au-delà de l’ovaire et si le stade du cancer doit être redéfini. C’est ce qu’on appelle une stadification chirurgicale complète.

En plus du retrait des ovaires et de l’utérus, la stadification chirurgicale complète comporte :

  • l’ablation d’une partie ou de la totalité de l’épiploon (partie du péritoine qui forme un repli sous l’estomac et recouvre le côlon), c’est ce qu’on appelle une omentectomie ;
  • le retrait des ganglions lymphatiques, c'est ce qu’on appelle un curage ganglionnaire ;
  • le prélèvement de liquide d’ascite ou de liquide péritonéal ;
  • dans certains cas, l’ablation de l’appendice, si celui-ci est toujours présent ;
  • le prélèvement de plusieurs échantillons du péritoine.

Cette intervention peut être faite en un seul temps si elle comporte l’examen extemporané, ou en deux temps si le diagnostic est obtenu après l’examen anatomopathologique définitif, à l’issue de la première intervention.

Les stratégies de préservation de la fertilité avec une chirurgie conservatrice

Lorsque le cancer est détecté à un stade précoce chez une femme désirant avoir un enfant, il est parfois possible d’envisager une chirurgie conservatrice. Le chirurgien retire les deux ovaires, mais conserve l’utérus pour rendre une grossesse possible par don d’ovocytes.

Dans les cas des cancers les plus précoces et les moins agressifs (stade IA de bas grade), le chirurgien peut proposer de ne retirer que l’ovaire atteint et la trompe de Fallope associée afin de rendre possibles des grossesses ultérieures.

Votre chirurgien discute avec vous des avantages et des risques liés à ce choix.

Parlez de votre désir d’enfant à votre équipe médicale

Il est très important de parler de la fertilité avant de commencer un traitement si vous envisagez d’avoir des enfants. Une consultation de préservation de la fertilité peut être demandée à l’équipe médicale afin qu’elle vous oriente vers un centre d’assistance médicale à la procréation (AMP) spécialisé en oncofertilité pour étudier les possibilités éventuelles dans votre situation.

La chirurgie à un stade avancé (stades IIB à IV)

Lorsque le cancer de l’ovaire est découvert à un stade avancé, des cellules cancéreuses peuvent avoir atteint un ou plusieurs organes (utérus, vessie, rectum, côlon sigmoïde…) et le péritoine.

L’objectif de l’intervention chirurgicale est alors de retirer toutes les lésions cancéreuses visibles à l’œil nu. C’est ce qu’on appelle une résection complète, c’est-à-dire sans résidu tumoral.

Après un examen de tous les organes, le chirurgien retire les ovaires, les trompes de Fallope, l’utérus, l’épiploon, parfois l’appendice et les ganglions lymphatiques. La suite de l’intervention dépend des autres zones atteintes. Suivant les cas, le chirurgien est amené à retirer d’autres parties du péritoine et tout ou partie des organes atteints par des cellules cancéreuses. Cette intervention se fait par laparotomie.

La chimiothérapie pendant l’opération

Dans certains cas, une chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale (CHIP) peut également être effectuée durant l’opération. Ce traitement se déroule en une fois, à la fin de l’opération, après que le chirurgien a enlevé tous les foyers cancéreux visibles à l’œil nu. Les médicaments de chimiothérapie sont dilués dans un liquide et chauffés jusqu’à 41°C. Ils sont ensuite introduits dans la cavité péritonéale où ils circulent jusqu’à 90 minutes avant d’être aspirés par une pompe. Le chirurgien referme ensuite l’abdomen.              

Le fait de chauffer le liquide contenant les médicaments a pour objectif d’augmenter l’effet destructeur de la chimiothérapie sur les tissus cancéreux.

Lorsqu’une chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale est proposée, elle est en général réalisée lors d’une intervention chirurgicale ayant lieu après 3 cycles de chimiothérapie administrée par voie veineuse.

À savoir : la chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale ne remplace pas la chimiothérapie administrée par voie veineuse ; il s’agit d’un traitement supplémentaire pour augmenter l’efficacité de la chirurgie.

Une stomie digestive peut être nécessaire

Si le chirurgien est amené à enlever une partie de l’intestin grêle, du côlon ou du rectum, il réalise une anastomose, c’est-à-dire qu’il raccorde les parties restantes pour rétablir la continuité du conduit intestinal. S’il a, par exemple, enlevé le côlon sigmoïde (dernière partie du côlon), il raccorde le côlon gauche directement au rectum. Dans ce cas, pour faciliter la cicatrisation de la zone opérée et éviter des complications (infections, fistule), le chirurgien peut être amené à créer une ouverture au niveau du ventre et à relier le côlon directement à cette ouverture, pour permettre l’évacuation des selles. C’est ce qu’on appelle une stomie.

Les selles sont alors recueillies dans une poche collée autour de cette ouverture, sur l’abdomen. Elle permet de laisser le conduit intestinal au repos le temps de la cicatrisation. Quelques semaines plus tard, une intervention chirurgicale est reprogrammée pour refermer la stomie. Le circuit intestinal reformé, les selles pourront à nouveau être évacuées par la voie naturelle.

La réalisation d'une stomie

Que se passe-t-il après l’intervention chirurgicale ?

Vos sensations à votre réveil

Une fois l’intervention terminée, vous êtes amenée en salle de réveil où l’équipe médicale et paramédicale continue d’assurer votre surveillance. Si l’intervention a été lourde, vous pouvez être gardée dans un service de soins intensifs ou de réanimation quelques jours.

Bon à savoir : à tout moment, votre famille peut contacter le service pour prendre de vos nouvelles.

À votre réveil, vous pouvez ressentir des nausées ou encore une somnolence, provoquées par l’anesthésie.

Un ou plusieurs drains peuvent être mis en place dans la zone opérée pendant l’intervention. Ces tuyaux très fins permettent d’évacuer les liquides (sang, lymphe) qui peuvent s’accumuler au cours de la cicatrisation. Ces drains ne sont pas douloureux et sont retirés sur décision du chirurgien, dans les jours suivant l’opération. Leur retrait peut être douloureux.

Qu’est-ce que la lymphe? C’est un liquide légèrement coloré produit par le corps, qui transporte les globules blancs et évacue les déchets des cellules. La lymphe circule dans des vaisseaux dits lymphatiques.

De même, une sonde urinaire a pu être mise en place. Elle sert à recueillir les urines et à mesurer leur volume pour mieux contrôler le fonctionnement des reins. Elle est retirée quelques jours après l’intervention.

Les médecins vous prescrivent un médicament anticoagulant et vous demandent de vous lever dès que possible après l’intervention. L’objectif est d’éviter une phlébite (c’est-à-dire une inflammation d’une veine pouvant provoquer son obturation par la formation d’un caillot de sang). Cette phlébite peut être provoquée par un alitement prolongé après une opération chirurgicale ou par la chirurgie elle-même. Le port de bas anti-thrombose (appelés bas de contention ou encore bas à varices) pendant la journée est préconisé après l’opération et pendant toute la durée prescrite par votre médecin.

La douleur est systématiquement traitée

Comme après toute intervention chirurgicale, les douleurs sont systématiquement traitées, généralement par de la morphine ou l’un de ses dérivés. Il est important que vous décriviez ce que vous ressentez afin que votre équipe médicale puisse vous proposer le traitement le plus adapté.

Si vous n’êtes pas suffisamment soulagée, signalez-le sans tarder à l’équipe médicale afin que le traitement puisse être adapté.

Pour en savoir plus, retrouvez notre dossier consacré à la douleur.

Une durée d’hospitalisation d’une quinzaine de jours

La durée d’hospitalisation est, en moyenne, d’une quinzaine de jours. Elle peut être plus courte ou plus longue selon l’intervention pratiquée, votre état de santé général et la façon dont vous avez supporté la chirurgie.

Si besoin, un séjour en service de soins de suite et de réadaptation (maison de convalescence) peut vous aider à récupérer.

Si une stomie a été mise en place, un infirmier stomathérapeute vous apprendra comment vivre avec et en prendre soin.

La reprise du transit intestinal

Le soir de l’intervention, en général, vous reprendrez une alimentation légère avant de réintégrer progressivement des aliments solides. La reprise du transit intestinal intervient généralement dans les 2 ou 3 jours qui suivent l’opération. Elle est marquée par une émission de gaz importante.

Il peut arriver que le transit ne reprenne pas de façon spontanée sous 4 jours ; c’est ce qu’on appelle un iléus paralytique. En plus de l’absence de gaz et de selles, ce retard se manifeste par un ballonnement, un hoquet, des nausées voire des vomissements. Pour vous alimenter, il peut nécessiter, durant quelques jours, la pose d’une sonde nasogastrique (introduite par le nez pour atteindre l’estomac).

Les analyses de la tumeur : déterminer la propagation de la tumeur

Tout ce qui est a été retiré lors de l’intervention chirurgicale est transmis au service d’anatomopathologie pour être analysé. Cet examen est réalisé par un médecin spécialiste appelé anatomopathologiste.

L’examen consiste à observer, à l’œil nu puis au microscope, les tissus et les liquides prélevés afin de déterminer jusqu’où les cellules cancéreuses se sont propagées : vessie, paroi du rectum, péritoine, ganglions lymphatiques, organes voisins. Grâce à cet examen, le type de cellules concerné, le stade du cancer, c’est-à-dire son degré d’extension, ainsi que son degré d’agressivité (son grade) sont définis. Avec cette information, les médecins peuvent décider si un traitement médicamenteux complémentaire est nécessaire après la chirurgie dans le cas des cancers précoces et quel est le traitement médicamenteux le plus adapté pour les cancers plus avancés.

Une analyse génétique est réalisée à partir de la tumeur à la recherche de la présence ou l’absence d’une altération génétique, c’est-à-dire une mutation (notamment sur les gènes BRCA 1 et BRCA 2). Elle permet de choisir les traitements médicamenteux à utiliser après la chirurgie.

Quels sont les effets indésirables et complications possibles ?

La survenue éventuelle d’effets indésirables est surveillée pendant votre hospitalisation et lors des consultations qui suivent. N’hésitez pas à décrire aux professionnels tous les signes et symptômes que vous ressentez.

La fatigue

Juste après l’intervention, vous pouvez ressentir de la fatigue, due notamment à l’anesthésie ou à l’anxiété générée par l’opération. La fatigue dépend de la façon dont vous avez supporté l’intervention et des autres effets indésirables. Elle ne doit pas être banalisée.

Agir contre la fatigue : signalez-la à l’équipe soignante afin qu’elle soit prise en compte le mieux possible. Parfois, un séjour en maison de soins de suite et de réadaptation pour un temps de convalescence peut être prescrit par le médecin. C’est l’établissement de soins qui en fait la demande.

Des douleurs localisées

Des douleurs localisées peuvent persister pendant quelques semaines après l’opération. Vous aurez un traitement antidouleur (antalgique) à prendre jusqu’à ce qu’elles aient totalement disparu.

Des difficultés à cicatriser

Des problèmes de cicatrisation peuvent survenir. Il arrive qu’un hématome (une accumulation de sang localisée sous la peau ou dans une cavité, dans un organe ou un tissu à la suite d’une rupture de vaisseaux sanguins) ou une infection apparaissent au niveau de la cicatrice. Ces effets indésirables guérissent souvent à l’aide de soins locaux. Toutefois, s’ils ne disparaissent pas, une nouvelle opération est parfois nécessaire pour les traiter.

Un risque de phlébite

Il existe également un risque de thrombose veineuse (ou phlébite, c’est-à-dire qu’une veine se bouche par un caillot de sang, ce qui bloque la circulation du sang), voire d’embolie pulmonaire (le caillot de sang obstrue l’artère pulmonaire ou une de ses branches). Si cette complication survient, elle nécessite un traitement par des anticoagulants pendant quelques mois, associé au port dans la journée de bas anti-thrombose (appelés bas de contention ou encore bas à varices).

Une accumulation de lymphe

Lorsque des ganglions lymphatiques ont été retirés, la lymphe peut s’accumuler dans la zone où ils ont été retirés. Cette complication, appelée lymphocèle, peut nécessiter un drainage sous contrôle radiologique, voire une nouvelle intervention chirurgicale dans certains cas.

Le retrait des ganglions lymphatiques proches des ovaires peut entraîner une accumulation de lymphe dans les membres inférieurs appelée lymphœdème. Cela se manifeste par un gonflement dans une ou les deux jambes. Le port de bas de contention ou de bandes, associé à des massages réalisés par un kinésithérapeute, vous sont alors prescrits pour réduire l’œdème (drainage lymphatique).

Une fistule anastomotique

Dans le cas des chirurgies ayant nécessité l’ablation de tout ou partie d’un organe digestif (notamment le rectum ou le côlon), une fistule anastomotique peut survenir ; la suture des deux segments du côlon restant, ou du côlon et de l’anus, cicatrise mal, générant un écoulement de liquide digestif dans l’abdomen par cette couture.

Les conséquences des fistules sont réduites par la réalisation d’une stomie temporaire qui permet de dériver les selles. Cette complication survient environ une semaine après la chirurgie et se traduit par de la fièvre, une douleur abdominale et, parfois, des sécrétions sales au niveau du drain abdominal. Le plus souvent, un scanner de l’abdomen est réalisé. En fonction de la sévérité de la complication, le traitement varie de la mise sous antibiotiques à la réalisation d’une nouvelle intervention.

Des saignements dans l’abdomen

Les autres complications chirurgicales sont des saignements dans l’abdomen, qui nécessitent le plus souvent une nouvelle intervention chirurgicale.

Une ménopause artificielle

Chez les jeunes femmes, le retrait de l’utérus et des deux ovaires rend impossible toute grossesse et entraîne une ménopause artificielle (arrêt des règles) qui s’accompagne des effets secondaires propres à la ménopause (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, prise de poids, etc.).

Quel traitement : selon votre situation, un traitement hormonal substitutif (THS) peut vous être proposé pour apporter à l’organisme les hormones que produisaient les ovaires (œstrogènes et progestérone).

Des troubles sexuels

Des troubles sexuels comme des douleurs pendant les rapports sexuels ou une perte de libido (désir) sont possibles. La baisse d’œstrogènes (générée par l’ablation des ovaires), l’hormone qui permet entre autres la lubrification, entraîne une sécheresse vaginale rendant la pénétration sexuelle difficile et douloureuse. Il existe des gels intimes hydratants des muqueuses et des lubrifiants efficaces.

En outre, les conséquences de l’intervention peuvent modifier l’image de soi et entraîner des difficultés dans la relation de couple. N’hésitez pas à parler de ces troubles aux médecins qui effectuent votre suivi. Ils peuvent vous proposer des solutions ou vous orienter vers un spécialiste des problèmes sexuels.

L’opération peut générer des conséquences à plus long terme sur votre qualité de vie : fatigue, anxiété voire difficultés psychologiques, etc. Parlez-en à votre équipe médicale. Elle vous renseignera sur des professionnels de la santé et des groupes de parole en mesure de répondre à votre problématique.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-l-ovaire/La-chirurgie

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer
S'abonner à