Le cancer du pancréas

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Publié le 25/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Le pancréas est une glande du système digestif. Il est situé dans l’abdomen, logé en profondeur derrière l’estomac et dans le cadre formé par la première partie de l’intestin grêle, le duodénum (voir illustration ci-dessous). Il se trouve à proximité de vaisseaux sanguins importants : le tronc cœliaque et l’artère mésentérique supérieure, qui alimentent en sang oxygéné les organes digestifs, et la veine mésentérique supérieure et veine porte, qui drainent le sang de ces organes en direction du foie.

Le pancréas dans le système digestif

À quoi ressemble le pancréas ?

Le pancréas est un organe allongé qui comporte trois parties : la tête, le corps et la queue. La tête désigne la partie du pancréas en contact direct avec le duodénum qui dessine un cadre dans lequel elle est insérée. Elle se prolonge par le corps, puis la queue du pancréas, à gauche de l’abdomen et à proximité d’un autre organe, la rate.

L’intérieur du pancréas est parcouru par un réseau de canaux qui servent à transporter le suc pancréatique, un liquide produit par le pancréas et nécessaire à la digestion, principalement des graisses et des protéines. Ces canaux rejoignent un canal principal qui traverse toute la longueur du pancréas, le canal de Wirsung. Le canal de Wirsung rejoint le canal cholédoque qui traverse la tête du pancréas et transporte la bile en provenance du foie et de la vésicule biliaire.

Le mélange de la bile et du suc pancréatique est ensuite déversé dans le duodénum, par un canal traversant un renflement de l’intestin, l’ampoule de Vater, pour contribuer à la digestion.

L’anatomie du pancréas

À quoi sert le pancréas ?

Le pancréas possède deux fonctions importantes. Il produit :

  • des hormones, substances libérées dans le sang qui diffusent dans toutes les parties du corps et agissent sur le développement et le fonctionnement des organes ;
  • des enzymes pancréatiques, substances contenues dans le suc pancréatique, qui interviennent dans la décomposition et la transformation des aliments en vue de leur digestion.

Le pancréas endocrine, un régulateur du glucose dans le sang

Une partie de l’organe, le pancréas endocrine, est responsable de la production d’hormones. Seuls 10 % des cellules du pancréas ont pour fonction de produire ces hormones. Il s’agit de cellules très spécialisées, regroupées en îlots appelés îlots de Langerhans, répartis dans tout le pancréas et que l’on peut observer au microscope.

Le pancréas produit notamment des hormones qui régulent la glycémie, c’est-à-dire la quantité de glucose (« sucre ») présent dans le sang. Il s’agit de l’insuline, qui diminue la glycémie, et du glucagon, qui l’augmente. Ces hormones sont fabriquées selon les besoins de l’organisme.

Lorsque le corps a besoin d’énergie, le glucagon est produit pour augmenter la quantité de glucose dans le sang et alimenter ainsi les muscles, le cerveau et les autres organes.

Lorsque la glycémie est élevée, par exemple après un repas, la fabrication d’insuline augmente pour favoriser l’utilisation du glucose (type de sucre circulant dans le sang et alimentant en énergie les cellules de l’organisme).

Le pancréas exocrine, une aide à la digestion

Le pancréas fabrique des substances indispensables à la digestion des aliments : les enzymes pancréatiques.

Les enzymes sont produites par certaines cellules du pancréas, appelées cellules acineuses. Elles sont ensuite transportées dans le suc pancréatique, qui circule dans les canaux du pancréas (canal de Wirsung) puis se mélange à la bile dans le duodénum puis l’intestin grêle. La bile est sécrétée par le foie puis mise en réserve transitoirement dans la vésicule biliaire, avant d’être versée dans l’intestin par le cholédoque.

Les enzymes pancréatiques attaquent les aliments ingérés qui cheminent dans le tube digestif. Les aliments sont ainsi digérés et décomposés en de nombreux éléments (sucres, protéines, graisses) qui sont assimilés par l’organisme.

On parle de pancréas exocrine pour désigner cette fonction. Les cellules exocrines représentent près de 90 % des cellules du pancréas.

 La plupart des cancers du pancréas se développent à partir de ce type de cellules, c’est pourquoi on parle de tumeurs exocrines, dont la forme la plus fréquente est l’adénocarcinome canalaire pancréatique.

L'adénocarcinome est un type de cancer qui se développe à partir des cellules d’une glande.

Coupe transversale d’un pancréas

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/Le-pancreas

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers du pancréas : comment est établi le diagnostic ?

Article

Publié le 25/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Quelles que soient les circonstances de découverte, un certain nombre d’examens doivent être réalisés pour confirmer le diagnostic du cancer du pancréas et en évaluer son degré d’extension. L’ensemble de ces examens constituent le bilan diagnostique.

Il comporte :

  • le bilan initial, qui a pour objectif de confirmer la présence d’un cancer, de le localiser et de définir de quel type de cancer il s’agit ;
  • le bilan d’extension, qui a pour but de déterminer les modalités de traitement.

Il consiste à évaluer l’étendue du cancer, c’est-à-dire à déterminer jusqu’où il s’est propagé et à chercher d’éventuelles métastases.

Les examens les plus souvent réalisés et leurs objectifs sont présentés ci-dessous. L’ordre dans lequel ils sont effectués peut varier d’une personne à l’autre. Ils ne sont pas tous systématiques et si besoin, d’autres peuvent vous être proposés.

Cette étape peut vous sembler longue, mais un bilan précis est indispensable pour vous proposer un traitement adapté.

Quels peuvent être les examens pour confirmer la présence d’un cancer (ou bilan initial) ?

Examen clinique

Systématique

Votre médecin procède d’abord à un examen clinique.

Il vous examine en réalisant, notamment, une palpation de l’abdomen.

Il vous interroge sur vos antécédents médicaux personnels et familiaux, ainsi que sur les symptômes que vous pourriez ressentir (perte de poids et d’appétit, douleurs abdominales ou douleurs ressenties dans le dos, par exemple).

Objectifs :

  • faire un bilan de votre état général ;
  • détecter des signes éventuels d’un cancer du pancréas et d’extension à des organes voisins (foie, péritoine, etc.) ;
  • s’informer sur vos antécédents médicaux personnels et familiaux, et sur vos traitements en cours ;
  • recenser vos facteurs de risque (dont le tabac, l’alcool, le surpoids).

Scanner thoracoabdominopelvien

Systématique

Un scanner thoracoabdominopelvien est ensuite systématiquement effectué.

Cet examen indolore d’imagerie permet, à l’aide de rayons X, d’obtenir des images du thorax, de l’abdomen (qui contient les organes du système digestif) et de la région pelvienne (vessie, utérus, ovaires, prostate, rectum…). On parle aussi de tomodensitométrie, abrégée en TDM.

Le scanner est le principal examen permettant d’évaluer si la tumeur est résécable, c’est-à-dire si elle peut être retirée complètement par chirurgie.

Pendant l’examen, un produit de contraste (contenant de l’iode) est injecté pour visualiser les vaisseaux sanguins et mieux distinguer les éventuelles anomalies dans les organes.

Objectifs :

  • faire le diagnostic de la tumeur et, souvent, affirmer sa nature maligne (adénocarcinome pancréatique) ;
  • préciser la taille de la tumeur et sa localisation dans le pancréas ;
  • évaluer l’extension du cancer sur les organes voisins et à distance du pancréas : développement de la tumeur sur des vaisseaux sanguins à proximité du pancréas, présence de métastases éventuelles, etc. Cela contribue au choix du traitement ;
  • évaluer la résécabilité de la tumeur, c’est-à-dire déterminer si la tumeur peut être retirée complètement par chirurgie.

Écho-endoscopie associée à une biopsie

Non systématique

Une écho-endoscopie est souvent réalisée.

Cet examen (qui associe une échographie à une endoscopie) permet d’explorer, par les voies naturelles, l’intérieur de l’abdomen à l’aide d’un endoscope, un tube souple équipé d’une caméra et d’une sonde d’échographie. Il est réalisé par un gastroentérologue, généralement sous anesthésie générale. Le médecin insère l’endoscope par la bouche et le fait glisser jusque dans l’intestin. Au bout de l’endoscope, une sonde d’échographie permet d’obtenir des images de l’intérieur de l’abdomen depuis l’intestin.

Lors de l’écho-endoscopie, le médecin prélève des fragments de tissus au niveau de la tumeur du pancréas ; c’est ce qu’on appelle la biopsie.

Objectifs :

  • déterminer précisément les relations entre la tumeur et les vaisseaux sanguins à proximité du pancréas ;
  • déterminer si une intervention par chirurgie est réalisable ;
  • cet examen permet également d’effectuer des prélèvements (biopsie pancréatique).

Ces échantillons sont ensuite analysés pour définir les caractéristiques de la tumeur et confirmer le diagnostic de cancer, avec l’examen anatomopathologique.


Examen anatomopathologique

Systématique (après une biopsie ou une exérèse)

Examen des tissus ou des cellules prélevés lors de la biopsie ou lors de la chirurgie.

Cet examen est réalisé à l’œil nu puis au microscope par un médecin spécialiste appelé anatomopathologiste, anatomo-cytopathologiste ou pathologiste.

Selon les situations, une analyse d’éventuelles altérations moléculaires est effectuée dans un échantillon de tumeur.

Objectifs :

Examen indispensable pour diagnostiquer de façon certaine un cancer. Il permet d’étudier les caractéristiques des cellules de la tumeur (histologie, altérations moléculaires si besoin) et d’identifier des facteurs pronostiques tels que la taille de la tumeur, un envahissement ganglionnaire éventuel, la distance entre la tumeur et les marges de résection.


Échographie abdominale

Prescrite si la réalisation d’un scanner n’est pas possible rapidement.

Non systématique

Examen indolore qui permet de regarder l’intérieur du corps à travers la peau.

Le médecin fait glisser sur l’abdomen une sonde qui produit des ultrasons (vibrations non audibles par l’oreille humaine). Quand ils rencontrent des tissus, les ultrasons sont renvoyés vers la sonde sous forme d’écho. Capté par un ordinateur, l’écho est transformé en image sur un écran.

Objectifs :

  • visualiser la tumeur ;
  • détecter une dilatation des canaux qui transportent la bile (cholédoque), provoquée par la tumeur ;
  • repérer une extension du cancer sur d’autres organes de l’abdomen (sur le foie, par exemple) ;
  • guider la biopsie d’éventuelles métastases hépatiques.

Bilan biologique

Systématique

Une prise de sang est systématiquement effectuée pour fournir des renseignements sur votre état de santé général.

Avant de débuter les traitements, on mesure dans le sang :

  • la quantité et la qualité des différentes cellules sanguines (on parle de numération formule sanguine (NFS) ou encore d’hémogramme) ;
  • le taux de créatinine, qui permet de vérifier le bon fonctionnement du rein ;
  • la clairance de la créatinine pour apprécier la vitesse de filtration du rein ;
  • le taux de certaines enzymes et protéines fabriquées par le foie (transaminases, albumine, etc.) pour évaluer l’état de la fonction hépatique ;
  • la glycémie, c’est-à-dire la quantité de glucose (sucre) présent dans le sang.

La prise de sang permet aussi de mesurer, dans certains cas, le taux de concentration d’un marqueur tumoral appelé CA 19-9, l’antigène carbohydrate 19-9. Il s’agit d’une protéine sécrétée par certaines cellules cancéreuses du pancréas.

Objectifs :

  • fournir des renseignements sur l’état de santé général, vérifier qu’il n’y a pas de contre-indications à certains examens ou traitements ;
  • le dosage du CA 19-19 peut donner une indication sur la présence d’une tumeur et l’évolution de la maladie.

En revanche, cette mesure n’a pas une valeur diagnostique parfaite, car un cancer du pancréas peut se développer ou évoluer sans que le taux de CA 19-9 augmente. À l’inverse, il existe d’autres causes d’augmentation du CA 19-9 (gêne à l’élimination de la bile, diabète, autres).


IRM pancréatique

Non systématique

L’IRM pancréatique est un examen d’imagerie qui associe un puissant aimant et des ondes radio pour obtenir des images « en coupe » du pancréas.

Objectifs :

  • visualiser la tumeur, préciser sa taille et sa localisation dans le pancréas, ses conséquences sur les canaux biliaires ;
  • préciser le diagnostic d’adénocarcinome pancréatique, lorsque les images du scanner sont douteuses ;
  • détecter des métastases hépatiques.

Biopsie

Systématique (sauf en cas de tumeur résécable d’emblée)

  • Prélèvement d’un échantillon de tissu qui semble anormal.
  • Sur le pancréas, la biopsie est réalisée en même temps que l’écho-endoscopie. L’aiguille qui sert au prélèvement est déployée par l’endoscope, puis guidée jusqu’à la tumeur.
  • En cas de métastase (hépatique le plus souvent), elle peut être faite sous guidage échographique.

Objectifs :

  • récupérer des échantillons de tissus qui semblent anormaux pour les analyser et déterminer s’ils sont de nature cancéreuse ou non (voir examen anatomopathologique) ;
  • ces échantillons peuvent également être conservés après l’opération dans une bibliothèque de tumeurs (tumorothèque), en vue de recherches ultérieures.

Quels examens permettent d’évaluer l’extension de la tumeur (bilan d’extension) ?

D’autres examens peuvent être prescrits pour mieux préciser l’extension du cancer.

IRM hépatique

Systématique (prescrite avant toute pancréatectomie)

L’IRM hépatique est un examen d’imagerie qui utilise un puissant aimant et des ondes radio pour obtenir des images « en coupe » du foie.

Une IRM hépatique permet de déterminer si des métastases se sont développées dans le foie.

Objectif :

l’IRM permet, en complément du scanner, de déterminer si des métastases se sont développées dans le foie, car elles sont parfois invisibles au scanner.


Ponctions et biopsie

Une biopsie, guidée par une échographie, des lésions hépatiques est effectuée avant une intervention chirurgicale de résection en cas de doute quant à la nature métastatique des lésions.

Plus rarement, une biopsie de des ganglions lymphatiques lombo-aortiques est effectuée si les examens d’imagerie laissent supposer une atteinte de ces ganglions (pour déterminer si des métastases sont présentes).

Objectifs :

  • déterminer si les lésions visibles sur le foie sont des métastases (en les différenciant d’un abcès, par exemple) ;
  • déterminer si des métastases ganglionnaires lombo-aortiques sont présentes.

Tomographie par émission de positons (TEP-TDM ou TEP Scan)

Non systématique

Cet examen indolore permet de réaliser des images « en coupe » du corps entier, après injection dans le sang d’un traceur faiblement radioactif. Ce traceur a la particularité de se fixer sur les cellules cancéreuses.

La TEP-TDM fournit des images de la répartition du traceur et donc des cellules cancéreuses dans tout le corps, visualisables par ordinateur. une atteinte de ces ganglions.

Objectif :

repérer des foyers de cellules cancéreuses partout dans le corps si le scanner (TDM) et/ou l’IRM sont insuffisants pour les détecter ou les caractériser.


En quoi consiste les examens du bilan préthérapeutique ?

Enfin, avant de commencer les traitements, un bilan préthérapeutique est réalisé.

Évaluation clinique et nutritionnelle initiale

Systématique

  • Calcul de l’IMC : indice de masse corporelle qui se calcule en divisant le poids d’une personne par sa taille au carré (poids en kg/taille en m x taille en m).
  • Dosage dans le sang des taux d’albumine, de pré-albumine et de CRP.

Un bon équilibre nutritionnel est indispensable avant le début du traitement, car il conditionne le pronostic. Cette évaluation permet d’identifier un état de dénutrition et d’y remédier par des mesures adaptées.

Quand parle-t-on de dénutrition ?

La dénutrition est un état de déficit en énergie (calories) et protéines consécutif à un déséquilibre entre apports nutritionnels et énergie dépensée par le corps. Une personne est généralement considérée comme dénutrie en cas de perte de plus de 5 % de son poids habituel en 1 mois ou de plus de 10 % en 6 mois (si une personne de 60 kilos perd 3 kilos en 1 mois ou 6 kilos en 6 mois, par exemple).

Au cours de la maladie, l’alerte doit être donnée dès que la perte de poids atteint au moins 5 % du poids habituel, quelle que soit sa vitesse d’apparition.

Si vous êtes en surpoids, vous êtes aussi à risque de dénutrition, donc vous devez aussi surveiller votre poids.

En cas de dénutrition, des solutions peuvent vous être proposées

Pour en savoir plus sur le rôle de la nutrition et sur la dénutrition, ainsi que sur ses risques, consultez notre dossier

La dénutrition

Un bon état nutritionnel est indispensable pour le bon déroulement des traitements.

Évaluation gériatrique

Systématique pour les personnes âgées de plus de 75 ans

Tests G8, VES 13, FOG, etc.

Il s’agit de tests visant à dépister la fragilité du patient reposant sur plusieurs composantes dont :

  • l’autonomie motrice ;
  • l’auto-évaluation de son état de santé ;
  • le nombre de médicaments pris au long cours, leurs indications et les risques d’interactions ;
  • l’évaluation nutritionnelle ;
  • l’état des fonctions cognitives ;
  • l’état psychologique.

Objectifs :

Cette évaluation en cancérologie permet d’adapter les traitements anticancéreux et de prendre en compte les spécificités des personnes âgées.

Les tumeurs bénignes du pancréas

Les tumeurs bénignes ne sont pas des cancers. Ce sont des masses, ou nodules, qui se développent sur le pancréas et qui, le plus souvent, ne provoquent pas de problèmes de santé. Elles sont rares et représentent environ 2 % des masses suspectes découvertes. Elles ont souvent un contenu liquidien (kystique).

Les formes les plus fréquentes de masses bénignes du pancréas sont le pseudokyste et le cystadénome séreux, qui restent toujours bénins.

En revanche, d’autres lésions kystiques doivent être surveillées, voire opérées, car elles ont un potentiel de transformation maligne. Il s’agit des tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses (TIPMP) et du cystadénome mucineux.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/Le-diagnostic

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers du pancréas : quels traitements ?

Article

Publié le 25/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

La chirurgie et la chimiothérapie conventionnelle, parfois associées à une radiothérapie, sont les principaux traitements des cancers du pancréas.

Ces traitements peuvent être utilisés seuls ou associés les uns aux autres.

Selon les cas, ils ont pour objectifs de :

  • supprimer la tumeur ou les métastases, ou en réduire la taille ;
  • ralentir le développement de la tumeur ou des métastases ;
  • réduire le risque de récidive ;
  • prévenir et traiter les symptômes et les complications engendrés par la maladie et les traitements pour assurer la meilleure qualité de vie possible.

L’arrêt du tabac et de l’alcool

L’arrêt du tabac et de l’alcool est très utile, notamment pour limiter le risque de complications pendant et après les traitements.

Il existe de nombreux recours pour vous aider : parlez-en avec l’équipe qui vous suit.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le dépliant Traitement du cancer et tabac, disponible ci-dessous au téléchargement.

Traitement du cancer et tabac - Pourquoi arrêter et comment me faire aider ?

Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter notre page sur L'arrêt du tabac et de l'alcool.

 

Les cancers rares du pancréas

Ce dossier web présente uniquement les traitements des adénocarcinomes canalaires pancréatiques. Ils représentent 90 % des cancers du pancréas.

D’autres formes de cancers du pancréas, rares, existent, notamment les tumeurs neuroendocrines, qui se développent à partir des cellules endocrines du pancréas, et les cystadénocarcinomes, qui sont des évolutions malignes d’une tumeur bénigne appelée cystadénome mucineux.

Les traitements de ces formes rares de cancers ou des tumeurs de l’enfant ne sont pas développés dans ces pages.

Si vous recherchez de l’information sur les cancers rares du pancréas, contactez Maladies Rares Info Service au 01 56 53 81 36 (service et appel gratuits).

Comment est établi le choix de vos traitements ?

Votre traitement est adapté à votre cas personnel (votre âge, votre état de santé global, vos antécédents médicaux et chirurgicaux, les contre-indications éventuelles à certains traitements) et dépend des caractéristiques du cancer dont vous êtes atteint :

  • l’endroit où il est situé sur le pancréas (tête ou corps et queue) ;
  • son type histologique, c’est-à-dire le type de cellules impliquées ;
  • son stade, c’est-à-dire son degré d’extension (taille de la tumeur, atteinte ou non des vaisseaux, existence éventuelle et importance de l’atteinte des ganglions lymphatiques, présence de métastases dans d’autres parties du corps) ;
  • la résécabilité de la tumeur, c’est-à-dire si elle peut être retirée complètement par chirurgie ou non.

Opérable ou résécable ?

Si le qualificatif « opérable » se rapporte au patient, le terme « résécable » concerne la tumeur.

Un patient est dit opérable quand il présente, malgré son cancer, un bon état général qui lui permet d’accéder à une intervention chirurgicale sous anesthésie générale et de supporter les éventuelles complications de la chirurgie.

Une tumeur est dite résécable lorsqu’elle peut être retirée complètement par chirurgie, notamment parce qu’elle est accessible ou parce qu’elle est suffisamment petite et localisée, ou parce que sa résection (encore appelée exérèse ou ablation) ne compromet pas les organes vitaux.

Des examens pour proposer un traitement adapté

Les caractéristiques de votre cancer sont déterminées grâce au bilan diagnostique qui comprend notamment des examens d’imagerie, comme un scanner, qui peut être complété par d’autres examens tels que l’écho-endoscopie associée à la biopsie.

Un bilan préthérapeutique est systématiquement effectué pour orienter le choix de vos traitements. Il comprend notamment une évaluation de votre état général et nutritionnel, ainsi qu’un bilan biologique (examen de sang).

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale

  • Où le cancer est-il situé exactement ?
  • Connaît-on son étendue?
  • Quel est l’impact possible sur ma vie quotidienne?
  • Quelle est sa gravité?

Le choix de vos traitements fait l’objet d’une concertation pluridisciplinaire

Votre situation est discutée au cours d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) qui rassemble au moins trois médecins de spécialités différentes : gastroentérologue, chirurgien, oncologue médical, radiologue, oncologue radiothérapeute, pathologiste….

En tenant compte des spécificités de votre situation et en s’appuyant sur des outils d’aide à la décision appelés recommandations de bonnes pratiques, les médecins établissent une proposition de traitements.

Ils peuvent aussi vous proposer de participer à un essai clinique.

Participer à un essai clinique, pour quoi faire ?

L’équipe médicale peut aussi vous proposer de participer à un essai clinique.

Les essais cliniques sont des études scientifiques menées avec la participation des personnes malades. Cela ne peut être fait qu’après votre information et votre accord écrit.

Le cancer du pancréas fait l’objet de nombreuses études qui visent notamment à :

  • tester de nouveaux médicaments anticancéreux (notamment de chimiothérapie, d’immunothérapie ou de thérapie ciblée) ;
  • évaluer de nouvelles stratégies thérapeutiques associant différents traitements (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, etc.) ;
  • évaluer différentes façons d’utiliser les traitements existants en mettant en place de nouvelles combinaisons de molécules. Le but est notamment d’améliorer l’efficacité des traitements et de réduire leurs effets indésirables ;
  • étudier des marqueurs qui permettent de prédire les réponses aux traitements ;
  • évaluer l’impact des soins de support et des soins palliatifs sur la qualité de vie ;
  • comparer l’efficacité des médicaments utilisés pour soulager les symptômes (médicaments contre la douleur, par exemple).

Chaque essai clinique a un objectif précis. Pour y participer, les patients doivent répondre à un certain nombre de critères d’inclusion et ne doivent également présenter aucun des critères d’exclusion. Ces critères sont spécifiques à chaque essai et fixés dans le protocole de l’essai. C’est le médecin qui vérifie la possibilité que vous puissiez participer ou non.

Les essais cliniques sont indispensables pour faire progresser la recherche et, à terme, la manière dont les patients sont soignés. C’est grâce à ces études que des avancées sont réalisées en matière de traitements contre les cancers. Dans certains cas, un essai clinique peut vous permettre d’accéder à un nouveau traitement en le testant.

Si le traitement administré dans le cadre de l’essai clinique ne vous convient pas, le médecin peut décider d’y mettre fin et vous proposer un autre traitement. À tout moment, vous pouvez également décider de quitter un essai clinique sans que cela ne modifie ni la qualité de vos soins, ni votre rapport avec votre médecin.

Pour en savoir plus sur les essais cliniques

Pour connaître les essais cliniques en cours sur le cancer du pancréas, vous pouvez aussi consulter le registre des essais cliniques.

La proposition de traitements est discutée avec vous

Lors d’une consultation spécifique, la consultation d’annonce, le médecin vous explique les caractéristiques de votre maladie. Il vous présente la proposition de traitements retenue, les bénéfices attendus et les effets indésirables possibles. C’est l’occasion pour vous d’en discuter avec lui et de donner votre avis sur la proposition qui vous est faite.

Cette consultation est importante. Il est très utile d’être accompagné par l’un de vos proches ou par la personne de confiance que vous avez choisie

Avant la consultation, notez toutes les questions qui vous viennent en tête et prenez le temps de les poser à votre médecin.

Cet échange vous permettra de mieux comprendre et d’intégrer les informations données par le médecin, en particulier celles sur le traitement envisagé avec ses conséquences sur l’organisation de votre vie quotidienne, et de prendre avec lui les décisions adaptées à votre situation.

La personne de confiance et les directives anticipées : faire connaitre vos choix

La personne de confiance est une personne que vous désignez par écrit. Elle peut :

  • vous accompagner lors des entretiens médicaux ;
  • vous aider dans vos décisions ;
  • être consultée par l’équipe soignante si vous vous trouvez dans l’incapacité de recevoir des informations sur votre état de santé et d’exprimer votre volonté.

Elle appartient ou non à votre famille.

À tout moment, vous pouvez modifier votre choix.

Pour aller plus loin :

Les directives anticipées

Il vous est possible de les rédiger seul ou avec l’aide de votre médecin. Il s’agit de formuler, à l’avance et par écrit, vos choix en matière de traitements pour le cas où vous seriez dans l’incapacité de les exprimer.

Les directives anticipées permettent de faire prendre en considération vos souhaits en ce qui concerne les conditions de limitation ou l’arrêt d’un traitement. Elles sont modifiables et révocables à tout moment.

Pour en savoir plus :

Le programme personnalisé de soins

Qu’est-ce que le programme personnalisé de soins ?

Les modalités de la proposition de traitement sont décrites dans un document appelé programme personnalisé de soins (PPS).

Il comporte :

  • les dates de vos différents traitements ;
  • leur durée ;
  • les coordonnées des membres de l’équipe soignante.

Quand vous avez donné votre accord sur la proposition de traitement, le document vous est remis et un exemplaire est transmis à votre médecin traitant, qui est un de vos interlocuteurs privilégiés.

N’hésitez pas à le présenter aux infirmiers libéraux et au pharmacien qui vont vous suivre pendant votre parcours de soins. Le programme personnalisé de soins peut évoluer en fonction de votre état de santé et de vos réactions aux traitements.

Le PPS contient également un volet social qui doit permettre de repérer précocement d’éventuelles difficultés et de mettre en œuvre un accompagnement adéquat.

Une consultation paramédicale, temps d’accompagnement et d’écoute

Après cette consultation avec le médecin, une consultation avec un autre membre de l’équipe soignante, le plus souvent un infirmier, vous est proposée, ainsi qu’à vos proches. C’est un temps d’accompagnement et d’écoute.

Vous pouvez revenir sur les informations qui vous ont été données par le médecin, vous les faire expliquer à nouveau ou poser d’autres questions. L’infirmier évalue avec vous vos besoins en soins et soutiens complémentaires (sur le plan social, psychologique ou nutritionnel, par exemple) et vous oriente si nécessaire vers les professionnels adaptés.

Des professionnels de santé présents pour vous accompagner

Les médecins et les membres de l’équipe soignante sont là pour vous accompagner. Ce sont vos interlocuteurs privilégiés ; n’hésitez pas à leur poser toutes vos questions. Ces échanges contribuent à renforcer le dialogue et la relation de confiance avec l’ensemble de ces professionnels tout au long de votre parcours de soins.

Les traitements possibles en fonction de l’étendue du cancer

Le choix et l’ordre des traitements des cancers du pancréas sont définis en fonction des caractéristiques du cancer dont vous êtes atteint, et en particulier de son stade, c’est-à-dire de son étendue au moment du diagnostic.

Comment détermine-t-on les stades d’un cancer ?

Pour déterminer le stade du cancer, les médecins s’appuient sur un système international de stadification, le système TNM (pour Tumor, Nodes, Metastasis, ce qui signifie tumeur, ganglions, métastases).

Dans ce système, les médecins prennent en compte :

  • la taille et le développement de la tumeur vers des vaisseaux sanguins proches du pancréas (T) ;
  • l’atteinte ou non, par des cellules cancéreuses, des ganglions lymphatiques situés à proximité du pancréas (N) ;
  • la présence ou non de métastases dans d’autres parties du corps (M).

Il existe quatre stades différents, numérotés de I à IV :

  • les stades I et II correspondent aux cancers limités au pancréas et/ou qui ont atteint peu de ganglions lymphatiques, uniquement à proximité du pancréas ;
  • le stade III correspond aux cancers qui peuvent avoir atteint des vaisseaux sanguins importants proches du pancréas et/ ou plusieurs ganglions lymphatiques ;
  • le stade IV correspond aux cancers qui présentent des métastases à distance.

L’évaluation de l’étendue du cancer détermine notamment si une intervention chirurgicale est réalisable. Les médecins évaluent ainsi la résécabilité de la tumeur pour déterminer le choix des traitements.

Une chirurgie n’est possible que si la tumeur est résécable, c’est-à-dire qu’elle peut être retirée complètement lors de l’intervention et si votre état général et vos antécédents vous permettent d’être opérable.

Une tumeur est résécable si elle est limitée au pancréas ou, si elle s’est propagée, n’a pas envahi de vaisseaux sanguins importants comme l’artère mésentérique supérieure, l’artère hépatique ou le tronc cœliaque.

L’anatomie du pancréas

Où se déroulent les traitements ?

La chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie sont réalisées au sein d’établissements autorisés à les pratiquer. Ces établissements respectent des critères qui garantissent la qualité et la sécurité de ces traitements.

Retrouvez la liste des établissements autorisés par région. 

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale

  • Quels sont les traitements préconisés dans ma situation ?
  • Pourquoi ?
  • Quels sont les objectifs de chacun de ces traitements ?
  • Quels en sont les effets indésirables ?
  • Comment les prévenir et les soulager ?
  • Où et quand se déroulent les traitements ?
  • Avec quels médecins et équipes médicales ?
  • Quelle est leur durée ?
  • Comment suis-je suivi pendant les traitements ?
  • Quel est l’impact possible sur ma vie quotidienne ?

Dans ce dossier web sont indiqués uniquement les traitements administrés en première intention, c’est-à-dire après le diagnostic.

Toutes les situations possibles ne sont pas décrites sur cette page.

Pour plus de détails, vous pouvez consulter les pages consacrées à la chirurgie ou à la chimiothérapie dans ce dossier.

Formes localisées (stade I à III)

Tumeur résécable (qui peut être retirée par chirurgie)

Si le patient est opérable, la chirurgie est le traitement de référence. Le type d’intervention dépend de la localisation de la tumeur :

  • duodénopancréatectomie céphalique (DPC) en cas de cancer de la tête du pancréas ;
  • splénopancréatectomie gauche (SPG) en cas de cancer du corps ou de la queue du pancréas ;
  • très rarement, pancréatectomie totale en cas d’extension tumorale à l’ensemble du pancréas et si votre état de santé le permet.

La chirurgie est suivie d’une chimiothérapie conventionnelle dite adjuvante, c’est-à-dire réalisée après le traitement de référence (ici, la chirurgie). Le traitement par chimiothérapie est débuté, idéalement, dans les 12 semaines suivant la chirurgie, et dure 6 mois.


Tumeur de résécabilité limite (dite borderline) ou localement avancée (non résécable en l’état)

Une chimiothérapie conventionnelle dite d’induction peut être proposée, surtout pour les tumeurs « borderline ». Ce traitement vise à rendre possible une intervention chirurgicale dans un second temps pour retirer la tumeur.

Une chimiothérapie associée à une radiothérapie (chimioradiothérapie) peut également être proposée après une première chimiothérapie.


Tumeur localement avancée (non résécable d’emblée) ou restant non résécable malgré le traitement d’induction

Après 3 à 6 mois de chimiothérapie, une radiothérapie est parfois proposée en association avec une chimiothérapie, en traitement dit de clôture. On parle alors de chimioradiothérapie.


Formes métastatiques (stade IV)

Le choix des traitements dépend de votre état de santé général.

En l’absence de contre-indication, la chimiothérapie conventionnelle est le traitement de référence.

Dans de très rares cas, des métastases peuvent être retirées par chirurgie, uniquement si la chimiothérapie a traité efficacement la maladie.

Dans tous les cas, des soins visant à soulager vos symptômes et améliorer votre qualité de vie sont mis en œuvre.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/Les-traitements

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Les soins de support ou comment maintenir sa qualité de vie durant les traitements ?

Article

Publié le 25/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Vos soins ne se limitent pas aux traitements spécifiques du cancer.

Dans une approche globale, des soins et soutiens complémentaires peuvent être nécessaires pour gérer les conséquences de la maladie et de ses traitements : douleurs, fatigue, troubles nutritionnels (notamment perte d’appétit, nausées, vomissements) ou dénutrition, symptômes digestifs, difficultés psychologiques ou sociales, troubles de la sexualité et de la fertilité, troubles de la mémoire, etc.

Qu’est-ce que les soins de support ?

Ces soins, appelés soins de support, peuvent être proposés tout au long de votre parcours de soins et visent à maintenir votre qualité de vie. Ils comprennent notamment :

Pour en savoir plus sur les soins de support en général.

Pour aller plus loin, vous pouvez aussi consulter notre page consacrée à la prise en charge de la fatigue ou le guide Vivre pendant et après un cancer.

À quel moment bénéficier des soins de support ?

Ces soins peuvent être anticipés et discutés dès la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP).

Ils doivent être listés dans votre programme personnalisé de soins (PPS). Vous pouvez également les demander à tout moment.

N’hésitez donc pas à demander la liste des soins de support proposés dans l’établissement de santé dans lequel vous êtes soigné, ainsi que les modalités pour y accéder. Ils sont assurés par l’ensemble de l’équipe soignante, par votre médecin généraliste, par le pharmacien d’officine ou par des professionnels spécialisés : spécialiste de la douleur, assistant de service social, diététicien, sexologue, équipe spécialisée dans la préservation de la fertilité, psychologue, psychiatre, socio-esthéticienne, etc. Ils peuvent se dérouler en établissement de santé (hôpital, clinique) ou en ville.

Les soins de support font partie intégrante de votre parcours de soins. Ils ne sont ni secondaires, ni optionnels. En l’absence de perspective de guérison, ils permettent la mise en route de soins palliatifs dans le but d’améliorer la qualité de vie des malades et des familles, en particulier en prévenant et en soulageant la douleur et l’anxiété.

N’hésitez pas à parler à votre médecin et aux autres membres de l’équipe soignante de la façon dont vous vivez la maladie et les traitements. Cela leur permet de vous apporter les soins et soutiens nécessaires, et de vous orienter au mieux vers les professionnels concernés.

Comment reprendre ou maintenir une activité physique adaptée ?

Parmi les soins de support, l’aide à la reprise ou au maintien d’une activité physique adaptée (APA) permet de lutter contre la sédentarité pendant vos traitements.

Lorsque les recommandations décrites dans l’illustration page suivante ne sont pas réalisables, il peut être préférable d’être accompagné. Dans ce cas, un professionnel formé et expérimenté aux spécificités des cancers établit avec vous un programme personnalisé.

Votre médecin traitant peut vous prescrire une activité physique adaptée dès lors que vous êtes atteint d’une affection de longue durée (ALD). Cette prescription n’ouvre toutefois pas le droit à un remboursement de votre activité par l’Assurance maladie.

Certaines associations proposent une APA gratuite pour les patients atteints d’un cancer.

Quelle activité physique pratiquer ?

Que penser des médecines complémentaires ?

Homéopathie, naturopathie, plantes, vitamines, acupuncture, massages, ostéopathie, relaxation… De nombreux patients ont recours à des médecines complémentaires, appelées aussi médecines douces, parallèles, alternatives ou non conventionnelles. Elles peuvent leur apporter un soutien supplémentaire pour mieux supporter la maladie, les traitements et leurs effets indésirables tels que la fatigue, l’anxiété ou la douleur.

Ces médecines complémentaires peuvent avoir des effets indésirables ou interagir avec les traitements prescrits par le médecin qui vous suit pour votre cancer. Ces interactions peuvent, notamment, diminuer l’efficacité du traitement anticancéreux prescrit par votre médecin. Il est donc très important d’en parler avec lui sans crainte d’être jugé.

Important : si les médecines complémentaires peuvent soulager, elles ne remplacent en aucun cas les traitements habituels du cancer. Soyez vigilant si l’on vous propose des méthodes présentées comme plus efficaces que les traitements classiques. Il arrive en effet que des personnes ou des organisations cherchent à profiter de la vulnérabilité des personnes malades et/ou de leur famille en leur proposant des méthodes qui peuvent s’avérer dangereuses, coûteuses et inefficaces.

En cas de doute sur des propositions qui vous sont faites, n’hésitez pas à interroger l’équipe médicale spécialisée qui vous suit, votre médecin traitant ou encore votre pharmacien.

Pour plus de précisions, vous pouvez consulter les informations sur la thématique des « traitements miracles ».

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/Les-soins-de-support

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers du pancréas : la chirurgie

Article

Publié le 22/09/2021

Information proposée par Institut national du cancer

La chirurgie consiste à retirer la partie du pancréas sur laquelle la tumeur s’est développée. Le type de chirurgie dépend de la partie du pancréas où est située la tumeur.

On parle de duodénopancréatectomie céphalique (DPC) pour une intervention sur la tête du pancréas ou de splénopancréatectomie gauche (SPG) pour une opération sur le corps ou la queue du pancréas.

Très rarement, une pancréatectomie totale peut être effectuée si la tumeur s’est étendue à l’ensemble du pancréas.

Pendant l’intervention, une partie de l’intestin (le duodénum), de l’estomac, la vésicule biliaire (au cours d’une DPC) et la rate (au cours d’une SPG) peuvent également être enlevées. L’objectif est de passer plus à distance de la tumeur et des ganglions lymphatiques éventuellement envahis, et éviter ainsi une récidive tumorale sur ces organes.

L’anatomie du pancréas

Un curage ganglionnaire est systématiquement réalisé lors de la résection chirurgicale. Le chirurgien retire les ganglions lymphatiques voisins de la tumeur. Les ganglions sont analysés à l’aide d’un microscope pour déterminer s’ils contiennent ou non des cellules cancéreuses. C’est un facteur pronostique, c’est-à-dire que cela donne une information sur l’évolution probable de la maladie.

Dans quels cas la chirurgie est-elle indiquée ?

La chirurgie du pancréas est une chirurgie lourde qui ne peut pas être effectuée pour tous les patients.

La localisation de la tumeur primitive, l’extension des cellules cancéreuses à certains ganglions lymphatiques, aux vaisseaux sanguins ou à d’autres organes, ainsi que votre état de santé, sont les critères qui déterminent si l’opération est le traitement indiqué.

Ainsi, la chirurgie est indiquée pour les formes localisées avec une tumeur dite résécable, c’est-à-dire qui peut être complètement retirée par chirurgie, et pour les patients qui présentent un bon état de santé général, donc opérables.

Qu’est-ce qu’une tumeur primitive ? C’est la tumeur principale à partir de laquelle peuvent s’échapper des cellules cancéreuses pouvant former des métastases dans d’autres parties du corps.

Il existe de nombreux cas pour lesquels la chirurgie n’est pas le traitement indiqué, soit parce que la tumeur n’est pas résécable, soit parce que l’état de santé général est trop altéré :

  • lorsque la tumeur s’est développée vers de gros vaisseaux sanguins à proximité du pancréas : en essayant de retirer la totalité de la tumeur, le risque d’endommager un vaisseau et de provoquer une hémorragie ou de dévasculariser (cesser d’alimenter en sang, via les vaisseaux sanguins) un organe digestif est trop important ;
  • lorsque des ganglions situés à distance du pancréas sont envahis par des cellules cancéreuses ou lorsqu’il existe des métastases sur d’autres organes (foie, le plus souvent) ;
  • lorsqu’un problème de santé important est présent, comme une maladie du cœur, des poumons, des reins, ou une cirrhose.

Si une intervention chirurgicale n’est pas possible, une chimiothérapie et/ou une chimioradiothérapie peuvent être programmées. Dans certains cas, l’opération est parfois rendue possible dans un second temps, après une chimiothérapie d’induction, souvent suivie d’une chimioradiothérapie.

Comment se préparer à l’intervention ?

Deux consultations sont programmées plusieurs jours avant l’intervention, l’une avec le chirurgien, l’autre avec l’anesthésiste. Un bilan préopératoire doit également être réalisé ; il repose sur les examens du bilan préthérapeutique.

Important : arrêter de fumer quelques semaines avant l’intervention

L’arrêt du tabac quelques semaines avant une intervention est important pour réduire les risques de complications pendant et après l’opération (risques de complications pulmonaires, d’infection de la zone opérée et de problèmes de cicatrisation).

Des moyens existent pour accompagner l’arrêt du tabac et soulager les symptômes de sevrage.

Parlez-en à l’équipe soignante et téléchargez ce dépliant 

Traitement du cancer et tabac - Pourquoi arrêter et comment me faire aider ?

La consultation avec le chirurgien

Le chirurgien vous explique :

  • les objectifs de l’opération ;
  • la technique qu’il va utiliser ;
  • les suites opératoires ;
  • les complications possibles.

Cette consultation est l’occasion de poser toutes vos questions au sujet de l’intervention.

Lors de cette consultation, le chirurgien vous informe qu’un échantillon de la tumeur peut faire l’objet d’une analyse dans le cadre de la recherche et être conservé après l’opération dans une tumorothèque, une « bibliothèque de tumeurs », en vue de recherches ultérieures. Vous avez le droit de vous y opposer.

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale

  • Comment l’opération se déroule-t-elle ?
  • Quels en sont les risques ?
  • Comment puis-je me préparer au mieux ?
  • Que va-t-il se passer après l’intervention ?
  • Quelles vont être les conséquences de l’opération sur ma vie de tous les jours ?
  • Comment seront-elles prises en compte ?

La consultation avec l’anesthésiste

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale. La consultation avec l’anesthésiste permet d’évaluer les risques liés à l’anesthésie, en prenant en compte vos antécédents médicaux et chirurgicaux.

Il est important de signaler :

  • tout problème de santé, notamment les allergies (rhume des foins, eczéma, allergie à certains médicaments, réactions lors d’une précédente opération…) ;
  • les problèmes respiratoires (asthme, bronchite chronique…) ;
  • les problèmes de coagulation liés à une maladie ou à une prise régulière de médicaments (aspirine, anti-inflammatoires, anticoagulants) ;
  • les maladies chroniques dont vous pourriez souffrir (diabète, hypertension, insuffisance cardiaque ou rénale…),
  • votre consommation d’alcool et de tabac.

Un anticoagulant est un médicament qui diminue la coagulation (transformation d’une substance liquide en une masse solide) du sang, évitant ainsi la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins.

Cette consultation est l’occasion de poser toutes vos questions au sujet de l’anesthésie.

L’évaluation de votre état nutritionnel pour lutter contre une dénutrition

Votre « état nutritionnel », c’est-à-dire le bon équilibre entre ce que vous mangez et ce que vous dépensez, est souvent altéré par la maladie et aggravé par la chirurgie. Cela risque d’entraîner une dénutrition qui se manifeste par une perte de poids.

Si l’équipe médicale constate une dénutrition avant ou après l’intervention, vous pourrez bénéficier d’un support nutritionnel complémentaire de votre alimentation visant à rétablir votre état nutritionnel. Il peut s’agir :

  • de la prescription d’une alimentation enrichie en calories ou protéines ;
  • de compléments nutritionnels oraux (CNO) ;
  • d’une nutrition entérale (via une sonde introduite par une narine jusque dans l’estomac).

La dénutrition

Des compléments nutritionnels, pourquoi ?

Quel que soit votre état nutritionnel (dénutri ou non) et immunitaire (défenses immunitaires affaiblies ou non), un support nutritionnel complémentaire visant à stimuler votre système immunitaire, appelé immunonutrition, est recommandé une semaine avant l’intervention.

Il permet à l’organisme de se préparer à la chirurgie grâce à un apport en certains nutriments indispensables au système immunitaire. Il est le plus souvent proposé par voie orale.

Des antibiotiques pour réduire le risque d’infection

L’intestin est l’organe qui contient le plus de bactéries. Leur présence y est normale. Lors d’une duodénopancréatectomie céphalique, le chirurgien intervient sur le duodénum et sur les voies biliaires, ce qui peut provoquer la contamination de la zone opératoire par des bactéries digestives.

Afin de réduire ce risque pendant et après l’intervention, des antibiotiques sont généralement administrés en même temps que les produits anesthésiques, voire dans les tout premiers jours suivant l’opération.

Comment le chirurgien accède à la tumeur ?

Une voie d’abord désigne le chemin utilisé pour accéder à l’organe ou à la zone à opérer. Deux voies d’abord peuvent être utilisées pour opérer un cancer du pancréas : la laparotomie et, plus rarement, la cœlioscopie.

Qu’est-ce que la laparotomie ?

La laparotomie consiste à réaliser une ouverture dans le ventre (on parle de chirurgie « ouverte ») pour accéder au pancréas et aux organes à proximité. Le chirurgien effectue une incision horizontale sous les côtes ou verticale au milieu de l’abdomen.

Cette technique permet au chirurgien d’observer et de palper minutieusement toute la cavité abdominale pour vérifier que la tumeur n’est pas plus étendue que prévu, avant de retirer la partie du pancréas atteinte par la tumeur.

La laparotomie est la technique de référence pour la duodénopancréatectomie céphalique.

Qu’est-ce que la cœlioscopie ?

La cœlioscopie (ou laparoscopie) est une technique chirurgicale récente (opération à ventre fermé ou « mini-invasive »). Elle n’est pas encore considérée comme un standard pour la réalisation d’une duodénopancréatectomie céphalique, mais peut être proposée dans certains cas de splénopancréatectomie gauche.

Le chirurgien effectue plusieurs petites incisions qui lui permettent de passer un système optique (une sorte de caméra), ainsi que des instruments chirurgicaux, à l’intérieur de l’abdomen. Le système optique est relié à un écran extérieur et le chirurgien opère en regardant l’écran.

Les bénéfices à court terme de la cœlioscopie : diminuer la douleur et les complications après l’intervention, réduire la durée d’hospitalisation, ou encore préserver la paroi abdominale avec un bénéfice esthétique (pas de grande cicatrice).

Comment se déroule l’intervention ?

Elle commence par une phase d’exploration pendant laquelle le chirurgien doit examiner le pancréas et la cavité abdominale afin de confirmer que la tumeur ne s’est pas étendue localement (ou dans l’abdomen) et qu’il n’y a pas de métastases qui n’auraient pas été détectées par les examens d’imagerie.

Plusieurs types d’intervention sont indiqués selon la localisation de la tumeur primitive.

Duodénopancréatectomie céphalique (DPC)

Si la tumeur est localisée à la tête du pancréas, le chirurgien effectue une duodénopancréatectomie céphalique (DPC).

La duodénopancréatectomie céphalique (DPC)

Cette opération se déroule en 2 temps.

Le chirurgien enlève d’abord la tête du pancréas sur laquelle est située la tumeur. La tête du pancréas étant reliée au duodénum, cette partie de l’intestin est également retirée. Comme la voie biliaire traverse la tête du pancréas, le canal cholédoque et la vésicule biliaire sont également retirés. La région de l’estomac située à proximité du duodénum (le pylore) est généralement enlevée mais elle peut, dans certains cas, être préservée.

Dans un second temps de l’intervention, le chirurgien réalise des anastomoses, c’est-à-dire qu’il relie les segments des différents organes du système digestif à l’aide de fils ou d’agrafes mécaniques.

Trois rétablissements de la continuité du tube digestif sont réalisés :

  • la partie du pancréas qui n’est pas retirée par le chirurgien (corps et queue) est raccordée à l’estomac ou à l’intestin grêle ;
  • la voie biliaire, partie restante du canal cholédoque, est attachée à l’intestin pour permettre à la bile de s’écouler normalement depuis le foie, son lieu de production, vers l’intestin ;
  • si une partie de l’estomac a été retirée, la partie restante de l’estomac est raccordée à l’intestin pour permettre le passage des aliments lors de la digestion. Si le pylore a été préservé, c’est la partie tout initiale du duodénum qui est raccordée à l’intestin.

Qu’est-ce que le tube digestif ? C’est le conduit qui assure l’alimentation, la digestion et l’élimination des aliments transformés. Il commence par la bouche, passe par le pharynx, l’œsophage, l’estomac, l’intestin grêle, le gros intestin ou côlon, pour arriver au rectum et à l’anus.

Splénopancréatectomie gauche (SPG)

Si la tumeur est localisée au corps ou à la queue du pancréas, le chirurgien effectue une splénopancréatectomie gauche (SPG). Cela consiste à enlever la queue du pancréas.

La splénopancréatectomie gauche (SPG)

La queue du pancréas est au voisinage immédiat d’un autre organe, la rate. La rate n’étant pas un organe vital, elle est retirée en même temps, pour passer plus à distance de la tumeur et des ganglions lymphatiques éventuellement envahis et éviter ainsi une récidive tumorale sur ces organes.

Dans de très rares cas, la totalité du pancréas est enlevée lors de l’intervention. On parle alors de pancréatectomie (ablation) totale. Une telle intervention est réalisée si la tumeur a atteint l’ensemble du pancréas et chez des patients en bon état général.

Chirurgie des métastases

Très rarement, certaines métastases peuvent être traitées par chirurgie ou radiologie interventionnelle.

Les possibilités de pratiquer une ablation des métastases dépendent notamment de leur nombre, qui doit être faible, de leur localisation et de leur sensibilité préalable à la chimiothérapie.

Que se passe-t-il après l’intervention ?

Vos sensations à votre réveil

L’intervention dure habituellement de 5 à 6 heures.

Après l’opération, vous êtes amené en salle de réveil où l’équipe médicale et paramédicale continue d’assurer votre surveillance. À votre réveil, vous pouvez ressentir des nausées, ou encore une somnolence, provoquées par l’anesthésie.

Plusieurs dispositifs peuvent avoir été mis en place pendant l’intervention pour faciliter le suivi de l’opération et votre rétablissement : des drains abdominaux, une sonde nasogastrique et une sonde urinaire.

Les drains sont des tuyaux très fins qui permettent d’évacuer les liquides comme le sang ou la lymphe qui peuvent s’accumuler au cours de la cicatrisation. Ils sont placés à travers la peau sous les côtes, à droite ou à gauche de l’abdomen. Ils provoquent une gêne, mais sont peu douloureux. Ils sont généralement retirés quelques jours après l’opération, sur décision du chirurgien.

La lymphe est un liquide légèrement coloré qui transporte certains globules blancs, appelés lymphocytes, et évacue certains déchets produits par les cellules. La lymphe circule dans des vaisseaux dits lymphatiques.

La sonde nasogastrique est un tuyau qui passe par le nez, l’œsophage et qui rejoint l’estomac, évacuant les sécrétions de l’estomac pour éviter les vomissements.

Selon le type d’intervention et de rétablissement du tube digestif effectué (voir le paragraphe précédent), elle est retirée 1 à 5 jours après l’intervention. La reprise de l’alimentation est ensuite effectuée de façon progressive, par des aliments d’abord liquides, puis semi-liquides et enfin solides.

La sonde urinaire sert à recueillir les urines et à mesurer leur volume pour mieux contrôler le fonctionnement des reins. Elle est retirée quelques jours après l’intervention.

Des anticoagulants et des bas de contention pour éviter une phlébite

Pour éviter une phlébite pouvant être provoquée par un alitement prolongé ou par la chirurgie elle-même, les médecins vous prescrivent des injections d’un médicament anticoagulant et vous demandent de vous lever dès que possible après l’intervention. De plus, le port de bas anti-thrombose (appelés bas de contention ou encore « bas à varices ») pendant la journée est préconisé après l’opération et pendant toute la durée prescrite par votre médecin.

La douleur est systématiquement traitée

Comme après toute intervention chirurgicale, les douleurs sont systématiquement traitées, généralement par de la morphine ou l’un de ses dérivés.

Il est important que vous décriviez ce que vous ressentez afin que votre équipe médicale puisse vous proposer le traitement le plus adapté.

Si vous n’êtes pas suffisamment soulagé, signalez-le sans tarder à l’équipe médicale afin que le traitement puisse être adapté.

Pour en savoir plus sur la gestion de la douleur

Une durée d’hospitalisation de 2 à 3 semaines

En moyenne de 2 à 3 semaines, la durée d’hospitalisation varie en fonction de l’intervention réalisée, de votre état de santé général et de la façon dont vous avez supporté la chirurgie.

En cas de complications, l’hospitalisation peut être prolongée.

Un séjour en service de soins de suite et réadaptation (maison de convalescence) peut vous aider à récupérer, avant votre retour à domicile.

Les analyses de la tumeur : confirmer le diagnostic, déterminer la propagation de la tumeur et vérifier qu’elle a bien été retirée en totalité

Tout ce qui a été retiré lors de l’intervention chirurgicale est transmis au service d’anatomopathologie pour y être analysé. Cet examen est réalisé par un médecin spécialiste appelé anatomopathologiste.

L’examen consiste à observer, à l’œil nu puis au microscope, les tissus prélevés pour :

  • confirmer le diagnostic de cancer et décrire le type de tumeur prélevée ;
  • déterminer jusqu’où les cellules cancéreuses se sont propagées ;
  • vérifier si les bords du tissu entourant la tumeur (on parle de marges de résection) sont sains, c’est-à-dire qu’ils ne contiennent pas de cellules cancéreuses, ce qui indique que la tumeur a bien été enlevée en totalité.

Le chirurgien peut demander à ce qu’une analyse anatomopathologique soit effectuée pendant l’opération. On parle d’analyse extemporanée. Cette technique rapide permet au médecin d’adapter son geste selon les résultats.

Dans certains cas, l’analyse extemporanée ne permet pas de conclure pendant l’opération et le résultat définitif est alors connu dans un second temps, après l’intervention.

Qu’est-ce que l’anatomopathologie ? C’est une spécialité médicale qui consiste à observer et à étudier les organes, les tissus ou les cellules, pour repérer et analyser des anomalies liées à une maladie.

Quels sont les effets indésirables et complications possibles ?

Des effets indésirables à court terme peuvent se manifester immédiatement après l’intervention ou quelques semaines plus tard. En général, ils sont temporaires. S’ils persistent dans le temps, on parle alors d’effets indésirables à long terme.

Tous ces effets indésirables sont connus de votre équipe soignante et leur traitement fait partie intégrante de votre parcours de soins.

La survenue éventuelle d’effets indésirables est surveillée pendant l’hospitalisation et lors des consultations de suivi. N’hésitez pas à décrire à votre équipe soignante tous les signes et symptômes que vous rencontrez. 

La fatigue

Juste après l’intervention, une fatigue est très fréquente et normale. Son intensité et sa durée dépendent de la façon dont vous avez supporté l’intervention, ainsi que des autres effets indésirables. Elle ne doit pas être banalisée.

Agir contre la fatigue : signalez-la à l’équipe soignante, afin qu’elle soit prise en compte le mieux possible. Parfois, un séjour en maison de soins de suite et de réadaptation (SSR) pour un temps de convalescence est prescrit par le médecin. C’est l’établissement de soins qui en fait la demande.

Des douleurs localisées à la cicatrice

Des douleurs localisées à la cicatrice peuvent persister pendant quelques semaines après l’opération. Vous aurez un traitement antidouleur (antalgique) à prendre jusqu’à ce qu’elles aient totalement disparu.

La possibilité d’une infection

Une infection est possible, notamment si la rate a été retirée lors d’une splénopancréatectomie gauche. La rate joue un rôle dans le système de défense immunitaire de l’organisme. Lorsqu’elle est retirée, le risque d’une infection par certaines bactéries est augmenté.

Ce risque est prévenu avant l’intervention, par une vaccination contre les infections les plus à risque, et après l’intervention, par la prise d’antibiotiques.

Une infection de la cicatrice peut aussi survenir.

Un hématome au niveau de la zone opérée

Un hématome est une accumulation de sang localisée qui peut se former au niveau de la zone opérée, à la suite d’une rupture de vaisseaux sanguins, au cours des premières heures suivant l’intervention.

L’hématome peut être drainé.

Un risque de thrombose veineuse

Il existe également un risque de thrombose veineuse, ou phlébite, c’est-à-dire qu’une veine se bouche par un caillot de sang, ce qui bloque la circulation du sang.

Si le caillot de sang se détache et gagne l’artère pulmonaire ou l’une de ses branches, cela provoque une embolie pulmonaire.

Traiter une thrombose : Si une thrombose (avec ou sans embolie) survient, elle nécessite un traitement par des anticoagulants pendant quelques mois associé au port, dans la journée, de bas anti-thrombose (appelés bas de contention ou encore « bas à varices »).

Une fistule de l’anastomose pancréatico-digestive : la principale complication après la duodénopancréatectomie céphalique

La principale complication après duodénopancréatectomie céphalique est la fistule de l’anastomose pancréatico-digestive. La suture entre la partie restante du pancréas et le tube digestif cicatrise mal, générant un écoulement de liquide digestif et pancréatique dans l’abdomen, à partir de cette suture.

Quels symptômes ?

Cette complication survient entre 3 et 15 jours après la chirurgie et se traduit par des sécrétions sales et riches en enzymes pancréatiques au niveau du drain abdominal. Elle se manifeste aussi, parfois, par de la fièvre, des difficultés d’alimentation ou une douleur abdominale.

Quels traitements ?

Cette complication peut être prévenue par la prise de médicaments appelés analogues de la somatostatine. Pour cicatriser, les fistules bien tolérées nécessitent un délai supplémentaire de maintien du drainage. Les fistules mal tolérées nécessitent l’arrêt de l’alimentation prise par la bouche, des antibiotiques, et parfois une intervention de radiologie interventionnelle ou chirurgicale.

Des saignements dans l’abdomen

Autres complications chirurgicales : des saignements dans l’abdomen peuvent nécessiter une nouvelle intervention par radiologie interventionnelle ou chirurgie pour, par exemple, suturer les vaisseaux sanguins responsables de l’hémorragie.

Un passage ralenti des aliments de l’estomac à l’intestin

Lorsqu’une partie de l’estomac est retirée (lors d’une duodénopancréatectomie céphalique), le passage des aliments de l’estomac à l’intestin est parfois ralenti par un manque de contractions.

Quels symptômes ?

Cela provoque un ralentissement de la vidange de l’estomac appelé gastroparésie, entraînant une sensation de « trop-plein », des ballonnements, des vomissements, et qui coupe rapidement l’appétit.

Quels traitements ?

Le traitement repose sur une alimentation fractionnée, associant des repas moins copieux mais plus fréquents et des médicaments appelés prokinétiques, qui accélèrent la vidange de l’estomac. La gastroparésie disparaît normalement après quelques semaines.

Une insuffisance pancréatique endocrine et un diabète

La partie du pancréas restante après l’opération, surtout après une splénopancréatectomie gauche, est parfois trop petite pour fabriquer suffisamment d’insuline. Cela entraîne une insuffisance pancréatique endocrine se traduisant par un diabète, c’est-à-dire un dysfonctionnement de la régulation du glucose (sucre) dans le sang.

Cette complication est rare et la survenue d’un diabète est particulièrement surveillée après l’opération. Si un diabète apparaît, il nécessite le plus souvent un traitement par insuline.

Une insuffisance pancréatique exocrine

Par ailleurs, la partie du pancréas restante après l’opération, surtout après une duodénopancréatectomie céphalique, est parfois trop petite pour fabriquer suffisamment d’enzymes nécessaires à la digestion : cela entraîne une insuffisance pancréatique exocrine.

Les graisses et les protides contenus dans les aliments ingérés ne sont alors plus dissous et absorbés correctement. Ils circulent dans le tube digestif sans être dégradés, ce qui entraîne des selles grasses appelées stéatorrhée.

Quel traitement ?

La prise d’extraits pancréatiques aide à assurer une digestion satisfaisante et à faire disparaître la stéatorrhée.

Les extraits pancréatiques sont prescrits par votre médecin traitant avec une posologie adaptée à votre situation. Avalées pendant les repas, les enzymes sont libérées dans le tube digestif et participent à la digestion des aliments, remplaçant ainsi en grande partie l’action du pancréas. La prise de ces extraits se fait sur le long terme et les effets indésirables sont très rares.

Une diarrhée persistante

Une diarrhée persistante (chronique) est possible après une duodénopancréatectomie céphalique.

Des analyses peuvent vous être prescrites pour comprendre les causes de cette diarrhée. Le plus souvent, il s’agit d’une accélération du transit intestinal, à traiter par un régime alimentaire adapté, basé notamment sur une diminution de la consommation de fibres et/ou la prise de ralentisseurs de transit.

À savoir : une diarrhée se définit par l’émission d’au moins trois selles liquides par jour.

Une dénutrition

La chirurgie du pancréas peut entraîner un état de dénutrition qui se traduit par une perte de poids. Cela est le plus souvent lié à une perte d’appétit et aux complications digestives de l’intervention.

Agir contre la dénutrition : pour retrouver un état nutritionnel satisfaisant, un accompagnement adapté vous est proposé. Il peut s’agir d’abord de conseils pratiques pour améliorer et enrichir vos prises alimentaires au quotidien, l’objectif étant d’augmenter le nombre de calories sans nécessairement augmenter le volume des portions ingérées.

Si votre alimentation ne couvre pas tous vos besoins nutritionnels, vous devez bénéficier d’un support nutritionnel complémentaire. Il peut s’agir de la prescription d’une alimentation enrichie en calories ou en protéines, de compléments nutritionnels oraux (CNO) ou d’une nutrition entérale (via une sonde nasogastrique).

Votre médecin vous prescrira ce qui vous convient le mieux, ou vous adressera vers un diététicien ou un médecin nutritionniste spécialisé en nutrition clinique.

Quelles sont les différentes techniques de traitements nutritionnels ?

  • Orale : il s’agit de compléments nutritionnels oraux qui sont des mélanges nutritifs complets (contenant les nutriments dont le corps a besoin pour fonctionner : calories, protéines, vitamines, sels minéraux, oligoéléments, etc.), administrables sous forme de boissons, crèmes, biscuits, soupes…, qui complètent votre alimentation habituelle.
    Ils sont délivrés sur prescription médicale, à raison de 1 à 2 par jour sauf exception.
  • Entérale : la solution nutritive est apportée directement dans le tube digestif par l’intermédiaire d’une sonde nasogastrique (introduite par le nez et qui descend dans l’estomac), d’une gastrostomie (sonde abouchée directement à l’estomac par l’intermédiaire d’un orifice réalisé au niveau de l’abdomen) ou plus rarement d’une jéjunostomie (idem, mais avec une sonde abouchée directement à l’intestin grêle).
    L’équipe médicale ou diététique peut vous la proposer lorsque vos apports nutritionnels restent insuffisants malgré une alimentation orale enrichie, ou lorsque celle-ci est impossible.
  • Parentérale : la solution nutritive est apportée par voie veineuse ; elle est utilisée en dernier recours, lorsque l’alimentation par voie orale et la nutrition entérale sont impossibles, insuffisantes ou contre-indiquées.

Pour en savoir plus sur ces différentes techniques, consultez le dossier Nutrition

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/La-chirurgie

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers du pancréas : les prothèses biliaires ou duodénales

Article

Publié le 28/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Une tumeur située dans la tête du pancréas peut comprimer la voie biliaire (cholédoque) ou le duodénum et perturber ainsi la digestion des aliments. Parfois, l’obstacle créé par la tumeur est important. La pose d’une prothèse est alors indiquée.

La pose d’une prothèse biliaire ou d’une prothèse duodénale (on parle aussi de stent) permet de supprimer les symptômes ou les complications liés à l’obstacle, d’améliorer la qualité de vie et de poursuivre les traitements (chirurgie ou chimiothérapie).

La pose d’une prothèse biliaire

La prothèse biliaire pour que la bile s’écoule de nouveau dans l’intestin

Lorsque la tumeur se développe dans la tête du pancréas, elle vient parfois comprimer le canal cholédoque, chargé de transporter la bile du foie à l’intestin. Cela provoque une sténose, c’est-à-dire un rétrécissement du canal, ce qui bloque l’écoulement de la bile. On parle aussi de cholestase.

La bile ne peut plus participer à la digestion des aliments et stagne dans le canal. Cela entraîne une jaunisse appelée ictère et des démangeaisons appelées prurit.

L’installation d’une prothèse (ou stent) biliaire est alors nécessaire. Il s’agit d’un tuyau semi-rigide, en métal ou en plastique. La bile s’écoule à travers la prothèse qui maintient le canal cholédoque ouvert, malgré la pression exercée par la tumeur.

La prothèse duodénale pour rétablir le passage des aliments entre l’estomac et l’intestin

Plus rarement, une tumeur de la tête du pancréas peut également comprimer et bloquer la première partie de l’intestin, le duodénum. Cela empêche l’estomac de se vider correctement.

Il est alors nécessaire de poser une prothèse duodénale. Comme la prothèse biliaire, c’est un tube semi-rigide en métal ou en plastique qui maintient ouvert l’intestin et permet de rétablir le passage des aliments en provenance de l’estomac malgré la pression exercée par la tumeur sur le duodénum.

Comment se déroule l’intervention ?

L’intervention s’effectue le plus souvent sous endoscopie, réalisée par un gastroentérologue, sous anesthésie générale.

Le gastroentérologue insère un tube souple appelé endoscope par la bouche et le fait progresser jusqu’au duodénum. L’endoscope contient un système optique (une sorte de caméra miniature) muni d’un éclairage. Il est relié à un écran extérieur, ce qui permet au médecin de suivre en temps réel chacun de ses mouvements.

L’endoscope contient un canal dans lequel les différents instruments chirurgicaux miniaturisés nécessaires à l’intervention sont déployés.

Pour la pose d’un stent biliaire, le gastroentérologue remonte à contre-courant depuis le duodénum, la voie biliaire comprimée, pour dilater le rétrécissement et y installer la prothèse.

Durée de l’hospitalisation

L’hospitalisation après intervention dure en général moins d’une semaine, mais varie selon d’éventuelles complications.

D’autres techniques de pose de la prothèse biliaire

D’autres techniques existent pour installer la prothèse biliaire, comme la radiologie interventionnelle. Dans ce cas, la prothèse est posée par un radiologue, sous anesthésie générale, en passant à travers la peau de l’abdomen et le foie.

Très rarement, une intervention chirurgicale est nécessaire.

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale

  • Comment l’intervention se déroule-t-elle ?
  • Quels sont les risques de l’intervention ?
  • Comment puis-je me préparer au mieux ?
  • Que va-t-il se passer après l’intervention ?

Quelles sont les complications possibles après la pose de la prothèse ?

Des complications peu fréquentes, comme des douleurs ou de la fièvre, sont susceptibles de survenir après l’intervention.

Une inflammation du pancréas (pancréatite) ou une infection de la vésicule biliaire (cholécystite) sont très rares.

Après quelques mois, il arrive que la prothèse se bouche. Une intervention est alors nécessaire pour en installer une nouvelle.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/Les-protheses-biliaires-ou-duodenales

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers du pancréas : les traitements anticancéreux (chimiothérapie)

Article

Publié le 28/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Un traitement médicamenteux, la chimiothérapie conventionnelle, est utilisé pour traiter les cancers du pancréas. Il s’agit d’un traitement général, dit aussi traitement systémique, qui agit dans l’ensemble du corps.

Arrêter de fumer fait partie du traitement de votre cancer

Il est fortement recommandé d’arrêter de fumer, notamment afin de réduire le risque de complications pendant et après les traitements anticancéreux et d’améliorer la qualité de vos soins.

Pour obtenir plus de conseils sur les aides disponibles à l’arrêt du tabac, rendez-vous sur notre page Arrêter sa consommation de tabac et d’alcool.

Vous pouvez aussi télécharger notre dépliant :

Traitement du cancer et tabac - Pourquoi arrêter et comment me faire aider ?

La chimiothérapie conventionnelle a pour but de détruire les cellules cancéreuses ou de les empêcher de se multiplier. Elle agit sur toutes les cellules qui se divisent rapidement, cancéreuses ou non, même sur celles qui n’ont pas été détectées par les examens d’imagerie.

IMPORTANT : en cas de traitement pour une autre maladie

Informez les professionnels de santé qui vous suivent, aussi bien au domicile qu’à l’hôpital, du traitement que vous recevez pour le cancer du pancréas, afin qu’ils évaluent le risque d’interaction avec d’autres traitements que vous pourriez prendre pour une autre maladie.

Avant de démarrer le protocole de chimiothérapie, votre médecin vous en explique le principe, les objectifs, ainsi que les effets indésirables possibles dans votre situation. Il vous indique aussi les solutions qui permettent de les anticiper ou de les limiter. Il effectue également un bilan préthérapeutique.

N’hésitez pas à noter et à lui soumettre toutes les questions que vous vous posez au sujet de ce traitement.

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale

  • Quel type de traitement médicamenteux me sera administré ?
  • De quelle façon ?
  • Quels sont les objectifs de la chimiothérapie ?
  • Quels sont les effets indésirables ?
  • Que puis-je faire pour les limiter ?
  • Comment sont-ils traités ?
  • Le traitement se passe-t-il à l’hôpital ou à domicile ?
  • Combien de temps dure-t-il ?
  • Comment et par qui est effectué le suivi pendant les traitements ?
  • Y a-t-il des conseils alimentaires particuliers à respecter ?

Dans quels cas une chimiothérapie est-elle indiquée ?

La chimiothérapie du cancer du pancréas est contre-indiquée lorsque votre état de santé général ne permet pas de supporter les effets indésirables du traitement.

L’objectif de la chimiothérapie peut varier.

La chimiothérapie palliative pour ralentir la progression de la maladie, diminuer la douleur

Un traitement par chimiothérapie est envisagé lorsque le cancer est avancé et que la tumeur ne peut pas être retirée. On parle alors de chimiothérapie palliative dont le but est de ralentir, voire d’arrêter, la progression de la maladie, de diminuer la douleur et d’améliorer la qualité de vie.

Une chimiothérapie adjuvante pour limiter le risque de récidive

Une chimiothérapie peut également être effectuée après la chirurgie, lorsque la tumeur a été retirée. On parle de chimiothérapie adjuvante. Ce traitement vise alors à éliminer les éventuelles cellules cancéreuses résiduelles et indétectables, mais qui n’auraient pas été retirées lors de la chirurgie, de façon à limiter le risque de récidive.

Une chimiothérapie néoadjuvante pour diminuer la taille de la tumeur avant l’opération

Dans certains cas, une chimiothérapie est effectuée avant la chirurgie. On parle alors de chimiothérapie néoadjuvante ou d’induction.

Ce traitement vise à faire diminuer la taille de la tumeur et ses contacts avec les vaisseaux afin de faciliter son ablation, c’est-à-dire son retrait, au cours d’une intervention chirurgicale qui aura lieu dans un second temps.

Une chimioradiothérapie, après la chimiothérapie d’induction

Une chimioradiothérapie, c’est-à-dire une radiothérapie associée à une chimiothérapie, est parfois proposée après la chimiothérapie d’induction.

Elle permet d’augmenter les chances de réalisation d’une intervention chirurgicale pour enlever la tumeur.

La chimioradiothérapie est proposée dans certains cas où la chirurgie n’est pas possible d’emblée (la tumeur n’est pas résécable) ou lorsque la tumeur reste non résécable après 3 à 6 mois de chimiothérapie d’induction (traitement de clôture).

En quoi consiste la chimioradiothérapie ?

Elle associe une radiothérapie externe à un médicament de chimiothérapie, le 5-FU, la capécitabine ou la gemcitabine. Son but est de détruire les cellules cancéreuses au moyen de rayons dont l’effet antitumoral est potentialisé par la chimiothérapie.

Quels sont les médicaments utilisés ?

Un médicament de chimiothérapie peut être employé seul ou, le plus souvent, associé à d’autres médicaments.

Une association de plusieurs médicaments de chimiothérapie correspond à ce que l’on appelle un schéma ou un protocole de chimiothérapie.

Plusieurs protocoles de chimiothérapie peuvent être prescrits, en fonction de l’étendue du cancer et de votre état de santé. Les médicaments employés, les doses administrées ainsi que le rythme des cures varient d’une personne à l’autre, en fonction des caractéristiques du cancer, de la tolérance au traitement, de l’âge et de l’état de santé du patient. C’est pourquoi le plan de traitement est défini au cas par cas.

Pour les formes localisées de tumeur

Pour les formes localisées, mFolfirinox (Folfirinox modifié) est le protocole de référence après la chirurgie (traitement adjuvant). Il est composé de 4 médicaments :

  • le 5 fluoro-uracile, appelé aussi 5-FU ;
  • l’acide folinique ;
  • l’oxaliplatine ;
  • l’irinotécan.

Chez les patients dont l’état général ne permet pas le traitement par mFolfirinox ou qui présentent une contre-indication à un des médicaments qui le constituent, d’autres associations de médicaments peuvent être prescrites. Le 5-FU peut être seulement associé à de l’acide folinique.

Il est également possible de prescrire la gemcitabine seule ou en association avec de la capécitabine.


À savoir avant tout traitement à base de 5-FU et de capécitabine

Il existe des toxicités rares, précoces et potentiellement graves, survenant généralement au cours des 2 premiers cycles de chimiothérapie à base de fluoropyrimidines (5-FU et capécitabine), qui peuvent être dues à un déficit d’une enzyme, la dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD). Cette enzyme est responsable de la dégradation du 5-FU et de la capécitabine, et permet ainsi d’éliminer ces médicaments de l’organisme.

Chez les personnes qui présentent un déficit en enzyme DPD, il peut y avoir

une accumulation de ces médicaments dans le corps à un niveau toxique. Une recherche de ce déficit est obligatoirement réalisée avant le lancement d’un traitement à base de fluoropyrimidines. Il s’effectue par un dosage du taux d’uracile dans le sang, à partir d’une simple prise de sang.

Vous devez conserver précieusement le résultat de la recherche d’un déficit en DPD et en informer les professionnels de santé impliqués dans le traitement de votre cancer lors de la première consultation.

Pour en savoir plus, consulter la fiche Patients de l’ANSM

Pour les formes métastatiques

Plusieurs protocoles de chimiothérapie peuvent être utilisés pour les formes métastatiques, en fonction de l’âge du patient et de son état général :

  • le protocole Folfirinox ;
  • la gemcitabine, seule ou associée au nab-paclitaxel.

Comment se déroule le traitement par chimiothérapie en pratique ?

La majorité des médicaments de chimiothérapie utilisés pour traiter un cancer du pancréas sont administrés par voie injectable. C’est le cas pour les médicaments qui composent le protocole Folfirinox, ainsi que pour la gemcitabine et le nab-placlitaxel.

La capécitabine est administrée par voie orale, sous forme d’un comprimé.

Le déroulement du traitement est planifié par l’équipe médicale en fonction de votre situation et résumé dans votre programme personnalisé de soins (PPS). Le médecin qui vous suit vous remet un calendrier qui détermine le lieu et les jours de traitement, ainsi que les noms des médicaments utilisés.

Une durée de traitement variable

La durée totale du traitement est variable. Par exemple, une chimiothérapie adjuvante est débutée dans les 12 semaines suivant la chirurgie, pour une durée de 6 mois.

Une chimiothérapie d’induction dure fréquemment 3 à 4 mois. Avant de débuter le traitement, des examens d’imagerie (au minimum un scanner) et un bilan sanguin sont effectués.

La chimiothérapie est administrée dans le cadre de cures (aussi appelées cycles) : chacun des médicaments est administré à une dose précise, dans un ordre et un rythme bien définis, sur un ou plusieurs jours. Chaque cure est suivie d’une période sans traitement (intercure) afin de permettre à l’organisme de récupérer des effets du traitement.

Avant chaque cure, un examen clinique et des examens de sang sont réalisés pour vérifier que votre état de santé permet de poursuivre le traitement.

En cas d’anomalies, comme une baisse importante du taux de globules blancs ou des plaquettes, par exemple, le traitement peut être reporté ou modifié.

De l’hospitalisation de jour à l’hospitalisation complète selon les cas

Lorsque les médicaments sont injectés dans une veine, par perfusion, le traitement se déroule généralement à l’hôpital en ambulatoire.

Vous ne restez que le temps de la perfusion « courte » et rentrez chez vous le jour même. On parle aussi d’hospitalisation de jour. C’est le cas pour la gemcitabine, par exemple, qui est administrée en perfusion intraveineuse de 30 minutes une fois par semaine.

Le protocole Folfirinox nécessite des perfusions « longues » : il est généralement administré pendant 48 heures tous les 14 jours.

Pour les perfusions longues de Folfirinox, le diffuseur portable

Si votre état de santé permet un retour à domicile, un diffuseur portable vous sera proposé pour ces perfusions longues.

Un infirmier de ville viendra chez vous pour débrancher le diffuseur sans que vous ayez besoin de retourner à l’hôpital.

Ce diffuseur doit être positionné au plus près de votre corps. Vous devez éviter les expositions au froid et au soleil.

Le diffuseur portable pour une perfusion sur 48h

12 Le Diffuseur Portable Pour Une Perfusion Sur 48 Heures - copyright

Une hospitalisation complète est possible si votre traitement est effectué loin de votre domicile ou si votre état général le nécessite.

Une chambre implantable ou un cathéter central pour faciliter l’administration des traitements

Administrer les traitements médicamenteux dans des petites veines comme celles du bras peut être difficile. Elles sont fragiles et les injections répétées peuvent devenir douloureuses et endommager vos veines.

En quoi consiste la pose d’une chambre à cathéter implantable ?

Avant de commencer le traitement intraveineux, la pose d’une chambre à cathéter implantable (CCI), appelée aussi chambre implantable, port-à-cath® ou PAC, est recommandée, voire indispensable avec certains produits.

Ce dispositif est composé d’un petit boîtier et d’un tuyau souple et fin, un cathéter. Il est entièrement placé sous la peau, au cours d’une courte intervention, le plus souvent sous anesthésie locale. Le boîtier de la chambre implantable est souvent placé en haut à droite du thorax et relié au cathéter, lui-même placé dans une veine. Une radiographie de contrôle est éventuellement réalisée pour visualiser le bon positionnement du cathéter.

À chaque perfusion, les médicaments sont injectés directement dans la chambre implantable, à travers la peau. Un anesthésique local (en crème ou patch) peut être appliqué au moins 60 minutes avant la perfusion.

Ce système limite les douleurs liées aux piqûres répétées car celles-ci sont beaucoup moins profondes.

Un dispositif en place pendant toute la durée du traitement

Le dispositif reste en place pendant toute la durée du traitement.

Après un délai de 15 jours pendant lesquels il ne faut pas mouiller le pansement, le dispositif permet d’avoir une activité physique normale, de se baigner, de voyager, etc.

Le plus souvent, le cathéter et la chambre implantable sont bien supportés. Une gêne peut néanmoins être ressentie en voiture, à cause de la ceinture de sécurité dont le port reste cependant obligatoire.

Lorsque le dispositif n’est plus utile, il est enlevé lors d’une courte intervention sous anesthésie locale. La date de retrait du dispositif est choisie en concertation avec votre oncologue.

La chambre implantable

La chambre à cathéter implantable - copyright

Pour en savoir plus sur la chambre implantable.

La pose d’un cathéter central en cas de contre-indications à la chambre implantable

En cas de contre-indications à la chambre implantable (abord veineux compliqué, par exemple) ou de traitement de courte durée, un autre type de cathéter peut vous être proposé pour les perfusions de chimiothérapie. Il s’agit d’un cathéter qui est inséré dans une veine de votre bras et qui est poussé vers une grosse veine située près du cœur.

Cela permet une diffusion du traitement dans la circulation sanguine. On l’appelle PICC pour « peripherally inserted central catheter ».

Le PICC est protégé par un pansement stérile adhésif transparent. Il est important de garder le pansement au sec quand vous vous lavez et de ne pas faire de mouvements brusques ou répétés. Par l’embout du cathéter, il est possible d’injecter les médicaments de chimiothérapie.

Le cathéter central inséré dans le bras

Pour en savoir plus sur le cathéter central.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/La-chimiotherapie

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Quels sont les effets indésirables possibles des chimiothérapies ?

Article

Publié le 28/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Les effets indésirables de la chimiothérapie varient selon les médicaments utilisés, les dosages et les personnes. Contrairement aux idées reçues, les médicaments pris par voie orale entraînent aussi des effets indésirables.

Certains effets indésirables peuvent être limités ou évités grâce à des traitements préventifs ou des conseils pratiques. Néanmoins, s’ils deviennent trop importants ou si vous ne supportez pas l’un des médicaments utilisés, le traitement peut être modifié ou interrompu pour permettre à l’organisme de récupérer. Il est important de signaler tout symptôme inhabituel au cours d’un traitement afin que le médecin puisse prendre les mesures adéquates.

La présence ou l’absence d’effets indésirables n’est pas liée à l’efficacité de la chimiothérapie.

Ne ressentir aucun effet indésirable ne signifie pas que le traitement est inefficace et, inversement, en ressentir de nombreux ne signifie pas qu’il est particulièrement actif. Les professionnels de santé (médecins, pharmaciens…) ont l’obligation de déclarer les effets indésirables susceptibles d’être dus à un médicament auprès d’un Centre régional de pharmacovigilance (CRPV). Si vous ressentez un quelconque effet indésirable, parlez-en avec votre médecin, pharmacien ou infirmier. Il vous est également possible, en tant que patient, de signaler vous-même ces effets indésirables directement par le système national de déclaration de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et du réseau des Centres régionaux de pharmacovigilance. La procédure ainsi que les formulaires de déclaration sont disponibles sur signalement-sante.gouv.fr

Cela s’applique aussi à tout effet indésirable qui ne serait pas mentionné dans la notice d’information. Cependant, une déclaration n’a pas pour objectif une gestion individuelle de vos effets indésirables. En signalant les effets indésirables, vous contribuez à fournir davantage d’informations sur la sécurité du médicament.

Attention à l’automédication

L’automédication n’est pas recommandée avec les traitements médicamenteux contre le cancer, notamment en raison d’interactions potentielles. Certaines molécules, pouvant être obtenues ou non sur prescription médicale, ainsi que certains compléments alimentaires et produits phytopharmaceutiques (produits à base de plantes comme le millepertuis) peuvent limiter l’effet de la chimiothérapie. D’autres médicaments peuvent, au contraire, entraîner un risque accru d’effets indésirables. L’avis d’un médecin ou d’un pharmacien est nécessaire avant toute initiation d’un nouveau traitement.

Les effets indésirables les plus fréquents des médicaments utilisés pour traiter le cancer du pancréas sont présentés ci-après.

En fonction du protocole de traitement qui vous a été proposé, votre médecin vous indique de façon précise ceux qui peuvent vous concerner et vous informe sur les moyens d’y faire face. Cette liste peut paraître impressionnante. Gardez à l’esprit que la majorité des patients développent seulement une partie de ces effets indésirables.

Les médicaments de chimiothérapie conventionnelle peuvent provoquer :

  • une perte d’appétit et des troubles nutritionnels ;
  • des nausées et des vomissements ;
  • une diarrhée ou une constipation ;
  • une baisse du nombre de cellules sanguines (globules blancs, globules rouges, plaquettes) ;
  • un syndrome pseudo-grippal (fièvre, frissons, douleurs musculaires) ;
  • de la fatigue ;
  • des lésions de la bouche ;
  • une chute des cheveux ;
  • une fragilisation des ongles ;
  • des troubles cutanés et le syndrome « main-pied » (troubles de la peau de la paume des mains et de la plante des pieds) ;
  • des sensations d’engourdissement ou de fourmillement dans les mains et les pieds ;
  • des troubles cardiaques ;
  • des troubles musculo-squelettiques ;
  • des troubles respiratoires ;
  • des troubles hépatiques ;
  • des réactions allergiques ;
  • des affections oculaires ;
  • une hypertension artérielle ;
  • des œdèmes ;
  • une thrombose veineuse (ou phlébite).

Une perte d’appétit et des troubles nutritionnels

Les médicaments de chimiothérapie peuvent entraîner une diminution de la prise alimentaire, le plus souvent du fait d’une perte d’appétit et d’une modification du goût. Si elle se prolonge plus d’une semaine, elle risque d’entraîner une perte de poids que l’on appelle dénutrition.

La dénutrition a de nombreuses conséquences, comme une fonte des muscles, une diminution de la force musculaire ou une fatigue importante. Elle peut également empêcher le bon déroulement de votre traitement et réduire son efficacité. C’est pourquoi il faut la prévenir et limiter son aggravation le plus précocement possible.

La dénutrition

Un diététicien ou un médecin nutritionniste peuvent vous conseiller sur la façon de mieux vous alimenter pendant votre traitement. En cas de nécessité, un traitement nutritionnel pourra vous être prescrit.

CONSEILS PRATIQUES POUR PRÉVENIR LA DÉNUTRITION

  • mangez les plats que vous aimez à l’heure que vous voulez ;
  • fractionnez votre alimentation : mangez en petites quantités, mais souvent (4 à 6 petits repas par jour, ou les 2 repas principaux de la journée coupés chacun en 2) ;
  • n’hésitez pas à consommer plusieurs fois par jour des aliments simples contenant des protéines (jambon, produits laitiers…) ;
  • si possible, mangez accompagné et non seul ;
  • travaillez la présentation des plats ;
  • installez-vous à table, de préférence dans un cadre agréable ;
  • associez ces conseils à une activité physique quotidienne, adaptée à vos capacités (exemple : marche).

À noter : si vous avez faim, mangez ! Quelle que soit l’heure.

Une modification du goût

Il arrive que pendant la chimiothérapie, des personnes ressentent un mauvais goût dans la bouche ou soient particulièrement sensibles aux odeurs. Cela entraîne parfois l’apparition de nausées.

Des médicaments comme l’oxaliplatine, la capécitabine et le nab-paclitaxel entraînent chez certaines personnes une modification du goût appelée dysgueusie. Certains aliments appréciés jusqu’alors peuvent ne plus être appétissants.

CONSEILS POUR LIMITER CES EFFETS

  • sucer des bonbons mentholés diminue le goût désagréable ;
  • pratiquer des exercices de relaxation avant et pendant la perfusion de chimiothérapie. Vous pouvez solliciter des conseils à ce sujet auprès des soignants ;
  • regarder la télévision, écouter la radio ou de la musique, jouer à des jeux de société, lire, discuter, etc. pendant la perfusion. Ces activités contribuent parfois à diminuer la sensation de nausées ;
  • privilégier les aliments qui vous attirent le plus, ainsi que les modes de cuisson et les plats qui dégagent le moins d’odeurs.

Des nausées et vomissements

Les nausées (sensation d’écœurement) commencent souvent le soir ou le lendemain de la perfusion. Elles durent rarement plus de 72 heures après le traitement.

Elles ne sont pas systématiquement accompagnées de vomissements.

Des phénomènes de nausées précédant la chimiothérapie (anticipatoires) peuvent survenir : elles commencent parfois dès l’entrée à l’hôpital, avant le début de la perfusion. Ces nausées sont liées à l’anxiété provoquée par le traitement et peuvent être réduites par des médicaments ou par des techniques de relaxation.

Lorsque des vomissements surviennent, il est conseillé de se rincer la bouche avec de l’eau froide et d’attendre 1 à 2 heures avant de manger. Les vomissements ne persistent en général pas plus de 48 heures après l’administration des médicaments de chimiothérapie.

Des médicaments, dits antiémétiques, peuvent être prescrits pour réduire les risques de nausées et de vomissements, y compris anticipatoires. Si ces effets indésirables apparaissent malgré le traitement préventif, signalez-le à votre médecin car nausées et vomissements contribuent à l’apparition d’une dénutrition qui pourrait justifier un traitement nutritionnel spécifique.

CONSEILS PRATIQUES POUR LIMITER LES NAUSÉES ET VOMISSEMENTS

  • privilégiez les aliments froids ou tièdes, qui sont moins odorants que les aliments chauds ;
  • fractionnez l’alimentation = mangez en petites quantités, mais souvent (4 à 6 petits repas par jour, ou les 2 repas principaux de la journée coupés chacun en 2) ;
  • buvez plutôt avant ou après les repas. Les boissons gazeuses fraîches, à base de cola notamment, aident parfois à diminuer les nausées ;
  • mangez lentement en mastiquant bien afin de faciliter la digestion ;
  • mangez légèrement avant et après le traitement ;
  • ne consommez pas d’aliments qui ne vous font pas envie ;
  • évitez de boire de l’alcool ;
  • évitez de fumer.

Des diarrhées et constipation

Les diarrhées

Une diarrhée est possible avec les médicaments de chimiothérapie. Un traitement dit antidiarrhéique pourra vous être prescrit afin de la limiter.

Pensez à bien vous hydrater en buvant entre 1,5 et 2 litres d’eau par jour.

En cas de diarrhée persistante ou associée à de la fièvre ou des vomissements, contactez rapidement votre médecin afin d’éviter une déshydratation ou une dénutrition.

Important : pensez à signaler toute modification de poids à votre équipe soignante.

CONSEIL PRATIQUE POUR LIMITER LA DIARRHÉE

Privilégiez une alimentation pauvre en fibres (exemple : riz, pâtes, pommes de terre vapeur, carottes, bananes mûres, fruits cuits, fromage à pâte cuite, biscottes…).

La constipation, plus rare

Plus rarement, une constipation peut être provoquée par la chimiothérapie. La constipation est aussi, parfois, induite par les médicaments antiémétiques (contre les vomissements), par certains médicaments antidouleur et par la diminution de l’activité physique.

CONSEILS PRATIQUES POUR LIMITER LA CONSTIPATION

  • buvez au moins 2 litres d’eau par jour ;
  • privilégiez une alimentation riche en fibres, à base de fruits et légumes, céréales, pain complet, à chaque repas, dont le petit déjeuner ;
  • si possible, faites de l’exercice de façon adaptée et régulière en favorisant la marche ;
  • pratiquez des massages doux du ventre.

La baisse du nombre de cellules sanguines

La moelle osseuse produit en permanence des globules rouges, des globules blancs et des plaquettes.

Les médicaments de chimiothérapie sont susceptibles d’entraîner une baisse de la production de ces cellules sanguines :

  • la diminution du nombre de globules rouges et de la quantité d’hémoglobine (le pigment rouge intense qui donne sa couleur caractéristique au sang et qui se trouve dans les globules rouges) provoque, lorsqu’elle est importante, une anémie. L’anémie se manifeste principalement par une pâleur, un essoufflement et une fatigue qui ne s’atténuent pas avec le repos ;
  • la baisse excessive du nombre de globules blancs (leucopénie), en particulier des polynucléaires neutrophiles (neutropénie) ou des lymphocytes (lymphopénie), entraîne un risque accru d’infection. En effet, le rôle des globules blancs est primordial dans la lutte contre les infections virales et bactériennes.
    En cas de fièvre ou si vous ne vous sentez pas bien (frissons, diarrhées ou vomissements importants), contactez immédiatement votre médecin ;
  • la baisse du nombre de plaquettes (thrombopénie), qui participent au phénomène de coagulation du sang (c’est-à-dire à la création de caillots sanguins), augmente le risque de saignements et d’ecchymoses (infiltration de sang sous la peau à la suite d’un saignement).

Surveillez votre température

La « neutropénie fébrile » est une des complications susceptibles de survenir chez les patients traités par chimiothérapie. Le polynucléaire neutrophile est un globule blanc impliqué dans les premiers temps de la réponse immunitaire. Il intervient dans la destruction des agents pathogènes tels que les bactéries et les virus.

La diminution du nombre de polynucléaires neutrophiles, appelée neutropénie, expose donc aux infections.

Le caractère fébrile de la neutropénie est défini par une température supérieure ou égale à 38,5 °C.

En cas de température supérieure ou égale à 38,5 °C ou si vous ne vous sentez pas bien (frissons, diarrhées ou vomissements importants), contactez immédiatement votre médecin.

Une prise de sang pour contrôler le nombre de globules blancs

Avant chaque cure, des prises de sang permettent de vérifier le nombre de globules blancs, globules rouges et plaquettes.

La réalisation de cette prise de sang est indispensable avant l’administration de la chimiothérapie. En dessous d’un certain seuil, les doses de chimiothérapie sont adaptées ou le traitement peut être remis à plus tard.

Il est parfois nécessaire de prescrire des médicaments, appelés facteurs de croissance, lorsque la baisse du nombre de globules blancs ou de globules rouges est trop importante. Dans de rares cas, une transfusion de globules rouges ou de plaquettes peut être réalisée.

Qu’est-ce qu’un facteur de croissance ?

C’est une substance qui régule la croissance et la multiplication des cellules, comme certaines hormones. Les facteurs de croissance agissent par l’intermédiaire de récepteurs disposés à la surface des cellules. 

Le syndrome pseudo-grippal

Après l’administration de certains médicaments de chimiothérapie comme la gemcitabine, la capécitabine et le nab-paclitaxel, un syndrome pseudo-grippal peut se manifester.

Des symptômes habituellement associés à la grippe, comme de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires, apparaissent alors.

Ces effets sont le plus souvent de courte durée et du paracétamol, prescrit par votre médecin, aide à les diminuer.

La fatigue

En dehors de la fatigue causée par la maladie elle-même, par l’appréhension des examens ou encore par les déplacements quotidiens, la fatigue peut être liée à la chimiothérapie.

Elle dépend de votre tolérance au traitement, du nombre de cures et des autres effets indésirables.

En effet, une anémie (diminution du nombre de globules rouges dans le sang), une perte d’appétit, des nausées et des vomissements, une fièvre ou encore des douleurs peuvent contribuer à cette fatigue.

La fatigue ne doit pas être banalisée. Signalez-la à l’équipe soignante afin qu’elle soit traitée le mieux possible.

Pour en savoir plus, retrouvez notre dossier sur la Fatigue.

Il est prouvé qu’une activité physique débutée dès le début de votre prise en soin, adaptée, régulière et modérée permet de lutter contre la fatigue après les traitements. Parlez-en avec votre équipe soignante.

Des lésions de la bouche

Les médicaments de chimiothérapie utilisés pour traiter les cancers du pancréas peuvent entraîner des lésions à l’intérieur de la bouche et le long du tube digestif (aphtes, rougeurs, douleurs). On parle de mucite (inflammation d’une muqueuse), ou encore de stomatite (mucite de la bouche).

Une inflammation des lèvres est également possible (chéilite).

Dès que vous constatez des aphtes ou des douleurs, prévenez votre médecin afin de recevoir un traitement antidouleur adapté.

CONSEILS PRATIQUES POUR LIMITER LES LÉSIONS DE LA BOUCHE

  • après les repas, réalisez des bains de bouche sans alcool et à base de bicarbonate de soude alimentaire, prescrits par le médecin ;
  • brossez-vous régulièrement les dents avec une brosse à dents souple et utilisez du bicarbonate de soude ;
  • sucez des glaçons, de la glace pilée, des glaces à l’eau et des sorbets, des bonbons à la menthe (sauf en cas de traitement à l’oxaliplatine) ;
  • buvez beaucoup (eau minérale, thé, tisane, boisson à base de cola) ;
  • privilégiez les aliments sans acidité, mous, voire mixés ;
  • graissez-vous les lèvres en appliquant un lubrifiant (vaseline, beurre de cacao) ;
  • ne consommez pas d’aliments trop épicés ou acides (jus de citron, vinaigrette, moutarde), secs, croquants ou durs ;
  • évitez de consommer des aliments chauds et des aliments qui favorisent l’apparition d’aphtes, comme les noix, le gruyère et l’ananas ;
  • n’utilisez pas de bains de bouche à base d’alcool : ils dessèchent la muqueuse de la bouche et risquent de provoquer des sensations de brûlure ;
  • évitez de fumer et de boire de l’alcool, surtout dans les semaines qui suivent le traitement.

La chute des cheveux et du système pileux

Les protocoles de chimiothérapie utilisés pour traiter le cancer du pancréas peuvent générer une chute des cheveux (appelée alopécie) parfois difficile à vivre, car elle est un signe concret et visible de la maladie.

À quel moment a lieu la chute des cheveux ?

Elle est parfois précédée de douleurs ou de sensibilité du cuir chevelu. Elle commence environ 2 à 3 semaines après la première perfusion, mais elle est en général temporaire. La plupart du temps, les cheveux commencent à repousser environ 6 à 8 semaines après la fin du traitement.

Port d’une perruque et conseils de maquillage

En attendant, une prothèse ou des accessoires capillaires peuvent vous être prescrits ; renseignez-vous auprès de votre assurance santé complémentaire sur leur niveau de prise en charge.

Les cils, les sourcils et les poils pubiens peuvent également tomber provisoirement.

Des conseils de maquillage des sourcils peuvent vous être apportés par une socio-esthéticienne.

CONSEILS PRATIQUES POUR PRENDRE SOIN DE SES CHEVEUX

  • utilisez un shampooing doux et en petite quantité ;
  • séchez-vous les cheveux en les tamponnant avec une serviette plutôt qu’en les frottant ;
  • utilisez une brosse douce ou un peigne à larges dents pour vous coiffer ;
  • pensez aux perruques, foulards, turbans ou chapeaux de toile ;
  • portez un chapeau en cas d’exposition au soleil ;
  • ne vous lavez pas les cheveux trop fréquemment ;
  • évitez les rouleaux et les sèche-cheveux, les colorations ou tout autre produit chimique ;
  • évitez d’exposer au soleil votre cuir chevelu en cas de chevelure qui se raréfie.

En savoir plus sur la chute des cheveux et retrouver nos conseils.

La fragilisation des ongles

Les ongles des mains et des pieds peuvent changer d’aspect et parfois tomber, sans occasionner de douleur, particulièrement lorsque le traitement comprend de l’oxaliplatine ou du nab-paclitaxel.

Avant qu’un ongle ne se détache, un nouvel ongle a commencé à pousser en dessous. Il est conseillé de porter des chaussures confortables et des gants de protection pour le jardinage et les travaux ménagers, et de se couper les ongles courts pour éviter qu’ils ne se fissurent ou se soulèvent.

Vous pouvez trouver en pharmacie des solutions protectrices et des vernis au silicium pour protéger vos ongles.

Retrouvez plus de conseils pour protéger vos ongles.

Les troubles cutanés et le syndrome « main-pied »

Les médicaments de chimiothérapie conventionnelle peuvent entraîner des troubles au niveau de la peau : rougeurs, plaques, dessèchement, tiraillement, ainsi que des éruptions cutanées aussi appelées rash cutanés.

Parmi ces troubles, le syndrome « main-pied » se manifeste au niveau de la paume des mains et de la plante des pieds. Il se caractérise par des rougeurs, un gonflement, une sécheresse de la peau ou des cloques.

Pour en savoir plus sur notre dossier dédié aux problèmes de peau.

CONSEILS PRATIQUES POUR LIMITER LES TROUBLES CUTANÉS

  • appliquez régulièrement et généreusement un agent hydratant sur la peau (après la toilette avec un savon surgras) ;
  • réalisez une manucure et une pédicure avant de commencer le traitement, si les mains et les pieds sont déjà un peu abîmés (présence de corne) ;
  • portez des vêtements amples et des chaussures souples ;
  • ne vous exposez pas les mains et les pieds à la chaleur (soleil, bains chauds, sauna) ;
  • ne pratiquez pas d’activités qui entraînent un frottement de la peau ou une pression sur les mains (activités ménagères, conduite, jardinage, etc.) ;
  • n’appliquez pas des pansements adhésifs ou des bandages serrés ;
  • évitez de marcher de manière prolongée et de courir en cas de syndrome main-pied.

Si votre peau devient rouge, sensible ou douloureuse, signalez-le à votre médecin sans attendre que les symptômes empirent. Des médicaments antidouleur, prescrits par votre médecin, et des soins locaux peuvent les soulager.

Des sensations d’engourdissement ou de fourmillements

Certains médicaments de chimiothérapie conventionnelle ont un effet toxique sur les nerfs (notamment l’oxaliplatine et le nab-paclitaxel). Ils peuvent entraîner des troubles de la sensibilité, appelés paresthésies, qui se manifestent par des sensations d’engourdissement, de fourmillement ou de picotement qui peuvent être douloureuses et handicapantes.

Ils peuvent également se manifester par des troubles de la coordination des mouvements ou une perte de force dans les muscles.

Ces symptômes sont nommés troubles neuropathiques périphériques.

Il est très important de les signaler immédiatement à votre médecin, sans attendre le rendez-vous suivant et même si vous les supportez bien.

Ils peuvent rendre nécessaire une diminution des doses, voire un arrêt du traitement. 

Des troubles cardiaques

Le 5-FU peut avoir un impact négatif sur le cœur avec un risque (relativement faible) de spasmes coronariens pouvant provoquer des douleurs thoraciques parfois en lien avec un infarctus.

En cas de douleur thoracique ou d’essoufflement, contactez immédiatement votre médecin.

Des effets cardiaques sont également observés avec le nab-paclitaxel (accélération des battements du cœur appelée tachycardie).

Des troubles musculo-squelettiques

La gemcitabine et le nab-paclitaxel, notamment, peuvent entraîner des douleurs dans les muscles, les articulations, au niveau du dos et des extrémités.

Des antalgiques peuvent vous être prescrits.

Des troubles respiratoires

Des difficultés à respirer, une toux, une rhinite ou des saignements de nez peuvent se manifester.

Ces symptômes peuvent alerter sur la présence d’une infection ou d’une réaction pulmonaire aux médicaments de chimiothérapie conventionnelle, notamment à l’oxaliplatine, à la gemcitabine et au nab-paclitaxel.

N’hésitez pas à les signaler à votre équipe soignante.

Des troubles hépatiques

Le 5-FU, l’irinotécan, la gemcitabine et la capécitabine peuvent avoir une incidence sur le fonctionnement du foie. Ce phénomène est d’autant plus important lorsque celui-ci fonctionne déjà mal, par exemple en cas de maladie du foie préexistante ou d’obstacle biliaire lié à la tumeur du pancréas et qui ne serait pas complètement levé par la prothèse posée.

Une surveillance de certaines enzymes hépatiques est nécessaire.

Prévenez votre médecin en cas de symptômes évocateurs d’une atteinte hépatique (nausées, vomissements, fièvre, jaunisse et douleurs abdominales).

Des réactions allergiques

Comme tout médicament, les médicaments de chimiothérapie peuvent être sources d’allergie. Ces réactions surviennent en général lors de la perfusion.

Alertez votre médecin en cas de gonflement du visage, des lèvres et de la langue, d’oppression de la poitrine, de difficultés à respirer ou de frissons, de réactions cutanées (démangeaisons, rougeurs, boutons), de bouffées de chaleur ou de tout autre trouble inhabituel.

Contre-indication de certains vaccins

Les vaccins dits vivants, tels que ceux contre la fièvre jaune ou la rougeole, par exemple, sont contre-indiqués au moins 6 mois après la fin de la chimiothérapie. En cas de voyage dans des pays dits « à risque », questionnez votre oncologue médical et/ou votre médecin traitant.

Affections oculaires

Les yeux peuvent être affectés par certaines chimiothérapies. Les yeux qui pleurent sont fréquents avec l’irinotécan et le nab-paclitaxel.

Le traitement par oxaliplatine et capécitabine peut également provoquer une conjonctivite, c’est-à-dire une inflammation de la muqueuse qui tapisse l’intérieur et l’avant des yeux.

Elle se traduit par des écoulements purulents, des sensations de brûlure et des rougeurs.

L’hypertension artérielle

L’un des effets indésirables fréquents de l’oxaliplatine et du nab-paclitaxel est l’hypertension artérielle, c’est-à-dire une tension trop élevée.

Des œdèmes

Des œdèmes (gonflements) des jambes, des bras… peuvent survenir, notamment avec la gemcitabine et le nab-paclitaxel.

Chez les patients à risque, il peut être recommandé de porter des bas de contention et de suivre un régime pauvre en sel.

Une thrombose (phlébite)

La formation d’un caillot sanguin dans les veines, appelée thrombose veineuse ou phlébite, peut être la conséquence de la chimiothérapie.

C’est également un symptôme du cancer du pancréas lui-même. Le caillot sanguin se situe le plus souvent aux jambes.

Dans les cas les plus graves, il se détache et circule jusqu’à un poumon. C’est ce qui s’appelle une embolie pulmonaire. Cette affection susceptible d’être grave peut se manifester par un essoufflement et parfois une douleur dans la poitrine.

Comment réduire le risque de thrombose ?

Le fait de cesser de fumer réduit le risque de formation de caillots sanguins. Le fait de changer de position fréquemment, de faire des exercices pour les jambes et les chevilles et de se déplacer réduit également ce risque.

Le médecin peut aussi vous prescrire un traitement préventif à base de faibles doses d’anticoagulants, qui réduit la probabilité de formation de caillots sanguins chez les personnes à risque. Des bas de contention pourront également vous être prescrits, selon les cas.

Il est important de signaler en urgence à votre médecin la présence d’une rougeur, d’un gonflement, d’une douleur au niveau du mollet ou de la poitrine, ou un essoufflement anormal.

Quelles répercussions sur votre sexualité ?

La libido peut être modifiée pendant le traitement et quelque temps après. Les effets indésirables des médicaments, comme la fatigue physique et psychologique, la modification de l’image de soi, les nausées et les vomissements, peuvent en effet diminuer temporairement le désir ou la capacité physique.

De même, le stress et l’inquiétude entraînent souvent une baisse de désir. Cette diminution de la libido est normale et généralement temporaire.

Les médicaments peuvent par ailleurs générer une sécheresse des muqueuses, dont celle du vagin, pouvant rendre la pénétration sexuelle difficile et douloureuse. Il existe des gels intimes hydratants pour les muqueuses et des lubrifiants efficaces.

Chez les hommes, les effets indésirables des médicaments peuvent se manifester par des dysfonctions érectiles.

En cas de difficultés, n’hésitez pas à en parler avec votre équipe médicale, qui vous orientera vers une solution adaptée à votre situation. Par exemple, un accompagnement psychologique, associant ou non votre partenaire, peut être mis en place pour vous aider. 

Pour en savoir plus, consultez notre dossier sexualité et cancer.

Quelles répercussions sur votre fertilité ?

Il est très important de parler de la fertilité avant de commencer un traitement si vous envisagez d’avoir des enfants.

Certains médicaments de chimiothérapie sont en effet susceptibles de provoquer une baisse de la fertilité, voire une infertilité. Celle-ci n’est pas forcément définitive. Cela dépend notamment de votre âge et du type de traitement employé.

Une consultation au Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS) le plus proche de chez vous peut vous être proposée. Cette structure spécialisée assure le recueil et la conservation des gamètes (spermatozoïdes et ovules) et des tissus germinaux (c’est-à-dire du tissu testiculaire ou ovarien).

Consultez le site internet des CECOS, qui propose une liste de questions fréquentes et une information détaillée et pratique sur la préservation de la fertilité.

En outre, certains traitements provoquent des malformations fœtales. Une grossesse est donc formellement contre-indiquée pendant les traitements.

Une contraception adaptée doit être mise en place pour les couples en âge d’avoir des enfants. Elle doit être poursuivie pendant toute sa durée et jusqu’à plusieurs semaines après la fin du traitement médicamenteux.

Pour en savoir plus, consultez notre page Fertilité et cancer.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/La-chimiotherapie/Les-effets-indesirables

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers du pancréas : le traitement de la douleur

Article

Publié le 28/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Des solutions existent pour traiter la douleur provoquée par un cancer du pancréas. N’hésitez pas à en parler avec votre équipe médicale  : elle dispose de plusieurs possibilités pour agir et calmer la douleur en proposant un traitement adapté à votre situation.

D’où provient la douleur dans le cas d’un cancer du pancréas ?

Le pancréas est situé à proximité d’un réseau de nerfs. Dans l’organisme, chaque organe, chaque muscle, est relié à des nerfs qui permettent d’ordonner des actions à distance, comme une contraction ou un relâchement. Les nerfs transmettent aussi des informations, comme la douleur en cas d’inflammation, de traumatisme ou de tumeur.

Ces nerfs s’organisent en faisceaux et se regroupent à certains endroits du corps pour former des ganglions nerveux. On appelle plexus un rassemblement de plusieurs de ces ganglions.

Près du pancréas, le plexus cœliaque réunit des nerfs provenant de l’ensemble du système digestif. Lorsqu’un cancer se développe sur le pancréas, la tumeur s’étend parfois vers ce réseau de nerfs et provoque alors des douleurs importantes.

Comment soulager la douleur ?

Des médicaments

D’importants progrès médicaux ont été réalisés dans le traitement de la douleur et il existe aujourd’hui de nombreux médicaments permettant de la soulager : paracétamol, anti-inflammatoires, dérivés de la morphine…

Ces médicaments peuvent être administrés par voie orale ou par voie transdermique (patchs appliqués sur la peau et changés régulièrement).

De plus, la chimiothérapie peut avoir un effet antalgique.

L’alcoolisation du plexus cœliaque

Il arrive cependant que ces traitements ne soient pas suffisants pour traiter les douleurs provoquées par un cancer du pancréas. Dans certains cas, elles peuvent alors être soulagées par un traitement local appelé alcoolisation du plexus cœliaque.

L’alcoolisation du plexus cœliaque est un traitement qui consiste à injecter de l’alcool sur les nerfs qui émettent des signaux de douleur. L’alcool détruit les nerfs et bloque ainsi la propagation de la douleur.
Le traitement peut être effectué selon deux techniques différentes :

  • par écho-endoscopie, réalisée par un gastroentérologue ;
  • par injection à travers la peau sous contrôle d’un scanner, réalisée par un radiologue.

Après le traitement, vous pouvez généralement sortir de l’hôpital le jour même. Il peut arriver que la douleur ne disparaisse pas complètement ou réapparaisse après plusieurs semaines. Il se peut que des troubles digestifs (diarrhées) apparaissent à la suite de cette intervention.

Des techniques non médicales

Des techniques non médicales aident également à lutter contre la douleur, comme la kinésithérapie, la relaxation, la sophrologie et l’hypnose.

L’objectif des traitements est de supprimer la douleur ou, à défaut, de l’atténuer pour la rendre supportable au quotidien, afin qu’elle altère le moins possible votre qualité de vie.
Si votre médecin ne parvient pas à vous soulager efficacement, il peut vous orienter vers un spécialiste du traitement de la douleur (algologue) ou un centre de lutte contre la douleur.

Consultez des spécialistes

Il existe des structures spécialisées d’évaluation et de gestion de la douleur. Parlez-en avec votre médecin, qui pourra vous orienter vers une consultation spécialisée dans les traitements de la douleur.

Un annuaire national des structures d’étude et de traitement de la douleur chronique est disponible sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé. Il est accessible depuis notre dossier Douleur.

Les douleurs provoquées par les métastases osseuses

Lorsque le cancer du pancréas se développe, des cellules tumorales peuvent se propager aux os et entraîner des douleurs parfois difficiles à soulager par des médicaments.

Une radiothérapie pour soulager de façon durable

Une radiothérapie ciblée sur ces métastases peut être utilisée pour soulager ces douleurs de façon durable. Une seule séance est souvent suffisante. L’effet antidouleur n’est pas immédiat. Les douleurs s’accentuent parfois dans les jours qui suivent avant de diminuer ; un délai de 4 à 6 semaines peut être nécessaire pour obtenir un effet antidouleur maximal.

Pour en savoir plus sur la radiothérapie, vous pouvez consulter le dossier Radiothérapie.

D’autres traitements par un radiologue interventionnel

Dans certains cas, un traitement réalisé par un radiologue interventionnel peut être proposé. Il consiste à détruire la métastase osseuse en la congelant (cryothérapie) ou en la brûlant. Un ciment adapté au corps humain peut également être utilisé pour consolider l’os fragilisé par la métastase (cimentoplastie).

Pour en savoir plus, consulter notre dossier Douleur.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/Le-traitement-de-la-douleur

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

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Cancers du pancréas : quel suivi après traitement ?

Article

Publié le 28/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Après les traitements initiaux, un suivi régulier est mis en place. L’équipe spécialisée ayant effectué le traitement joue un rôle essentiel dans le suivi, en lien avec votre médecin traitant.

Les objectifs du suivi après traitements

Le suivi a pour objectifs de :

  • détecter de manière précoce tout signe de réapparition éventuelle de cellules cancéreuses, au même endroit ou dans une autre région du corps (récidive, également appelée rechute) ;
  • identifier tout effet indésirable tardif des traitements, notamment insuffisance pancréatique et diabète ;
  • organiser les soins de support nécessaires pour rétablir et/ou préserver au mieux votre qualité de vie.

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale

  • Comment le suivi se déroule-t-il, en pratique ?
  • Quels sont les professionnels chargés de mon suivi ?
  • Quels seront les examens nécessaires ?
  • À quel intervalle les consultations et les examens auront-ils lieu ?
  • Qui contacter en cas d’apparition de symptômes entre deux consultations ?

En quoi consiste votre suivi ?

Le suivi comprend des consultations au cours desquelles votre médecin vous interroge sur d’éventuels symptômes que vous pouvez ressentir, vous examine et vous prescrit certains examens.

Un examen clinique

Pendant les 5 premières années suivant le traitement, le médecin effectuera un examen clinique avec dosage du CA19-9 et de la glycémie à jeun tous les 3 mois pendant 2 ans, puis tous les 6 mois pendant 3 ans. Avec la même périodicité, un scanner du thorax et de la région abdominopelvienne devra être réalisé.

Qu’est-ce que le CA19-9 ?

Certaines tumeurs libèrent dans le sang des substances appelées marqueurs tumoraux. Le principal marqueur tumoral du cancer du pancréas s’appelle l’antigène carbohydrate 19-9 (CA 19-9).

L’augmentation de son taux de concentration dans le sang peut être le signe d’une récidive ou de l’apparition d’un autre cancer.

Attention, il est impossible d’interpréter par vous-même les résultats d’analyse. Une concentration normale de CA 19-9 n’exclut pas un diagnostic de cancer et une concentration anormale peut être provoquée par une autre cause, comme une gêne à l’élimination de la bile, un diabète ou une pancréatite, par exemple.

Après ces 5 premières années de suivi sans récidive ni apparition d’une nouvelle tumeur primitive, la fréquence des examens de suivi est décidée au cas par cas par l’équipe qui vous accompagne.

Des symptômes qui doivent vous conduire à consulter en dehors des rendez-vous

Le médecin vous indique également les symptômes qui doivent vous conduire à consulter en dehors des rendez-vous programmés tels que : jaunisse, prurit (démangeaisons), fièvre, frissons…

Si vous ressentez des symptômes nouveaux ou inexpliqués (fatigue, douleurs, modifications du transit, perte inexpliquée de poids ou d’appétit…), consultez votre médecin traitant qui évaluera la nécessité de vous orienter vers votre équipe hospitalière.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/Le-suivi-apres-traitement

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