Peut-on faire le ramadan avec une MICI ?
Article
Publié le 27/04/2020
Information proposée par Association François Aupetit - Crohn RCH France
De nombreux musulmans pratiquants atteints d’une MICI* (Crohn ou rectocolite hémorragique) s’interrogent sur les conséquences du jeûne sur la maladie.
Les personnes fragiles, âgées, atteintes de certaines pathologies ou encore les femmes enceintes peuvent être dispensées du jeûne. Dans le cas de certaines pathologies, notamment le diabète, le jeûne est possible à condition qu’il soit encadré par un médecin.
Il en est de même pour les MICI : il est nécessaire d’être accompagné par son médecin et un diététicien afin d’adapter et organiser les prises alimentaires nocturnes au transit digestif tout en couvrant au mieux les besoins nutritionnels.
En revanche, si ces apports :
- ne peuvent pas couvrir les besoins nutritionnels (risque d’aggravation de l’état de santé, fatigue supplémentaire, déshydratation,…) ou
- amplifient les symptômes digestifs ou difficultés déjà présentes (repas trop copieux et difficile à digérer, fréquence des selles augmentées, sommeil perturbé, etc.),
La conduite du jeûne pourra être discutée entre le pratiquant et l’équipe soignante.
*MICI : Maladie inflammatoire chronique de l’intestin
Repas et digestion
La faim et le jeûne favorisent des prises alimentaires nocturnes copieuses difficilement digérées par un tube digestif fragilisé par une MICI, même en rémission. De ce fait, en cas de poussée, ce type de prises alimentaires demande encore plus de travail digestif.
En pratique, les plats riches favorisent un nombre de selles élevé car ils augmentent le volume des selles et les contractions des intestins pendant la digestion. Il est important de bien fractionner et favoriser des repas de petit volume (soit 3 ou 4 prises sur la nuit) et de privilégier des aliments très digestes.
En effet, certains aliments ou préparations sont composés d’aliments inadaptés à certains symptômes. C’est le cas des légumes secs qui peuvent déclencher la production de gaz ou de ballonnements, les fruits et légumes crus qui peuvent favoriser des selles plus liquides et plus fréquentes.
En cas de perturbations fortes du transit, symptômes amplifiés ou sommeil trop perturbé, l’état de santé peut être altéré. La conduite du jeûne peut fragiliser, affaiblir, voire entrainer une moins bonne réponse aux traitements.
Pour en savoir plus sur l'adaptation de l'alimentation aux symptômes
Hydratation
En période de rémission, il est indispensable de boire la nuit (pendant ou entre les repas) 1,5 à 2L de liquide et de préférence de l’eau.
En période de poussée, surtout en cas de diarrhées ou de fortes pertes de sang et/ou en cas de fortes chaleurs en journée, il est important d’augmenter les apports hydriques. Pour cela, les eaux minérales, sodas, tisanes, soupes tout au long de la nuit sont de précieux alliés. Ceci n’est pas toujours simple et peut être un véritable frein au jeûne.
La rupture du jeûne se composant de fruits secs (dattes), de boissons puis d’une soupe (chorba ou harira), il est à souligner que les boissons et la soupe participent à la couverture des besoins en eau. Les traditions sont donc adaptées pour répondre à l’épreuve nutritionnelle du jeûne.
Surveiller son poids
C’est un élément de contrôle à surveiller afin de s’ assurer de la stabilité du poids. Une perte de poids pourrait être soit le reflet d’une déshydratation, soit celui d’un amaigrissement lié à des apports alimentaires incorrects ou inadaptés.
Dans tous les cas, avant de commencer ou dans les premiers jours de jeûne il est possible de faire appel à un diététicien pour faire un bilan. Cela permet de s’adapter au mieux pour mener le jeûne dans les meilleures conditions ou l’arrêter d’un commun accord. Cette décision doit avant tout prendre en compte le bien-être physique et l’efficacité du traitement.
À retrouver sur https://www.afa.asso.fr/peut-on-faire-le-ramadan-avec-une-mici/
L’afa est aujourd’hui l’unique organisation française, reconnue d’utilité publique, à se consacrer aux Maladies Inflammatoires Chroniques Intestinales (MICI), maladie de Crohn et rectocolite hémorragique.
L’association s’est donnée plusieurs missions :
- guérir en soutenant des programmes de recherche fondamentale et clinique, en proposant des améliorations dans le parcours de soins et en produisant des connaissances sur nos maladies ou sur le "vivre avec" ;
- informer et soutenir les malades et leurs proches via un réseau de professionnels et de bénévoles formés répartis sur 22 régions et nos outils internet ;
- partager son expérience avec les autres malades et leurs proches sur internet ou lors de rencontres locales ;
- représenter tous les malades ainsi que leurs proches, porter leurs voix auprès des décideurs politiques et de santé ;
- former et informer les professionnels de santé sur le quotidien avec la maladie ;
- communiquer sur nos maladies encore beaucoup trop méconnues et tabous ;
- agir en tant qu'acteur de santé publique dans la démocratie sanitaire.
Association François Aupetit - Crohn RCH France