Prendre soin de soi

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Publié le 30/09/2024

Information proposée par FILSLAN

Prendre soin de soi, c’est prendre soin de l’autre. Mieux vous veillerez sur votre santé, mieux vous pourrez prendre soin de votre proche.

Nombreux sont les aidants négligeant progressivement leur santé. 

Aider une personne dépendante peut représenter un risque important de dégradation de la santé chez l’aidant, dû :

  • à une pression mentale et émotionnelle importante,
  • aux fortes exigences physiques que nécessite l’aide aux soins quotidiens.

Les aidants risquent de négliger progressivement leur santé 

  • Les aidants sont moins enclins à adopter des mesures pour protéger leur santé : 1 aidant sur 3 déclare négliger sa santé ;
  • 62 % des aidants familiaux prennent plus soin de la santé de la personne aidée que de la leur (étude Ifop pour Malakoff Médéric – Mars 2014).

Stress, frustration et dépression

Les aidants souffrent de symptômes importants à prendre en compte rapidement :

  • frustration, épuisement, culpabilité, sentiment de perdre sa propre identité, l’estime de soi...,
  • manifestations dépressives de 40 à 70 % supérieures par rapport à des personnes n’ayant pas de rôle d’aidant.

Il s’ensuit une consommation de psychotropes (somnifères, tranquillisants) beaucoup plus importante : 26 % avouent prendre des médicaments.

La situation d’aidant est à l’origine de risques accrus pour la santé

  • risque de morbidité (maladies) augmenté,
  • risque de mortalité plus important chez les aidants qui s’occupent de leurs conjoints, surtout dans les situations de couples âgés.

Au fil des études et de l’émergence de la population des aidants, la santé des aidants se révèle être un enjeu social et économique majeur.

Quels problèmes de santé pouvez-vous rencontrer ?

Si vous vous investissez physiquement (lever, transferts réguliers, toilette coucher…) :

  • Problèmes de dos ;
  • Sentiment de fatigue physique ;
  • Sentiment d’être devenu l’aide-soignant, l’infirmier ou le kiné, et d’avoir perdu le lien à son proche (le père, la mère, l’époux, l’épouse, la fille, le fils…).

Si vous vous isolez du monde extérieur :

  • Souffrance morale car on a le sentiment d’être réduit à son rôle d’aidant ;
  • Sentiment d’isolement et de solitude face aux difficultés du quotidien ;
  • Troubles du sommeil ;
  • Altération du système immunitaire avec prédisposition aux infections (respiratoires, urinaires…).

Si vous pensez être incompris par votre entourage :

  • Tensions relationnelles avec l’entourage familial, amical ou professionnel ;
  • Sentiment de stress face à tout ce qu’il faut gérer chaque jour ;
  • Surmenage quand la charge ressentie se fait trop lourde.

Si vous n’arrivez plus à gérer vos émotions :

  • Stress ;
  • Dépression ;
  • Hypertension ;
  • Douleur morale ou anxiété liées au sentiment de n’avoir plus de temps à consacrer à soi et/ou aux autres.

Focus sur les troubles du sommeil 

Le sommeil des aidants est parfois mis à rude épreuve ! Se coucher tard et se lever tôt car une attention permanente est portée à son proche, avoir un sommeil agité car la vigilance demeure durant la nuit… sont des éléments qui peuvent impacter le bien-être.

Pour retrouver un sommeil de qualité, diverses solutions existent !

  • En cas de sommeil perturbé de la personne que vous accompagnez, certaines solutions sont envisageables : faire lit ou chambre à part, utiliser un baby phone pour entendre son proche, dormir dans le même lit mais sur deux matelas différents.
  • Il est aussi possible de faire appel à des solutions de répit, tels que demander de l’aide à un proche ou faire appel à des services spécifiques (garde itinérante de nuit, accueil de nuit, répit à domicile…), une ou plusieurs nuits par semaine.
  • Prendre du temps pour soi dans la journée et se détendre avant de se coucher est essentiel pour réduire stress et anxiété.

Continuer à vivre normalement ou presque

Au-delà de la vie d’aidant, il existe celle qu’on appelle la vie « ordinaire ». Les vies familiale, amicale, professionnelle, etc. sont des facteurs essentiels d’équilibre et de bien-être qui contribuent à ne pas se sentir réduit à son rôle d’aidant, à se sentir mieux dans sa peau, ce qui a aussi des effets bénéfiques sur la relation à son proche. Conserver une vie sociale contribue à rester en forme et à atténuer les effets du stress et de la fatigue.

Se réserver du temps à soi

De nombreuses études le soulignent : prendre du temps pour soi, sortir, voir du monde, rencontrer les amis, etc. réduit les risques de dégradation de la santé. Corps et esprit y trouvent leur compte Avoir une vie autre que la vie d’aidant améliore la résilience, c’est-à-dire la capacité de récupérer après des épreuves difficiles.

Comment ?

  • L’accueil de jour ou temporaire peut être une solution car il permet à la fois à l’aidant de prendre du temps pour lui, et à la personne accompagnée de changer son quotidien.
  • Pratiquer une activité sportive, culturelle ou manuelle… : penser aux propositions associatives ou de services à la personne qui peuvent rester présentes auprès de votre proche en votre absence.

Accepter et demander de l'aide

  • Ne négligez pas vos proches et amis ils sont importants pour votre équilibre, même si vous pensez qu’ils ne peuvent pas vous aider au quotidien : vous serez surpris de leurs propositions d’aide parfois.
  • Élargissez votre réseau, des aides occasionnelles peuvent vous être proposées, acceptez-les, continuez à les voir et à vous réunir, il en va de votre équilibre social et psychologique.
  • Sollicitez les aides des associations et des professionnels de santé.

S'organiser autrement

Le temps prend une autre dimension dans la vie de l’aidant : ce sont d’abord quelques heures par semaine puis quelques heures par jour et ensuite le rôle d’aidant sera à assumer 24H/24H.

Très souvent l’aidant aura le sentiment de ne plus avoir de temps pour lui-même et d’être totalement débordé. Il est très difficile lorsque cette situation est en place de faire marche arrière.

Seule l’intervention d’un professionnel admis par le couple aidant/aidé pourra proposer de nouvelles solutions. Si vos possibilités économiques vous le permettent n’hésitez pas, les exonérations fiscales ainsi que les chèques emploi service ont bien simplifié les choses.

Quelques conseils

  • Les soins d’hygiène, les soins techniques ne sont pas de votre ressort mais plutôt du champ d’action des infirmières ou des aides soignantes. Pensez que l’infirmière peut aussi préparer et administrer le traitement de votre proche.
  • Ne soyez pas tributaire du passage aléatoire des prestataires, aménagez les tranches horaires de passage : soyez clair et précis sur la ponctualité, vous aussi, vous avez des obligations extérieures, sinon vous devrez en créer.
  • Pensez aux services à la personne

Participer à des groupes de parole

S’inscrire dans un groupe de parole et de partage d’expériences avec d’autres aidants contribue à prendre du recul, et à mieux se repérer dans son parcours d’aidant. L’ARSLA et ses antennes régionales en proposent de même que les centres SLA.

En savoir plus

Guide des aidants | Portail SLA, PDF

À retrouver sur https://portail-sla.fr/wp-content/uploads/2018/12/Guide-des-aidants-VF.pdf

Filsan est une association de patients qui regroupe les personnes atteintes de sclérose en plaques et leurs proches. Elle a pour mission d'améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de cette maladie en leur apportant un soutien psychologique, social et juridique. Filsan mène également des actions de sensibilisation et de défense des droits des malades.

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