Quelle est la position de la HAS sur la controverse autour du dépistage du cancer du sein ?

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Publié le 09/08/2018

Information proposée par Haute Autorité de Santé - HAS

Une controverse relative à l’intérêt du dépistage du cancer du sein est apparue au début des années 2000 (mais n’avait pas conduit à modifier les recommandations en cours). Cette controverse a de nouveau émergé à partir de 2006 à la faveur de l’actualisation de diverses méta-analyses internationales et est encore en cours.

Les éléments du débat sont les suivants :

  • Il existe un certain nombre de sur-diagnostics et d’effets anxiogènes associés au dépistage, en cas de résultats faussement positifs. Ce phénomène est unanimement reconnu mais est inhérent à toute procédure de dépistage. La procédure de dépistage doit permettre de le limiter et de le contrôler.
  • La décision de dépister ou non est en partie déterminée par l’appréciation au niveau individuel et/ou collectif de la balance bénéfice-risque associée à la procédure. Cette décision a été prise, à l’échelle collective, sur la base de la baisse attendue des taux de mortalité par cancer du sein associée au dépistage par mammographie. Or, l’actualisation des méta-analyses et les données en population ont montré que l’impact des programmes sur la mortalité était plus faible qu’attendu dans plusieurs pays ayant mis en place précocement un programme de dépistage.
  • La balance bénéfice-risque est d’autant plus défavorable que le dépistage concerne des femmes jeunes et/ou sans facteur de risque. Ces résultats ont conduit certains auteurs à recommander une modification des messages adressés aux femmes, mais également des indicateurs de résultats associés au dépistage (avec notamment quantification du phénomène de sur-diagnostic).

Au moment de l’évaluation réalisée par la HAS (2011), les conclusions de la controverse autour de l’intérêt du dépistage du cancer du sein par mammographie n’étaient toujours pas tranchées d’un point de vue scientifique, mais aucun pays n’a remis en cause l’intérêt de la stratégie de dépistage chez les femmes de 50 à 74 ans.

L’existence de cette controverse, largement diffusée dans la presse médicale, a été prise en compte dans l’évaluation et dans les recommandations de la HAS, en particulier parce qu’elle est susceptible d’induire chez les professionnels et/ou chez les femmes une moindre confiance dans le dispositif en place et donc d’avoir un impact sur la participation au dépistage, individuel ou organisé.

Quoiqu’il en soit, l’objectif des recommandations de la HAS n’était pas de prendre position sur la controverse, ni de remettre en cause l’intérêt du dépistage du cancer du sein chez les femmes de 50 à 74 ans, dans la mesure où cette question devrait faire l’objet d’une revue approfondie de la littérature et n’était pas l’objet de la demande initiale. C’est néanmoins un des besoins majeurs et axes de travail complémentaires que la HAS a identifié à l’issue de son évaluation et qui devra être mis en œuvre afin d’améliorer le dépistage du cancer du sein en France.

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À retrouver sur https://www.has-sante.fr/portail/jcms/r_1501534/fr/depistage-du-cancer-du-sein#toc_7

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