Qu'est-ce qu'une radiographie ? L'essentiel sur cet examen
Article
Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
Plus ancienne méthode d'imagerie médicale, la radiographie reste celle qui est la plus familière à chacun d'entre nous. Selon l'organe exploré, des formes particulières de radiographie existent, dont certains font appel à des produits de contraste destinés à affiner le cliché obtenu. Quand le médecin prescrit-il une « radio » ? Comment s'y préparer ? Quels sont ses risques ?
La radiographie, qu'est-ce c'est ?
La radiographie repose sur l’utilisation des rayons X. Ceux-ci ont la propriété de traverser les tissus de manière plus ou moins importante selon leur densité.
En plaçant des récepteurs reliés à un ordinateur derrière la zone à radiographier (autrefois, c’était un film photographique), on obtient une image sur laquelle les organes sont plus ou moins clairs. Un tissu très dense, comme l’os, arrêtera les rayons et apparaîtra en blanc sur le cliché. Un poumon, qui est une cavité remplie d’air, apparaîtra en noir car il aura laissé passer la quasi-intégralité des rayons. Cette image est en deux dimensions et le médecin radiologue doit déduire l’anatomie en 3D à partir de ses connaissances anatomiques et de son expérience.
Quels sont les différents types de radiographie ?
La radiographie est une méthode d’imagerie médicale ancienne. De nombreuses variantes ont été développées pour détecter plus finement une éventuelle anomalie. En particulier, l’usage de la radiographie a grandement bénéficié des produits dits « de contraste ».
Ces liquides, qui peuvent être avalés ou injectés selon le contexte, sont radio-opaques, c’est-à-dire qu’ils bloquent les rayons X. Ainsi, ils sont utilisés pour mieux repérer un organe. Par exemple, avaler un produit de contraste va « dessiner » l’œsophage et l’estomac de manière plus nette (puis il passera dans l’intestin et permettra également de mieux percevoir et analyser ses contours).
Certains produits de contraste sont injectés dans la circulation sanguine pour étudier finement la forme et le tracé des artères (artériographie) ou des veines (phlébographie). Ils peuvent également être injectés dans la vessie, l’utérus, etc. selon le but recherché. Ils sont le plus souvent à base d’iode.
| Nom | Organe exploré | Particularités | Exemples d'indication |
| Angiographie | Vaisseaux sanguins d'une région particulière du corps (par exemple, jambe, cœur, cerveau, rein, poumon, etc.) | Nécessite l'injection intraveineuse d'un produit de contraste à base d'iode | Rétrécissements, recherche d'un caillot, anomalies anatomiques, repérage avant une intervention chirurgicale, etc. |
| Arthrographie | Articulations | Nécessite l'injection d'un produit de contraste à base d'iode dans l'articulation | Anomalies des cartilages articulaires ou des ménisques (genou) |
| Coronarographie | Artères coronaires (du muscle cardiaque) | Nécessite l'injection intraveineuse d'un produit de contraste à base d'iode | Recherche d'un rétrécissement et aide à l'intervention visant à dilater un rétrécissement (angioplastie) |
| Cystographie | Vessie et urètre | Nécessite l'injection d'un produit de contraste à base d'iode dans la vessie (par l'urètre) | Infections urinaires récidivantes, difficultés à uriner, douleur en urinant |
| Hystérosalpingographie | Utérus et trompes utérines | Nécessite l'injection d'un produit de contraste à base d'iode dans l'utérus (par le col) | Stérilité, infections, douleurs abdominales, tumeur, fibrome, saignements génitaux |
| Lavement baryté | Rectum et côlon (gros intestin) | Nécessite un lavement contenant un produit de contraste à base de baryte introduit par l'anus | Douleurs abdominales, sang dans les selles, diarrhées persistantes (mais la coloscopie est plus souvent pratiquée) |
| Mammographie | Sein | Dépistage du cancer du sein | |
| Myélographie | Moelle épinière | Nécessite l'injection d'un produit de contraste à base d'iode dans l'espace entre les vertèbres et la moelle épinière | Douleurs neurologiques (sciatique persistante par exemple), paralysies, hernies discales, hématome |
| Ostéodensitométrie | Os (densité osseuse) | Ostéoporose (dépistage et suivi du traitement) | |
| Sialographie | Glandes salivaires | Nécessite l'injection d'un produit de contraste à base d'iode dans la glande salivaire par le canal qui excrète la salive dans la bouche | Douleurs et gonflement des glandes salivaires |
| Transit œsogastroduodénal | Partie supérieure du tube digestif (œsophage, estomac, duodénum) | Nécessite d'ingérer un produit de contraste à base de baryte | Inflammation des parois, diverticules, rétrécissements, polypes, tumeurs (mais l'endoscopie digestive haute est plus souvent pratiquée) |
| Urographie | Rein et voies urinaires jusqu'à la vessie | Nécessite l'injection intraveineuse d'un produit de contraste à base d'iode | Coliques néphrétiques, infections urinaires à répétition, sang dans les urines |
Quand a-t-on recours à la radiographie ?
La radiographie est employée par les médecins pour le diagnostic de nombreuses situations nécessitant de visualiser un organe interne. Elle est couramment utilisée pour l’étude du squelette et des articulations (pour mettre en évidence une fracture des os ou une lésion des tendons), pour rechercher une maladie des poumons (infection, épanchement), etc. Elle est adaptée à de nombreux organes (voir tableau ci-dessus), notamment grâce à l’usage des produits de contraste qui a considérablement amélioré la finesse des informations fournies.
Depuis l’avènement des scanners et des IRM (et leurs images détaillées en 3D), mais aussi des techniques d’endoscopie (qui permettent une observation directe via des caméras vidéo), elle est parfois remplacée par d’autres examens. Néanmoins, son coût nettement inférieur à celui des techniques plus récentes justifie sa prescription en première intention (avant d’avoir éventuellement recours à un scanner).
De plus, dans l’exploration de certains organes comme, par exemple les os ou les dents, la radiographie est une méthode d’imagerie médicale qui reste tout aussi efficace que les techniques plus récentes.
En pratique, comment se passe une radiographie ?
Quel que soit son type, une radiographie est pratiquée par un médecin radiologue ou un opérateur spécialisé sous le contrôle d’un médecin radiologue.
Dans le cas d’une radiographie simple, sans injection de produit de contraste, il est demandé de se dévêtir (au moins en partie) et d’enlever éventuellement ses bijoux.
Si l’usage d’un produit de contraste est nécessaire, celui est administré avant le cliché (parfois plusieurs heures avant dans le cas du tube digestif). L’injection intraveineuse d’un produit de contraste à base d’iode se fait par un petit cathéter (parfois une perfusion est posée). Cette injection produit une sensation de chaleur dans l’ensemble du corps qui est normale et passagère.
Pour le cliché, le patient est, selon les cas, debout ou allongé et ne doit pas bouger (et il peut être demandé de retenir sa respiration au moment du cliché lors d’une radiographie du thorax). Les examens radiographiques ne nécessitent pas d’anesthésie et ne sont pas douloureux. Ils durent en général moins d’une demi-heure, parfois plus longtemps, par exemple pour la myélographie qui nécessite une injection de type ponction lombaire (avec parfois une anesthésie locale au point d’injection).
Se préparer à une radiographie
La préparation à la radiographie varie selon l’organe exploré. Le plus souvent, il n’y a pas de préparation particulière. Il est possible de boire et de manger normalement. En cas de grossesse, des précautions peuvent être nécessaires. Pensez à prévenir le médecin de votre état.
Des examens radiographiques plus invasifs, comme la myélographie ou l’angiographie, peuvent nécessiter d’être à jeun (ni manger, ni boire, ni fumer quatre heures avant l’examen). Lorsque vous prenez rendez-vous pour un examen radiographique, pensez à demander si une préparation particulière est nécessaire.
Chez les personnes qui présentent un risque d’allergie au produit de contraste, un traitement préventif particulier peut être prescrit, à prendre dès la veille de l’examen. Pensez à signaler allergies et traitements médicamenteux lors de la prise de rendez-vous, ainsi qu’une éventuelle grossesse.
Enfin, n’oubliez pas d’amener avec vous la lettre ou l’ordonnance du médecin qui a demandé l’examen, votre carte Vitale, d’éventuels clichés radiologiques plus anciens et, le cas échéant, le produit de contraste qui vous a été prescrit.
Les risques liés aux examens radiographiques sont principalement de deux types : ceux liés aux rayons X et ceux liés à l'utilisation éventuelle de produits de contraste.
Les risques liés aux rayons X
Les rayons X sont des rayonnements électromagnétiques ionisants. Ils peuvent potentiellement entraîner des lésions des cellules et de l’ADN. Reçus en trop forte dose tout au long de la vie, les rayons X, issus d’une source radioactive, augmentent le risque de cancer.
Pour cette raison, les autorités de santé françaises sont très vigilantes sur la dose totale reçue par un patient au cours de sa vie. Même si on estime que les doses moyennes de rayons X délivrées aux patients ont augmenté de 47 % en 5 ans en raison de l’utilisation croissante de l’imagerie médicale qui les emploie (radiographie et scanner), la dose moyenne reçue par un patient français reste très inférieure à celle reçue par les patients américains, par exemple.
Pour éviter la toxicité à long terme des rayons X, les patients qui doivent effectuer de nombreux d’examens d’imagerie médicale au cours de leur maladie sont plutôt dirigés vers des méthodes qui utilisent des ultrasons (échographie) ou des ondes magnétiques (IRM).
Pour réduire les doses de rayons émises lors des examens, les films radiographiques, autrefois utilisés, sont aujourd’hui remplacés par des détecteurs électroniques qui numérisent directement les images et sont plus sensibles que les films, nécessitant ainsi moins de radiations.
Les risques liés aux produits de contraste
Les produits de contraste qui sont injectés par voie intraveineuse peuvent provoquer des nausées et des vomissements. C’est pour cette raison que leur emploi nécessite d’être à jeun.
De plus, chez certaines personnes, ils sont à l’origine de réactions allergiques parfois sévères. Les patients allergiques à ces produits doivent recevoir un traitement préventif la veille et le jour de l’examen.
Enfin, ces produits peuvent être à l’origine d’interactions médicamenteuses avec d’autres traitements. Penser à signaler les médicaments que vous prenez de manière régulière lorsque vous prenez rendez-vous pour un examen radiologique. Il sera peut-être nécessaire de les arrêter de manière temporaire.
Dans certains cas, par exemple si vous souffrez de problèmes rénaux, votre médecin pourra vous conseiller de boire beaucoup de liquides avant et pendant 48 heures après un examen radiologique avec produit de contraste pour prévenir une aggravation de ces problèmes.
| « Je suis allergique aux produits de la mer. Serais-je allergique aux produits de contraste à base d'iode ? » |
|---|
|
On parle souvent d’allergie à l’iode. Cependant, cette expression regroupe trois types d’allergie différents :
|
Sources
- L'imagerie médicale, Commissariat à l’énergie atomique (CEA), 03/2016
- Imagerie médicale, Inserm, 10/2011
Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.