Rosacee et couperose
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Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
La rosacée (dont l’un des symptômes est également appelé « couperose ») est une maladie inflammatoire chronique des petits vaisseaux sanguins de la peau du visage, assez fréquente, qui touche en particulier les personnes à peau claire. Ses symptômes sont variés. Ses causes sont encore relativement inconnues. Sans gravité, la rosacée est néanmoins une maladie qui peut avoir, du fait de ses conséquences esthétiques, un impact négatif sur la qualité de vie de celles et ceux qui en souffrent.
La rosacée est-elle fréquente ?
On estime que plus d’un million de personnes souffrent d’une forme de rosacée en France, ce qui en fait une maladie fréquente. La rosacée touche plutôt les femmes (deux fois plus souvent que les hommes) avec un pic de fréquence autour de la ménopause, mais il se pourrait que cette fréquence plus élevée reflète le fait que les femmes sont plus enclines à consulter pour ce problème.
Quelles sont les causes de la rosacée ?
Les causes de la rosacée sont mal identifiées. Aujourd’hui, les médecins pensent qu’il s’agit d’une maladie multifactorielle (due à l’association de plusieurs facteurs) qui fait intervenir à la fois des facteurs génétiques et des facteurs liés à l’environnement.
L’hypothèse la plus fréquemment retenue pour expliquer cette maladie inflammatoire chronique des petits vaisseaux sanguins est une stimulation anormale du système immunitaire de la peau (peut-être sous l’action de micro-organismes). Cette stimulation entraîne un dérèglement des mécanismes de contrôle du diamètre de ces petits vaisseaux, entraînant leur dilatation temporaire ou permanente, ce qui les rend visibles (veinules).
Quels sont les symptômes de la rosacée ?
On distingue 4 formes de rosacée qui peuvent être associées ou se succéder dans le temps.
La forme érythémato-télangiectasique (sous-type 1)
Cette forme de rosacée, la plus fréquente, se caractérise par des rougeurs (« érythème ») situées essentiellement sur la partie centrale du visage (joues, nez, sans toucher les zones autour de la bouche et des yeux). C’est la couperose.
La forme papulo-pustuleuse (sous-type 2)
Dans cette forme de rosacée, on note la présence de papules ou de pustules (des « boutons »), de nouveau sur la partie centrale du visage. Cette forme s’accompagne souvent de sensations de picotements ou de brûlures au niveau de la peau du visage.
La forme hypertrophique (sous-type 3)
Cette forme de rosacée se caractérise par un épaississement de la peau des zones touchées avec rougeur permanente : nez, joues, sourcils, menton et oreilles. Les glandes sébacées se multiplient, leur taille augmente et leur orifice devient visible. Cette forme est plus rare.
La forme oculaire (sous-type 4)
Dans 30 à 50 % des cas, il existe une forme de rosacée qui touche les deux yeux. La personne se plaint de picotements, de sécheresse et de démangeaisons des yeux, de larmoiement voire d’hypersensibilité à la lumière.
Comment évolue la rosacée ?
L’évolution de la rosacée au cours des années est assez imprévisible. En général, elle tend à s’atténuer avec l’âge.
Quels sont les traitements de la rosacée ?
Les traitements de la rosacée sont des traitements dits « symptomatiques », c’est-à-dire qu’ils visent à soulager les symptômes sans s’attaquer aux causes de cette maladie.
Les traitements de la rosacée érythémato-télangiectasique (sous-type 1)
Le médecin peut prescrire un gel destiné à réduire le diamètre des petits vaisseaux sanguins de la peau du visage (brimonidine, MIRVASO, sur ordonnance mais non remboursé). Ce gel, qui agit pendant 9 à 12 heures, doit être appliqué le matin.
Lorsque des veinules sont apparentes de manière permanente, celles-ci peuvent être supprimées en utilisant des lasers : laser KTP (photocoagulation), laser à colorant pulsé (thermocoagulation ou photothermolyse), laser Nd:Yag (thermocoagulation).
Chez les personnes qui souffrent de rougeurs déclenchées par les émotions, le médecin peut prescrire un bêtabloquant à prendre avant les situations « à risque » (propranolol).
Les traitements de la rosacée papulo-pustuleuse (sous-type 2)
Lors de forme papulo-pustuleuse de la rosacée, le médecin peut prescrire des traitements locaux : métronidazole (ROZACREME, ROZAGEL, ROSEX) ou ivermectine (SOOLANTRA), acide azélaïque (FINACEA), voire dans certains cas, trétinoïne, adapalène ou peroxyde de benzoyle.
Un traitement par antibiotique de la famille des cyclines (doxycycline) peut également être prescrit (par voie orale, pendant 1 à 3 mois, parfois plus longtemps) pour son action anti-inflammatoire au niveau de la peau et, possiblement, son action contre des micro-organismes.
Les traitements de la rosacée hypertrophique (sous-type 3)
En cas de rosacée hypertrophique, outre les traitements précédemment cités, il est possible de réduire le nombre et la taille des glandes sébacées à l’aide d’un laser à CO2 ou par une intervention chirurgicale, sous anesthésie locale ou générale.
Les traitements de la rosacée oculaire (sous-type 4)
La forme oculaire de la rosacée est traitée par la prescription d’antibiotiques de la famille des cyclines par voie orale ou sous forme de collyre, de larmes artificielles ou l’application régulière de compresses imbibées de sérum physiologique sur les yeux.
Quelles précautions prendre en cas de rosacée ?
Certaines mesures simples peuvent contribuer à réduire les symptômes de la rosacée, ainsi que la fréquence et l’intensité des poussées.
- Si vous vous exposez au soleil, appliquez sur votre visage une lotion protectrice avec un FPS d’au moins 30.
- N’utilisez pas de traitements locaux à base de corticoïdes de manière prolongée ou sans contrôle médical.
- Évitez les gommages et peelings du visage, pratiquez un nettoyage doux et hydratez la peau du visage régulièrement avec une lotion légère.
- Évitez les fonds de teint gras.
- Protégez votre visage du froid.
- Évitez les séances de sport intenses.
- Évitez de consommer des boissons alcoolisées.
- Certains aliments semblent favoriser les poussées de rosacée. Surveillez votre alimentation pour identifier ceux auxquels vous êtes sensible. Parmi ces aliments, on peut citer : le chocolat, la vanille, les laitages, les fromages, le foie, le vinaigre, la sauce soja, les tomates, les aubergines, les épinards, les petits pois, fèves et haricots, l’avocat, la banane, les agrumes, le raisin, les prunes, les figues, les épices, etc.
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