Syndrome des jambes sans repos (impatiences)

Article

Publié le 05/05/2025

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Qu'appelle-t-on syndrome des jambes sans repos ?

Le syndrome des jambes sans repos, également appelé impatiences ou impatiences nocturnes, est une des causes de troubles du sommeil. Il provoque également des troubles de la mémoire et de la concentration.

Les impatiences tendent à devenir plus fréquentes avec l’âge. Au-delà de 50 ans, on estime que 5 à 10 % des personnes en souffrent occasionnellement. Les personnes atteintes de maladies chroniques (diabète, polyarthrite rhumatoïde, insuffisance rénale, etc.) sont plus exposées aux impatiences.

Quels sont les symptômes des jambes sans repos ?

Les personnes qui souffrent d’impatiences se plaignent d’un besoin impérieux de bouger les jambes, voire de fourmillements, de picotements ou de sensations de courant électrique. Ces impatiences se produisent essentiellement au repos : au lit, dans un fauteuil, au spectacle, etc. Pendant le sommeil, leurs jambes font des mouvements incontrôlés : le pied se redresse, la jambe se plie brutalement. Ces soubresauts sont très gênants pour le conjoint.

Le phénomène se reproduit par épisodes qui durent de cinq à vingt minutes, avec des mouvements toutes les trente secondes environ. Les symptômes des impatiences nocturnes sont différents de ceux observés lors de crampes nocturnes, souvent plus douloureuses.

Même si la personne qui en souffre n’a pas conscience de se réveiller, le syndrome des jambes sans repos entraîne souvent des micro-réveils de quelques secondes. Le matin, le dormeur se sent donc fatigué et a l’impression que son sommeil n’était pas réparateur. Parfois, il ressent même des courbatures dans les jambes comme s’il avait marché toute la nuit.

Quelles sont les complications du syndrome des jambes sans repos ?

Les formes très graves de syndrome des jambes sans repos, qui représentent 4 % de l’ensemble des cas, peuvent entraîner des perturbations importantes du sommeil et avoir un retentissement sur la vie quotidienne familiale, sociale ou professionnelle.

Quelles sont les causes des jambes sans repos ?

La cause de ce syndrome reste inconnue. On soupçonne une origine génétique, car il existe des familles qui sont plus affectées. Chez les personnes atteintes par le syndrome des jambes sans repos, il existerait un déséquilibre dans la production de dopamine, une substance utilisée par les cellules nerveuses pour communiquer entre elles (un neurotransmetteur). Les impatiences sont plus fréquentes chez les personnes qui souffrent d’une carence en fer. En effet, il semble que celle-ci diminue la production de dopamine par le cerveau et la moelle épinière.

Les impatiences sont assez fréquentes chez les femmes enceintes lors du dernier trimestre de la grossesse, mais il n’est pas prouvé qu’elles soient de même origine que celles observées hors de la grossesse. En effet, elles tendent à disparaître dans les semaines qui suivent l’accouchement.

Il semble que le stress, l’anxiété, la fatigue, le tabagisme ainsi que l’abus d’alcool ou de caféine augmentent à la fois le risque de souffrir de syndrome des jambes sans repos et la fréquence des crises.

Que faire en cas de jambes sans repos ?

Pendant la crise, certains gestes permettent un soulagement immédiat mais de courte durée :

  • bouger les jambes, se déplacer, s’étirer, plier les genoux, faire de petits mouvements de piétinement (lorsqu’on est assis) ;
  • se masser les jambes ;
  • appliquer de la chaleur (douche chaude des jambes, massage énergique) en alternant éventuellement avec du froid (douche froide, poche de glace) ;
  • essayer d’occuper son esprit à d’autres activités.

Éventuellement, il est possible de prendre un médicament sans ordonnance contre la douleur : paracétamol, ibuprofène, aspirine, par exemple.

Que fait le médecin en cas de jambes sans repos ?

Pour poser un diagnostic de jambes sans repos, il est nécessaire que quatre symptômes soient simultanément présents :

  • la nécessité impérieuse de bouger les jambes, avec des sensations désagréables (picotements, démangeaisons, fourmillements, etc.) ;
  • une aggravation de ce besoin lors de repos ou d’inactivité, en particulier lorsque le patient est assis ou couché ;
  • une aggravation des symptômes le soir et la nuit ;
  • un soulagement systématique lorsque la personne se déplace ou bouge ses jambes (ou lorsqu’elle les masse).

Parfois, le diagnostic impose de passer une nuit dans un centre d’étude du sommeil où l’activité des muscles des jambes est enregistrée tout au long de la nuit (hypnogramme).

Les mesures non médicamenteuses pour soulager les jambes sans repos

  • Une approche non médicamenteuse (mesures hygiéno-diététiques) peut être bénéfique et suffisante pour soulager les personnes souffrant d’un syndrome des jambes sans repos :
  • limitation des excitants (café, thé, vin, etc.),
  • activité physique régulière mais modérée,
  • amélioration de l'hygiène du sommeil (coucher et lever à heures fixes, éviter les activités excitantes, type jeux vidéo, en fin de journée, etc.),
  • modification, quand cela est possible, des traitements qui accentuent le syndrome (antidépresseurs, neuroleptiques par exemple),
  • prescription de suppléments en fer, seulement si une carence de fer a été diagnostiquée.

Le traitement médicamenteux des jambes sans repos

Il n’existe pas de médicament permettant de guérir du syndrome des jambes sans repos. Lorsque les troubles sont gênants (insomnie, retentissement sur la vie quotidienne), un traitement médicamenteux peut être prescrit par le médecin. Les médicaments les plus souvent proposés sont :

  • Des benzodiazépines pour lutter contre les troubles du sommeil.
  • Des médicaments antalgiques en cas de douleurs.
  • Un médicament associant oxycodone et naloxone (OXSYNIA) est spécifiquement indiqué dans le traitement symptomatique du syndrome des jambes sans repos grave, après échec d'un traitement dopaminergique. L’ajout de la naloxone a pour objectif de limiter la constipation induite par l’oxycodone.
  • Des agonistes dopaminergiques : pramipexole, rotigotine, ropinirole. Ces médicaments, également utilisés dans la maladie de Parkinson à plus fortes doses, permettent de diminuer les mouvements des jambes pendant la nuit chez les personnes atteintes de ce syndrome. Leur efficacité reste modeste et leur utilisation est habituellement réservée aux formes sévères de jambes sans repos, car ils exposent à des effets indésirables graves : troubles compulsifs du comportement (achats compulsifs, dépendance aux jeux, boulimie, augmentation importante de la libido), aggravation paradoxale du syndrome (survenue des symptômes plus tôt dans la journée, atteinte d’autres parties du corps par exemple). Un suivi régulier par le médecin prescripteur est recommandé pour évaluer la réponse au médicament et son intérêt. Ces médicaments ne sont pas pris en charge par l’Assurance maladie dans le syndrome des jambes sans repos.

Sources

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

Service Public d’Information en Santé