Troubles du sommeil chez l’enfant
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Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
Les signes des troubles du sommeil chez les enfants
Source de l'image : Freepik - @pikisuperstar
Chez les enfants, les troubles du sommeil s’expriment essentiellement par des difficultés à s’endormir, des réveils nocturnes ou un réveil matinal précoce.
L'insomnie peut entraîner une diminution chronique du temps de sommeil et retentir sur le comportement de l’enfant dans la journée : fatigue, manque d'énergie, difficulté de concentration, irritabilité. Ces troubles nuisent parfois au développement de l’enfant.
Quelles sont les causes des troubles du sommeil chez l'enfant ?
Les troubles du sommeil sont assez fréquents chez l'enfant : ils concernent 20 à 30 % des enfants de moins de 6 ans, 10 % des 6 à 12 ans, et 15 à 20 % des adolescents. Ils sont le plus souvent dus à des changements dans l’environnement de l’enfant. Les autres causes d'insomnie sont les maladies (reflux gastro-œsophagien, asthme, infections ORL, etc.), ainsi que des causes psychologiques (anxiété) ou liées à une pathologie du développement (autisme, etc.). Les insomnies idiopathiques (insomnies de cause inconnue), rares, débutent dans l'enfance et persistent tout au long de la vie.
Que faire en cas de troubles du sommeil chez un nourrisson ?
Pour prévenir les troubles de l’endormissement chez un nourrisson, il est nécessaire de comprendre que les pleurs au coucher ne sont pas nécessairement la traduction d'un inconfort et qu'il convient de ne pas habituer l'enfant à réagir à ses pleurs par une intervention ou une présence parentale prolongée. En particulier, mieux vaut éviter de coucher et d'endormir l'enfant dans le lit parental. Mieux vaut lui montrer que le sommeil doit avoir lieu dans son lit, éventuellement avec un objet transitionnel (doudou, veilleuse, etc.) mais sans présence prolongée de l'adulte.
Lors d’éveils nocturnes brefs (habituels dans le cycle de sommeil des nourrissons), il est recommandé de ne pas intervenir, afin de ne pas conditionner l'enfant à la présence de l’adulte et d'éviter de lui redonner sa tétine. S’il ne faut pas hésiter à venir auprès de l'enfant lors des manifestations nocturnes, il est préférable de lui laisser retrouver le sommeil par lui-même pour augmenter son autonomie.
Que faire en cas de cauchemar ?
Les rêves et les cauchemars surviennent plutôt dans la deuxième partie de la nuit, pendant les phases de sommeil paradoxal qui jouent un rôle important dans la mémorisation des connaissances. Les rêves de votre enfant sont le plus souvent liés aux événements survenus au cours de sa journée. Au fur et à mesure qu’il grandit et qu’il se développe intellectuellement, votre enfant fera des rêves de plus en plus élaborés qui lui permettront de régler de manière symbolique ses angoisses et ses peurs.
À l’inverse des terreurs nocturnes (voir ci-dessous), un enfant qui fait un cauchemar se réveille, reconnaît ses parents et, le lendemain, se souvient de l’avoir fait et peut parfois le décrire. Des cauchemars occasionnels permettent à l’enfant d’évacuer les tensions de la journée, il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter.
S’il ne se rendort pas et qu’il se met à pleurer, allez le voir, calmez-le avec un câlin, il a besoin de sentir que vous êtes là pour se rendormir paisiblement. Le lendemain, parlez-en avec lui, avec des mots simples. Essayez de le rassurer, par exemple en lui racontant un de vos cauchemars, pour qu’il n’ait pas peur d’aller se coucher le soir suivant.
Des cauchemars intenses et répétés peuvent être le signe d’une anxiété plus profonde (par exemple la peur d’aller à l’école). Dans ce cas, n’hésitez pas à en parler à votre pédiatre.
Que faire en cas de terreurs nocturnes ?
Les terreurs nocturnes ne sont pas des cauchemars. Elles sont fréquentes chez les enfants et surviennent plutôt en début de nuit (moins de trois heures après l’endormissement) pendant le sommeil profond. L’enfant semble réveillé, il s’agite, il crie, il est en sueur, mais en réalité il dort. Cet état n’est que passager, l’enfant se calme rapidement et continue sa nuit sans se réveiller. Il ne se souviendra pas de cet événement. Ne le réveillez pas au risque de le perturber, et ne lui en parlez pas le lendemain. Ces terreurs nocturnes n’expriment aucune angoisse.
Le traitement des troubles du sommeil de l'enfant
Veillez à respecter les règles de base qui favorisent le sommeil, même en cas de changement d’habitudes. Un rythme régulier, de jour comme de nuit, est particulièrement important dans la prise en charge des troubles du sommeil chez le nourrisson comme chez l’enfant. Un endroit confortable, des objets familiers et votre présence rassurante l’aideront à dormir paisiblement.
Si le problème persiste plus d’une semaine, n’attendez pas d’être, vous et votre enfant, épuisés et à bout de force pour consulter votre pédiatre. Chez l’enfant, les troubles du sommeil peuvent être un signe d'anxiété et doivent toujours faire l’objet d’une consultation médicale. Parfois, le simple fait d’évoquer les causes possibles de ces insomnies peut débloquer la situation : l’enfant se sent pris en compte et les parents peuvent éclaircir la situation pour agir en conséquence. Si le problème est trop complexe, un pédopsychologue pourra vous aider.
Le traitement comportemental des insomnies de l'enfant
Dans de nombreux cas, une prise en charge comportementale suffit à résoudre les troubles du sommeil chez l'enfant
Chez le nourrisson
Ne pas intervenir systématiquement lors des éveils nocturnes.
Ne pas rendre systématique la tétée de milieu de nuit.
Mettre en place des marqueurs « donneurs de temps » : horaires de lever réguliers, repas et siestes à heures fixes, horaires de jeux réguliers.
Chez le jeune enfant
Mettre en place un rituel du coucher préparant à la séparation : l'enfant doit être encouragé à s'endormir sans la présence de l'adulte et sans prise alimentaire (biberon).
Habituer l'enfant à s'endormir dans son lit. Les pratiques de lit partagé ou co-sleeping (parents et enfants dormant dans le même lit), répandues dans certaines cultures, sont à éviter afin de favoriser l'autonomie du coucher.
Si l'opposition au coucher est trop forte, repérer l'heure habituelle d'endormissement et faire coïncider l'heure du coucher avec celle-ci. Redonner confiance à l'enfant dans sa capacité à s'endormir rapidement et sans efforts.
Limiter le temps passé devant un écran (télévision, ordinateur, jeux vidéo trop tardifs, etc.).
En cas de réveils nocturnes, encourager l'enfant à se rendormir sans intervention et à gérer lui-même ses éveils.
Si l'enfant quitte systématiquement son lit ou sa chambre, il convient de repréciser les limites, tout en suscitant une association positive entre la chambre, le lit et le sommeil (rituels du coucher).
Chez l’adolescent
Se coucher quand le besoin de sommeil se fait sentir.
En cas d'éveil, se lever et pratiquer une activité calme, se recoucher après quelques minutes.
Si besoin, privilégier les siestes de courtes durées (moins de 20 minutes).
Éviter les activités trop intenses avant le coucher.
Éviter les excitants (boissons énergisantes, café, thé, tabac).
Peut-on utiliser des médicaments contre les troubles du sommeil chez l'enfant ?
En règle générale, l’usage de médicaments destinés à favoriser le sommeil est formellement déconseillé chez les enfants et les bébés, y compris ceux à base de plantes.
Deux antihistaminiques (alimémazine et hydroxyzine), qui ont des effets sédatifs, sont indiqués chez l’enfant dans le traitement de courte durée des insomnies d'endormissement (vigil
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