Un médecin près de chez vous : FAQ

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Publié le 19/09/2025

Le dispositif « Un médecin près de chez vous » vise à renforcer l’accès aux soins dans 151 territoires fragiles en mobilisant des praticiens volontaires. Ce guide présente ses principes, ses objectifs et les modalités pratiques pour les patients comme pour les médecins.

I. Principe du dispositif

1. En quoi consiste le dispositif “Un médecin près de chez vous” ?

Le dispositif “Un médecin près de chez vous” déploie une offre de soins renforcée dans 151 intercommunalités, classées en « zones rouges », où l’accès aux soins est aujourd’hui le plus fragile.

Dans ces territoires, une présence médicale supplémentaire sera assurée grâce à des lieux de consultation solidaires – centres et maisons de santé, cabinets médicaux ou encore hôpitaux – animés par des médecins volontaires. Ces praticiens, dont l’activité principale est exercée ailleurs, viendront en rotation, un ou plusieurs jours par mois. Ce principe d’organisation garantit une présence médicale continue au bénéfice des habitants.

Ainsi, par leur mobilisation collective, les médecins contribuent directement au renforcement durable de l’offre de soins dans les territoires qui en ont le plus besoin.

2. Quels sont ses objectifs ?

“Un médecin près de chez vous” est un dispositif concret et innovant pour garantir à chaque citoyen un accès équitable aux soins. Son objectif est clair : renforcer la présence médicale dans les territoires les plus vulnérables et réduire la fracture territoriale en santé. Il s’appuie sur l’engagement de médecins volontaires qui disposent d’une solution simple et opérationnelle pour intervenir là où les besoins sont les plus urgents.

Ce dispositif incarne les valeurs essentielles qui sont au cœur de l’exercice médical : solidarité, humanisme et engagement envers les patients.

3. Comment et par qui a-t-il été élaboré ?

La cartographie des 151 « zones rouges », identifiées comme prioritaires pour l’accès aux soins, a été élaborée par le ministère de la Santé et de l’Accès aux soins (sur la base de données objectives de la DREES), les agences régionales de santé (ARS), les préfets et en concertation avec les élus locaux.

La mise en œuvre du dispositif repose sur une mobilisation sans précédent : ministère, agences régionales de santé, Assurance Maladie, Ordre des médecins, unions régionales de professionnels de santé et praticiens volontaires unissent leurs forces pour apporter des solutions concrètes aux territoires les plus fragiles.

4. Dans quelles villes le dispositif est-il disponible ?

Le dispositif "Un médecin près de chez vous" est déployé dans 151 intercommunalités identifiées comme des « zones rouges », c’est-à-dire des territoires particulièrement fragiles en termes d’accès aux soins. Ces zones prioritaires sont réparties sur tout le territoire français.

Pour connaître précisément si une ville ou commune fait partie de ces zones rouges, vous pouvez consulter la carte officielle disponible sur le site du ministère de la Santé.

Les premières consultations débuteront à la fin du mois de septembre et de plus en plus de lieux de consultations seront opérationnels.

5. Qui gère le dispositif ?

Le dispositif est porté par une mobilisation collective et coordonnée : le ministère de la Santé et de l’Accès aux soins, les agences régionales de santé, les conseils départementaux de l’Ordre des médecins, la caisse nationale d’assurance maladie et son réseau ainsi que les professionnels de santé exerçant dans les lieux de consultation solidaires. Cette synergie unique assure une organisation fluide, un accompagnement opérationnel et un soutien concret aux médecins volontaires engagés dans ces territoires prioritaires.

6. Quel est le calendrier de déploiement ?

Une première phase pilote du dispositif a été lancée dès le 1er septembre 2025 avec une ouverture progressive des cabinets solidaires. Selon la disponibilité des médecins volontaires et la logistique locale, les lieux solidaires des 151 zones rouges commenceront à proposer des consultations en rotation. Cette phase pilote sera évaluée pour ajuster le dispositif et envisager son extension à d’autres territoires afin d’assurer un accès aux soins renforcé.

II. En pratique pour les patients

1. Quelles sont les étapes pour prendre un rendez-vous ?

La prise de rendez-vous se fait simplement via le site officiel dédié très prochainement disponible.

Les lieux proposant des créneaux de consultation solidaire affichent un lien vers un site de prise de rendez-vous en ligne. Choisissez le lieu de consultation solidaire qui vous convient, accédez au planning en ligne, sélectionnez un créneau disponible et validez votre inscription en quelques clics. Vous recevrez immédiatement un courriel de confirmation pour sécuriser votre rendez-vous.

Vous pouvez modifier ou annuler vos rendez-vous sur le site de prise de rendez-vous.

A noter : lors de la phase pilote, les lieux de consultation ouvriront progressivement des créneaux de réservation à la faveur de leur montée en charge.

2. Puis-je choisir le médecin que je vais consulter ?

Les médecins intervenants dans le dispositif assurent des missions temporaires. Il n’est donc pas possible de choisir le praticien lors de la consultation mais chaque patient a la garantie d’être reçu sur le créneau réservé.

De plus, le suivi médical est assuré de manière continue grâce à la transmission et la mise à jour du dossier médical entre tous les médecins présents dans le lieu de consultation. Cela garantit une prise en charge cohérente et une continuité des soins pour chaque patient, quel que soit le médecin consulté.

3. Comment régler ma consultation ?

Je peux régler ma consultation en espèces, par chèque et, si le cabinet est équipé pour cela, en carte bancaire. Vous pourrez être remboursé en envoyant votre feuille de soin à votre caisse primaire d’assurance maladie.

Dans un second temps, le tiers payant pourra également être possible en fonction de l’équipement du lieu d’accueil.

4. Quel est le tarif d’une consultation ?

Le tarif de la consultation de médecine générale de référence est de 30€. Les consultations se font à tarif opposable (secteur 1), sans dépassements d’honoraires possible.

5. Comment mon dossier va-t-il être suivi entre les différents médecins ?

Après chaque consultation, les médecins alimentent votre dossier médical partagé (DSMP) dans « Mon espace santé », qui est votre carnet de santé numérique sécurisé. Ce dossier garantit une prise en charge cohérente, puisque les médecins du lieu de consultation peuvent y accéder, ajouter des informations et partager votre historique médical.

III. En pratique pour les médecins

1. Quels médecins peuvent participer ?

Même si durant la phase pilote du dispositif ce sont essentiellement les médecins généralistes qui sont concernés, d’autres médecins spécialistes peuvent aussi se proposer pour des consultations solidaires.

Tout médecin peut ainsi participer quel que soit leur statut d’exercice :

  • Médecins libéraux
  • Salariés d’une structure de soins
  • Retraités
  • Remplaçants

2. Puis-je participer si j’exerce déjà dans un désert médical (ZIP) ?

Le dispositif "Un médecin près de chez vous" est destiné à renforcer l’offre médicale dans les territoires très sous-dotés. Il vise à mobiliser les praticiens venant des zones qui ne sont pas considérées comme des déserts médicaux, et non ceux qui exercent déjà en zone d’intervention prioritaire.

Toutefois, un médecin n’exerçant habituellement qu’à temps partiel en ZIP pourrait tout à fait venir en renfort dans les « zones rouges ».

3. Quelles sont les différentes démarches préalables à effectuer avant de m’inscrire ?

Pour les médecins libéraux : Si vous êtes déjà affilié pour votre activité libérale, aucune démarche supplémentaire n’est nécessaire. Il vous suffit d’ajouter les lieux d’exercice des cabinets solidaires à votre assurance responsabilité civile professionnelle (RCP).

Pour les médecins retraités : Le système fonctionnera pour les retraités en cumul emploi-retraite comme pour les médecins installés non retraités.

  1. Vous êtes retraité en cumul emploi-retraite au titre d’une activité libérale : les solutions déployées pour les médecins libéraux de plein exercice s’appliquent (vous êtes déjà affiliés pour votre activité libérale et vous avez déjà une assurance responsabilité civile professionnelle (RCP), vous devrez toutefois y ajouter les lieux d’exercice solidaires).
  2. Vous êtes retraité ayant cessé toute activité mais souhaitez reprendre votre activité dans le cadre de la mission de solidarité territoriale : il faut créer une activité auprès de votre conseil de l’Ordre. Cette déclaration se fait lors de votre inscription au dispositif. Vous pouvez vous affilier au régime simplifié des professions médicales (RSPM) si votre activité génère des revenus inférieurs à 19 000€ annuels. Vous devrez également reprendre une assurance RCP.

Pour les médecins remplaçants : Les médecins remplaçants peuvent participer à la mission de solidarité territoriale. Pour cela il convient d’être affilié aux régimes sociaux et de disposer d’une assurance RCP.

Pour les médecins salariés : Vous participez à cette mission en dehors de votre contrat de travail : si vous avez déjà une activité libérale par ailleurs, il n’y a pas de spécificité à gérer. Si vous n’en avez pas, lors de votre inscription au dispositif, procédez aux démarches d’affiliation (RSPM) et d’assurance (RCP).

4. Quelles sont les étapes pour m'inscrire ?

La phase d’inscription concerne tous les médecins, quel que soit leur statut ou leur mode d’exercice actuel.

  • Je vais sur la cartographie en ligne sur Santé.fr pour repérer les lieux solidaires où je souhaite intervenir : Un médecin près de chez vous : engagez-vous pour l'accès aux soins ! | Santé.fr
  • Je me porte volontaire via la plateforme « Démarches simplifiées » : https://www.demarches-simplifiees.fr/commencer/inscription-pro-medecin-pres-de-chez-vous
    • Je saisis mes informations personnelles : nom/prénom, coordonnées (numéro de téléphone/mail), n° RPPS, mon Conseil Départemental de l’Ordre des Médecin (CDOM d’inscription).
    • Je choisis un lieu d’accueil pour réaliser ma mission solidaire.
    • J'indique mes disponibilités. Je peux indiquer plusieurs disponibilités si je souhaite réaliser plusieurs missions sur le même lieu.
    • Si je veux faire plusieurs missions sur différents lieux, je dois commencer une nouvelle démarche d’inscription pour le nouveau lieu.
    • Ma première inscription lance la démarche de création de l’activité “Mission solidaire” auprès de mon CDOM d'inscription (ou celui de mon lieu de résidence). Le CDOM du lieu de solidarité, ainsi que ma CPAM de rattachement (ou celle de mon lieu de résidence) sont notifiés de ma demande. Je serai contacté par la CPAM si besoin pour transmettre des informations supplémentaires (notamment mon RIB).
    • Cette procédure déclenche la création d’un numéro d’assurance maladie spécifique à la mission de solidarité territoriale qui vous permettra de facturer vos consultations, et d’une nouvelle carte CPS incluant la nouvelle activité de solidarité territoriale. Cette nouvelle carte CPS vous sera transmise par voie postale environ 3 semaines après votre inscription. Cette nouvelle carte reprendra les informations liées à votre activité principale et vous permettra de réaliser de nouvelles missions solidaires à tout moment. Elle remplacera votre carte actuelle.

Note : Si vous êtes médecin libéral conventionné, dans l’attente de la réception de cette nouvelle carte CPS, vous pouvez utiliser vos propres feuilles de soins et formulaires papiers ou votre propre équipement (incluant un logiciel de facturation SESAM-Vitale) avec votre carte CPS actuelle (il faudra toutefois prévenir votre caisse de rattachement ainsi que votre CDOM en amont de ces consultations).

  • Je me connecte à l’agenda « RDV Service Public » si besoin pour gérer/modifier mes créneaux
    • Au moment de votre inscription sur la plateforme démarche simplifiée, un agenda en ligne est créé par défaut. Le temps de consultation est défini par défaut à 30 minutes et une pause d’1h30 est prévue dans la journée.
    • Le lien vers cet agenda est communiqué au lieu d’accueil. Le lien est également diffusé pour permettre la prise de rendez-vous.
    • Vous pouvez avoir accès à cet agenda pour consulter vos rendez-vous prévus et apporter d’éventuelles modifications à votre organisation (modifier la durée des consultations...)

5. Comment modifier/annuler ma participation ? 

Cette modification peut se faire en ligne directement via l’outil “Démarches simplifiées”. 

6. Comment se faire remplacer lorsque l’on est déjà médecin en exercice ? 

Dans le cadre des consultations solidaires, vous pouvez vous faire remplacer dans votre cabinet principal. Le remplaçant prendra alors le relai avec votre patientèle durant vos journées de solidarité, sous réserve d’avoir établi un contrat de remplacement et d’avoir réalisé toutes les démarches auprès du conseil de l’Ordre.

Note : Dans l’attente de la réception de cette nouvelle carte CPS, si vous participez à des consultations solidaires avec votre propre équipement et logiciel de facturation SESAM-Vitale et avec votre carte CPS actuelle, alors votre remplaçant devra recourir à des feuilles de soins “papier”.

Le dispositif ne prévoit pas de mise en relation avec un remplaçant pour le cabinet principal.

7. Quels sont les équipements disponibles dans les cabinets ?

Vous aurez accès pour la période sur laquelle vous vous êtes inscrit à un lieu fermé dédié à vos consultations, disposant de l’équipement médical nécessaire. Certains lieux disposeront en outre d’équipement informatique et de facturation. Dans d’autres cas, vous devrez vous munir de votre propre matériel informatique ou solution de mobilité si vous en disposez. 

8. Quelle est la différence entre les consultations “Un médecin près de chez vous” et les consultations avancées prévues par la convention médicale 2024 ?  

“Un médecin près de chez vous” est une initiative du gouvernement, contrairement aux consultations avancées qui ont été introduites par les partenaires conventionnels (Assurance maladie et représentants syndicaux des médecins libéraux) dans le champ de la nouvelle convention médicale de 2024. 

La participation à la mission de solidarité territoriale est possible dès maintenant : chaque médecin souhaitant se porter volontaire pour intervenir dans des zones déficitaires en offre de soins pourra se rendre dans les “zones rouges” pré-identifiées.

Le dispositif des consultations avancées entrera en vigueur au 1er janvier 2026 et permettra à des médecins, non installés en zone d’intervention prioritaires, d'apporter une aide de façon régulière dans ces zones en contrepartie d’une indemnité. Aussi, tous les médecins, généralistes et spécialistes libéraux, pourront faire des consultations avancées dès lors qu’ils ne sont pas installés en ZIP.

9. Existe-t-il un secrétariat dans les cabinets ?  

La majorité des lieux de consultation sont situés dans des structures de soins déjà existantes, où un secrétariat est disponible pour accueillir les patients. Une aide à l’embauche d’assistants médico-administratifs sera également proposée pour renforcer l’organisation de ces lieux. Dans certains lieux nouvellement aménagés en centres de soins, le recrutement du personnel d’accueil peut être en cours, ce qui explique que le secrétariat ne soit pas encore opérationnel dans une minorité de cas.

10. Quelle indemnisation et prise en charge des frais (déplacement, frais kilométriques, hébergement, etc) ? 

Une indemnité de 200 € par journée de mission est versée pour compenser les frais liés à votre intervention. Dans le cas de demi-journées d’intervention, l’indemnité est fixée à 100 €.   

Cette indemnité s’ajoute aux honoraires habituels perçus lors des consultations, sans les remplacer. Afin de percevoir l'indemnité, vous devrez transmettre un bordereau à votre caisse primaire d’assurance maladie attestant du nombre de journées (ou demi-journées) de consultations solidaires effectuées dans le mois.

Par ailleurs, certains acteurs locaux peuvent offrir des avantages complémentaires, comme un hébergement gratuit ou un véhicule.

11. Comment procéder à la facturation ? 

Si j’ai reçu ma nouvelle carte CPS paramétrée pour le dispositif “Un médecin près de chez vous”, je l’utilise en priorité. Toutefois, dans l’attente de la réception de cette nouvelle carte CPS, à titre transitoire, et en tant que médecin libéral conventionné, vous pouvez dès à présent participer à la mission de solidarité territoriale dans un lieu d’accueil solidaire dès lors que vous utilisez soit vos propres feuilles de soins et formulaires, soit votre propre équipement et logiciel de facturation SESAM-Vitale avec votre carte CPS actuelle (il faudra toutefois prévenir votre caisse de rattachement ainsi que votre CDOM en amont de ces consultations).

12. Le tiers payant est-il possible ? 

Au démarrage du dispositif, vous pourrez facturer vos actes à l’aide de feuilles de soins papier que le patient transmettra à sa caisse d’affiliation afin de se faire rembourser. Exceptionnellement dans ce cas de figure, le tiers payant ne pourra pas être appliqué, y compris pour les patients bénéficiant du tiers payant obligatoire. Tous les patients devront donc avancer les frais et demander un remboursement à leur caisse après la consultation. 

Dès lors que vous utilisez un logiciel de facturation SESAM-vitale, alors le patient pourra présenter sa carte vitale et bénéficier du tiers payant selon ses droits.

13. Puis-je utiliser ma carte CPS ? 

Dès lors que vous vous portez volontaire dans le cadre de mission solidaire, une nouvelle carte CPS incluant la nouvelle activité de solidarité territoriale vous sera adressée. Vous pourrez l’utiliser quel que soit le lieu dans lequel vous réalisez des consultations solidaires. Bien entendu, vous pourrez également l’utiliser pour toutes vos autres activités, comme vous le faisiez avec votre ancienne carte.

14. Quel régime de responsabilité pour la mission de solidarité ? 

Pour pouvoir participer à la mission de solidarité, vous devez être titulaire d’une assurance de responsabilité civile professionnelle (RCP) couvrant l’exercice dans les lieux solidaires. 

15. Est-il possible de faire plus de 2 journées par mois de consultations solidaires ? 

Sur la base du volontariat, les médecins volontaires peuvent effectuer plus de deux journées par mois de consultations solidaires (et donc plus de 24 jours par an). Ils ont aussi la possibilité de réaliser des demi-journées d’intervention, offrant ainsi une grande souplesse d’engagement. Les vacations peuvent se dérouler dans des lieux différents, même situés dans plusieurs départements, pour répondre au mieux aux besoins des territoires (dans ce cas, il conviendra de réaliser une demande d’inscription par lieu). 

16. Les consultations solidaires sont-elles volontaires ou obligatoires ? 

Les consultations solidaires sont réalisées exclusivement sur la base du volontariat. Chaque médecin peut ainsi s’engager quand il le souhaite, dans différents lieux et départements. Cette liberté de participation garantit une mobilisation flexible et adaptée aux disponibilités de chacun.

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