Urticaire chronique

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Publié le 05/05/2025

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

L’urticaire chronique est une maladie inflammatoire chronique de la peau, sans lien avec l’allergie, non contagieuse, et dont l’apparition fait intervenir certaines cellules de l’immunité, les mastocytes présents au niveau des couches superficielles de la peau. Elle se traduit par l’apparition de petits boutons (papules) qui démangent et qui forment des plaques dont la localisation change rapidement, de manière quotidienne ou quasi quotidienne.

Moins fréquente que l’urticaire allergique ou l’urticaire aiguë, l’urticaire chronique est sans gravité mais nuit à la qualité de vie : elle peut être à l’origine de troubles du sommeil (du fait des démangeaisons), voire de troubles anxieux ou dépressifs.

L’urticaire chronique est-elle fréquente ?

Selon certaines sources, environ 10 % des personnes connaîtraient au moins un épisode d’urticaire chronique dans leur vie. Elle est deux fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes et touche plutôt les personnes âgées de moins de 40 ans (mais elle est exceptionnelle chez les enfants).

Les différents types d’urticaire chronique

On distingue deux types d’urticaire chronique :

  • les urticaires chroniques spontanées qui ne sont rattachables à aucune cause. Ce type d’urticaire chronique est le plus fréquent ;
  • les urticaires chroniques inductibles qui peuvent être rattachées à une cause identifiable, le plus souvent un facteur physique (chaud, froid, soleil, etc.), chimique (par exemple certains médicaments) ou infectieux (par exemple une infection virale).

L’urticaire chronique n’est pas liée à un phénomène allergique. Le stress à lui seul ne déclenche pas une urticaire chronique, mais les périodes de stress peuvent favoriser ou aggraver les poussées de la maladie.

Quelles sont les causes d’une urticaire chronique inductible ?

Plusieurs causes physiques peuvent déclencher une urticaire chronique :

  • les frottements et la pression sur la peau (par exemple, par des vêtements serrés, des sangles de sac à dos, des chaussures, etc.) avec des symptômes qui peuvent mettre plusieurs heures à apparaître ;
  • le froid (par l’intermédiaire de l’eau ou de l’air, mais aussi des boissons et aliments glacés) sur les zones exposées ;
  • la chaleur (par l’intermédiaire de l’eau ou de l’air, de boissons ou aliments chauds, mais aussi par l’exercice physique, l’épilation électrique ou à la cire) sur l’ensemble du corps à l’exception du visage ;
  • l’exposition répétée à l’eau (professions qui travaillent les mains dans l’eau par exemple) ;
  • le soleil (avec un effet rapide qui disparaît 30 minutes après la fin de l’exposition) ;
  • les vibrations (par exemple les outils vibrants, mais aussi la pratique de sports occasionnant des vibrations).

Les causes chimiques des urticaires chroniques inductibles sont essentiellement des médicaments comme l’aspirine, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, comme l’ibuprofène ou le kétoprofène), mais aussi certains médicaments contre l’hypertension (de la famille des inhibiteurs de l’enzyme de conversion).

Certains aliments riches en histamine peuvent également favoriser l’apparition d’une urticaire chronique : par exemple, poissons ou préparations à base de poisson, fromages, saucissons secs, viande de bœuf crue, légumes fermentés (choucroute), légumes et fruits non fermentés, produits fermentés à base de soja, bière, vin, etc.

Quels sont les symptômes d’une urticaire chronique ?

Les symptômes de l’urticaire chronique sont :

  • l’apparition de plaques sur la peau (parfois sur les muqueuses de la bouche ou de la gorge), formées de petits boutons (papules) qui ressemblent à des piqûres d’ortie ou de méduse ;
  • des démangeaisons intenses au niveau de ces plaques rougeâtres ;
  • un changement régulier de la taille et de la localisation de ces plaques qui ne semblent pas rester au même endroit plus de 24 heures ;
  • de nouvelles plaques peuvent apparaître tous les jours ou plusieurs fois par semaine (typiquement 2 ou 3 jours par semaine).

Pour qu’une urticaire soit considérée comme chronique, il est nécessaire que ces symptômes durent au moins 6 semaines.

Comment évolue l’urticaire chronique ?

En moyenne, une urticaire chronique dure entre 1 et 4 ans, avec ou sans traitement (qui a pour objectif de soulager les symptômes et d’améliorer la qualité de vie). On estime que dans 60 % des cas, l’urticaire chronique dure moins d’un an, moins de 2 ans dans 70 % des cas et plus de 10 ans dans 20 % des cas.

Quels sont les traitements de l’urticaire chronique ?

Les traitements de l’urticaire chronique visent à soulager les symptômes (démangeaisons, œdème) et à améliorer la qualité de vie. Ils ne guérissent pas l’urticaire de manière définitive et celle-ci peut récidiver à plus ou moins longue échéance. Lorsque la personne souffre d’urticaire chronique inductible, le traitement passe évidemment par l’évitement des conditions qui favorisent cette urticaire.

Lorsque l’urticaire chronique impacte la qualité de vie, il peut être utile d’avoir recours à un soutien psychothérapeutique ou à des activités de gestion du stress (relaxation, thérapies comportementales et cognitives, etc.).

Pour soulager les symptômes d’une urticaire chronique, en particulier spontanée, les médicaments privilégiés sont les antihistaminiques dits « de 2e génération » : cétirizine, lévocétirizine ou desloratadine. Ces antihistaminiques présentent moins d’effets indésirables que ceux, plus anciens, de 1re génération. Ils sont efficaces dans environ 80 % des cas et peuvent être prescrits chez la femme enceinte.

Habituellement, ces antihistaminiques sont prescrits pour une durée de 1 à 2 mois. Si après cette période l’urticaire chronique a complètement disparu, le traitement est alors progressivement arrêté. S’il persiste, le traitement est maintenu jusqu’à disparition complète des symptômes.

Si ce traitement ne suffit pas, le médecin peut décider d’augmenter la dose quotidienne d’antihistaminiques. Dans certains cas particulièrement résistants aux antihistaminiques, le médecin peut avoir recours à d’autres traitements, plus puissants mais plus délicats à gérer : omalizumab ou ciclosporine.

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
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