Alcoolodépendance

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Publié le 05/05/2025

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

L'alcoolodépendance, qu'est-ce que c'est ?

L’alcoolodépendance (ou alcoolisme) est une addiction à l’alcool qui a des conséquences néfastes sur la santé, la vie sociale et la vie affective. En France, on estime qu’environ 1,5 million de personnes sont alcoolodépendantes et que 2,5 millions de personnes ont une consommation à risque (mais parviennent encore à contrôler leur addiction). La consommation excessive d’alcool serait responsable, selon les sources, de 33 000 à 49 000 décès par an.

Quand parle-t-on d'alcoolodépendance ?

La consommation répétée de boissons alcoolisées peut prendre différentes formes selon le rythme de consommation et la quantité d’alcool ingérée. On distingue divers degrés de sévérité qui vont de l’abstinence (aucune prise d’alcool) à la dépendance avérée, selon un continuum d’intensité. Pour Santé Publique France et l’Institut national du cancer, la valeur repère, pour les femmes comme pour les hommes, est de 10 verres d’alcool standard (un demi de bière, un verre de vin de 10 cl, ou un shot d’alcool fort de 2,5 cl) maximum par semaine, sans dépasser 2 verres standard par jour.

Une consommation de boissons alcoolisées est dite « nocive » ou « à problème » lorsqu’elle est supérieure à quatre verres par jour pour une femme et à six verres par jour pour un homme. Enfin, selon l’OMS, l’alcoolodépendance est avérée lorsque la consommation de boissons alcoolisées devient prioritaire par rapport aux autres comportements auparavant prédominants chez une personne. Le désir de boire de l’alcool devient impossible à maîtriser et doit être assouvi au détriment de toute autre considération.

Quels sont les signes de l'alcoolodépendance ?

Six critères doivent être recherchés pour poser un diagnostic d’alcoolodépendance.

  • Tolérance accrue à l’alcool : la consommation d’une quantité constante d’alcool se traduit par une diminution nette de son effet.
  • Apparition de symptômes de manque (anxiété, agitation, irritabilité, insomnie, sueurs, cauchemars, tremblements, palpitations, nausées, etc.) lorsque la personne diminue ou cesse de consommer des boissons alcoolisées.
  • Consommation persistante malgré la survenue de problèmes liés à la consommation d’alcool.
  • Obsession pour la consommation d’alcool qui peut se traduire par un abandon ou une réduction des autres sources de plaisir et d’intérêt au profit de l’alcool.
  • Impossibilité de contrôler sa consommation de boissons alcoolisées en termes de début, de fin et de quantité de prise.
  • Désir de consommer des boissons alcoolisées puissant, compulsif, irrésistible.

Quels sont les facteurs de risque de l'alcoolodépendance ?

Toutes les personnes ne sont pas égales face à l’alcool : le sexe féminin, l’âge de début de consommation, le patrimoine génétique, un milieu socio-économique défavorisé et certains troubles psychiques contribuent au risque de devenir dépendant à l’alcool.

De plus, dans un pays donné, il existe un lien fort entre la consommation d’alcool moyenne par habitant et la proportion de personnes alcoolodépendantes : au plus la consommation moyenne nationale est importante, au plus le nombre de personnes alcoolodépendantes est élevé.

Quelles sont les complications de l'alcoolodépendance ?

Les conséquences sociales de l’alcoolodépendance sont nombreuses et varient selon l’âge et la situation des personnes : abandon des études, absentéisme et chômage, violence sexuelle et conjugale, divorce, éloignement des amis, délits pouvant amener à une incarcération, etc. La fréquence et la sévérité des conséquences sociales de l’alcoolodépendance sont directement proportionnelles à la quantité d’alcool consommée.

De plus, la consommation excessive de boissons alcoolisées aggrave plus de soixante maladies, et elle est la cause principale de certaines d’entre elles : dépression, suicide, troubles du sommeil, autres addictions, cancers, cirrhose du foie, varices de l’œsophage, pancréatite chronique, AVC, troubles du rythme cardiaque, arrêt cardiaque, insuffisance rénale, etc. De plus, l’alcoolodépendance peut, comme le tabac, réduire la fertilité masculine et féminine.

Comment soigne-t-on l'alcoolodépendance ?

Contrairement à une idée reçue, le but initial d’un traitement contre l’alcoolodépendance n’est pas nécessairement d’arriver à une abstinence totale. Pour les médecins, réduire la consommation à un niveau inférieur à celui qui caractérise la nocivité peut être l’objectif du traitement. Le sevrage complet et le maintien de l’abstinence sont difficiles et le choix entre réduction de la consommation et arrêt complet doit être laissé au patient qui choisira selon ce qu’il ou elle pense être capable d’accomplir. Pourtant, le plus souvent, le sevrage complet doit être envisagé. Il peut être mené en ambulatoire (le patient se rend au centre de soins dans la journée mais rentre chez lui le soir) ou au cours d’une hospitalisation.

Le maintien de l’abstinence repose sur une prise en charge psychothérapeutique de longue durée, ainsi que sur la participation à un mouvement d’entraide de type Alcooliques Anonymes. Ce double soutien est destiné à aider le patient à maintenir sa motivation, à mieux comprendre les situations qui le mettent à risque de vouloir boire, et à analyser les facteurs environnementaux qui l’ont poussé à la dépendance (enfance, parcours de vie, échecs personnels, etc.).

Certains médicaments peuvent parfois apporter une aide au sevrage lorsque l’approche psychothérapeutique est en échec.

Sources

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

Service Public d’Information en Santé