Cancer de la vessie
Article
Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
Qu'appelle-t-on cancer de la vessie ?
Les cancers de la vessie regroupent des tumeurs qui naissent sur la paroi interne de la vessie. Dans la vaste majorité des cas, les cancers de la vessie peuvent être guéris, même s’ils présentent une forte tendance à récidiver. Les cancers de la vessie représentent environ 10 000 nouveaux cas chaque année en France. Ils sont quatre fois plus fréquents chez les hommes et sont le plus souvent diagnostiqués autour de l’âge de 70 ans.
Les cancers de la vessie sont de plus en plus fréquents chez les femmes, en lien avec l’augmentation croissante du tabagisme dans la population féminine.
Quels sont les facteurs de risque des cancers de la vessie ?
Certains facteurs de risque de cancer de la vessie ont été identifiés.
- Le tabagisme serait responsable de plus de la moitié des cas diagnostiqués. Les non-fumeurs régulièrement exposés à la fumée de tabac sont également davantage à risque.
- Une exposition régulière et prolongée à certaines substances chimiques : produits de la combustion du gaz naturel, goudrons et huile de houille, produits utilisés dans la fabrication de polyéthylènes et d’acryliques, produits liés à la fabrication et au développement des pellicules photographiques, sels de cadmium, dérivés chlorés présents dans l’eau des piscines, etc.
- Une irritation chronique de la vessie (par exemple du fait d’infections ou de calculs à répétition, en particulier chez les personnes âgées).
Quels sont les symptômes du cancer de la vessie ?
Dans 80 à 90 % des cas, le premier symptôme d’un cancer de la vessie est la présence d’une coloration rose des urines juste avant de finir d’uriner. Dans environ 20 % des cas, le patient se plaint également de douleur en urinant, d’envies fréquentes d’uriner, de sensations de brûlures au niveau du pubis ou du périnée, symptômes qui sont également ceux des infections urinaires (cystites), beaucoup plus fréquentes que les cancers de la vessie.
Comment évoluent les cancers de la vessie ?
Avec un traitement approprié, le taux de survie cinq ans après le diagnostic de cancer de la vessie est de 80 à 90 % lorsque le cancer a été diagnostiqué au stade non invasif, et d’un peu moins de 50 % si la tumeur avait déjà envahi la couche profonde de la paroi de la vessie au moment du diagnostic. Après guérison, le cancer de la vessie récidive fréquemment (dans 50 à 70 % des cas de tumeur de la vessie non invasive). Pour dépister au plus tôt une éventuelle rechute, les personnes qui ont eu un cancer de la vessie sont suivies régulièrement toute leur vie.
Comment soigne-t-on les cancers de la vessie ?
Les cancers de la vessie sont traités par chirurgie et, éventuellement, par chimiothérapie ou immunothérapie locale (administrée directement dans la vessie). Les cancers de la vessie plus avancés sont traités en enlevant la vessie et les organes voisins, le plus souvent en association avec une chimiothérapie par voie intraveineuse. La radiothérapie est parfois utilisée en association avec la chimiothérapie.
D’autres soins et soutiens complémentaires, appelés soins de support, peuvent être mis en œuvre pour faire face aux conséquences de la maladie et de ses traitements : troubles de la continence, troubles de l’érection, fatigue, anxiété, troubles du sommeil, perte d’autonomie, problèmes sociaux, etc.
Qu'est-ce que la résection transurétrale avec fulguration ?
Les cancers de la vessie les plus courants sont traités par une intervention chirurgicale appelée « résection transurétrale avec fulguration ». Sous anesthésie, un tube contenant une fibre optique est inséré dans la vessie par l’urètre. À l’extrémité de ce tube se trouve un dispositif capable de découper et d’aspirer la tumeur, fragment par fragment, et un dispositif de coagulation électrique (la « fulguration ») qui permet d’arrêter les saignements.
Le plus souvent, la résection transurétrale est rapidement suivie par l’injection d’un médicament de chimiothérapie (la mitomycine C), directement dans la vessie. En fonction du stade et du grade du cancer, le médecin peut prolonger la résection transurétrale par quelques semaines d’administration, directement dans la vessie, de la mitomycine C ou d’une substance destinée à stimuler l’immunité locale (immunothérapie par le BCG).
Qu'est-ce que la cystectomie totale ?
Lorsque le cancer de la vessie est plus avancé, il est nécessaire d’enlever la vessie complètement, ainsi que les organes voisins : ganglions, prostate, vésicules séminales, ovaires, trompes de Fallope, utérus. C’est la cystectomie totale.
Lorsque la vessie a été enlevée, le chirurgien doit mettre en place une alternative à l’accumulation et à l’élimination des urines. Parfois, il est possible de reconstituer une vessie avec une partie du gros intestin et de la connecter avec les uretères et l’extérieur. Dans d’autres cas, le chirurgien peut proposer de relier les uretères à une ouverture dans la paroi du ventre (stomie urinaire). L’urine est recueillie dans une poche extérieure fixée à la stomie. Cette poche est vidée régulièrement.
Sources
Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.