Endométriose : en quoi consiste le test salivaire de l’endométriose ?
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Publié le 26/03/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
Bien que l’endométriose touche près d’1 femme sur 10, la maladie est souvent diagnostiquée tardivement. C’est pourquoi, suivant l’avis de la Haute autorité de santé (HAS), le ministère de la Santé vient d’autoriser la prise en charge d’un test salivaire. Celui-ci reste prescrit uniquement en 3e intention, mais pourrait déjà bénéficier à près de 25 000 patientes dans les prochains mois à compter de février 2025. Explications.
7 ans en moyenne pour poser le diagnostic
L’endométriose se définit comme la présence en dehors de la cavité utérine de tissu semblable à celui de la muqueuse utérine. Lors de chaque cycle menstruel, ce tissu subit l’influence des modifications hormonales. A la clé : des douleurs intenses pendant les règles ou lors des rapports sexuels, des troubles urinaires, des douleurs à la défécation, des douleurs en dehors du cycle dans le bas du ventre… et une qualité de vie parfois très dégradée.
L'endométriose toucherait environ 10 % des femmes en âge de procréer, soit environ 1,5 à 2,5 millions de personnes en France. Il faut en moyenne 7 ans pour poser un diagnostic, notamment à cause d’un manque de connaissance de l’endométriose. L'amélioration de la précocité du diagnostic est l'un des enjeux de la Stratégie nationale de lutte contre l'endométriose.
Combien coûte ce test salivaire ?
En octobre 2024, la Haute autorité de santé (HAS) a donné un avis favorable pour la prise en charge par l’Assurance maladie d’un nouveau type de test dans le cas de diagnostics complexes de l’endométriose. Baptisée Endotest® et développée par le laboratoire lyonnais Ziwig, cette solution ne demande aux patientes qu’un simple prélèvement salivaire. Grâce à l’analyse et au séquençage de l’ARN contenu dans la salive, le test -encore à l’état de projet expérimental- permet de fournir en une dizaine de jours seulement un résultat estimé fiable à 97 %.
L’avancée pour les patientes serait donc considérable, c’est pourquoi le ministère de la Santé a fait paraître en février 2025 un arrêté pour suivre l’avis de la HAS, et prendre en charge la solution Endotest®, dans le cadre pour l’instant d’un essai clinique et d’une cohorte additionnelle. Pour les femmes auxquelles il sera prescrit, c’est ainsi la Sécurité sociale (via l’Assurance maladie) qui paiera les plus de 800 euros que coûte aujourd’hui ce test.
Je pense souffrir d’endométriose, comment bénéficier de ce test ?
Si cette prise en charge devrait déjà bénéficier dans les prochains mois à près de 25 000 femmes, il n’est pour l’instant pas la solution de référence pour le diagnostic de l’endométriose et n’arrive qu’en 3e intention, et donc après plusieurs étapes de diagnostic dans le parcours de soin.
Le diagnostic de l’endométriose s’appuie d’abord sur une discussion entre le professionnel de santé (médecin généraliste, gynécologue, sage-femme) et la patiente au sujet de ses symptômes. Il peut être suivi d’un examen clinique gynécologique pour détecter des anomalies telles que des nodules ou des zones sensibles. Puis en 2e intention d’un bilan d’imagerie médical, s’appuyant sur une échographie et/ou une IRM.
Toutefois, ce bilan d’imagerie se révèle parfois négatif ou incertain, et il ne suffit pas toujours à confirmer les symptômes évoqués. C’est dans ce cadre et en 3e intention qu’intervient à présent le test salivaire pour permettre aux patientes d’éviter une coelioscopie, qui constituerait pour elles un nouvel examen invasif et parfois inutile.
Si vous avez des symptômes d’endométriose, parlez-en à votre médecin traitant, gynécologue ou sage-femme.
Pourquoi seulement 2 500 patientes sont-elles suivies dans le cadre de l’essai clinique ?
Cette prise en charge du test salivaire intervient dans le cadre de l’étude EndoBest, qui inclura 2 500 bénéficiaires. Celle-ci va pouvoir fournir des données notamment sur la baisse du nombre de chirurgies (parfois nécessaires au diagnostic), ou sur l’impact sur la prise en charge globale des patientes.
Cette étude se déroule dans le cadre du forfait innovation, qui est un dispositif dérogatoire et temporaire de soutien financier à des technologies innovantes en phase précoce de développement clinique, porté par le ministère de la santé.
Une fois les résultats de cette étude connus, la HAS rendra son avis définitif pour autoriser ou non l’inscription de la prise en charge du test dans le droit commun (il s’agit actuellement d’un dispositif dérogatoire et temporaire). Le cas échéant, cela permettrait à toutes les femmes qui en ont besoin de pouvoir bénéficier de ce test salivaire.
Pour aller plus loin : rendez-vous dans notre espace d’information sur l’endométriose
Sources
- https://sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/diagnostic-de-l-endometriose-catherine-vautrin-et-yannick-neuder-actent-la
- https://endofrance.org/lancement-de-letude-endobest-pour-valider-la-place-que-tiendra-le-test-salivaire-dans-le-diagnostic-de-lendometriose/
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https://www.sante.fr/endometriose/le-diagnostic-de-lendometriose
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