Maladie chronique ou de traitement médical : ce qu'il faut savoir pour préserver sa fertilité

Dossier

Publié le 19/01/2026

Dossier constitué avec : Service Public d'Information en Santé

Certaines maladies chroniques ou certains traitements médicaux peuvent altérer la fertilité, de manière temporaire ou définitive, chez les femmes comme chez les hommes. Bien s’informer permet d’agir à temps. 

 

📌 | À retenir

✅ Les infections sexuellement transmissibles (IST) peuvent altérer la fertilité.  

✅ L’endométriose, le SOPK ou les traitements contre le cancer peuvent réduire les chances d’avoir un enfant, parfois de manière durable.

Les effets dépendent de nombreux facteurs (âge, type de traitement, stade de la maladie).

✅ Des solutions médicales existent pour préserver la fertilité, même chez les adolescents.

En parler tôt avec un professionnel de santé permet de mieux se préparer et d’agir à temps.  

 

❌ Les idées reçues

On entend parfois, à tort, que :

  • "L’endométriose empêche toujours d’avoir des enfants"
  • "Le SOPK n’est qu’un souci de règles irrégulières"
  • "Une chimiothérapie rend forcément stérile"
  • "Seules les femmes sont concernées par ces problèmes"
  • "Il est trop tôt d’y penser quand on est jeune"

🔎 Les faits

Certaines maladies chroniques ou certains traitements médicaux peuvent altérer la fertilité, de manière temporaire ou définitive, chez les femmes comme chez les hommes. Bien s’informer permet d’agir à temps. 

L'endométriose

L’endométriose touche environ 10% des femmes

Entre 30 % à 40 % des femmes touchées par l’endométriose présente une infertilité.  Dans ces cas, la maladie affecte l’ovulation, la qualité des ovocytes, la fécondation, le transport des gamètes ou encore l’implantation de l’embryon. La douleur lors des rapports sexuels peut aussi limiter les chances de concevoir.

En cas d’infertilité, lorsque l’endométriose est légère, une stimulation des ovaires avec ou sans insémination est parfois suffisante pour améliorer les chances de grossesse. Une opération peut aussi être proposée, mais elle doit être bien adaptée à chaque situation pour éviter de réduire la réserve d’ovocytes.

En cas d’échec ou de récidive, les médecins se réunissent pour proposer une stratégie sur mesure. Il est également possible de discuter avec les professionnels de santé de la préservation de la fertilité (par exemple, la congélation d’ovocytes) avant une chirurgie ou un traitement. 

L’endométriose ne diminue pas les chances de réussite d’une FIV, et il n’est pas toujours nécessaire d’opérer avant. 

Elle n’aggrave pas les douleurs et n’a pas d’influence sur la maladie. 

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Le SOPK est un trouble hormonal courant qui touche 5 à 10 % des femmes. Il peut entraîner des cycles irréguliers, un excès de pilosité, de l’acné, et parfois un surpoids. Ces signes sont liés à un excès d’hormones mâles et à un dérèglement des hormones qui déclenchent l’ovulation.

Ce déséquilibre empêche souvent l’ovule de parvenir à sa maturation pour être fécondable, ce qui rend la grossesse plus difficile. Mais beaucoup de femmes atteintes de SOPK peuvent tout de même avoir des enfants, parfois naturellement, parfois avec un coup de pouce médical. Chez les femmes en surpoids, perdre 10 % de son poids peut suffire à relancer le cycle. Sinon, des traitements existent pour stimuler l’ovulation. En cas d’échec, une fécondation in vitro peut être envisagée. 

Traitements contre le cancer

Certains traitements contre le cancer, comme la chimiothérapie, la radiothérapie ou les opérations d’organes reproducteurs ou proches, peuvent affecter la fertilité à court et long terme.

Chez les femmes, ils peuvent réduire ou détruire les cellules reproductrices, perturber le cycle menstruel et provoquer une ménopause précoce. 

Chez l’homme, ils peuvent entraîner une diminution voire une disparition des spermatozoïdes. Leurs effets dépendent du type de traitement, de la zone du corps concernée, de l’âge et de l’état de santé général. Chez les patients enfants et adolescents, la fertilité future peut aussi être affectée.

Dès le diagnostic, les équipes médicales proposent des solutions de préservation de la fertilité (congélation de sperme, d’ovocytes ou de tissu reproducteur). Ces actes sont réalisés dans des centres spécialisés appelés CECOS (Centre d'Étude et de Conservation des Œufs et du Sperme humains). 

La cryptorchidie 

La cryptorchidie correspond à l'absence de descente d’un ou des deux testicules dans les bourses à la naissance. Même si ce trouble est souvent corrigé dans l’enfance par une intervention chirurgicale, il peut altérer la production de spermatozoïdes à l’âge adulte. Plus la prise en charge est tardive, plus le risque d’infertilité est élevé.

En savoir plus :  Cryptorchidie ou testicule non descendu : diagnostic et évolution | ameli.fr | Assuré

Les infections sexuellement transmissibles ( IST)  

Certaines IST comme chlamydiose (infection par le chlamydia) ou la gonorrhée (infection par le gonocoque), peuvent entraîner des inflammations au niveau des organes reproducteurs, aussi bien chez les hommes (prostate, testicules) que chez les femmes (utérus, trompes de l’utérus). En l’absence de traitement, elles peuvent provoquer des lésions durables et compromettre la fertilité du couple.

En savoir plus : Symptômes, diagnostic et évolution des IST | ameli.fr | Assuré 

Les troubles hormonaux chez l’homme et la femme

L’équilibre hormonal joue un rôle clé dans la fertilité, quel que soit le sexe. 

Chez les femmes, certaines pathologies comme le SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) ou les troubles de la thyroïde peuvent perturber l’ovulation et rendre la conception plus difficile. 

Chez les hommes, des anomalies hormonales — comme celles dont s’accompagne le syndrome de Klinefelter — peuvent affecter la production de testostérone et réduire la qualité ou la quantité des spermatozoïdes. Une consultation médicale permet d’évaluer ces déséquilibres et de proposer des traitements adaptés.

En savoir plus : 

✅ Comment préserver votre fertilité ?

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Se protéger contre les infections sexuellement transmissibles (IST)

Le préservatif est le moyen le plus efficace pour lutter contre les IST.  

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Pour certaines IST, des vaccins existent comme pour le papillomavirus. Ainsi il est recommandé de se faire vacciner contre le papillomavirus humain (HPV) afin de diminuer plus tard le risque de cancer de l’utérus de plus de 90% ou de lésion du col, qui peuvent avoir un impact sur la fertilité. La vaccination HPV est recommandée chez les filles et les garçons entre 11 et 14 ans avec un rattrapage possible jusqu’à l’âge de 19 ans. Elle est aussi recommandée aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) jusqu’à l’âge de 26 ans.  

Prévenir les IST | ameli.fr | Assuré

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En cas de diagnostic de maladie chronique (endométriose, SOPK…) ou de cancer, parlez dès le début avec l’équipe soignante de votre fertilité et des moyens de la préserver.
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Si un traitement médical ou chirurgical est prévu, demandez quelles sont les possibilités de conservation (spermatozoïdes, ovocytes, tissus).

Même si vous n’avez pas de projet parental immédiat, anticiper permet de mieux préserver vos chances pour plus tard. 

Sources

 

📺[VIidéo] Endométriose et infertilité - Endométriose, l'affaire de tous

📌 Préservation de la fertilité - Institut National du Cancer

📌 Symptôme de l’endométriose : l’infertilité - EndoFrance

📌 Syndrome des ovaires polykystiques (SPOK) : un trouble fréquent, première cause d’infertilité féminine - Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale

📌 Syndrome des ovaires polykystiques : un nouveau facteur impliqué dans l’absence d’ovulation - Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale

📌 Cancers : quelles conséquences sur la fertilité ? - Institut National du Cancer

📌 Chimiothérapie : les effets sur la fertilité et la sexualité - Institut National du Cancer

📌 Cryptorchidie ou testicule non descendu : diagnostic et évolution | ameli.fr | Assuré - L'assurance Maladie Ameli

 

Découvrez les fiches réflexes pour préserver votre fertilité

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