Bronchiolite du nourrisson

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Publié le 05/05/2025

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Quels sont les symptômes de la bronchiolite ?

Une bronchiolite commence comme une simple rhinopharyngite, avec une légère fièvre, un nez qui coule et une toux sèche. Le nourrisson présente ensuite une gêne respiratoire (respiration rapide entrecoupée de pauses), notamment pendant les repas. Il est agité et repousse ses biberons. Ses bronches sont encombrées par des sécrétions qu’il n’arrive pas à évacuer. Parfois, on peut entendre des sifflements respiratoires.

Quelles sont les complications de la bronchiolite ?

La plupart du temps, la bronchiolite évolue sans complications et les difficultés respiratoires disparaissent spontanément en quelques jours. Néanmoins, certains enfants sont durablement gênés ou présentent des récidives fréquentes. Une fièvre élevée, une otite ou des sécrétions purulentes doivent alerter sur une possible surinfection bactérienne qui nécessite l’administration d’antibiotiques. Dans certains cas, les difficultés qu’éprouve l’enfant pour respirer peuvent se transformer en détresse respiratoire nécessitant une hospitalisation, voire des mesures de réanimation. Une vigilance particulière doit être accordée aux nourrissons nés prématurément et à ceux qui souffrent d'une autre maladie.

Les causes de la bronchiolite

La bronchiolite est une infection virale très contagieuse des bronches les plus petites, les bronchioles, qui amènent l’air tout au fond des poumons. Elle s’observe chez l’enfant de moins de deux ans et surtout chez le nourrisson de moins de six mois. Dans 80 % des cas, la bronchiolite est due au virus respiratoire syncytial (VRS) qui se transmet par l’intermédiaire des gouttelettes expulsées par la toux et les éternuements, mais aussi par l’intermédiaire des mains ou d’objets contaminés (jouets, linge de toilette, aliments contaminés, etc.).

appareil respiratoire
Schéma bronchioles et alvéoles

Comment réagir en cas de bronchiolite ?

  • Faites boire votre enfant souvent et en petites quantités.
  • Fractionnez ses repas.
  • Surélevez légèrement le thorax de votre bébé à l’aide de coussins placés sous le matelas.
  • Réduisez la température de la chambre à 18 ou 19°C et humidifiez l’air.
  • Ne fumez pas en sa présence ni dans une pièce où il peut séjourner.
  • Soulagez sa fièvre si l’enfant semble en souffrir.

Quand faut-il consulter un médecin en cas de bronchiolite ?

Appelez immédiatement le service d’aide médicale d’urgence (SAMU) en composant le 15 ou le 112 :

  • si l'enfant éprouve de grandes difficultés à respirer (battements des narines, creusement des espaces entre les côtes ou au-dessus des clavicules).
  • si l'enfant respire vite et se fatigue.
  • si son comportement change.
  • s'il demeure somnolent et s'il refuse de boire et de se nourrir.
  • si ses lèvres ou ses ongles deviennent bleus ou s'il est pâle.
  • si sa respiration ralentit excessivement et que l'enfant semble s'endormir sans pouvoir être réveillé.
  • s'il présente des vomissements ou de la diarrhée.
  • s'il est âgé de moins de 6 semaines.
  • s'il est âgé de moins de 3 mois et est né prématurément ou a souffert de problèmes respiratoires.
  • s'il souffre d'une maladie cardiaque ou chronique.

Consultez un médecin dans la journée :

  • dans tous les cas, si le nourrisson a moins de deux mois.
  • si le nourrisson respire de manière saccadée, s'il est agité, boit peu et repousse les biberons.
  • si sa respiration est sifflante.
  • si sa fièvre augmente et qu'il semble avoir mal à l'oreille.
  • si les symptômes s'aggravent après une première consultation (augmentation de la fièvre, sécrétions devenant purulentes, par exemple).

La prévention de la bronchiolite

Quelques règles d’hygiène peuvent limiter le risque de contamination en période d’épidémie :

  • lavez-vous les mains (et celles de vos autres enfants) avant de toucher votre nourrisson, ou désinfectez-les avec un gel hydro-alcoolique ;
  • n’embrassez pas votre enfant sur le visage, embrassez-le sur la nuque ou le corps ;
  • si vous êtes enrhumé, il est préférable de porter un masque lorsque vous vous occupez de votre bébé. Faites-en un jeu s’il semble inquiet.
  • si possible, en période d’épidémie de bronchiolite, ne sortez pas votre bébé de un ou deux mois dans des lieux trop fréquentés et trop confinés, comme les transports en commun ou les grandes surfaces ;
  • aérez régulièrement votre logement et évitez de surchauffer les pièces (19 à 20°C suffisent) ;
  • rincez régulièrement le nez du nourrisson en cas de rhinopharyngite ;
  • n’échangez pas les tétines ou les petites cuillères d’un bébé avec celles d’un autre ;
  • ne fumez pas en présence d’un enfant.

Deux médicaments sont désormais disponibles pour prévenir les bronchiolites dues au virus respiratoire syncytial. Il ne s’agit pas de vaccins, mais d’anticorps monoclonaux (palivizumab, nirsévimab) qui sont dirigés contre une protéine de VRS. Ils empêchent le virus de se multiplier dans l’organisme. Ils se présentent sous forme de solution injectable. Ils se distinguent par leur rythme d’administration et leur cible.

Les traitements de la bronchiolite

Il ne peut pas y avoir d’automédication en cas de bronchiolite chez un nourrisson, sauf pour soulager la fièvre. Seul le médecin peut juger si l’administration d’un médicament est nécessaire en complément des lavages du nez avec du sérum physiologique et de la kinésithérapie respiratoire pour aider l’enfant à expulser les sécrétions bronchiques par la bouche.

La kinésithérapie respiratoire n'est pas systématique en cas de bronchiolite. À ce jour, aucune donnée scientifique ne permet de conclure sur son efficacité. Le médecin peut en prescrire quelques séances en cas d'encombrement bronchique très important, pour désobstruer les voies respiratoires encombrées par des sécrétions.

Les fluidifiants bronchiques sont contre-indiqués chez les enfants de moins de deux ans. Les antibiotiques ne sont administrés qu’en cas de surinfection bactérienne. Les médicaments bronchodilatateurs (comme ceux utilisés lors d’une crise d’asthme) sont contre-indiqués, voire dangereux pour le jeune enfant. Les médicaments contre la toux sont à éviter car ils empêchent l’expulsion des sécrétions bronchiques.

L’hospitalisation n'est nécessaire que dans les formes les plus graves. La bronchiolite est néanmoins la principale cause des admissions de nourrissons à l’hôpital en période hivernale : chaque hiver, environ 50 000 nourrissons consultent en urgence pour bronchiolite et 20 000 sont hospitalisés. L’administration de traitements préventifs (anticorps monoclonaux) devrait faire fortement baisser ces chiffres.

Sources

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

Service Public d’Information en Santé