Infection par le VIH/SIDA
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Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
Qu'est-ce que l'infection par le VIH ?
L’infection par le VIH est un affaiblissement progressif des défenses immunitaires dû au virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Ce virus, transmis par le sang et les sécrétions sexuelles (ainsi que pendant la grossesse et l’allaitement), se multiplie et entraîne la destruction de ces cellules qui jouent un rôle central dans la coordination des défenses immunitaires.
Après plusieurs années d’infection par le VIH, la personne infectée devient vulnérable à certaines maladies dites « opportunistes » (certaines infections et tumeurs) contre lesquelles son immunité n’est plus suffisamment efficace. On parle alors de « sida » (Syndrome d’ImmunoDéficience Acquise). Sans traitement, le sida entraîne le décès de la personne immunodéprimée.
Les comportements à risque pour l'infection par le VIH
Les comportements suivants exposent au risque d’être contaminé par le VIH :
- avoir des relations sexuelles non protégées (sans préservatif) avec une personne infectée par le VIH, en particulier si celle-ci a été récemment infectée ou si son traitement n’est pas efficace pour rendre le virus indétectable ;
- partager du matériel d’injection lorsqu’on est usager de drogues injectables ;
- se faire tatouer ou percer avec du matériel insuffisamment stérilisé ;
- partager des instruments coupants ou personnels avec une personne infectée par le VIH (rasoir, coupe-ongles, lime, brosse à dents, accessoires sexuels, etc.), en particulier si celle-ci a été récemment infectée ou si son traitement n’est pas efficace pour rendre le virus indétectable.
Le risque de contamination par le VIH lors de fellation non protégée existe, en particulier si le partenaire a été récemment contaminé ou s'il présente des ulcères sur les organes génitaux. Ce risque existe également si la personne qui pratique la fellation souffre d’ulcères ou d’aphtes dans la bouche. Globalement, ce risque reste faible.
Les comportements qui ne sont PAS à risque pour le VIH
Le VIH ne se transmet PAS par simple contact (par exemple une poignée de main ou un massage), ni par la sueur ou les larmes. Il ne se transmet PAS en s’asseyant sur le siège des toilettes, ni en partageant de la nourriture, de la vaisselle, du linge ou un téléphone. De plus, le VIH n’est PAS transmis par les insectes piqueurs.
Que faire en cas de prise de risque au VIH ?
Si, lors d’un rapport sexuel ou d’un événement de la vie quotidienne, du sang ou des sécrétions sexuelles ont été en contact direct avec des muqueuses ou une plaie de la peau, il convient de prendre des mesures pour essayer de réduire le risque d’infection :
- nettoyer les muqueuses ou la plaie avec de l’eau savonneuse, rincer, puis désinfecter avec un antiseptique, si cela est possible ;
- consulter un service d’urgence hospitalier au plus vite (avant 72 heures) pour éventuellement recevoir un traitement dit « post-exposition ». Ce traitement contient des médicaments actifs contre le VIH et il est administré pendant un mois.
PrEP, un traitement préventif sous certaines conditions
Pour réduire le risque de contamination du VIH par voie sexuelle, les autorités de santé françaises ont autorisé l’utilisation de l’association ténofovir/emtricitabine (TRUVADA et certains génériques) dans la prévention pré-exposition au VIH (PrEP). Les personnes adultes séronégatives qui ont un risque élevé de contamination par le VIH se voient prescrire ce médicament (en continu ou en prévision de rapports sexuels) qui empêche la contamination même en cas d'exposition au VIH. Lorsqu'il est bien pris, ce traitement préventif est hautement efficace et il a permis une réduction significative du nombre de nouvelles contaminations. La PrEP est remboursée à 100 % par l'Assurance maladie.
La prophylaxie pré-exposition s’inscrit comme un mode de prévention complémentaire aux autres mesures préconisées pour prévenir l’infection par le VIH : utilisation du préservatif (qui protège contre le risque d’autres infections sexuellement transmissibles, IST), dépistage régulier du VIH, prophylaxie post-exposition et, chez les personnes séropositives, traitement antirétroviral (voir ci-dessous).
Qu'appelle-t-on Treatment as Prevention (TasP) ?
Le traitement systématique des personnes séropositives est également une forme indirecte de prévention de l'infection par le VIH. En effet, il est maintenant prouvé que, lorsque ce traitement se traduit par une disparition du virus dans le sang (une "charge virale" indétectable), la personne traitée n'est plus contaminante. Cette stratégie de prévention, appelée TasP (Treatment as Prevention), implique de traiter toutes les personnes séropositives dès leur diagnostic et met en évidence l'importance de faire un test de dépistage très régulièrement lorsqu'on est exposé au risque d'une contamination par le VIH.
Grossesse et infection par le VIH/sida
La grossesse n’aggrave pas l’évolution de l’infection par le VIH. Afin d’éviter la transmission du virus de la mère à l’enfant, certains traitements antirétroviraux sont prescrits. Ces traitements comportent des risques faibles mais réels d’effets indésirables pour la mère et son enfant, ce qui justifie une surveillance renforcée de la mère tout au long de la grossesse, ainsi que de son enfant pendant les premiers mois. La grossesse est surveillée par une équipe médicale composée d'un gynécologue obstétricien, d'un infectiologue et d'un pédiatre.
L'évolution de l'infection par le VIH/sida aujourd'hui
Aujourd’hui, avec les traitements disponibles, l’infection par le VIH/sida est devenue une maladie chronique et de nombreuses personnes vivent avec le VIH depuis trente ou quarante ans.
Le traitement de l'infection par le VIH/sida
Le traitement contre l'infection par le VIH repose sur des médicaments antiviraux spécifiques, prescrits sous forme d'associations de plusieurs médicaments pris simultanément. Ce traitement doit être poursuivi toute la vie. De plus, chez les personnes dont l'immunité est affaiblie, des traitements destinés à prévenir les maladies opportunistes qui caractérisent le sida sont indispensables.
Le traitement antiviral de l’infection par le VIH utilise plusieurs antiviraux prescrits simultanément pour éviter que le virus devienne résistant à ces substances. En effet, les nombreuses études cliniques ont montré que, si le VIH parvient assez facilement à résister à un antiviral, il lui est beaucoup plus difficile de devenir résistant à deux ou plus médicaments pris ensemble, à condition que le patient prenne son traitement très régulièrement, sans sauter de prise.
Sources
- Truvada dans la prophylaxie Pré-exposition (PrEP) au VIH : fin de la Recommandation Temporaire d’Utilisation - Point d'information, 02/2017, ANSM
- La PrEP, AIDES
- Où, quand et pourquoi se faire dépister du VIH ?, Ministère des Solidarités et de la Santé, 12/2016
- L’autotest de dépistage du VIH ou ADVIH, CRIPS, 01/2016
- Autotests de dépistage de l’infection par le VIH, HAS, 03/2015
- Prise en charge du VIH – Recommandations du groupe d’experts, Conseil National du Sida et des hépatites virales, 10/2011
Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.