Cancer du col de l'utérus
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Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
Le cancer du col de l'utérus est lié à une infection par un virus, le papillomavirus humain. Depuis vingt ans et la généralisation de mesures de dépistage, le cancer du col de l'utérus est devenu deux fois moins fréquent et deux fois moins meurtrier. L'existence de vaccins contre le papillomavirus laisse espérer que cette tendance positive se poursuive, à condition que les frottis de dépistage continuent à être faits par les patientes.
Qu'est-ce que le cancer du col de l'utérus ?
Le cancer du col de l’utérus est la présence de cellules anormales au sein de la muqueuse qui recouvre la partie basse de l’utérus qui fait la jonction avec le vagin. Ces cellules deviennent anormales en cas d’infection prolongée par un virus de la famille des papillomavirus humains (HPV), transmis par voie sexuelle. Avant de devenir cancéreuses, les cellules passent par un état précancéreux appelé « dysplasie du col de l’utérus ». La transformation des cellules du col en cellules cancéreuses est lente : au moins dix à quinze ans.
La plupart du temps, les cancers du col de l’utérus provoquent peu de symptômes, d’où l’importance d’un dépistage régulier. Un examen simple, le frottis cervico-utérin, permet de dépister la dysplasie du col de l’utérus et, de ce fait, la plupart des cancers du col de l’utérus sont diagnostiqués et traités avant même de devenir réellement des cancers, ce qui permet une guérison complète.
Aujourd’hui, en France, le taux de survie cinq ans après un diagnostic de cancer du col de l’utérus est variable selon le stade d’évolution du cancer au moment du diagnostic : ce taux varie de 93 % à 35 %.
Le cancer du col de l'utérus est-il une maladie fréquente ?
En France, on estime qu’environ 3 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués chaque année, à l’origine d’environ un millier de décès. Les diagnostics de dysplasie du col de l’utérus (l’état précancéreux) sont beaucoup plus fréquents : environ 50 000 nouveaux cas chaque année, identifiés grâce à plus de six millions de frottis cervico-utérins. Les cancers du col de l’utérus sont généralement diagnostiqués chez des femmes âgées de 35 à 45 ans.
Qui est à risque de cancer du col de l'utérus ?
Certains facteurs de risque de développer un cancer du col de l’utérus ont été identifiés :
- commencer sa vie sexuelle à un jeune âge et avoir eu de nombreux partenaires sexuels ;
- le fait de ne pas systématiquement utiliser de préservatifs lors de rapports sexuels ;
- la présence d’autres infections sexuellement transmissibles ;
- négliger de faire régulièrement un frottis cervico-utérin ;
- le tabagisme ;
- une baisse des défenses immunitaires à cause d’une maladie ou d’un traitement ;
- être la fille d’une femme qui a reçu du diéthylstilbestrol (Distilbène), un médicament utilisé dans les années 1940-1970 contre les fausses couches à répétition.
Peut-on dépister le cancer du col de l'utérus ?
Le dépistage du cancer du col de l’utérus repose sur la recherche des lésions précancéreuses par le biais d’un frottis. Néanmoins, ce test manque de sensibilité et 30 % des femmes qui présentent des lésions précancéreuses ne sont pas identifiées par le frottis. De nouveaux tests de dépistage, recherchant directement la présence du virus, sont disponibles.
Depuis plus de vingt ans, les femmes âgées de 25 à 65 ans sont invitées à faire un frottis de dépistage tous les 3 ans. Malheureusement, on estime que seulement une Française sur deux suit scrupuleusement ce conseil, les autres étant dépistées trop peu souvent, voire pas du tout.
En conséquence, un plan de dépistage systématique du cancer du col de l’utérus a été instauré en 2018, comme cela est pratiqué pour le cancer du sein (mammographie) ou celui du côlon (recherche de sang dans les selles). Un frottis cervico-utérin gratuit est désormais systématiquement proposé tous les 3 ans à chaque Française âgée de 25 à 65 ans (qui devront d’abord avoir obtenu deux frottis normaux à un an d’intervalle).
Peut-on prévenir le cancer du col de l'utérus ?
L’usage systématique du préservatif réduit à la fois le risque d’être infectée par le papillomavirus et celui de souffrir d’autres infections sexuellement transmissibles. Lorsque l’infection par le HPV s’accompagne de signes visibles tels que des verrues génitales, il est important de la traiter de manière à éliminer le HPV.
Le frottis reste le moyen de référence pour dépister des cellules du col anormales. Cet examen doit être effectué tous les trois ans, même chez les femmes qui ont été vaccinées contre le HPV.
La vaccination vient en complément du dépistage par frottis. Les vaccins luttant contre les infections par certains types d'HPV sont désormais recommandés pour toutes les filles et tous les garçons de 11 à 14 ans, afin de leur assurer une protection avant le début de leur vie sexuelle. Un rattrapage est possible pour tous les adolescents (filles et garçons) jusqu'à 19 ans révolus. Comme ces vaccins ne protègent que contre certains types d’HPV, le dépistage par frottis, même de manière moins fréquente, reste absolument indispensable.
De plus, l’arrêt du tabac peut contribuer à prévenir ce cancer chez les femmes infectées par le HPV.
Comment soigne-t-on le cancer du col de l'utérus ?
Le traitement du cancer du col est fonction de l’étendue du cancer au moment du diagnostic. Il peut reposer sur des mesures chirurgicales (pour enlever les lésions précancéreuses ou la tumeur), sur l’exposition à des radiations ionisantes (la radiothérapie) et sur l’administration de médicaments de chimiothérapie anticancéreuse.
Le traitement des lésions précancéreuses ou des petites tumeurs peut être effectué par un gynécologue. Il nécessite au plus une anesthésie locale et se fait en utilisant un colposcope, une sorte de microscope qui permet de voir le col avec un certain grossissement. Selon la taille de la lésion et sa préférence, le gynécologue va utiliser diverses techniques pour détruire la lésion (et un peu de tissu sain autour).
Sources
Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.