L’impact du Covid long sur le psychisme

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Publié le 15/02/2024

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Les troubles psychologiques ou psychiatriques, en particulier l’anxiété et la dépression, sont fréquemment observés lors de symptômes persistants après un épisode de Covid-19 (Covid long). Le poids de ces troubles sur la qualité de vie est souvent considérable et ils contribuent à l’ensemble du handicap invisible que les personnes qui souffrent de Covid long doivent supporter, au même titre que la fatigue, les douleurs chroniques ou les troubles de la mémoire et de l’attention (troubles cognitifs).

Quels sont les troubles psychologiques ou psychiatriques associés au Covid long ?

Les principaux troubles psychiatriques que développent les personnes qui présentent des symptômes prolongés de la Covid-19 (Covid long) sont les troubles anxieux, le trouble de stress post-traumatique et les troubles dépressifs, qui peuvent coexister chez une même personne. Par ailleurs, il arrive que le Covid long soit à l’origine d’une aggravation d’un trouble psychiatrique préexistant.

Parmi les différents troubles anxieux décrits chez les personnes qui souffrent de Covid long, le trouble anxieux généralisé est le plus fréquent : l’anxiété est diffuse, persistante, irrationnelle et concerne la plupart des situations de la vie quotidienne. Elle peut s’accompagner de troubles du sommeil ou de symptômes physiques : 

  • fatigue, 
  • troubles de concentration et d’attention, 
  • palpitations, 
  • douleur ou oppression thoracique, 
  • sueurs, 
  • tremblements, 
  • tensions et douleurs musculaires, 
  • sensation de suffocation, 
  • sensations de vertige, 
  • nausées, 
  • diarrhée, 
  • engourdissements ou picotements, 
  • étourdissements, 
  • vertiges, etc.

La survenue d’une attaque de panique est également possible : sans signes annonciateurs, l’anxiété se concentre de manière intense sur une période très courte, quelques minutes à peine, avec la sensation d’une mort imminente ou de devenir fou.

Le trouble de stress post-traumatique est fréquent. Il se développe à la suite d’un événement traumatisant ayant entraîné une détresse intense et soudaine (par exemple une hospitalisation ou un passage en service de réanimation). La personne revit en permanence l’événement à travers des souvenirs, des cauchemars ou des flash-backs qui la saisissent par surprise. D’autres symptômes peuvent survenir : hypervigilance, troubles du sommeil, irritabilité, détresse, difficultés à se concentrer, crises d’anxiété, etc.

Les troubles dépressifs se traduisent par :

  • de la tristesse, 
  • une perte de motivation et de plaisir pour les choses qui étaient jusque-là plaisantes, 
  • une perte d’espoir dans son futur, 
  • de la fatigue, 
  • des troubles de concentration et d’attention, etc. 

Ces symptômes sont présents quasiment en permanence, quasiment tous les jours, pendant au moins 2 semaines et perturbent la vie quotidienne de manière importante. 

Des idées suicidaires, voire des tentatives de suicide, peuvent également être observées, qui sont des complications des troubles dépressifs.

Les troubles du sommeil sont fréquents : insomnie ou excès de sommeil, difficultés d’endormissement, cauchemars, par exemple. Ils ne sont pas toujours en lien avec l’anxiété.

Quels sont les facteurs de risque de ces troubles psychiatriques ?

L’âge, une hospitalisation ainsi que sa durée, et l’existence d’antécédents personnels d’anxiété augmentent le risque de troubles anxieux associés au Covid long. Concernant la dépression, les facteurs de risque sont principalement la sévérité de l’infection initiale, le passage en unité de soins intensifs lors de l’infection aiguë, l’isolement, ainsi que des antécédents de dépression. 

L’hospitalisation, et en particulier le passage en réanimation ou l’intubation, augmente le risque de stress post-traumatique de manière plus importante que dans le cas des troubles anxieux ou dépressifs. De plus, le contexte anxiogène de la pandémie, principalement pendant les confinements, contribue également à l’apparition de ces troubles.

Au-delà des facteurs de risque associés au Covid-19, il existe des facteurs de risque d’anxiété et de dépression plus généraux : selon une enquête menée en 2021 par la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques), ces troubles sont plus fréquents chez les jeunes, les femmes, les personnes en situation de précarité économique, ayant un faible soutien social, ayant des antécédents migratoires récents, résidant dans des zones de forte densité urbaine, présentant un handicap ou… ayant eu des symptômes évocateurs d’une contamination par le virus de la Covid-19.

De plus, les troubles dépressifs peuvent être favorisés par des événements de la vie (deuil, perte d’emploi, séparation, etc.), mais aussi par l’isolation, comme observé lors des périodes de confinement.

Quelles sont les causes des troubles psychiatriques associés au Covid long ?

Les causes des troubles psychiatriques associée aux symptômes prolongés de la Covid-19 sont encore mal connues. Elles conjuguent probablement à la fois des mécanismes psychologiques, sociaux et biologiques.

La diminution de la qualité de vie, associée aux incertitudes sur l’évolution de la maladie et ses causes, mais aussi à l’absence de traitements spécifiques, favorisent un sentiment de perte de contrôle de son destin et une impression d’impuissance. L’impact de la maladie sur la vie affective, familiale et amicale, est important. Les conséquences en termes d’isolement social, de décrochage scolaire, d’arrêts maladie prolongés, de nécessité d’adaptation des conditions de travail, voire de précarisation sont réelles, ce qui pèse sur le bien-être psychique. La persistance d’autres symptômes, en particulier les douleurs chroniques, les troubles du sommeil ou la fatigue, contribuent également à l’apparition d’anxiété et de dépression.

De plus, en l’absence de critères de diagnostic spécifiques au Covid long et du fait de la très grande variété des symptômes signalés, les réponses faites aux demandes des patients peuvent être perçues comme une remise en cause de la réalité de leur souffrance, qu’il s’agisse de leur entourage familial, professionnel, médical ou social, et prennent parfois un aspect stigmatisant éprouvant. Sur le plan professionnel, les difficultés que peuvent rencontrer les patients dans la reconnaissance de leur maladie, ou dans la complexité des arrêts de travail, aggravent les troubles psychiatriques.

Enfin, sur le plan biologique, il ne peut être exclu que les désordres immunologiques, inflammatoires ou hormonaux associés au Covid long puissent entrainer par eux-mêmes des troubles psychologiques ou psychiatriques.

Que fait le médecin face à des troubles psychiatriques associés au Covid long ?

Lorsqu’une personne souffre de troubles psychiatriques dans le cadre de symptômes persistants après un Covid-19, le médecin recherche systématiquement les antécédents de troubles psychiatriques avant l’épisode de Covid-19 (prescriptions de médicaments de ces troubles, suivi psychothérapeutique, éléments déclenchants, etc.). Il interroge également la personne sur ses émotions et sur leur impact sur sa vie quotidienne. Lorsque la personne signale des troubles dépressifs, il s’enquiert d’éventuelles idées suicidaires.

Par ailleurs, la présence de troubles psychiatriques peut contribuer à certains des symptômes physiques décrits par la personne. Cela ne signifie pas sur le médecin considère que ces troubles sont à eux seuls responsables de la maladie, mais simplement qu’ils peuvent contribuer à déclencher ou aggraver ces symptômes. Cela est particulièrement le cas lorsque la personne signale de la fatigue, des troubles de la concentration et de l’attention, des troubles du sommeil, mais aussi lors d’oppression thoracique, de sensations de vertige, de perte d’appétit, etc. L’ensemble de ces symptômes peuvent néanmoins exister en dehors d’un trouble dépressif ou anxieux.

Quels sont les traitements des troubles psychiatriques associés au Covid long ?

Face à des troubles psychiatriques chez une personne qui souffre de Covid long, le médecin cherche tout d’abord à établir un climat de confiance réciproque dans lequel il ou elle reconnaît la réalité des symptômes et de leur retentissement. Il répond aux questions qui peuvent nourrir l’anxiété et aide la personne à exprimer ses émotions.

Comme chez toutes les personnes qui souffrent d’anxiété ou de dépression, le traitement de ces troubles repose à la fois sur une prise en charge psychothérapeutique et, si nécessaire, la prescription de médicaments (anxiolytiques en traitement court, antidépresseurs en traitement prolongé), en l’adaptant pour ne pas aggraver d’autres troubles (par exemple les troubles cognitifs). Le recours à un psychiatre ou un psychologue peut être nécessaire. Quand cela est compatible avec l’état de la personne, une activité physique adaptée à ses capacités est également encouragée.

Que faire soi-même pour soulager les troubles anxieux associés au Covid long ?

Au-delà de la prise en charge thérapeutique, les personnes qui souffrent de troubles anxieux peuvent, si elles le souhaitent et dans la mesure de leurs capacités :

  • se former à une technique de relaxation à leur goût (yoga, méditation, sophrologie, etc.) ;
  • diminuer, voire cesser, leur consommation de tabac et de produits excitants par exemple ceux contenant de la caféine (café, thé, chocolat noir, maté, guarana, sodas énergisants) car celle-ci aggrave les troubles anxieux ;
  • pratiquer une activité physique adaptée à leurs capacités ;
  • mettre en place des mesures destinées à améliorer la qualité de leur sommeil (lien) ;
  • s’entourer de proches ou d’amis à l’écoute et partager de bons moments avec eux.

Pour aller plus loin

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La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

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