Paris sportifs : connaître les risques, aussi pour sa santé

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Publié le 29/06/2026

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Les paris sportifs sont aujourd'hui la deuxième forme de jeu la plus pratiquée en France, derrière les loteries. Le phénomène touche en particulier les jeunes adultes : 64 % des parieurs sportifs ont entre 18 et 34 ans.  

Mais au-delà du nombre, ce sont aussi les jeux d’argent qui présentent le plus gros risque pour les joueurs : environ 15 parieurs sur 100 développent un jeu problématique [1], un taux plus élevé que pour les autres formes de jeux d'argent. Comme tout jeu d'argent, les paris sportifs comportent des risques pour la santé (financiers, psychologiques, relationnels) qui peuvent s'installer progressivement. Cette page fait le point sur ces risques et les mécanismes mis en place pour encourager les paris, et sur les ressources pour se faire aider si l’on se sent concerné. 

Les paris sportifs, c'est plus que de l'argent en jeu

On pense souvent que le seul risque des paris sportifs, c'est de perdre de l'argent. C'est inexact. Pertes financières, troubles du sommeil, isolement, dépression : les conséquences d'une pratique problématique touchent tous les domaines de la vie.  

Ces conséquences ne concernent pas seulement les cas extrêmes. Elles peuvent s'installer progressivement, souvent sans qu'on s'en rende compte.

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Trois idées reçues à connaître 

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« Je connais bien le sport, j'ai plus de chances de gagner »

C'est l'une des croyances les plus répandues chez les parieurs. Les paris sportifs allient connaissances sportives et hasard. C'est pourquoi il est fréquent de penser que plus on est informé, plus nos chances de gagner sont importantes. Certains joueurs passent beaucoup de temps à étudier les statistiques des matchs, consulter des pronostics, s'informer sur l'état de forme des joueurs. Cela les renforce dans la croyance qu'ils peuvent prédire l'issue d'un match : c'est l'illusion de contrôle. 

En réalité, la part du hasard est importante. De nombreux évènements imprévisibles influencent le résultat final : blessure d'un joueur, erreur d'arbitrage, météo. Le système de cotes implique que pour obtenir un gros gain, le parieur doit miser sur un résultat improbable. Dans ces conditions, les parieurs même très expérimentés ne peuvent jamais vraiment gagner beaucoup d'argent. 

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« Rejouer après une perte, c'est normal »

Par la suite, plus le joueur joue, plus il perd de l'argent. L'espoir de gagner se transforme en espoir de se refaire. Jouer n'est plus un plaisir mais une nécessité, car il s'agit de regagner l'argent perdu. C'est un moment où le jeu devient particulièrement central dans ses préoccupations.

Ce mécanisme est documenté et prévisible. Lorsqu'on gagne, l'euphorie pousse à parier à nouveau, et lorsqu'on perd, la déception et l'espoir de gagner ou de « se refaire » incitent également à parier rapidement sur un autre match. Les deux situations, gagner et perdre, poussent donc dans la même direction : continuer à jouer. 

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« Le seul risque, c'est l'argent »

La perte d’argent n’est pas le seul risque des paris sportifs : lorsque le jeu devient problématique, le jeu peut avoir des conséquences dans tous les domaines de la vie.  

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La préoccupation permanente pour le jeu engendre une tension chez le joueur. Il peut ressentir une forte excitation avant de jouer ou pendant le jeu, se sentir très frustré quand il ne peut pas jouer, être très abattu, découragé ou agressif quand il perd. Ces changements d'humeur répétés perturbent l'équilibre psychologique. Avec le temps, le mal-être s'accentue et peut plonger le joueur dans une dépression.  

La pratique du jeu isole également le joueur et diminue le temps et l'attention accordés aux proches, aux enfants, à la famille. Les mensonges et les comportements imprévisibles peuvent dégrader le climat familial ou amical.  

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Comment ça bascule : les trois phases du jeu problématique

Dans les parcours des joueurs en difficulté, on retrouve souvent trois étapes : une phase de gain initiale, qui entretient l'envie de rejouer ; une phase de perte, où jouer devient une nécessité pour se refaire ; puis une phase de désespoir, où le jeu devient une obsession et l'état dépressif s'installe.

Cette trajectoire n'est pas inévitable. Elle est d'autant plus facile à éviter qu'on peut en identifier les signes d’alerte.  

Si vous ou un proche voyez la pratique du jeu prendre de plus en plus de place, une aide existe : Joueurs Info Service, au 09 74 75 13 13 (7j/7 de 8h à 2h, appel anonyme non surtaxé) ou par chat

Est-ce que j’ai un problème avec le jeu ? Les signaux d'alerte

Il peut être utile de s'interroger si vous reconnaissez certains de ces comportements :

  • Vous pensez souvent aux paris, même quand vous faites autre chose.
  • Vous misez plus que prévu, ou plus que vous ne pouvez vous le permettre.
  • Vous rejouez rapidement après une perte pour « vous refaire ».
  • Vous cachez à vos proches que vous pariez, ou l'ampleur de vos mises.
  • Vous ressentez de l'irritation ou de l'anxiété quand vous ne pouvez pas jouer.

Les paris se font majoritairement en ligne, ce qui augmente le risque d'addiction : la possibilité de parier partout et à tout moment, la dématérialisation de l'argent joué, le fait de jouer seul loin du regard des autres peuvent faire perdre la notion du temps passé et de l'argent dépensé.  

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Vous pouvez être aidé

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Joueurs Info Service est le service national d'aide et d'écoute dédié aux personnes en difficulté avec les jeux d'argent, ainsi qu'à leur entourage.

09 74 75 13 13 - appel anonyme, non surtaxé, 7j/7 de 8h à 2h 
Chat disponible sur joueurs-info-service.fr

L'aide est gratuite. Il n'est pas nécessaire d'attendre d'être en difficulté grave pour y avoir recours. 

👉 Les risques des paris sportifs pour la santé : l'essentiel à retenir

  • Les paris sportifs ne se limitent pas à un risque financier : ils peuvent affecter la santé psychologique, les relations et la vie professionnelle.  
  • Certains mécanismes ( l'illusion de contrôle, l'envie de se refaire, l'accessibilité permanente des plateformes en ligne) favorisent la perte de contrôle, parfois sans qu'on s'en aperçoive.  
  • Si vous reconnaissez certains de ces signes chez vous ou un proche, Joueurs Info Service est disponible 7j/7 au 09 74 75 13 13 ou par chat

Sources :

 

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

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Ebola : que sait-on du variant Bundibugyo qui circule en RDC et en Ouganda ?

Information proposée par : 

Inserm - Canal Détox

29/06/2026 5 mins de lecture

Origine, transmission, espoirs pour la recherche… L’ANRS Maladies infectieuses émergentes, agence dédiée, et l’Inserm font le point sur les données scientifiques disponibles sur le variant Bundibugyo d’Ebola, à l’origine d’une épidémie en République démocratique du Congo déclarée comme  « urgence sanitaire de portée internationale » par l’OMS.

D’où vient ce virus ?Le virus Bundibugyo est une forme du virus Ebola identifiée pour la première fois en 2007 en Ouganda, puis observée à nouveau lors d’une épidémie en 2012 en République démocratique du Congo (RDC)[1].

Comme les autres virus Ebola, il est probablement d’origine animale. Les chercheurs pensent qu’il circule chez certaines chauves-souris qui se nourrissent de fruits, avant de passer à l’humain. La contamination survient le plus souvent lors de contacts étroits avec des animaux infectés, vivants ou morts, notamment en zone forestière.

Les deux flambées précédemment rapportées présentaient des taux de létalité respectifs de 31 % et 34 %. 

Comment se transmet-il entre les personnes ?

Le virus Ebola se transmet par contact direct avec des fluides corporels tels que le sang, la salive, l’urine, le lait maternel, le sperme, la sueur, les selles et les vomissures des personnes infectées.
Les personnes contaminées ne sont pas contagieuses avant l’apparition des symptômes, mais elles le deviennent dès les premiers signes de la maladie[2].
Les soins prodigués sans mesures de prévention ni contrôle des infections, les soins à domicile et les pratiques funéraires impliquant un contact rapproché avec les corps sont des circonstances majeures de transmission3.

Sur quoi repose le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur un test réalisé en laboratoire, qui permet de détecter la présence du virus dans le sang. Des tests antigéniques rapides peuvent être utilisés en première intention dans les zones éloignées, mais nécessitent une confirmation par PCR[3]. 

Quels sont les symptômes ?

Après une incubation qui peut aller de 2 à 21 jours2, la maladie se manifeste d’abord par des symptômes évoquant ceux d’une grippe : une fièvre, une grande fatigue, des maux de tête ou des douleurs musculaires.
Des troubles digestifs (vomissements, diarrhées, douleurs abdominales…) peuvent ensuite apparaître, suivis, dans certains cas, de saignements et/ou d’atteintes touchant plusieurs organes.

Faut-il craindre une propagation du virus à Mayotte ?

Les modélisations réalisées à ce stade par Vittoria Colliza, directrice de recherche à l’Inserm, avec Santé publique France montrent que le risque d’importation du virus en France hexagonale et à Mayotte est très faible. Elles seront constamment mises à jour afin d’anticiper au mieux l’évolution de l’épidémie. De plus, il n’existe pas de connexion aérienne directe entre la région aujourd’hui concernée par l’épidémie et l’Hexagone[4].

Consulter la carte interactive des cas d’Ebola.

Comment l’ANRS MIE est-elle mobilisée face à cette épidémie ?

L’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE), agence autonome de l’Inserm dédiée aux maladies infectieuses émergentes, a été désignée par l’OMS pour coordonner le Collaborative Open Research Consortium (CORC) consacré aux filovirus afin d’anticiper et de répondre aux menaces sanitaires émergentes comme Ebola et Marburg. Actuellement, il n’existe aucun vaccin ni traitement homologué contre la souche Bundibugyo.

Dès le signalement des premiers cas, l’ANRS MIE, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ont réuni des experts pour préparer la mise en place rapide des essais cliniques, en particulier ceux portant sur les traitements et les vaccins, et de définir les priorités scientifiques et opérationnelles de la réponse.

Un protocole international appelé Partner a été activé pour permettre d’évaluer rapidement des traitements en situation d’épidémie. En parallèle, des études sont prévues pour suivre des personnes exposées au virus et tester des stratégies de prévention médicamenteuses après exposition, dont l’étude EBO-PEP sponsorisée par l’ANRS MIE[5]. Des travaux sont également en cours pour pouvoir déployer rapidement des essais vaccinaux si nécessaire.

Enfin, l’ANRS MIE est également mobilisée à travers son dispositif Émergence de réponse aux crises. Une cellule Émergence de niveau 1 est ouverte pour suivre activement les épidémies à filovirus. Cette activité consiste à mettre en place une veille scientifique renforcée ainsi qu’à définir les priorités de recherche en lien avec les communautés scientifiques, les groupes d’experts et les associations, et à produire de l’information à destination des décideurs publiques. Le suivi de l’épidémie à virus Ebola Bundibugyo de mai 2026 s’inscrit dans cette démarche.

Où en est la recherche sur les traitements ?

Plusieurs traitements sont actuellement à l’étude, avec des niveaux de preuve encore limités chez l’humain pour ce variant précis.
Le candidat le plus avancé est un traitement à base de deux anticorps capables de neutraliser le virus, appelé MBP134, qui a été testé sur des primates non humains, avec des résultats encourageants[6].

Une version optimisée, appelée MBP431, a également été développée pour agir plus longtemps dans l’organisme et être plus simple à administrer, notamment par injection intramusculaire. Testée chez l’animal, cette forme pourrait faciliter son utilisation sur le terrain, en particulier chez des personnes récemment exposées au virus, afin d’éviter le développement de la maladie[7].

Un autre médicament, le remdesivir, déjà utilisé contre la Covid-19, montre une activité antivirale contre le variant Bundibugyo en laboratoire [8],[9]. Cependant, son efficacité chez l’humain n’est pas démontrée à ce stade.

Enfin, un antiviral appelé obeldesivir est également étudié. Administré par voie orale, il pourrait présenter un intérêt particulier en contexte d’épidémie, car il serait plus facile à distribuer rapidement à des personnes exposées. Mais là encore, les données disponibles restent pour le moment limitées[10].

Et les vaccins ?

À ce jour, aucun vaccin spécifiquement conçu contre le virus Bundibugyo n’est disponible.

Le vaccin Ervebo, utilisé contre une autre forme d’Ebola, pour la souche Zaïre, est le seul actuellement homologué et disponible en stock. Des données chez l’animal suggèrent qu’il pourrait offrir une protection partielle contre Bundibugyo[11], de l’ordre de 70 à 80 %, mais cela n’a pas été confirmé chez l’humain.

Un autre schéma vaccinal, Zabdeno/Mvabea, développé contre Ebola Zaïre, semble peu adapté à ce variant, car il cible principalement une autre souche du virus[12].

Plusieurs candidats vaccins spécifiquement dirigés contre Bundibugyo sont en cours de développement, comme rVSV-BDBV GP, qui a montré une protection chez l’animal, y compris après exposition. D’autres approches visent une protection plus large contre plusieurs virus Ebola, mais elles en sont encore à des stades précoces de recherche et ne sont pas disponibles à ce stade.

Auteur : Inserm - Canal Détox

Ce texte a été écrit avec le soutien de Yazdan Yazdanpanah,directeur de l’ANRS MIE, et d’Eric d’Ortenzio,responsable scientifique à l’ANRS MIE.

Article à retrouver ici : https://presse.inserm.fr/canal-detox/ebola-que-sait-on-du-variant-bundibugyo-qui-circule-en-rdc-et-en-ouganda/ 

Bibliographie

[1] Maganga, G. D. et al. Ebola Virus Disease in the Democratic Republic of Congo. N.  Engl. J. Med. 371, 2083–2091 (2014)
[2] Ebola disease. https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/ebola-disease.
[3]MacNeil, A. et al. Proportion of Deaths and Clinical Features in Bundibugyo Ebola Virus Infection, Uganda. Emerg. Infect. Dis. 16, 1969–1972 (2010).
[4] https://www.info.gouv.fr/communique/ebola-point-de-situation-et-mesures…
[5] https://anrs.fr/recherche/projets-de-recherche/ebo-pep-maladie-virus-eb…
[6] Bornholdt, Z. A. et al. A two-antibody pan-ebolavirus cocktail confers broad therapeutic protection in ferrets and nonhuman primates. Cell Host Microbe 25, 49-58.e5 (2019).
[7] Patel, A. & Weiner, D. B. It Takes a Matured mAb to Treat Ebolavirus Infection. Cell Host Microbe 25, 10–12 (2019).
[8] Radoshitzky, S. R. et al. Expanded profiling of Remdesivir as a broad-spectrum antiviral and low potential for interaction with other medications in vitro. Sci. Rep. 13, 3131 (2023).
[9] Lo, M. K. et al. GS-5734 and its parent nucleoside analog inhibit Filo-, Pneumo-, and Paramyxoviruses. Sci. Rep. 7, 43395 (2017).
[10] Cross, R. W. et al. Oral obeldesivir provides postexposure protection against Marburg virus in nonhuman primates. Nat. Med. 31, 1303–1311 (2025).
[11] Falzarano, D. et al. Single Immunization with a Monovalent Vesicular Stomatitis Virus–Based Vaccine Protects Nonhuman Primates Against Heterologous Challenge with Bundibugyo ebolavirus. J. Infect. Dis. 204, S1082–S1089 (2011).
[12] Bockstal, V. et al. Assessments of different batches and dose levels of a two-dose Ad26.ZEBOV and MVA-BN-Filo vaccine regimen. NPJ Vaccines 6, 157 (2021)

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Dépistage néonatal : pourquoi est-ce important ?

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Publié le 11/09/2025

Information proposée par mpedia, site d’informations santé pour les parents, édité par l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA)

En 2022, on célébrait les 50 ans du dépistage néonatal en France. Cet examen de santé publique réalisé chez tous les nouveau-nés dans les jours suivant la naissance, permettait de dépister 6 maladies métaboliques graves, auxquelles a été ajouté le dépistage de la surdité. Début 2023, ce dépistage est étendu à 7 maladies supplémentaires. Depuis le 1er septembre 2025, 3 nouvelles maladies viennent encore compléter ce programme national, portant à 16 le nombre de maladies recherchées chez les nouveau-nés.

Qu’est-ce que le dépistage néonatal ? Quelles maladies permet-il de détecter ? Retrouvez dans cet article les nouvelles recommandations mises en place en 2023 concernant le dépistage néonatal.

Je retiens !

  • Le dépistage néonatal est systématiquement proposé à tous les nouveau-nés en France avec l’accord des parents.
  • Il est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.
  • Depuis septembre 2025, 16 maladies sont désormais recherchées grâce à ce dispositif.
  • Ce programme de santé publique continue d’évoluer : de nouvelles extensions sont déjà prévues en 2026.

En quoi consiste le dépistage néonatal ?

Le dépistage néonatal est proposé aux parents de chaque enfant né en France, à la maternité, dans les jours qui suivent la naissance. Financé par l’assurance maladie et réalisé avec l’accord des parents, ce dépistage aussi appelé « test de Guthrie » repose sur le prélèvement de quelques gouttes de sang au niveau du talon. Celles-ci sont ensuite déposées sur un papier buvard pour être analysées dans un centre régional de dépistage néonatal (CRDN) chargé de faire les analyses.

Quel est l’intérêt de ce dépistage ?

À partir d’un seul et infime prélèvement sanguin, il est possible de détecter un ensemble de maladies rares mais graves pour la santé, la croissance et le développement de l’enfant. Un diagnostic précoce, avant l’apparition des premiers signes cliniques, réduit considérablement la morbidité et le risque de séquelles potentielles.

En effet, ces maladies souvent d’origine génétique, ne sont pas visibles à la naissance. Les détecter très tôt avec ce test de dépistage permet de traiter les enfants et de leur proposer un accompagnement rapidement. Depuis 1972, plus de 35 millions d’enfants ont été dépistés et 23 500 enfants ont été pris en charge grâce à ce dépistage.

Quelles maladies sont dépistées ?

Depuis sa mise en place en 1972, le dépistage néonatal dépistait 6 maladies, à savoir :

  • La phénylcétonurie, due au déficit d’une enzyme qui transforme la phénylalanine présente dans l’alimentation. C’est la plus fréquente des maladies touchant le métabolisme des acides aminés.
  • L’hypothyroïdie congénitale, qui se traduit par une insuffisance de sécrétion des hormones thyroïdiennes soit parce que la glande thyroïde est absente, soit parce qu’elle est anormale ou parce qu’il existe une anomalie de synthèse des hormones par la glande. En l’absence de traitement, l’hypothyroïdie entraine un retard de croissance et de développement et un retard mental.
  • L’hyperplasie congénitale des surrénales, due à une anomalie de synthèse des hormones surrénaliennes (absence d’une enzyme permettant la synthèse du cortisol). Il existe différentes formes de cette maladie (selon la nature de l’anomalie enzymatique), le risque est surtout une déshydratation sévère à quelques semaines de vie et mortelle sans traitement.
  • La mucoviscidose, maladie génétique qui entraîne des infections respiratoires sévères et répétées ainsi que des complications digestives. En France, un enfant atteint de mucoviscidose naît tous les 3 jours. Par ailleurs, 2 millions de français sont porteurs sains du gène responsable de cette maladie, et peuvent la transmettre à leur enfant sans le savoir.
  • Le déficit en MCAD (Medium-Chain-Acyl-CoA Déshydrogènase), qui entraîne une difficulté de l’organisme à utiliser les graisses comme source d’énergie.
  • La drépanocytose, maladie génétique qui affecte la synthèse de l’hémoglobine et entraine la production d’une hémoglobine anormale (hémoglobine S) et qui a des conséquences redoutables (crises douloureuses articulaires, anémie, risque accru d’infections). La fréquence en France est de 1/1500. Le dépistage de la drépanocytose est désormais recommandé pour tous les nouveau-nés et n’est plus limité aux populations dites à risque.

Depuis le 1er janvier 2023, le Ministère de la Santé et de la Prévention a étendu le dépistage néonatal à la recherche de 7 erreurs innées du métabolisme qui empêchent l’utilisation par l’organisme de certains acides aminés présents dans les protides  ou acides gras présents dans le graisses. Ces maladies héréditaires aux conséquences graves souvent rapidement mortelles ne nécessitent généralement pas de traitement médicamenteux particulier, mais elles nécessitent un régime alimentaire adapté et une supplémentation vitaminique…) :

  • Le déficit primaire en carnitine : maladie provoquant un dysfonctionnement cardiaque d’apparition brutale, souvent associé à des crises hypoglycémiques récurrentes et/ou un coma.
  • L’acidurie glutarique de type 1 : maladie génétique, qui entraîne des troubles neurologiques aigus chez les enfants.
  • L’homocystinurie : anomalie relative à la vitamine B12 caractérisée par une anémie, une atteinte neurologique cérébrale et parfois un retard de développement.
  • La leucinose : maladie génétique liée à un déficit enzymatique qui se caractérise par des difficultés d’alimentation, des vomissements, des troubles neurologiques cérébraux et, en l’absence de traitement, une insuffisance respiratoire.
  • La tyrosinémie de type 1 : atteinte du foie grave (vomissements, diarrhée, ictère, hypoglycémie, œdème…) et des reins.
  • L’acidurie isovalérique : maladie se manifestant de manière brutale entre 3 et 6 mois, et responsable de troubles aigus à la naissance (vomissements, convulsions) ou plus tardifs (retard de croissance et/ou de développement).
  • Le déficit en LCAHD : Le déficit en 3-hydroxyacyl-coenzyme A déshydrogénase des acides gras à chaîne longue, se caractérise par une crise associant une hypoglycémie, une atteinte du foie et du cœur.

Le dépistage de ces 7 nouvelles erreurs innées du métabolisme vient s’ajouter au dépistage de la surdité permanente et des 6 maladies déjà détectées lors du dépistage néonatal.

Extension du dépistage néonatal à 3 maladies supplémentaires en 2025

Depuis le 1er septembre 2025, le programme national de dépistage néonatal s’élargit encore : trois nouvelles maladies rares mais graves peuvent désormais être détectées dès les premiers jours de vie, permettant une prise en charge rapide et adaptée.

Déficits immunitaires combinés sévères (DICS) : 

  • maladie qui affaiblit gravement le système immunitaire et expose à des infections potentiellement mortelles ;
  • touche environ 1 bébé sur 63 500 naissances ;
  • peut être traitée par greffe de moelle osseuse.

Amyotrophie spinale infantile (SMA) :

  • maladie neuromusculaire évolutive entraînant une paralysie progressive ;
  • en Europe, 1 bébé sur 10 000 est concerné ;
  • des thérapies géniques permettent aujourd’hui d’améliorer considérablement la prise en charge.

Déficit en acyl-coenzyme A déshydrogénase des acides gras à chaîne très longue (VLCAD) :

  • empêche l’organisme d’utiliser correctement certains acides gras pour produire de l’énergie ;
  • prévalence : environ 1 nouveau-né sur 100 000 ;
  • une alimentation adaptée permet de prévenir les complications.

Quelle prise en charge en cas de résultat anormal ?

Les résultats du dépistage néonatal ne sont communiqués aux parents qu’en cas de test anormal ou douteux. Un résultat anormal à un test de dépistage doit obligatoirement être vérifié au plus vite et confirmé. Ensuite, le processus de prise en charge complet se met en place : information aux parents, prise de rendez-vous avec un médecin spécialiste et, si le diagnostic est confirmé, mise en place du traitement, puis organisation de l’accompagnement adapté.

Le dépistage des troubles de l’audition

En plus des 16 maladies dépistées, des tests de surdité sont réalisés à la maternité. En effet, environ un bébé sur 1000 présente un déficit auditif à la naissance.

Le test de la surdité permanente a lieu avant la sortie de la maternité, dans un environnement silencieux, quand l’enfant est calme ou endormi. 2 tests de dépistage sont utilisés :

  • Les OEAA (Oto Emissions Acoustiques Automatisées)

La technique des OEAA consiste à envoyer un petit son dans l’oreille de votre bébé et à recueillir la réponse de la cochlée (l’organe de l’audition) à cette stimulation sonore.

  • Les PEAa (Potentiels Evoqués Auditifs automatisés)

Les PEAa explorent le fonctionnement des voies de l’audition (oreille interne, nerf auditif, aires cérébrales de l’audition). Elles sont à privilégier dans la population des nouveau-nés à risque (prématurés, enfants nés avec un retard de croissance, hospitalisation en unité de soins intensifs, infection néonatale …)

Néanmoins, ne soyez pas étonnés si l’on ne réalise pas ce test chez votre enfant, car le dépistage des troubles de la surdité n’est pas généralisé en France bien qu’il soit recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS).

Pour aller plus loin

Cliquez-ici pour savoir où se situe le centre régional de dépistage néonatal (CRDN) dans votre région.

Liens utiles

À retrouver sur https://www.mpedia.fr/art-depistage-neonatal/

www.mpedia.fr, est un site de soutien à la parentalité porté par l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA). Son objectif est de mettre à la disposition des futurs parents et des parents d’enfants de 0 à 11 ans des informations scientifiquement fiables sur le développement et la santé des enfants.  Ce site est d’accès gratuit et sans publicité. 
Vous y trouverez de très nombreux articles traitant de la santé physique ou psychologique, des maladies, de la nutrition, du sommeil, de la parentalité et de l’éducation, de l’école, du comportement… du début de la grossesse aux portes de l’adolescence. Ces articles sont écrits par plus de 170 experts de la santé de la petite enfance.
Vous pouvez aussi consulter les réponses apportées par nos pédiatres à plus de 10 000 questions posées par les parents. 

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