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Publié le 28/06/2023
Information proposée par Institut national de la santé et de la recherche médicale - Inserm
Pour beaucoup, la Covid-19 n’est plus qu’un mauvais souvenir. Mais pour au moins 2 millions de personnes en France, elle reste un cauchemar quotidien. Depuis qu’elles ont été infectées par le SARS-CoV2 – il y a des semaines, des mois, voire des années – elles souffrent de symptômes invalidants face auxquels les médecins sont largement démunis. Ces personnes sont atteintes de Covid long, une maladie chronique dont les causes sont incontestablement biologiques, mais dont les mécanismes restent encore incompris.
Comme si cela ne suffisait pas d’avoir eu la Covid-19, environ une personne sur 10 développe des symptômes prolongés de la maladie. Certains sont présents dès la phase aiguë de l’infection et persistent ensuite pendant des semaines ou des mois. D’autres peuvent apparaître plus tard, alors que le patient s’imagine presque rétabli.
Il peut s’agir :
On parle de Covid long lorsque de tels symptômes apparaissent à la suite d’une infection par le SARS-CoV‑2, altèrent la qualité de vie du patient, sont présents depuis au moins deux mois (avec une intensité qui peut fluctuer selon les jours, une alternance d’améliorations et de rechutes) et ne peuvent être expliqués par un autre diagnostic.
À ce jour, on ne sait pas quels sont les facteurs qui conduisent certains à développer un Covid long : tout le monde semble potentiellement concerné, y compris des jeunes adultes en bonne santé, des enfants et des adolescents.
Et bien qu’il soit plus fréquent à l’issue d’une forme sévère de la Covid-19, il touche aussi des personnes chez lesquelles l’infection de départ a été modérée ou même asymptomatique. Il faut dire qu’on ne comprend pas encore grand-chose aux ressorts biologiques de cette maladie. Néanmoins, la recherche biomédicale a identifié plusieurs pistes solides qu’elle continue à explorer : le Covid long est vraisemblablement la conséquence d’anomalies dans le fonctionnement du système immunitaire qui conduiraient à l’instauration d’un état inflammatoire chronique, capable d’affecter tous les tissus et tous les organes.
Plusieurs études suggèrent que cette inflammation délétère serait causée par la persistance du coronavirus dans l’organisme des patients, probablement dans des cellules des muqueuses intestinales – un tissu relativement « permissif » car il doit tolérer la présence du microbiote local. Parmi les autres pistes explorées, citons celle de l’auto-immunité (l’infection par SRAS-CoV‑2 déclencherait la production d’anticorps qui s’attaquent à l’organisme du patient), celle de la réactivation de virus dormants (autres que le coronavirus) ou encore celle d’un déséquilibre du microbiote (dysbiose).
En attendant que ces pistes de recherche aboutissent et permettent le développement de traitements spécifiques qui cibleraient les mécanismes clés de la maladie, la prise en charge du Covid long reste symptomatique. Elle doit être personnalisée et s’accompagner d’une éducation thérapeutique pour aider le patient à connaître ses limites et à vivre le mieux possible avec sa maladie. Point « positif », dans la plupart des cas, le Covid long se résout de lui-même dans l’année suivant l’infection par le SRAS-CoV‑2.
À retrouver sur https://www.inserm.fr/c-est-quoi/interminable-cest-quoi-le-covid-long/
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Publié le 28/06/2023
Information proposée par Haute Autorité de Santé - HAS
Le syndrome post-réanimation (Post intensive Care Syndrome - PICS) se traduit par la persistance de symptômes physiques, psychologiques ou cognitifs après une hospitalisation en réanimation. Ces symptômes peuvent perdurer pendant plusieurs mois voire années, et entraînent des répercussions significatives sur la qualité de vie et la réintégration socio-professionnelle des patients. Alors que le nombre de passages en réanimation a augmenté durant la crise du Covid-19, la Haute Autorité de santé publie des recommandations en vue d’accompagner les professionnels dans la prévention, le dépistage et la prise en charge des personnes atteintes d’un syndrome post-réanimation. Elle recommande notamment de mettre en place un repérage des facteurs de risque à l’admission du patient en réanimation et une évaluation clinique avant la sortie, répétée entre trois et six mois après le passage en réanimation.
La réanimation est un service hospitalier spécialisé dédié à la prise en charge des patients dont l'état de santé est critique en raison d’une maladie ou d’un traumatisme grave, des suites d’une chirurgie lourde ou d’un coma. Ils y sont sous surveillance continue et font l’objet d’une prise en charge permettant de suppléer à la défaillance d’une ou plusieurs fonctions vitales (pulmonaire, cardiaque, rénale…).
A la suite de leur passage en réanimation, les patients peuvent présenter des symptômes physiques, psychologiques et cognitifs persistants : on parle de PICS (post-intensive care syndrome) ou syndrome post-réanimation.
Le syndrome post-réanimation peut être d’intensité variable et se caractérise par des symptômes physiques chez environ 40 % des patients sortant de réanimation (troubles musculaires et neurologiques, atteintes ostéoarticulaires, séquelles cutanées et autres séquelles spécifiques d'organes). Il se manifeste également par des troubles psychologiques ou psychiatriques chez 20 à 35 % des patients (troubles anxieux, dépressifs ou post-traumatiques). Il se caractérise enfin par des troubles cognitifs chez 20 à 50 % des patients (pertes de mémoire, perte de fluidité verbale, problèmes d'attention ou encore altérations des fonctions exécutives).
La survenue de ce syndrome entraîne des conséquences parfois considérables sur la qualité de vie des patients, leur autonomie et leur réinsertion socioprofessionnelle. Les données disponibles indiquent que 12 mois après leur sortie de réanimation, entre 30 et 45 % des patients ne sont pas en mesure de reprendre leur activité professionnelle.
Par ailleurs, les proches, confrontés à une période de stress intense pendant la réanimation puis à la sortie du patient, peuvent également développer des symptômes qui sont principalement d'ordre psychologique et psychiatrique. On parle de PICS Family.
Face à ce constat, et alors que la prévalence du syndrome post-réanimation a augmenté à la suite de l’augmentation des hospitalisations en réanimation pendant la crise du Covid-19, la HAS a élaboré des recommandations visant à fournir aux professionnels de santé des lignes directrices pour la prévention, le dépistage et la prise en charge des patients développant un syndrome post-réanimation. Ces recommandations ont pour objectifs de limiter les conséquences de la réanimation et d’améliorer la qualité de vie des patients touchés par un PICS.
De nombreux facteurs sont associés à un risque accru de développer un syndrome post-réanimation, qu’ils soient propres aux caractéristiques du patient (âge, comorbidités) ou liés au passage en réanimation (motif d'admission, durée du séjour, durée de ventilation mécanique, présence d’un épisode de delirium(1), etc.).
La HAS recommande de repérer les patients présentant un ou plusieurs facteurs prédisposant au PICS et de prévenir son apparition par la mise en place de mesures spécifiques comme la prévention et le traitement du delirium en vue de réduire les conséquences des troubles cognitifs après le séjour en réanimation.
Pour prévenir le PICS Family, la HAS préconise la mise en place de protocoles d’information et de communication avec les proches. Elle recommande également de ne pas restreindre les horaires de visites et de donner aux proches la possibilité de participer activement aux soins s’ils le souhaitent.
Les symptômes du PICS peuvent se manifester aussi bien dès la sortie de réanimation que dans les semaines et les mois qui suivent. Une évaluation clinique structurée et répétée dans le temps, permet d'anticiper la prise en charge des patients et de limiter l'évolution des symptômes. Ainsi, la HAS recommande d'effectuer systématiquement une évaluation clinique chez les patients à risque, avant leur sortie de réanimation (période de transition clé dans le parcours du patient) et dans les trois à six mois suivant leur retour à domicile. Tout professionnel amené à voir le patient dans l’année qui suit l’admission en réanimation peut procéder à cette évaluation clinique. Le dépistage et le suivi des patients à risque de PICS sont réalisés par une équipe pluriprofessionnelle, incluant médecins de ville et autres professionnels de santé sensibilisés au syndrome post-réanimation. Si nécessaire et en fonction de la gravité des symptômes, les patients sont orientés vers les filières de prise en charge adéquates. Cette prise en charge thérapeutique spécifique peut ainsi être effectuée auprès des psychologues, des psychiatres, des kinésithérapeutes, des spécialistes d'organe, des orthophonistes ou encore des médecins généralistes.
Cette prise en charge est coordonnée et personnalisée, en vue de favoriser le retour à l'état d'autonomie des patients et leur réintégration socio-professionnelle.
D’un point de vue pratique, la HAS recommande la transmission systématique du courrier de sortie par les professionnels de santé de réanimation au médecin traitant et tout autre professionnel de santé, assurant ainsi la continuité de la prise en charge des patients. Ce courrier contient notamment une description précise de l'état clinique du patient à sa sortie, ainsi que ses besoins éventuels en matière de rééducation et de suivi.
La HAS suggère également l’utilisation d’un journal de bord. Rempli quotidiennement par le personnel de réanimation et/ou par les proches, il retrace les événements survenus au cours de l’hospitalisation. Il a pour objectif de permettre au patient de réorganiser ses souvenirs. Le journal de bord est remis systématiquement au patient à sa sortie, sous la supervision d'un professionnel de santé.
(1)Le delirium est un état de confusion temporaire survenant soudainement sous l’influence de divers types de facteurs dont l’hospitalisation en réanimation
À retrouver sur https://www.has-sante.fr/jcms/p_3446368/fr/syndrome-post-reanimation-recommandations-pour-une-prise-en-charge-precoce-et-adaptee
La Haute Autorité de Santé, est une autorité publique, indépendante, à caractère scientifique, qui vise à assurer à tous les meilleurs soins. Elle trois missions principales : évaluer l’intérêt des médicaments, des dispositifs médicaux et des actes en vue de leur remboursement par l’Assurance maladie, élaborer des recommandations de bonnes pratiques pour les médecins, définir des parcours de soins, faciliter le bon soin, au bon moment pour le bon patient et certifier les hôpitaux et les cliniques, mesurer leur qualité. Par ses travaux, la HAS éclaire la décision des pouvoirs publics, accompagne les professionnels de santé, informe les personnes malades et les usagers du système de santé.
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