Anonyme (non vérifié)

Les vitamines font-elles grossir ?

25/05/2023 4 mins de lecture

Cette question en cache une autre : doit-on prendre des vitamines pour compléter son alimentation et cette supplémentation expose-t-elle à une prise de poids ? Dans les deux cas, la réponse est non. Sauf situation exceptionnelle (grossesse, âge avancé, alcoolodépendance), une alimentation équilibrée et diversifiée apporte toutes les vitamines dont notre corps a besoin. De plus, la prise occasionnelle de vitamines ne semble avoir aucun effet sur le poids, ni positif ni négatif.

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@ photographie de Nataliya Vaitkevich Pexels.com

Pas de calories dans les vitamines

Comme les sels minéraux et les oligo-éléments, les vitamines sont essentielles à notre santé. Elles participent à de nombreuses réactions chimiques dans l’organisme. Notre corps ne les fabriquant pas (ou pas suffisamment), elles doivent obligatoirement être fournies par une alimentation variée et équilibrée. Parfois apportées sous forme de compléments, elles doivent alors être utilisées avec prudence. On distingue deux familles de vitamines : celles qui sont solubles dans l’eau (« hydrosolubles », C et les B) et celles qui sont solubles dans les matières grasses (« liposolubles », A, D, E et K). Prises en trop grande quantité, ces dernières peuvent s’accumuler dans les graisses du corps et être à l’origine d’effets indésirables (les hydrosolubles sont éliminées dans les urines). Les vitamines n’apportent pas d’énergie (pas de calories), elles ne font donc pas grossir en elles-mêmes. Mais enrichir son alimentation en vitamines peut-il augmenter l’appétit ou l’envie d’aliments caloriques (gras, sucrés) ?

Pas d’effet de la prise de vitamines sur le poids

Aucune étude n’a montré d’influence de la prise de vitamines sur le poids, à l’exception bien sûr des personnes sévèrement dénutries et souffrant de carences vitaminiques importantes.

Chez les adultes, la vitamine D a, un temps, été envisagée pour aider à la perte de poids chez les personnes en surpoids. Mais de nombreuses études cliniques destinées à tester cette hypothèse n’ont retrouvé aucun effet de la supplémentation en vitamine D sur le poids.

Donc les allégations que l’on trouve ici ou là, selon lesquelles la prise de vitamines ferait grossir, sont sans aucun fondement scientifique.

Doit-on enrichir son alimentation en vitamines ?

Chez les adultes qui ont une alimentation équilibrée et diversifiée, les vitamines nécessaires au corps sont apportées en quantité suffisante par les aliments. La vitamine K est également produite par notre microbiote intestinal. Nos apports alimentaires en vitamine D sont complétés par celle qui est synthétisée par la peau sous l’action des rayons ultra-violets (à partir des bêta-carotènes apportés par l’alimentation). Les femmes enceintes peuvent se voir prescrire une supplémentation en certaines vitamines, en particulier la vitamine B9 (folates) avant et au début de la grossesse. Par ailleurs, les personnes qui souffrent d’alcoolodépendance (« alcoolisme ») doivent prendre des suppléments de vitamine B1. Mais, en général, il n’est pas nécessaire d’enrichir son alimentation en vitamines, à l’exception de la vitamine D dans certains cas (voir ci-dessous).

Où trouver les principales vitamines ?

Quels aliments privilégier pour s’assurer d’un apport suffisant de vitamines ? Les légumes et les fruits apportent de la vitamine A (lorsqu’ils sont verts, jaunes, oranges ou rouges), de la vitamine C (en particulier les agrumes, le persil, le cassis) et de la vitamine K (dans les légumes verts, qui apportent aussi de la vitamine E). Les céréales complètes, les graines et les légumes secs apportent des vitamines B et de la vitamine E. Les jaunes d’œuf sont riches en vitamines A, B, D, E et K, comme le foie. Les poissons gras et les huiles de poisson apportent des vitamines A et D. Également intéressants, les fruits de mer et les algues. En mangeant régulièrement ces types d’aliments, nous consommons suffisamment de vitamines pour compenser nos besoins.

Le cas de la vitamine D

La vitamine D, ou calciférol, joue un rôle important dans la croissance et la minéralisation osseuses, ainsi que dans certains aspects de l'immunité. Au-delà de ces deux fonctions, qui font l'objet d'un consensus, de nombreuses incertitudes demeurent autour des autres propriétés de cette vitamine. En particulier, il ne se semble pas qu’une supplémentation en vitamine D puisse réduire le risque de maladies cardiovasculaires ou de cancer. Chez les adultes, une concentration sanguine de vitamine D supérieure à 20 ng/mL (50 nmol/L) est considérée comme suffisante. Dans la population à risque d'ostéoporose liée à l'âge, une maladie ou un traitement chronique, ce taux sanguin de référence devrait être supérieur à 30 ng/mL (75 nmol/L). Selon les études épidémiologiques, on estime que 40 à 50 % de la population française se situe au-dessous de 20 ng/mL et 80 % au-dessous de 30 ng/mL. En 2017, l'étude INCA 3 a montré que, chez les Français âgés de 18 à 79 ans, l'apport moyen quotidien de vitamine D se situe autour de 3,1 microgrammes (124 UI) par jour au lieu des 15 microgrammes (600 UI) recommandés par les autorités sanitaires.

Comment avoir des taux suffisants de vitamine D ?

Pour s’assurer d’avoir des taux sanguins de vitamine D suffisants, il est important d’inclure dans son alimentation des poissons gras (sardines, maquereaux), des œufs et du foie. De plus, il est recommandé, à la belle saison, d’exposer la peau des bras et des épaules au soleil, 15 à 20 minutes par jour, en début de matinée ou en fin de journée (pour éviter les coups de soleil). Dans certains cas, le médecin pourra décider de prescrire une supplémentation de vitamine D : diverses études semblent indiquer qu’une supplémentation quotidienne est préférable à une supplémentation mensuelle ou trimestrielle.

En conclusion, chez les adultes, les vitamines ne font pas grossir et il n’est, en général, pas nécessaire d’en prendre en plus de celles apportées par l’alimentation. Seules les femmes enceintes et les personnes à risque d’ostéoporose ont éventuellement intérêt à demander à leur médecin si elles doivent prendre des suppléments multivitaminiques.

Auteur : Service Public d'Information en Santé (SPIS)

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Anonyme (non vérifié)

Les psychédéliques, des traitements contre les troubles psychiatriques, vraiment ?

Article

Publié le 25/05/2023

Information proposée par Inserm - Canal Détox

N’est-il pas dangereux de se soigner avec du LSD ? Plus largement, la recherche a-t-elle vraiment déjà des preuves solides de l’efficacité des substances psychédéliques ?...

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 @Photo de Possessed Photography sur Unsplash

En avril 2023, des données issues d’un essai clinique de phase II mené en Suisse ont fait du bruit dans les médias. Et pour cause, il s’agissait d’un sujet plutôt hallucinant : l’étude s’intéressait aux effets d’une consommation de LSD pour des patients atteints de dépression, suggérant que cette substance psychédélique aurait des bénéfices importants. En effet, les premiers résultats indiquaient que les personnes à qui l’on avait administré de plus grandes doses de LSD avaient bénéficié d’une réduction moyenne de leurs symptômes dépressifs presque quatre fois supérieure à celle des personnes exposées à un placebo.

Ces données qui n’ont pas encore fait l’objet d’une publication scientifique revue par les pairs, ont néanmoins remis sur le devant de la scène un débat vieux de plusieurs décennies sur les éventuels bénéfices thérapeutiques du LSD pour tout un tas de troubles psychiatriques, de la dépression à l’anxiété,+ en passant par le stress post-traumatique. Depuis quelques années, l’intérêt pour ce domaine de recherche a repris de l’ampleur et de nombreux essais ont été lancés à travers le monde.

Mais n’est-il pas dangereux de se soigner avec du LSD ? Plus largement, la recherche a-t-elle vraiment déjà des preuves solides de l’efficacité des substances psychédéliques ? Canal Détox fait le point.

Dès les années 1950, deux substances psychédéliques font l’objet de nombreuses recherches : le LSD, dérivé d’une molécule issue d’un champignon parasite du seigle, et la psilocybine, principe actif de champignons hallucinogènes. Les médecins expérimentent, parfois sur eux-mêmes, les effets de ces molécules qui modifient l’état de conscience durant plusieurs heures. Ils étudient notamment leurs effets sur la dépression, l’anxiété, l’alcoolisme, les troubles obsessionnels compulsifs, ou encore en tant que soins palliatifs, avec l’espoir d’en faire des médicaments. Mais le LSD et la psilocybine, qui provoquent des hallucinations avec des distorsions des sens, du temps et de l’espace, vont finir par être considérés comme des drogues dangereuses et être interdits. Les recherches vont s’arrêter durant 30 ans.

Stimulées par les limites des traitements actuels contre les troubles psychiatriques, elles reprennent au milieu des années 1990, encadrées plus strictement, et éclaircissent, en partie, le mode d’action de ces molécules sur le cerveau. Elles révèlent notamment que le LSD et la psilocybine, agissent principalement dans le cerveau sur les récepteurs de la sérotonine, hormone impliquée dans la régulation des comportements, de l’humeur, et de l’anxiété.

C’est aussi sur le système sérotoninergique qu’agissent les antidépresseurs les plus prescrits actuellement, bien que leur effet ne soit bien évidemment pas le même. 

D’ailleurs, si les antidépresseurs sont moins populaires dans les médias que les substances hallucinogènes, il faut rappeler qu’ils apportent une solution satisfaisante, avec des effets persistants sur le long terme, à environ 70 % des patients traités en dépression.

Les promesses de la psilocybine

Les substances psychédéliques font aujourd’hui l’objet de nombreuses expérimentations en particulier aux États-Unis, en Grande-Bretagne et au Canada. Et jusqu’à maintenant, c’est la psilocybine qui obtient les résultats les plus intéressants dans les études déjà publiées.

Par exemple, son utilisation en complément de séances de thérapie a ainsi permis de réduire durablement l’anxiété et la dépression, notamment les formes résistantes aux antidépresseurs qui concernent environ 30 % des patients traités. Des effets secondaires (maux de tête, étourdissements mais aussi angoisse) ont cependant été notés chez 77 % des participants dans une récente étude.

La psilocybine a aussi eu des effets intéressants dans des essais sur des personnes qui cherchaient à arrêter le tabac ou l’alcool, ou encore pour accompagner les personnes en fin de vie, en favorisant la communication avec les proches et en leur permettant d’affronter plus sereinement la mort.

Autre piste explorée : l’utilisation des substances psychédéliques sur les troubles obsessionnels compulsifs ou TOC, pour les patients qui ne répondent pas aux traitements classiques. Une étude en double aveugle a démarré aux Etats-Unis, à l’université de Yale, pour évaluer l’effet de la psilocybine et décrire ses mécanismes d’action, chez une trentaine de volontaires atteints de TOC.

Enfin, dans le domaine du stress post-traumatique, des publications commencent aussi à voir le jour. Une revue de littérature a récemment rappelé le besoin de thérapies innovantes dans ce domaine et les premiers résultats prometteurs d’études menées chez des vétérans, témoignant d’un effet bénéfique de la prise de psilocybine pour affronter les souvenirs traumatiques et réduire les angoisses associées.

Des nuances à apporter

Malgré ces avancées, la prudence reste de mise. En effet si la plupart des études dédiées aux substances psychédéliques apportent des résultats intéressants et utilisent une méthodologie rigoureuse en « double aveugle versus placebo », elles sont encore peu nombreuses, et menées sur un nombre restreint de sujets. En outre, les mécanismes d’actions de ces substances expliquant leurs éventuels effets thérapeutiques demeurent assez peu explorés.

Par ailleurs, ces substances nécessitent d’être employées dans un cadre médical sécurisé : avec une préparation, un accompagnement, un environnement approprié, un dosage adapté, et l’exclusion de certaines interactions médicamenteuses ou certains profils psychologiques incompatibles avec ces traitements. Cela sera aussi de mise si les substances sont un jour autorisées en dehors du cadre d’un essai clinique.

La prise de psychédéliques peut par ailleurs s’accompagner d’effets secondaires comme le montrent certains essais, et dans les cas les plus extrêmes, des états d’intense panique, phobies et de confusion.

La présence d’un professionnel de santé pour s’assurer du bien-être physique et psychologique du patient, pendant et après le traitement semble donc incontournable. Dans la pratique, le nombre limité de psychiatres en France pourrait être un frein. Parmi les chantiers à mener, il faudra aussi déterminer les règles éthiques encadrant l’administration de telles substances hors des essais cliniques et bien définir les patients les plus susceptibles d’en bénéficier.

Alors, même si les effets de ces substances s’avèrent un jour clairement bénéfiques, avec de nombreuses autres études qui confirmeraient les premiers résultats prometteurs, l’idée n’est résolument pas de généraliser la prise de LSD comme celle d’une aspirine.

À retrouver sur https://presse.inserm.fr/canal-detox/les-psychedeliques-des-traitements-contre-les-troubles-psychiatriques-vraiment/

Pour combattre la désinformation et rendre la parole à la science, l’Inserm a lancé une série destinée à valoriser la parole scientifique: Canal Détox, des vidéos au format court et des textes visant à décoder l’actualité et à vérifier les informations qui circulent dans le domaine des sciences de la vie et de la santé.

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