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Publié le 04/03/2026
Information proposée par Haute Autorité de Santé - HAS
La Haute Autorité de santé (HAS) rend publiques les suites qu'elle apporte à l'association Le Lien, qui l'a saisie au titre du droit d'alerte des associations agréées du système de santé, concernant l'information des femmes, notamment au sujet des inhibiteurs de CDK4/6.
Les dispositions de l’article L. 161-37 du code de la sécurité sociale prévoit que les associations agréées au titre de la représentation des usagers du système de santé peuvent saisir la HAS de « tout fait ayant des incidences importantes sur la santé » et relevant des compétences de la HAS.
Cet article prévoit également que la HAS « rend publiques les suites qu'elle apporte aux saisines des associations ainsi que les modalités selon lesquelles elle les a instruites. Elle peut entendre publiquement l'association auteur de la saisine ainsi que toute personne intéressée ».
Par courrier reçu le 14 octobre 2025, complétée d’une note datée du 25 novembre 2025, l’association Le LIEN, association agréée au titre de la représentation des usagers du système de santé, demande à la HAS qu’elle « recommande un cadre ou des outils de référence concernant les principes, le contenu et les modalités de communication de l’information des patientes atteintes d’un cancer du sein précoce. » Elle souhaite que ces outils d’aide à la prise de décision partagée permettent aux femmes de « dispos[er] d'une information claire leur permettant de comprendre les différentes options en fonction de leur catégorie de cancer, de leur âge et de leurs préférences personnelles, notamment en cas de divergences d’appréciation entre les autorisations de la FDA américaine et de l’EMA pour la Commission européenne, et les avis de la Commission de la Transparence en France. Enfin, l’association rappelle que « les patientes sont aujourd’hui confrontées à des stratégies de désescalades permettant l’omission de certains traitements et qu’elles expriment une angoisse de ne pas tout faire faute d’information objective sur le pronostic. » Elle pointe en particulier 2 traitements inhibiteurs des protéines kinases dépendantes des cyclines (CDK) 4 et 6 : l’abemaciclib (Verzenio®) et le ribociclib (Kisqali®) qui illustrent ces enjeux.
Afin de conduire l’instruction de ce droit d’alerte, la HAS :
La HAS rappelle que les évaluations effectuées par les agences réglementaires (FDA, EMA, ANSM) et d’évaluation des technologies de santé ont des objectifs distincts qui peuvent expliquer des différences d’appréciations.
Ce regard complémentaire peut amener la HAS à conclure qu’un médicament a un intérêt thérapeutique (SMR) insuffisant et ne doit pas être remboursé car sa performance clinique est inférieure à celle de traitements déjà disponibles.
L’évaluation de l’intérêt thérapeutique (SMR), qui intègre donc un élément comparatif, est un moyen de renforcer la sélectivité des médicaments remboursés.
Ce « second regard » est d’autant plus nécessaire que l’AMM se situe aujourd’hui au niveau européen et que l’ANSM ne peut revenir sur une AMM européenne, même en cas de désaccord entre elle et l’Agence européenne du médicament. Le « second regard » de la HAS est donc aujourd’hui le seul moyen d’intégrer des critères de comparaison avec les médicaments déjà disponibles en France et non pas seulement avec un placebo.
L’avis de la Commission de la transparence se fonde sur des critères cliniques supplémentaires et différents de ceux pris en compte dans le cadre de l’AMM :
La HAS intègre l’évaluation dans une vision transversale (suivi des parcours de soins, dimension médico-économique) pour éclairer le décideur sur le meilleur point de discernement entre un mieux soigner et un mieux dépenser
L'objectif est de repérer les médicaments à rembourser (SMR) et parmi eux d'identifier les plus performants (ASMR), afin d'assurer une gestion dynamique du panier de biens remboursables et de contribuer à l'amélioration de la performance du système de soins.
Les avis et décisions sur les médicaments évalués par la HAS dans le cadre d’une demande de remboursement par la solidarité nationale sont accessibles dans leur intégralité sur le site de la HAS, rubrique avis et décisions sur les médicaments.
Trois traitements inhibiteurs des protéines kinases dépendantes des cyclines (CDK) 4 et 6 (inhibiteurs de CDK4/6) ont fait l’objet d’évaluation par la HAS dans le cadre du cancer du sein. L’ensemble des avis sont consultables sur :
Plus spécifiquement, dans le cadre du cancer du sein précoce, on note :
Les deux premiers avis font l’objet d’une synthèse ci-après (cf. tableaux 1 et 2), visant à expliciter les avis de la commission de la transparence pour les femmes souhaitant comparer les options avec ou sans l’ajout d’un traitement adjuvant par inhibiteurs des protéines kinases dépendantes des cyclines (CDK) 4 et 6 (inhibiteurs de CDK4/6).
La demande de l’association Le LIEN relève d’une demande d’élaboration de document d’aide à la prise de décision partagée pour les femmes suivies par les équipes médicales dans le cadre d’un cancer du sein précoce, notamment concernant les traitements par inhibiteurs des protéines kinases dépendantes des cyclines (CDK) 4 et 6.
Pour répondre à ce besoin, la HAS publie un tableau synthétique des avis de la transparence concernant les traitements par inhibiteurs des protéines kinases dépendantes des cyclines (CDK) 4 et 6 évalués par la HAS dans le cadre du cancer du sein précoce (tableaux 1 et 2), afin que le public dispose d’une information agrégée sur les conclusions de ses évaluations.
Les enjeux d’information du public soulevés par l’association sont susceptibles de relever également des missions d’autres institutions publiques, notamment de l’INCa et, pour ce qui est des personnes concernées par des essais cliniques, de l’ANSM. La HAS se rapproche dès lors de ces institutions pour partager les éléments de cette alerte.
Tableau 1. Abemaciclib – Synthèse de l’avis HAS du 24 mai 2023
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Traitement évalué |
Abemaciclib (Verzenios®) |
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Avis en vue du remboursement |
Favorable Service médical rendu modéré Pas d’amélioration du service médical rendu (ASMR V) par rapport à l’hormonothérapie standard seule |
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Personnes concernées |
Patients adultes ayant un cancer du sein précoce RH+/HER2-, avec atteinte ganglionnaire et haut risque de rechute ≥ 4 ganglions lymphatiques positifs dans l’aisselle du même côté que le cancer, ou 1 à 3 ganglion(s) lymphatique(s) positif(s) dans l’aisselle du même côté que le cancer, avec au moins un des 2 critères suivants : grade histologique 3 ou taille de la tumeur primaire ≥5 cm |
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Modalités de prise du traitement |
Abemaciclib 150 mg (1 comprimé), deux fois par jour, en association avec une hormonothérapie Tous les jours, en continu pendant 2 ans, sauf si rechute ou toxicité inacceptable |
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Traitement comparé |
Hormonothérapie seule |
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Durée du suivi |
Au moins 42 mois (3 ans et demi) pour la moitié des femmes suivies |
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Bénéfice observé |
Abemaciclib : 88 personnes sur 100 Hormonothérapie seule : 82 personnes sur 100
Pas de différence significative selon le traitement : 94 personnes sur 100 en vie
Pas de données robustes disponibles |
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Ajout de traitements pour limiter les effets indésirables |
Abemaciclib : 89 personnes sur 100 Hormonothérapie seule : 70 personnes sur 100 |
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Principaux événements indésirables (EI) |
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Evénements indésirables graves |
Abemaciclib : 16 personnes sur 100 Hormonothérapie seule : 9 personnes sur 100 |
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Arrêt du traitement pour événements indésirables |
Abemaciclib : 19 personnes sur 100 Hormonothérapie seule : 6 personnes sur 100 |
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Source |
Haute Autorité de Santé - VERZENIOS (abemaciclib) - Cancer du sein précoce - 24 mai 2023 (réévaluation de l’avis du 14 septembre 2022 sur la base de nouvelles données) |
Tableau 2. Ribociclib – Synthèse de l’avis HAS du 16 juillet 2025
| Traitement évalué |
Ribociclib (Kisqali®) |
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Avis en vue du remboursement |
Défavorable Service médical rendu insuffisant |
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Personnes concernées |
Patients ayant un cancer du sein au stade précoce RH+/HER2, à haut risque de rechute |
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Modalités de prise du traitement |
Ribociclib 400 mg (2 comprimés de 200mg), une fois par jour, en association avec une hormonothérapie Tous les jours pendant 21 jours consécutifs, suivis par 7 jours sans traitement, pendant 3 ans. |
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Traitement comparé |
Hormonothérapie seule (inhibiteur de l’aromatase) |
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Durée du suivi |
Au moins 33 mois (2 ans et 9 mois) pour la moitié des femmes suivies |
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Bénéfice observé |
Ribociclib : 91 personnes sur 100 Hormonothérapie seule : 87 personnes sur 100 A noter : le suivi a été interrompu pour de nombreuses personnes, cela peut donc entraîner une surestimation du bénéfice
Pas de données robustes disponibles
Pas de données robustes disponibles |
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Ajout de traitements pour limiter les effets indésirables |
Non disponible |
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Principaux événements indésirables (EI) |
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Evénements indésirables graves |
Ribociclib : 15 personnes sur 100 Hormonothérapie seule : 11 personnes sur 100 |
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Arrêt du traitement pour événements indésirables |
Abemaciclib : 21 personnes sur 100 Hormonothérapie seule : 5 personnes sur 100 |
La Haute Autorité de Santé, est une autorité publique, indépendante, à caractère scientifique, qui vise à assurer à tous les meilleurs soins. Elle trois missions principales : évaluer l’intérêt des médicaments, des dispositifs médicaux et des actes en vue de leur remboursement par l’Assurance maladie, élaborer des recommandations de bonnes pratiques pour les médecins, définir des parcours de soins, faciliter le bon soin, au bon moment pour le bon patient et certifier les hôpitaux et les cliniques, mesurer leur qualité. Par ses travaux, la HAS éclaire la décision des pouvoirs publics, accompagne les professionnels de santé, informe les personnes malades et les usagers du système de santé.
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