Covid Long

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Quels sont les symptômes du Covid long pédiatrique ? Quels sont les facteurs de risque ? Comment évolue le Covid long pédiatrique ? Comment le diagnostique-t-on ? Quelle prise en charge ?

Le Covid long pédiatrique, moins fréquent que chez les adultes

Avertissement : Cette synthèse des connaissances sur le Covid long pédiatrique sera suivie, dans quelques mois, d’articles plus développés sur les différentes dimensions de cette affection. En attendant ces publications et pour en savoir plus, nous vous recommandons la lecture des sources citées en fin d’article.

Une analyse croisée de 14 études internationales, citée par la Haute Autorité de santé, a conclu que 2 à 5 % des enfants ayant souffert de Covid-19 auraient développé des symptômes persistants, en particulier chez ceux âgés de 11 à 17 ans. 

Par ailleurs, une étude anglaise a montré que 1,0 % des élèves des écoles primaires et 2,7 % des adolescents répondaient aux critères de symptômes persistants au moins 12 semaines après l’infection initiale. 

Il semble également que la fréquence du Covid long pédiatrique soit moins élevée depuis que les variants Omicron de SARS-CoV-2 sont devenus dominants (à partir de 2022).

Quels sont les symptômes du Covid long pédiatrique ?

Les symptômes du Covid long pédiatrique sont assez similaires à ceux observés chez les adultes, multiples et souvent associés. Par exemple :

  • de la toux prolongée, de l’essoufflement ;
  • de la fatigue, voire un épuisement, parfois exacerbé par un effort minime à modéré ;
  • des maux de tête ;
  • des troubles du sommeil (insomnie, hypersomnie, somnolence, sommeil non réparateur rendant le lever difficile) ;
  • des troubles de l’attention et de la concentration ; 
  • des douleurs persistantes (articulations, muscles, poitrine, ventre) ;
  • des palpitations cardiaques ;
  • des vertiges ;
  • des troubles voire une perte de l’odorat et du goût ;
  • des troubles dépressifs, voire un syndrome de stress post-traumatique ;
  • une perte de poids ;
  • une urticaire, une peau qui « marque » au toucher (dermographisme) ;
  • une hypersensibilité aux odeurs, aux bruits et à la lumière ;
  • des troubles de la régulation de la température du corps.

Ces symptômes peuvent avoir un impact important sur la vie quotidienne. Ils peuvent entrainer des difficultés scolaires inhabituelles ou même un décrochage scolaire. Pour les professionnels de santé, des difficultés scolaires récentes sans cause identifiable doivent faire poser la question de l’existence d’un Covid long pédiatrique. Parce que les autres symptômes liés à cette maladie peuvent être minimisés par l’enfant, son diagnostic est souvent complexe.

Chez certains enfants ou adolescents, des maladies préexistantes peuvent s’aggraver (asthme, diabète, troubles psychiques, par exemple). Chez d’autres, de nouvelles maladies peuvent apparaître (diabète de type 1 ou 2, maladies auto-immunes, par exemple).

Qu’appelle-t-on syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (PIMS)?

Le PIMS ou syndrome inflammatoire multisystémique post-infectieux pédiatrique est une complication qui apparaît 2 à 8 semaines après un épisode de Covid-19 aigu. On observe alors :

  • une fièvre élevée souvent supérieure à 39°C avec frissons et pâleur ;
  • un très mauvais état général (fatigue extrême, perte d’appétit) ;
  • des problèmes digestifs (maux de ventre, diarrhée, nausées, vomissements). 

Le PIMS est une urgence médicale et nécessite une hospitalisation dans les plus brefs délais. Certains enfants atteints de PIMS peuvent également présenter des symptômes associés au Covid long.

Quels sont les facteurs de risque du Covid pédiatrique ?

Les études portant sur le Covid long pédiatrique ont identifié divers facteurs qui semblent augmenter le risque de symptômes persistants :

  • l’âge : les adolescents semblent plus à risque que les enfants ;
  • l’infection par un variant ayant sévi avant les variants de la famille Omicron ;
  • un Covid-19 initial symptomatique, voire sévère ;
  • l’obésité ;
  • un antécédent de maladie chronique ;
  • la précarité socio-économique.

Comment diagnostique-t-on le Covid long pédiatrique ?

Comme chez les adultes, le diagnostic du Covid long pédiatrique est avant tout un diagnostic clinique qui repose sur l’élimination des autres causes qui pourraient expliquer les symptômes exprimés par l’enfant ou l’adolescent. 

Ces autres causes peuvent être :

  • des complications apparaissant après l’épisode initial (PIMS, par exemple) ;
  • une nouvelle maladie révélée à l’occasion de cet épisode (diabète, maladie auto-immune, troubles de la thyroïde, etc.) ;
  • pour certains symptômes, comme la dépression ou un décrochage scolaire, des difficultés à l’école (par exemple, un harcèlement scolaire) ou à la maison.

Selon les résultats de l’examen clinique, le médecin pourra prescrire des examens complémentaires, voire solliciter l’avis d’un médecin spécialiste.

Quelle prise en charge médicale pour le Covid long pédiatrique?

La prise en charge médicale du Covid long pédiatrique doit être précoce et globale. Elle peut faire appel à des médecins spécialistes, des kinésithérapeutes, des orthophonistes, des psychologues, etc. Si nécessaire, le médecin traitant prescrit des traitements symptomatiques (qui soulagent les symptômes sans en traiter la cause).

Le médecin traitant rassure l’enfant et les parents sur le fait qu’une prise en charge pluridisciplinaire et un bon suivi donnent des chances de récupération rapide. Si les symptômes ont un important retentissement sur la vie de tous les jours ou s’ils génèrent un stress mal contrôlé, un soutien psychologique spécialisé est bénéfique, pour l’enfant comme pour ses parents.

Avec eux, le médecin traitant définit des objectifs personnalisés selon les capacités et les souhaits de l’enfant. Ces objectifs évolueront progressivement avec le rétablissement. La prise en charge sera maintenue jusqu’à leur obtention et leur stabilité dans le temps.

Si cela est compatible avec les limites de capacité de l’enfant ou de l’adolescent, le médecin prescrit de la réadaptation à l’effort douce et adaptée, en respectant ses besoins de repos, sans programme de progression imposé mais en tenant toujours compte de ses capacités. Cette réadaptation ne doit pas déclencher d’exacerbation des symptômes post-effort. La rééducation peut également concerner les fonctions respiratoires et l’odorat, ou inclure une prise en charge orthophonique.

Les professionnels de santé impliqués conseillent également les parents sur la manière de gérer le rythme des activités de l’enfant (par exemple en les fractionnant) et son repos (sieste, heures fixes y compris durant les vacances, limitation du temps d’écran, etc.).

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