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Publié le 28/01/2026
Information proposée par mpedia, site d’informations santé pour les parents, édité par l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA)
La rougeole est une maladie virale très contagieuse, provoquée par un virus de la famille des paramyxovirus. Si elle peut sembler banale chez les enfants, elle n’est pas sans risque : la rougeole peut entraîner des complications graves, touchant les voies respiratoires, le système nerveux ou encore les défenses immunitaires. En France comme dans de nombreux pays, la rougeole reste une maladie surveillée de près en raison de sa capacité à se propager rapidement lors d’épidémies, en particulier lorsque la couverture vaccinale est insuffisante.
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En bref
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La rougeole n'arrive pas qu'aux autres, Éloïse 39 ans
La rougeole est une maladie virale très contagieuse. Elle débute par un simple rhume, une rhinite, suivi d’une conjonctivite associé à une toux irritative. Au bout de quelques jours, le patient présente une fièvre élevée et une éruption rouge apparaît sur le visage, puis s’étend rapidement au reste du corps. Ces tâches rouges peuvent confluer en plaques. En général, la fièvre et les boutons disparaissent au bout d’une semaine, mais la toux peut persister pendant deux à trois semaines.
Quelque fois peut observer l’apparition du signe de Koplik : des petits points blanchâtres à l’intérieur de la bouche, sur la face interne des joues, semblables à des grains de sable entourés d’un halo rouge. Ce signe est caractéristique de la rougeole et constitue un indice précoce, souvent visible avant l’éruption cutanée, mais difficile à observer.
Les complications de la rougeole sont fréquentes (environ 20% des malades). Les plus fréquentes sont les otites moyennes aiguës et les diarrhées. Les complications plus graves sont les kératites (inflammation de la cornée pouvant conduire à la cécité), les infections respiratoires (laryngite, pneumonie) et surtout les atteintes neurologiques comme les encéphalites (inflammation du cerveau), qui peuvent laisser des séquelles neurologiques graves ou entraîner la mort. Une autre complication très rare est la panencéphalite sclérosante subaiguë (PESS), qui survient plusieurs années après l’infection aiguë et est toujours mortelle.
Chez les femmes enceintes il y a un risque accru de fausse couche, d’accouchement prématuré ou de retard de croissance intra-utérin.
Contrairement à d’autres virus, la rougeole n’est pas simplement immunodéprimante mais immunoamnésiante. Cela signifie qu’elle peut effacer la mémoire immunitaire : après avoir eu la rougeole, le corps peut « oublier » comment se défendre contre d’autres maladies déjà rencontrées. Ce phénomène rend les enfants à nouveau vulnérables à des infections qu’ils savaient auparavant combattre, augmentant le risque de maladies secondaires, parfois graves. D’où l’importance essentielle de la vaccination contre la rougeole, qui reste le moyen le plus efficace pour se protéger, soi et les autres.
La rougeole est l’une des maladies infectieuses les plus contagieuses au monde. Elle se transmet par voie aérienne, principalement à travers les gouttelettes respiratoires émises lorsqu’une personne infectée tousse, éternue ou même parle. Le virus de la rougeole peut également se déposer sur les surfaces et y rester actif plusieurs heures, ce qui augmente les risques de contamination indirecte.
Il suffit donc d’un contact rapproché ou d’une simple présence dans une pièce mal ventilée où un malade a séjourné pour que la transmission ait lieu, surtout si la personne exposée n’est pas vaccinée. C’est ce qui rend ce virus si redoutable, notamment dans les collectivités d’enfants (crèches, écoles), où la promiscuité favorise la propagation rapide du virus.
On estime qu’un seul cas de rougeole peut entraîner la contamination de 15 à 20 personnes en l’absence d’immunité collective. À titre de comparaison, ce taux de transmission est 10 fois plus élevé que celui de la grippe saisonnière. C’est pourquoi même quelques cas peuvent suffire à provoquer une épidémie, notamment dans les régions où la couverture vaccinale est insuffisante.
Une personne atteinte de la rougeole est contagieuse plusieurs jours avant même l’apparition des symptômes visibles, ce qui complique son identification précoce. La contagiosité commence environ 4 jours avant l’éruption cutanée et peut se prolonger jusqu’à 4 jours après l’apparition des boutons.
À ce jour, il n’existe aucun traitement spécifique contre la rougeole. Cette maladie virale, causée par un virus extrêmement contagieux, ne peut pas être soignée par un médicament antiviral dédié. La prise en charge repose donc sur le soulagement des symptômes et le repos de l’enfant ou de la personne malade et le traitement des complication fréquentes.
En cas de rougeole, le traitement est symptomatique :
La surveillance médicale reste importante, surtout chez les jeunes enfants non vaccinés, afin de repérer rapidement d’éventuelles complications.
Le diagnostic de la rougeole peut varier en fonction du statut vaccinal de la personne :
Même en l’absence de traitement curatif, la rougeole nécessite une surveillance attentive, notamment chez les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes ou les personnes immunodéprimées. Ces profils présentent un risque accru de complications, ce qui rend la vaccination d’autant plus importante pour éviter toute forme grave de la maladie.
La prévention de la rougeole repose principalement sur une vaccination efficace et bien suivie. La rougeole étant une maladie virale extrêmement contagieuse, seule une couverture vaccinale élevée au-delà de 95% permet d’éviter les épidémies et de protéger les populations vulnérables, notamment les enfants, les nourrissons trop jeunes pour être vaccinés, les femmes enceintes ou les personnes immunodéprimées.
En France, la vaccination contre la rougeole est obligatoire depuis le 1er janvier 2018 pour tous les nourrissons. Le calendrier vaccinal prévoit l’administration de deux doses de vaccin :
Ce vaccin est généralement administré sous forme de vaccin combiné contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR), offrant une protection étendue contre ces trois maladies virales.
Recevoir deux doses de vaccin permet de garantir une protection efficace et durable contre la rougeole. Il est estimé que plus de 97 % des personnes vaccinées développent une immunité protectrice contre le virus. À l’échelle collective, cette couverture est indispensable pour limiter la circulation du virus et prévenir les épidémies.
Se vacciner contre la rougeole, c’est non seulement se protéger soi-même d’une maladie parfois grave, mais aussi protéger les autres, en particulier ceux qui ne peuvent pas être vaccinés. Cette solidarité vaccinale est indispensable pour atteindre l’immunité de groupe, qui nécessite une couverture vaccinale d’au moins 95 %.
En 2025, 873 cas de rougeole ont été déclarés en France avec une saisonnalité printanière, mais toujours des cas en décembre[1].
La maladie se traduit souvent en cas groupés du fait de la transmission virale active.
36% des cas ont nécessité une hospitalisation, dont 12 en réanimation. 14% ont présenté des complications. La maladie a été responsable de 4 décès chez des patients immunodéprimés.
Toutes les classes d’âge peuvent être concernées : 15% des cas concernaient des enfants âgés de 1 à 4 ans et 24% des adolescents.
Dans 2/3 des cas la vaccination n’était pas faite ou non complètement à jour, c’est pourquoi il est important de vérifier le statut vaccinal d’un enfant et de sa famille. Les adultes peuvent être concernés par la maladie : tous les adultes nés à partir de 1980 doivent être vaccinés avec deux doses.
À retrouver sur https://www.mpedia.fr/art-rougeole/
www.mpedia.fr, est un site de soutien à la parentalité porté par l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA). Son objectif est de mettre à la disposition des futurs parents et des parents d’enfants de 0 à 11 ans des informations scientifiquement fiables sur le développement et la santé des enfants. Ce site est d’accès gratuit et sans publicité.
Vous y trouverez de très nombreux articles traitant de la santé physique ou psychologique, des maladies, de la nutrition, du sommeil, de la parentalité et de l’éducation, de l’école, du comportement… du début de la grossesse aux portes de l’adolescence. Ces articles sont écrits par plus de 170 experts de la santé de la petite enfance.
Vous pouvez aussi consulter les réponses apportées par nos pédiatres à plus de 10 000 questions posées par les parents.
Article
Publié le 29/01/2026
Information proposée par mpedia, site d’informations santé pour les parents, édité par l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA)
Des contrôles réalisés sur des laits infantiles de la marque Nestlé ont détecté un taux de céréulide supérieur aux normes autorisées. Par précaution, les lots concernés ont été retirés volontairement de la commercialisation.
L’enquête menée a identifié l’origine de cette contamination : une huile utilisée pour enrichir les laits en acide arachidonique, fournie par un spécialiste en biotechnologie basé en Chine. Tous les fabricants de lait infantile ayant recours à ce même fournisseur ont également procédé au retrait des lots potentiellement concernés.
La liste des lots rappelés évolue quotidiennement, au fur et à mesure des résultats d’analyses. Vous pouvez consulter la liste actualisée sur le site officiel : rappel.conso.gouv.fr.
Le céréulide est une toxine produite par certaines souches d’une bactérie appelée Bacillus cereus. Cette toxine est particulièrement résistante : elle survit même après des traitements thermiques, ce qui explique sa présence malgré les processus de fabrication.
Le céréulide peut provoquer des troubles digestifs dans les heures suivant l’ingestion :
Bonne nouvelle : ces symptômes disparaissent généralement en quelques heures dès que vous changez de lait. Le traitement consiste simplement à réhydrater votre enfant et à utiliser un autre lait infantile.
Mon enfant va bien et n’a aucun symptôme : changez simplement de lait pour un autre lait infantile équivalent. N’hésitez pas à demander conseil à votre pédiatre, sage-femme, puéricultrice ou pharmacien pour choisir le lait le mieux adapté.
Mon enfant présente des troubles digestifs :
Gardez en tête que nous sommes également en période d’épidémies hivernales avec des gastro-entérites virales. Le principal risque des troubles digestifs est la déshydratation, particulièrement chez les tout-petits : c’est pourquoi la réhydratation est prioritaire. Votre médecin pourra, selon les symptômes, faire une déclaration en pharmacovigilance. Pensez à conserver la boîte de lait utilisée.
Le lait de mon enfant ne figure pas dans les lots rappelés : vous pouvez rester serein. Si votre enfant présente des troubles digestifs, il s’agit probablement d’un virus saisonnier classique.
Bon à savoir : si le lait infantile de votre enfant ne contient pas d’ARA (acide arachidonique), il n’y a aucun risque de présence de céréulide.
L’acide arachidonique (ARA) est un acide gras polyinsaturé à longue chaîne essentiel pour le développement neurologique et neurosensoriel des bébés. Avant la diversification alimentaire, le lait est la principale source d’ARA pour votre enfant. Le lait maternel en contient naturellement. Pour les laits infantiles, l’expertise scientifique recommande son ajout, au même titre que le DHA (un autre acide gras essentiel de la famille des oméga-3), dont l’ajout est d’ailleurs obligatoire selon la réglementation européenne.
Oui, absolument. Les laits infantiles font l’objet de contrôles très stricts : qualité, composition, analyses microbiologiques… Ils sont 10 fois plus contrôlés que les aliments courants.
Ces contrôles réguliers permettent justement de retirer rapidement les lots non conformes, comme dans la situation actuelle. Les retraits font partie du système de sécurité et permettent de qualifier les laits infantiles de produits sécurisés.
Non, si votre enfant n’est pas allaité, il doit être nourri avec un lait infantile adapté à son âge et à ses besoins nutritionnels. Les laits de mammifères non transformés (lait de vache, de chèvre…) ou les boissons végétales pour adultes ne sont pas adaptés aux bébés. Leur utilisation peut entraîner des carences nutritionnelles graves : dénutrition, carence en fer, carence en protéines, avec des conséquences importantes sur la croissance et le développement neurologique de votre enfant.
Le Dr Sandra Brancato est pédiatre libérale exerçant à Brignon (30). Présidente de l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) et Responsable du groupe de travail gastro / nutrition, elle s’intéresse particulièrement à la...
À retrouver sur https://www.mpedia.fr/news-retraits-laits-infantiles/
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