06/03/2023 6 mins de lecture
L’alimentation a fait l’objet de travaux de recherche pour comprendre si certains aliments déclenchent les crises de migraine.
La migraine est un trouble neurologique chronique courant qui se caractérise par des crises récurrentes d’intenses céphalées. Deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, cette maladie a une prévalence mondiale de près de 15 % pour les deux sexes. Selon l’OMS, il s’agit de la septième maladie la plus incapacitante au monde, avec un retentissement important et documenté depuis longtemps sur plusieurs aspects de la vie quotidienne dont les relations professionnelles, sociales et familiales. Le coût économique et sociétal de la migraine est également important.
La migraine est un trouble complexe, dont tous les mécanismes ne sont pas encore bien connus, mais pour lequel des facteurs génétiques ainsi que des facteurs environnementaux (l’activité physique, sommeil, le climat ou encore le comportement alimentaire par exemple) jouent un rôle. À ce jour, il n’existe pas de traitement curatif de la migraine. La prise en charge de la maladie repose sur le traitement des crises et, chez certains migraineux, et dans certains cas, par leur prévention par un traitement de fond. Agir sur les facteurs de risque environnementaux peut également aider certains patients et réduire la fréquence et/ou la sévérité des crises : c’est dans ce contexte que nombre d’entre eux engagent une réflexion sur leurs comportements alimentaires pour tenter de limiter l’impact de la migraine et améliorer leur qualité de vie.
Depuis plusieurs années, l’alimentation a fait l’objet de travaux de recherche pour comprendre si certains aliments déclenchent les crises de migraine – ou au contraire permettent de limiter leur fréquence, durée et/ou sévérité. Les réseaux sociaux se sont parfois faits le relai de certaines publications scientifiques, mettant en avant de manière souvent exagérée les bienfaits de régimes ou aliments spécifiques. Les forums de patients regorgent aussi d’anecdotes plus ou moins scientifiques, que les internautes s’échangent à propos de leur alimentation. Au risque d’alimenter la confusion. Pour y voir plus clair, Canal Détox fait le point sur ce que l’on sait des liens entre alimentation et migraine.
© Unsplash
Lorsque l’on tombe sur des discussions sur le web évoquant le lien entre alimentation et migraines, la plupart évoquent la nécessité d’éviter certains aliments identifiés comme problématiques.
Même si l’on sait que certains comportements alimentaires, comme par exemple le fait de faire un repas lourd ou de manger à des horaires irréguliers influencent le déclenchement de la migraine, les mécanismes sous-jacents restent peu explorés.
Par ailleurs, si certains patients ont remarqué que, pour eux, le fait de manger un aliment spécifique est souvent suivi d’une crise de migraine et décident donc de le retirer de leur alimentation, des données scientifiques suggèrent qu’en fait l’aliment incriminé ne serait pas le déclencheur de la migraine – mais plutôt un signe annonciateur. En effet, il est possible que le début d’une crise de migraine, avant l’apparition de la douleur, s’accompagne d’une modification des comportements alimentaires ou encore d’une préférence ou d’une envie de manger un aliment, par exemple du chocolat. Autrement dit, l’envie de consommer certains aliments pourrait chez certains patients représenter des manifestations cérébrales précoces de la phase prémonitoire de la crise migraineuse.
En outre, les régimes fondés sur l’évitement de certains aliments, surtout s’ils sont faits sans contrôle médical, comportent des risques. Le fait de retirer entièrement certains aliments (par exemple, les régimes sans gluten, sans tyramine[1] …) est très contraignant et peut entraîner des déséquilibres alimentaires voire des carences. Ni le régime sans gluten, chez les patients ne souffrant pas de maladie cœliaque, ni les autres régimes de ce type, ne s’appuient sur des données scientifiques suffisamment robustes pour être considérés comme efficaces et généralisés en clinique.
Il peut être d’autant plus problématique d’opter pour ces approches qu’il a été rapporté dans la littérature scientifique que l’évitement strict de certaines nourritures peut parfois entraîner du stress, des problèmes psychologiques et une mauvaise qualité de vie.
Il est donc avant tout recommandé aux patients migraineux de se tourner vers un professionnel de santé pour obtenir conseils diététiques adéquats et surtout de privilégier au maximum une régularité dans les heures de repas, avec des apports suffisants et sans grignotage (comme pour le sommeil, la régularité des comportements alimentaires est clé lorsque l’on est sujet à migraines).
Aujourd’hui, le seul régime pour lequel des données solides commencent à émerger est le régime cétogène. Ce régime caractérisé par une alimentation riche en graisses et pauvre en glucides a montré des résultats prometteurs contre la migraine. Il influencerait potentiellement plusieurs mécanismes impliqués dans le développement du trouble (par exemple, le transport du glucose, la fonction mitochondriale, le stress oxydatif, l’excitabilité cérébrale, l’inflammation ou encore le microbiome intestinal).
Cependant, il faut souligner que la plupart des études sur le sujet présentent un certain nombre de limites, notamment le fait qu’il s’agit très rarement d’études randomisées portant sur de larges échantillons de patients. Les résultats doivent donc être pris avec prudence.
Des travaux récents se sont intéressés aux bénéfices des régimes anti-inflammatoires – ce qui a poussé certains médias à vanter les mérites d’aliments « anti-inflammatoires » qui seraient potentiellement efficaces contre la migraine, par exemple le gingembre ou les myrtilles. Si des publications ont montré que le fait d’avoir un régime varié, intégrant des aliments aux propriétés anti-inflammatoires, pouvait effectivement avoir des effets bénéfiques, il n’y a aucune preuve qu’un aliment dit « anti-inflammatoire » serait à lui seul capable de réduire la fréquence, la durée ou la sévérité des crises. Dans tous les cas, des études rigoureuses pour consolider les données scientifiques déjà obtenues sur le sujet sont nécessaires.
Un message clé serait donc que, s’il est important de continuer à étudier le rôle du comportement alimentaire et plus généralement retr de l’alimentation sur la migraine afin de répondre aux interrogations des patients, une chose est certaine à l’heure actuelle : une régularité dans les repas et le fait de manger en quantité suffisante en respectant un certain équilibre alimentaire est primordial pour les patients sujets aux migraines chroniques.
[1] Un acide aminé qui aide à réguler la pression artérielle
Faut-il consommer du café ou non lorsque l’on est migraineux ? Cette question revient souvent dans les cabinets médicaux mais aussi sur les forums en ligne.
Et la réponse n’est pas si évidente. Des études ont suggéré qu’une consommation élevée de caféine pourrait être un élément déclencheur de migraine, comme cette publication dans The American Journal of Medicine. Il s’agissait d’une étude prospective examinant le lien entre consommation de café et migraines chez 101 adultes migraineux, à partir d’un journal quotidien qu’ils remplissaient concernant leur consommation de boissons caféinées ainsi que d’autres éléments concernant leurs comportements et leur style de vie.
Cependant, des données ont aussi indiqué qu’un effet protecteur de la caféine en tant que traitement des crises ou chez les patients gravement atteints ne pouvait être exclu.
Enfin, il est également connu que, chez les grands consommateurs de café, une réduction brutale de la consommation de caféine s’accompagne de « symptômes de sevrage », dont des migraines.
À retrouver sur presse.inserm.fr/canal-detox/des-regimes-miracles-contre-la-migraine-vraiment/
Le test de dépistage du cancer colorectal permet de déceler la présence de sang dans les selles. Le dépistage permet de repérer un polype avant qu’il n’évolue en cancer, ou de détecter un cancer à un stade très précoce pour augmenter les chances de guérison. Ce test est recommandé tous les 2 ans pour les femmes et les hommes de 50 à 74 ans, sans symptôme, ni antécédent.
Article
Publié le 06/03/2023
Information proposée par Institut national du cancer
Troisième cancer le plus fréquent, le cancer colorectal touche 43 300 personnes (20 100 femmes et 23 200 hommes) et est la cause de 17 100 décès chaque année.
Grâce à un dépistage simple et efficace à réaliser chez soi tous les 2 ans, entre 50 et 74 ans, ce cancer peut être détecté à un stade débutant. Dans ce cas, il sera guéri 9 fois sur 10.
Pourtant, les personnes concernées sont à peine plus d’un tiers à faire régulièrement le test de dépistage (34,6 % sur la période 2020/2021).
Aujourd’hui, obtenir ce test n’a jamais été aussi facile : site de commande en ligne monkit.depistage-colorectal.fr, médecin ou encore pharmacien participant. L’Institut national du cancer appelle les personnes concernées à réaliser ce test de dépistage qui peut leur sauver la vie !
Le test de dépistage du cancer colorectal se réalise chez soi. Son efficacité, combinée à une utilisation simple et rapide, en font un outil fiable pour détecter un éventuel cancer à un stade débutant. Il peut même détecter une lésion précancéreuse qui sera alors traitée avant qu’elle n’évolue en cancer.
Les raisons évoquées pour ne pas réaliser ce test de dépistage sont nombreuses, le manque de temps en fait partie. Aujourd’hui, les modalités d’obtention de ce test continuent à se diversifier et à s’adapter aux usages de chacun. En pratique, les 3 modalités de remise du test sont :
Dans ces deux derniers cas, le test peut être retiré avec ou sans l’invitation.
À l’occasion du mois de mobilisation contre le cancer colorectal, en mars, l’Institut national du cancer déploie une nouvelle campagne d’information à destination des femmes et des hommes de plus de 50 ans en métropole et dans les territoires ultramarins.
En radio, en presse écrite, sur le digital et en affichage dynamique, cette campagne rappelle les bénéfices du dépistage de ce cancer : détecté à un stade précoce, il se guérit 9 fois sur 10.
Aussi, le message publicitaire rappelle que « le meilleur moment pour penser à faire le dépistage du cancer colorectal, c’est quand on a aucune raison d’y penser », c’est-à-dire avant tout symptôme.
En complément, l’Institut propose un programme de chroniques sonores à plus de 1 000 radios, web radios et sites Internet en métropole et dans les territoires ultra-marins avec des versions en langue créole. Professionnels de santé et experts reviennent sur les points clés de ce dépistage. Il est diffusé du 13 au 31 mars sur les antennes qui le souhaitent. Il est accompagné du film d’animation « Le dépistage du cancer colorectal : qui ? Quand ? Comment ? » et le mode d’emploi vidéo de réalisation du test de dépistage.
Le cancer colorectal se développe sur les parois du côlon ou du rectum à partir d’une tumeur bénigne (non cancéreuse) appelée polype. Ce polype, qui peut apparaître sans symptômes, peut se transformer ensuite en cancer dans un processus qui peut durer une dizaine d’années.
Le test de dépistage, proposé dans le cadre du programme national, permet de repérer un cancer à un stade débutant et de le soigner avec des traitements moins lourds. Dans ce cas, le cancer peut être guéri 9 fois sur 10.
Détecté à un stade plus avancé, le traitement sera plus lourd et plus contraignant avec des résultats incertains. Le test de dépistage peut également permettre de détecter un polype et de l’enlever, lors d’une coloscopie, avant qu’il ne devienne un cancer.
Le dépistage organisé du cancer colorectal s’adresse aux femmes et aux hommes âgés de 50 à 74 ans, ne présentant ni symptômes ni facteurs de risque autres que l’âge soit 20 millions de personnes éligibles. Tous les 2 ans, elles sont invitées par courrier à réaliser un test de dépistage qui consiste en la recherche de sang occulte (invisible à l’œil nu) dans les selles.
Le test est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie sans avance frais.
L’Institut national du cancer développe plusieurs formats d’information. Cette diversité vise à favoriser la bonne compréhension des enjeux de ce dépistage et explique la nécessité de réaliser régulièrement le test (tous les 2 ans) pour les femmes et les hommes dès 50 ans.
Une bande dessinée basée sur la méthode « Facile à lire et à comprendre » (FALC) réalisée avec l’association CoActis Santé qui produit la collection SantéBD. Il s’agit d’un livret pédagogique expliquant, sur la base de dessins et des mots simples, le dépistage du cancer colorectal. Un seul objectif : permettre aux personnes, même les plus fragiles, d’être actrices de leur santé.

Collection Outils de communication grand public / Dépistage du cancer colorectal
Date de publication août 2022

Collection Outils de communication grand public / Dépistage du cancer colorectal
Date de publication juillet 2022
À retrouver sur https://www.cancer.fr/
L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.
Institut national du cancer