Cancers du rectum : comment est établi le diagnostic ?

Article

Publié le 16/06/2023

Information proposée par Institut national du cancer

Certains examens doivent être effectués pour confirmer le diagnostic de cancer du rectum et en évaluer le stade, c’est-à-dire son degré d’extension. Cela quel que soit le contexte dans lequel le cancer est découvert.

On appelle l’ensemble de ces examens le bilan diagnostique. Il comporte :

  • le bilan initial, qui a pour objectif de confirmer la présence d’un cancer, de le localiser et de définir de quel type de cancer il s’agit ;
  • le bilan d’extension, qui a pour objectif de compléter le diagnostic. Il consiste à évaluer l’étendue du cancer, c’est-à-dire à déterminer jusqu’où il s’est propagé. C’est ce qui permet de définir le stade du cancer.

Vous trouverez ci-dessous les examens les plus souvent réalisés et leurs objectifs.

L’ordre dans lequel ils sont effectués peut varier d’une personne à l’autre. Ils ne sont pas tous systématiques et, si besoin, d’autres peuvent vous être proposés. Cette étape peut sembler longue, mais un bilan précis est indispensable pour vous proposer un traitement adapté.

Quels peuvent être les examens pour confirmer la présence du cancer (bilan initial) ?

Examen clinique

Cet examen est systématique.

Examen (auscultation, palpation de l’abdomen, etc.) par un médecin généraliste ou un gastroentérologue, réalisé dans le cadre d’une consultation médicale qui comprend également un entretien avec le patient.

L’examen clinique comprend un toucher rectal.

Objectif : faire un bilan de votre état général. S’informer sur vos antécédents médicaux personnels et familiaux, et vos traitements en cours.

Au cours de cet examen, vos facteurs de risque (dont le tabac, l’alcool, le surpoids) sont recensés.

Toucher rectal

Cet examen est systématique ; il consiste à palper l’intérieur du rectum avec l’index.

Objectif : fréquent en cas de symptômes digestifs (présence de sang dans les selles, diarrhées, constipation, etc.) pouvant être causés par un cancer du rectum, cet examen permet de déceler une grosseur qui pourrait être un signe de cancer localisé dans le rectum.

Coloscopie

Cet examen est systématique.

Il consiste en un examen de l’intérieur du côlon à l’aide d’un endoscope. Il est réalisé par un gastroentérologue, généralement sous anesthésie générale.

Objectif : la coloscopie vise à explorer la totalité du côlon pour y déceler d’éventuelles anomalies et les localiser. La coloscopie permet également d’effectuer des prélèvements (biopsie). La coloscopie avec biopsie est l’examen de référence pour le diagnostic des cancers colorectaux.

Coloscopie virtuelle par scanner ou coloscanner

Cet examen est non systématique.

Un coloscanner peut être proposé lorsqu’il est impossible de pratiquer une coloscopie ou lorsqu’elle est incomplète.

Il s’agit d’un examen d’imagerie qui permet de visualiser la totalité du côlon, sans entrer à l’intérieur.

Les images produites par le scanner sont transmises à un ordinateur. Un logiciel permet de reconstituer alors une image en 3 dimensions du côlon, dans laquelle on peut naviguer virtuellement, ce qui permet aux médecins de repérer les zones d’anomalies.

Le coloscanner nécessite, comme la coloscopie, une préparation. Réalisée la veille de l’examen, cette préparation repose sur des laxatifs et un régime liquide avec un marquage des selles par un produit de contraste. Le coloscanner implique une insufflation de dioxyde de carbone (CO2).

Objectif : le coloscanner permet de détecter d’éventuelles anomalies (épaississements…) dans le côlon et le rectum et de visualiser d’autres organes de l’abdomen, notamment le foie, pour y rechercher des signes éventuels de métastases. À la différence de la coloscopie, le coloscanner ne permet pas de réaliser de biopsie et donc, de faire le diagnostic de cancer. Une coloscopie sera nécessaire pour réaliser la biopsie.

Biopsie

Cet examen est systématique.

Il s’agit de prélever un échantillon de tissu qui semble anormal. Le déroulement de la biopsie dépend de la zone ou de l’organe dans lequel le prélèvement est fait. Les biopsies du rectum sont réalisées au cours de la coloscopie.

Objectif : récupérer des échantillons de tissus qui semblent anormaux pour les analyser et déterminer s’ils sont de nature cancéreuse ou non (voir examen anatomopathologique).

Ces échantillons peuvent également être conservés après l’opération dans une bibliothèque de tumeurs (tumorothèque), en vue de recherches ultérieures.

Examen anatomopathologique

Cet examen est systématique.

Il s’agit d’un examen de tissus ou de cellules prélevés lors d’une biopsie ou retirés lors d’une chirurgie. Cet examen est réalisé à l’œil nu puis au microscope par un médecin spécialiste appelé anatomopathologiste ou anatomocytopathologiste ou pathologiste.

Selon les situations, une analyse d’éventuelles altérations moléculaires (mutation du gène RAS) est effectuée dans un échantillon de tumeur. La recherche de mutation du gène RAS permet d’orienter la prescription de certaines thérapies ciblées. Elle peut identifier une cible de ce type de médicament.

Dans le cadre d’un cancer colorectal, la recherche d’une instabilité microsatellitaire (MSI pour MicroSatellite Instability) peut également être effectuée. Le test moléculaire MSI permet de dépister les prédispositions génétiques au cancer colorectal. Ce test pourrait aussi permettre à terme d’orienter le traitement anticancéreux (des essais cliniques sont en cours au moment de la validation de ce document).

Objectif : cet examen est indispensable pour diagnostiquer de façon certaine un cancer. Il permet d’étudier les caractéristiques des cellules de la tumeur (histologie, altérations moléculaires si besoin).

Lorsqu’il est réalisé après la chirurgie, il permet de définir le stade du cancer.

Quels sont les examens pour évaluer l’extension de la tumeur ?

Échographie endorectale

Cet examen est systématique.

Examen qui consiste à réaliser des images de la paroi du rectum grâce à des ultrasons.

Le radiologue ou le gastroentérologue utilise une sonde échographique introduite dans le rectum via l’anus.

Objectif : évaluer l’extension de la tumeur dans la paroi du rectum et l’atteinte des ganglions proches du rectum, préciser la localisation de la tumeur, sa taille et enfin sa distance par rapport à l’anus ; cet élément est important pour déterminer le type de chirurgie à réaliser.

IRM pelvienne

Non systématique : cet examen est prescrit selon la localisation de la tumeur.

Cet examen d’imagerie utilise un puissant aimant et des ondes radio pour obtenir des images « en coupe » de la zone pelvienne (vessie, urètre, utérus, vagin, ovaires, trompes utérines, vésicules séminales, prostate, rectum).

Objectif : évaluer l’extension de la tumeur dans la paroi du rectum et l’atteinte des ganglions proches du rectum, préciser la localisation de la tumeur, sa taille et enfin sa distance par rapport à l’anus ; cet élément est important pour déterminer le type de chirurgie à réaliser.

Bilan biologique

Cet examen est systématique.

Avant de débuter les traitements, on mesure dans le sang :

  • la quantité et la qualité des différentes cellules sanguines (on parle de numération formule sanguine (NFS) ou encore d’hémogramme) ;
  • le taux de créatinine, qui permet de vérifier le bon fonctionnement des reins ;
  • La clairance de la créatinine, pour apprécier la vitesse de filtration des reins ;
  • Le taux de certaines enzymes et protéines fabriquées par le foie (transaminases, albumine, etc.) pour évaluer l’état de la fonction hépatique.

La prise de sang permet aussi de mesurer le taux de concentration d’un marqueur tumoral appelé ACE, l’antigène carcino-embryonnaire. Il s’agit d’une protéine sécrétée par certaines tumeurs, dont les tumeurs du rectum.

Objectif : fournir des renseignements sur l’état de santé général, vérifier qu’il n’y a pas de contre-indications à certains examens ou traitements.

Le dosage du marqueur ACE donne une indication sur la présence d’une tumeur et l’évolution de la maladie. En revanche, cette mesure n’est pas absolue car un cancer colorectal peut se développer ou évoluer sans que le taux d’ACE n’augmente.

Scanner thoracoabdominopelvien

Cet examen est systématique.

Examen indolore qui permet, à l’aide de rayons X, de réaliser des images en trois dimensions du thorax, de l’abdomen et de la région pelvienne (vessie, urètre, utérus, vagin, ovaires, trompes utérines, vésicules séminales, prostate, rectum). On parle aussi de tomodensitométrie, abrégée en TDM.

Avant l’examen, un produit de contraste (souvent de l’iode) est injecté pour visualiser les vaisseaux sanguins et distinguer les éventuelles anomalies dans les organes.

Objectif : ce scanner permet de repérer la présence ou non d’une anomalie dans les autres organes (foie, poumons…). Si c’est le cas, il vise à déterminer sa taille et sa localisation. Cet examen détecte des anomalies même de très petite taille (inférieure ou égale à 3 millimètres). Le scanner ne donne cependant aucune indication sur le type de cellules dont il s’agit.

IRM hépatique + scanner thoracique

Cet examen non systématique est prescrit en alternative au scanner thoraco-abdomino-pelvien lorsque l’injection de produit de contraste n’est pas possible (notamment pour des raisons d’allergie à l’iode ou d’hyperthyroïdie).

Une IRM hépatique avec injection d’un autre produit de contraste (le gadolinium) et un scanner thoracique sans injection sont effectués.

L’IRM hépatique est un examen d’imagerie qui utilise un puissant aimant et des ondes radio pour obtenir des images en « coupes » du foie.

Objectif : les objectifs sont les mêmes que ceux du scanner thoracoabdominopelvien (voir ci-dessus).

L’IRM va permettre de déterminer si des métastases se sont développées dans le foie.

Tomographie par émission de positons (TEP ou TEP-TDM ou TEP Scan ou Petscan)

Cet examen est non systématique.

C’est un examen indolore qui permet de réaliser des images en coupes du corps entier après injection dans le sang d’un traceur, un produit faiblement radioactif. Ce traceur a la particularité de se fixer sur les cellules cancéreuses. La TEP fournit des images de la répartition du traceur et donc des cellules cancéreuses dans tout le corps, visualisables par ordinateur.

Objectif : repérer les foyers de cellules cancéreuses partout dans le corps.

Scintigraphie osseuse

Cet examen est non systématique. Il est rarement effectué.

La scintigraphie osseuse est indolore et permet d’obtenir des images des os du corps. Cette technique d’imagerie médicale utilise des produits faiblement radioactifs non toxiques, des traceurs qui sont injectés puis repérés sur écran.

Objectif : repérer des métastases osseuses.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-rectum/Le-diagnostic

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers du rectum : quels traitements ?

Article

Publié le 01/03/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Plusieurs types de traitements sont utilisés pour traiter les cancers du rectum. Le choix de ceux qui vous sont proposés est effectué par plusieurs médecins lors de la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP).

Dans ce dossier web sont indiqués uniquement les traitements administrés en première intention, c’est-à-dire après le diagnostic.

La chirurgie, la radiothérapie et les traitements médicamenteux (chimiothérapies conventionnelles et/ou thérapies ciblées) sont les principaux traitements des cancers du rectum. Ils peuvent être utilisés seuls ou associés les uns aux autres. Selon les cas, ils ont pour objectifs de :

  • supprimer la tumeur ou les métastases, ou en réduire la taille ;
  • ralentir le développement de la tumeur ou des métastases ;
  • réduire le risque de récidive ;
  • prévenir et traiter les symptômes et les complications engendrés par la maladie et les traitements pour assurer la meilleure qualité de vie possible.

À noter : la chirurgie, la radiothérapie et les traitements médicamenteux sont réalisés au sein d’établissements qui sont autorisés à les pratiquer. Ces établissements respectent des critères qui garantissent la qualité et la sécurité de ces traitements. La liste des établissements autorisés par région est disponible sur notre site.

L’arrêt du tabac et de l’alcool

L’arrêt du tabac et de l’alcool est primordial, notamment pour limiter le risque de complications pendant et après les traitements. Poursuivre la consommation de ces substances a également un impact sur le risque de second cancer et la survie.

Il existe de nombreux recours pour vous aider : parlez-en avec l’équipe qui vous suit.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le dépliant Traitement du cancer et tabac, disponible ci-dessous au téléchargement.

Traitement du cancer et tabac - Pourquoi arrêter et comment me faire aider ?

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale

  • Quels sont les traitements préconisés dans ma situation ? Pourquoi ?
  • Quels sont les objectifs de chacun de ces traitements ?
  • Quels en sont les effets indésirables ? Comment les prévenir et les soulager ?
  • Où et quand se déroulent les traitements ? Avec quels médecins/équipes médicales ?
  • Quelle est leur durée ?
  • Comment suis-je suivi pendant les traitements ?
  • Quel est l’impact possible sur ma vie quotidienne ?

Comment est établi le choix de vos traitements ?

Votre traitement est adapté à votre cas personnel (votre âge, vos antécédents médicaux et chirurgicaux, les contre-indications éventuelles à certains traitements) et dépend des caractéristiques du cancer dont vous êtes atteint :

  • l’endroit où il est situé (au niveau du tiers supérieur du rectum ou dans la partie plus basse du rectum) ;
  • son type histologique, c’est-à-dire le type de cellules impliquées ;
  • son grade, c’est-à-dire son degré d’agressivité ;
  • son stade, qui correspond à son degré d’extension (taille de la tumeur, atteinte ou non des ganglions lymphatiques par des cellules cancéreuses, présence ou non de métastases dans d’autres parties du corps);
  • la présence ou non d’une deuxième tumeur dans le côlon (polype ou cancer).

Des examens pour vous proposer un traitement adapté à votre cancer

Ces caractéristiques de votre cancer sont déterminées grâce au bilan diagnostique, qui comprend notamment des examens d’imagerie (par exemple scanner).

Un bilan préthérapeutique est systématiquement effectué pour orienter le choix de vos traitements.

Quels sont les examens du bilan préthérapeutique ?

Évaluation cardiovasculaire

Cet examen est non systématique.

Examen clinique par un cardiologue associé ou non à une échographie cardiaque.

Objectif : déterminer les risques cardiaques d’une anesthésie et d’une intervention chirurgicale prolongée.


Évaluation clinique et nutritionnelle initiale

Cet examen est systématique.

Un bon équilibre nutritionnel est indispensable avant le début du traitement car il conditionne le pronostic.

Cette évaluation permet d’identifier un état de dénutrition et d’y remédier par des mesures adaptées :

  • mesure du poids et de la taille pour le calcul de l’IMC (Indice de Masse Corporelle qui se calcule en divisant le poids d’une personne par sa taille au carré (poids en kg/taille en m x taille en m)) ;
  • recherche d’une perte de poids par rapport au poids habituel ;
  • dosage dans le sang des taux d’albumine, de préalbumine et de CRP. Le taux de la protéine C réactive (CRP) dans le sang augmente en présence d’une inflammation.

Les conséquences de la dénutrition.

Un bon état nutritionnel est indispensable pour le bon déroulement des traitements : en savoir plus sur les risques de la dénutrition.


Évaluation gériatrique

Cet examen est systématique pour les personnes âgées de plus de 75 ans.

Cette évaluation en cancérologie permet d’adapter les traitements anticancéreux et de prendre en compte les spécificités des personnes âgées : tests G8, VES 13, FOG, etc.

Il s’agit de tests visant à dépister la fragilité du patient reposant sur plusieurs composantes, dont :

  • l’autonomie motrice ;
  • l’auto-évaluation de son état de santé ;
  • le nombre de médicaments pris au long cours, leurs indications et les risques d’interactions ;
  • l’évaluation nutritionnelle ;
  • l’état des fonctions cognitives ;
  • l’état psychologique.

Lorsqu’un traitement médicamenteux est nécessaire, des examens supplémentaires sont effectués pour orienter le choix des médicaments à utiliser, à la recherche de la présence :

  • d’une altération moléculaire dans votre tumeur. Il s’agit d’une anomalie survenue au niveau d’un gène : par exemple, la mutation des gènes RAS qui concerne près de la moitié des personnes atteintes d’un cancer colorectal. Dans les cas d’un cancer métastatique, cette information est déterminante dans le choix des traitements médicamenteux ;
  • d’une défaillance du système MMR (MisMatch Repair) responsable d’une augmentation des erreurs lors de la réplication de l’ADN avant la division cellulaire. Cette défaillance est révélée par ce qu’on appelle une instabilité microsatellitaire (MSI pour MicroSatellite Instability). Lorsque la tumeur présente une instabilité microsatellitaire, on dit qu’elle est MSI-H (H pour high en anglais). La présence d’une instabilité microsatellitaire constitue un facteur pronostique favorable en cas de tumeur non métastatique.

La présence de cette instabilité microsatellitaire pourrait également orienter le choix des traitements médicamenteux : au moment de la validation de ce document, des essais cliniques spécifiques d’immunothérapie sont en cours pour les tumeurs métastatiques MSI-H.

Le choix de vos traitements fait l’objet d’une concertation pluridisciplinaire

Votre situation est discutée au cours d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) qui rassemble au moins trois médecins de spécialités différentes : gastroentérologue, chirurgien, oncologue médical, oncologue radiothérapeute, radiologue, pathologiste…

En tenant compte des spécificités de votre situation et en s’appuyant sur des outils d’aide à la décision appelés recommandations de bonnes pratiques, les médecins établissent une proposition de traitements.

Pour en savoir plus sur les réunions de concertation pluridisciplinaire, consulter notre page sur le diagnostic et le choix du traitement.

Ils peuvent aussi vous proposer de participer à un essai clinique.

Participer à un essai clinique, pour quoi faire ?

L’équipe médicale peut vous proposer de participer à un essai clinique. Les essais cliniques sont des études scientifiques menées avec la participation des personnes malades. Cela ne peut être fait qu’après votre information et votre accord écrit.

Le cancer du rectum fait l’objet de nombreuses études qui visent notamment à :

  • identifier des altérations moléculaires au niveau des gènes des cellules cancéreuses et proposer aux patients les thérapies ciblées les plus adaptées ;
  • évaluer de nouvelles stratégies de traitements (chirurgie, séquences de traitement, etc.) ;
  • tester de nouveaux traitements anticancéreux (notamment d’immunothérapie (un traitement médicamenteux qui vise à stimuler le système immunitaire (système de défense du corps) contre les cellules cancéreuses) ou de thérapie ciblée) ;
  • évaluer différentes façons d’utiliser les traitements existants en mettant en place de nouvelles combinaisons de molécules. Le but est notamment d’améliorer l’efficacité des traitements et de réduire leurs effets indésirables ;
  • comparer l’efficacité des médicaments utilisés pour soulager les symptômes (médicaments contre la douleur, par exemple) ;
  • comparer différentes stratégies pour traiter la dénutrition.

Chaque essai clinique a un objectif précis. Pour y participer, les patients doivent satisfaire un certain nombre de critères, appelés critères d’inclusion, spécifiques à chaque essai et fixés dans le protocole de l’essai. C’est le médecin qui vérifie la possibilité que vous puissiez participer ou non.

Pour en savoir plus sur les essais cliniques.

Pour connaître les essais cliniques en cours sur le cancer du rectum, vous pouvez aussi consulter le registre des essais cliniques.

La proposition de traitements est discutée avec vous

Lors d’une consultation spécifique, la consultation d’annonce, le médecin vous explique les caractéristiques de votre maladie. Il vous présente la proposition de traitement retenue, les bénéfices attendus et les effets indésirables possibles. C’est l’occasion pour vous d’en discuter avec lui et de donner votre avis sur la proposition qui vous est faite.

Cette consultation est importante. Il est utile d’être accompagné par l’un de vos proches ou la personne de confiance que vous avez choisie.

Conseil : avant la consultation, notez toutes les questions qui vous viennent en tête et prenez le temps de les poser à votre médecin. Cet échange vous permettra de mieux comprendre et d’intégrer les informations données par le médecin, en particulier celles sur le traitement envisagé, avec ses conséquences sur l’organisation de votre vie quotidienne, et de prendre avec lui les décisions adaptées à votre situation.

Le programme personnalisé de soins

Qu’est-ce que le programme personnalisé de soins ?

Les modalités de la proposition de traitement sont décrites dans un document appelé programme personnalisé de soins (PPS). Il comporte notamment :

  • les dates de vos différents traitements ;
  • leur durée ;
  • les coordonnées des membres de l’équipe soignante.

Quand vous avez donné votre accord sur la proposition de traitement, le document vous est remis et un exemplaire est transmis à votre médecin traitant, qui est un de vos interlocuteurs privilégiés. N’hésitez pas à le présenter aux infirmiers libéraux et au pharmacien qui vont vous suivre dans votre parcours de soin.

Si votre PPS ne vous a pas été délivré, demandez-le à votre équipe soignante.

Le programme personnalisé de soins peut évoluer en fonction de votre état de santé et de vos réactions aux traitements.

Le PPS contient également un volet social qui doit permettre de repérer précocement d’éventuelles difficultés et de mettre en œuvre un accompagnement adéquat.

Un consultation paramédicale, temps d’accompagnement et d’écoute

Après cette consultation avec le médecin, une consultation avec un autre membre de l’équipe soignante, le plus souvent un infirmier, vous est proposée, ainsi qu’à vos proches. C’est un temps d’accompagnement et d’écoute. Vous pouvez revenir sur les informations qui vous ont été données par le médecin, vous les faire expliquer à nouveau ou poser d’autres questions.

L’infirmier évalue avec vous vos besoins en soins et soutiens complémentaires (sur le plan social, psychologique ou nutritionnel, par exemple) et vous oriente si nécessaire vers les professionnels adaptés.

Les médecins, les pharmaciens et les membres de l’équipe soignante sont là pour vous accompagner. Ce sont vos interlocuteurs privilégiés ; n’hésitez pas à leur poser toutes vos questions. Ces échanges contribuent à renforcer le dialogue et la relation de confiance avec l’ensemble de ces professionnels tout au long de votre parcours de soins.

La personne de confiance et les directives anticipées : faire connaitre vos choix

La personne de confiance est une personne que vous désignez, par écrit.

Elle qui peut :

  • vous accompagner lors des entretiens médicaux ;
  • vous aider dans vos décisions ;
  • être consultée par l’équipe soignante si vous vous trouvez dans l’incapacité de recevoir des informations sur votre état de santé et d’exprimer votre volonté.

Les directives anticipées permettent de faire prendre en considération vos souhaits en ce qui concerne les conditions de limitation ou l’arrêt d’un traitement. Elles sont modifiables et révocables à tout moment.

Pour aller plus loin, rendez-vous sur notre page dédiée : Personne de confiance et directives anticipées.

Quels sont les traitements possibles en fonction du stade du cancer ?

Le choix et l’ordre des traitements des cancers du rectum sont définis en fonction des caractéristiques du cancer dont vous êtes atteint et en particulier de son stade, c’est-à-dire de son étendue au moment du diagnostic.

Comment détermine-t-on les stades du cancer du rectum ?

Pour déterminer le stade du cancer, les médecins s’appuient sur un système international de stadification, le système TNM (pour « Tumor, Nodes, Metastasis », ce qui signifie « tumeur, ganglions, métastases »).

Dans ce système, les médecins prennent en compte la profondeur de la tumeur dans les différentes couches du rectum, ainsi que son extension éventuelle aux organes voisins (T), l’atteinte ou non par des cellules cancéreuses de ganglions lymphatiques à proximité (N) et la présence ou non de métastases dans des parties du corps plus éloignées (M).

Il existe cinq stades différents, numérotés de 0 à IV :

  • les stades 0, I et II correspondent aux cancers limités au rectum ou à sa périphérie proche (organes à proximité) ;
  • le stade III correspond aux cancers qui ont atteint un ou plusieurs ganglions proches du rectum ;
  • le stade IV correspond aux cancers qui présentent des métastases à distance.

Les stades du cancer selon le degré d’infiltration de la tumeur

Si la tumeur située dans le tiers supérieur du rectum

La tumeur est in situ

Elle est très superficielle et n’envahit pas la sous-muqueuse (stade 0).

Possibilité de traitement : la tumeur est enlevée pendant la coloscopie. On parle de résection endoscopique.

Le cancer est limité au rectum ou a atteint les organes et structures adjacents

Aucun ganglion n’est atteint et il n’y a pas de métastases (stades I et II).

Possibilité de traitement :

  • pour les stades I, le traitement consiste en une résection endoscopique pour les tumeurs superficielles ou en une résection chirurgicale pour les tumeurs plus infiltrantes ;
  • pour les stades II, la chirurgie est le traitement de référence. Dans certains cas, une chimiothérapie peut être envisagée en complément de la chirurgie, notamment si des facteurs de risque de récidive sont identifiés.

Le cancer est limité au rectum ou a atteint les organes et structures adjacents

Des cellules cancéreuses ont atteint un ou plusieurs ganglions lymphatiques. Il n’y a pas de métastases à distance (stades III).

Possibilité de traitement : la chirurgie est le traitement de référence. Elle est suivie dans un délai de 8 semaines d’une chimiothérapie dite adjuvante, c’est-à-dire réalisée après la chirurgie. La durée de la chimiothérapie est variable (de 3 à 6 mois) et discutée en RCP selon les caractéristiques de la tumeur.

Une ou plusieurs métastases

Le cancer a envahi d’autres organes sous la forme d’une ou plusieurs métastases à distance (stade IV).

Possibilité de traitement : le choix des traitements est fonction notamment de vos éventuels symptômes, de votre état général, du nombre de métastases, de leur localisation ainsi que de la possibilité ou non de les retirer.

En l’absence de contre-indications, le traitement peut comporter une chimiothérapie associée, dans certaines situations, à un traitement par thérapie ciblée.

Des examens d’imagerie sont régulièrement réalisés pour évaluer l’efficacité de la chimiothérapie et la possibilité d’une chirurgie de la tumeur du rectum et des métastases.

Dans tous les cas, des soins visant à soulager vos symptômes et améliorer votre qualité de vie sont mis en œuvre.

À savoir : un traitement est dit néoadjuvant lorsqu’il est réalisé avant le traitement principal, et adjuvant lorsqu’il est effectué après.

Tumeur située dans les deux tiers inférieurs du rectum

La tumeur est in situ

Elle est très superficielle et n’envahit pas la sous-muqueuse (stade 0).

Possibilité de traitement : la tumeur est enlevée pendant la coloscopie. On parle de résection endoscopique.

Le cancer est limité à la couche musculeuse du rectum (stade I)

Possibilité de traitement : la chirurgie est le traitement de référence. Toutefois, une résection endoscopique peut être proposée pour certaines tumeurs superficielles. Pour les tumeurs plus infiltrantes, une résection chirurgicale du rectum est réalisée.

Dans de rares situations, d’autres traitements sont proposés (notamment radiothérapie externe, chimiothérapie).

Le cancer a atteint le mésorectum ou les organes et structures situés autour du rectum

Aucun ganglion n’est touché et il n’y a pas de métastase (stade II).

Quelle que soit l’extension de la tumeur dans la paroi du rectum et au-delà, des ganglions sont atteints et il n’y a pas de métastase (stade III).

Possibilité de traitement : le traitement de référence est une radiochimiothérapie suivie d’une chirurgie.

L’indication d’une chimiothérapie adjuvante, c’est-à-dire réalisée après ces traitements, est discutée en RCP.

Le cancer est à un stade métastatique

Il a envahi d’autres organes sous la forme d’une ou plusieurs métastases (stade IV).

Possibilité de traitement : le traitement de la tumeur située au niveau du rectum et/ou des métastases est discuté en RCP.

Des soins visant à soulager vos symptômes et améliorer votre qualité de vie sont mis en œuvre.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-rectum/Les-traitements

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers du rectum : la chirurgie

Article

Publié le 26/02/2021

Information proposée par Institut national du cancer

La chirurgie est le traitement principal du cancer du rectum. Elle consiste à retirer la tumeur avec une marge de tissu sain autour. Le type de chirurgie réalisé dépend de l’endroit où est située la tumeur, de son degré d’infiltration et de sa distance par rapport au sphincter anal.

Dans certains cas, un curage ganglionnaire est également effectué : le chirurgien retire les ganglions lymphatiques voisins de la tumeur dans le mésorectum (tissu graisseux qui recouvre le rectum). Les ganglions sont ensuite analysés à l’aide d’un microscope pour déterminer s’ils contiennent ou non des cellules cancéreuses. C’est un facteur pronostique, c’est-à-dire que cela donne une indication sur l’évolution possible de la maladie.

Retrouvez nos explications sur ce que sont les ganglions lymphatiques.

Dans quels cas du cancer du rectum la chirurgie est-elle indiquée ?

Pour les cancers du tiers supérieur du rectum

Pour les cancers du tiers supérieur du rectum, la résection chirurgicale (si la tumeur n’est pas superficielle) est le traitement de référence pour les stades I.

Pour les stades II, en présence de facteurs de risque de récidive, elle peut être complétée par une chimiothérapie dite adjuvante, c’est-à-dire réalisée après la chirurgie.
Pour en savoir plus sur les différents stades du cancer.

Pour les stades III, la chirurgie est systématiquement suivie, dans un délai de 8 semaines, d’une chimiothérapie adjuvante, c’est-à-dire réalisée après la chirurgie.

Pour les stades IV, il est possible d’effectuer une chirurgie destinée à retirer les métastases et la tumeur primitive. Son intérêt est évalué en fonction de l’étendue de la maladie, de l’efficacité de la chimiothérapie, le cas échéant, et de votre état général.

Qu’est-ce qu’une tumeur primitive ? C’est la tumeur principale à partir de laquelle peuvent s’échapper des cellules cancéreuses pouvant former des métastases dans d’autres parties du corps.

Pour les cancers des deux tiers inférieurs du rectum

Pour les cancers des deux tiers inférieurs du rectum, la réalisation d’une chirurgie dépend du stade du cancer.

Pour les cancers de stade I, un traitement local par l’anus (par endoscopie) est proposé lorsque la tumeur est superficielle. Pour les tumeurs plus infiltrantes, une résection chirurgicale du rectum est réalisée. Dans de rares situations, ce traitement peut être complété par une radiothérapie ou une chimiothérapie.

Pour les stades II et III, la chirurgie est réalisée après un traitement par radiothérapie qui est souvent combiné dans le même temps à une chimiothérapie (le tout est appelé radiochimiothérapie).

Pour les stades IV, l’opportunité de réaliser une chirurgie de la tumeur située sur le rectum et/ou des métastases est discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP).

Comment se préparer à l’opération ?

Deux consultations sont programmées quelques jours avant l’intervention, une avec le chirurgien, l’autre avec l’anesthésiste.

Un bilan préopératoire doit également être réalisé ; il repose sur les examens du bilan préthérapeutique.

Arrêter de fumer quelques semaines avant une intervention

Cet arrêt est important pour réduire les risques de complications pendant et après l’opération (risques de complications pulmonaires, d’infection de la zone opérée et de problèmes de cicatrisation). Des moyens existent pour accompagner l’arrêt du tabac et soulager les symptômes de sevrage. Parlez-en avec équipe qui vous suit. Vous pouvez aussi recourir à des aides à distance ou télécharger ce dépliant :

Traitement du cancer et tabac - Pourquoi arrêter et comment me faire aider ?

La consultation avec le chirurgien

Le chirurgien vous explique :

  • les objectifs de l’opération ;
  • la technique qu’il va utiliser ;
  • les suites opératoires et les complications possibles.

Si une stomie (« anus artificiel » et poche) est nécessaire, il vous explique son fonctionnement et sa gestion.

Cette consultation est l’occasion de poser toutes vos questions au sujet de l’intervention.

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale

  • Comment l'opération se déroule-t-elle ?
  • Quels en sont les risques ?
  • Comment puis-je me préparer au mieux ?
  • Que va-t-il se passer après l’intervention ?
  • Quelles vont être les conséquences de l’opération sur ma vie de tous les jours ? Comment seront-elles prises en compte ?

Lors de cette consultation, le chirurgien vous informe qu’un échantillon de la tumeur peut faire l’objet d’une analyse dans le cadre de la recherche et être conservé après l’opération dans une tumorothèque, une bibliothèque de tumeurs, en vue de recherches ultérieures. Vous avez le droit de vous y opposer.

La consultation avec l’anesthésiste

L’intervention étant réalisée sous anesthésie générale, la consultation en amont avec l’anesthésiste permet d’évaluer les risques liés à l’anesthésie, en prenant en compte vos antécédents médicaux et chirurgicaux.

Il est important de signaler :

  • tout problème de santé, notamment les allergies (rhume des foins, eczéma, allergie au latex, à certains médicaments, etc.) ;
  • les problèmes respiratoires (asthme, bronchite chronique) ;
  • les problèmes cardiaques (hypertension artérielle, par exemple) ;
  • la prise de médicaments ;
  • les problèmes de coagulation liés à une maladie ou à une prise régulière de médicaments (aspirine, anticoagulants) ;
  • votre consommation d’alcool et de tabac.

L’anesthésiste aborde avec vous la question de la gestion de la douleur après l’opération.

Cette consultation est l’occasion de poser toutes les questions que vous avez au sujet de l’anesthésie.

À savoir : un anticoagulant est un médicament qui diminue la coagulation (transformation d’une substance liquide en une masse solide) du sang, évitant ainsi la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins.

Évaluation de l’état nutritionnel afin de lutter contre une dénutrition

Votre « état nutritionnel », c’est-à-dire le bon équilibre entre ce que vous mangez et ce que vous dépensez, est souvent altéré par la maladie et aggravé par la chirurgie. Cela risque d’entraîner une dénutrition, qui se manifeste par une perte de poids.

Si l’équipe médicale constate une dénutrition avant ou après l’intervention, vous pourrez bénéficier d’un support nutritionnel complémentaire de votre alimentation visant à rétablir votre état nutritionnel. Il peut s’agir de la prescription :

  • d’une alimentation enrichie en calories ou protéines ;
  • de compléments nutritionnels oraux (CNO) ;
  • d’une nutrition entérale (via une sonde gastrique).

Des compléments nutritionnels, pour quoi ?

Quel que soit votre état nutritionnel (dénutri ou non), un support nutritionnel complémentaire visant à stimuler votre système immunitaire, appelé immunonutrition, est recommandé au minimum une semaine avant l’intervention et jusqu’à 7 jours après, en cas de dénutrition. Il permet à l’organisme de se préparer à la chirurgie grâce à un apport en certains nutriments indispensables au système immunitaire. Il est le plus souvent envisagé par voie orale.

Des antibiotiques pour réduire le risque d’infection

L’intestin est l’organe qui contient le plus de bactéries. Leur présence y est normale. Mais si elles se déplacent dans la cavité abdominale, à la suite d’une coupure ou d’une perforation de l'intestin par exemple, elles peuvent engendrer une infection grave du péritoine (la membrane qui recouvre les organes abdominaux), appelée péritonite. Afin de réduire ce risque pendant et après l’intervention, des antibiotiques sont généralement administrés en même temps que les produits anesthésiques.

Un régime particulier pour préparer le côlon et le rectum

Le chirurgien peut vous demander de suivre un régime particulier la semaine qui précède l’intervention. Ce régime dit « sans résidu » consiste à ne consommer que des aliments qui produisent peu ou pas de selles, c’est-à-dire principalement pauvres en fibres et en matières grasses. Le plus souvent, le chirurgien vous prescrit un laxatif oral à prendre 1 à 2 jours avant l’intervention ; un lavement est réalisé lors de l’hospitalisation.

Comment le chirurgien accède à la tumeur ?

On appelle « voie d'abord » le chemin utilisé pour accéder à l'organe ou à la zone à opérer. Trois voies d’abord peuvent être utilisées pour opérer un cancer du rectum : la cœlioscopie, la laparotomie et l’abord transanal.

Qu’est-ce que la cœlioscopie (ou laparoscopie) ?

C’est une technique chirurgicale d’opération à ventre fermé. Le chirurgien effectue plusieurs petites incisions qui lui permettent de passer un système optique, ainsi que des instruments chirurgicaux, à l’intérieur de l’abdomen. Le système optique est relié à un écran extérieur. Le chirurgien opère en regardant l’écran.

La cœlioscopie apporte des bénéfices à court terme :

  • diminuer la douleur et les complications après l’intervention ;
  • réduire la durée d’hospitalisation ;
  • préserver la paroi abdominale avec un bénéfice esthétique (pas de grande cicatrice).

À long terme, elle entraîne un risque moins important d’éventration de la paroi abdominale.

Cette technique est aussi efficace que la laparotomie pour enlever la portion du rectum malade.

Qu’est-ce que la laparotomie ?

Cette technique consiste à ouvrir le ventre pour accéder aux organes (opération à ventre ouvert). Le chirurgien effectue une incision verticale sur l’abdomen, en partant du dessus du nombril qu’il contourne, jusqu’au bas du ventre. Cette technique permet au chirurgien d’observer et de palper minutieusement toute la cavité abdominale avant de retirer la portion du rectum atteinte par la tumeur, ainsi que les ganglions les plus proches.

Qu’est-ce que l’abord transanal ?

Cette technique consiste à accéder à la tumeur directement par l’anus, sans incision. Cette voie est utilisée dans le cas du traitement chirurgical local (ou exérèse locale).

Elle a pour objectif de retirer la tumeur et une marge de tissu d’au moins un centimètre autour tout en conservant le rectum et le sphincter anal, et ainsi d'éviter les séquelles fonctionnelles d’une ablation (incontinence, selles fréquentes…). Cette intervention se déroule sous anesthésie générale. L’inconvénient de cette voie d’abord est l’impossibilité d’enlever le mésorectum, et donc les ganglions situés autour du rectum.

Elle n’est proposée que dans le cas des tumeurs du rectum superficielles et de petite taille.

Après l’intervention, l’examen anatomopathologique du tissu retiré permet de contrôler si les marges du tissu sont saines, c’est-à-dire qu’elles ne contiennent aucune cellule cancéreuse. Il permet aussi de vérifier si le stade de la tumeur est conforme à ce qui a été préalablement évalué. Dans le cas contraire, le chirurgien peut proposer de refaire une intervention par laparotomie ou cœlioscopie « classique » pour compléter la première intervention et retirer alors le rectum.

Pourquoi une technique plutôt que l’autre ?

Le choix de l’une ou l’autre de ces voies dépend notamment des caractéristiques du cancer (taille et localisation de la tumeur), ainsi que de votre morphologie et de la spécialisation de l’équipe chirurgicale.

Comment se déroule l’intervention selon la zone où est située la tumeur ?

Différents types de chirurgie du cancer du rectum existent.

Le choix dépend de la localisation de la tumeur et plus précisément de sa distance par rapport à l’anus.

On distingue :

  • les tumeurs du haut rectum distantes de 10 à 15 centimètres de l’anus ;
  • les tumeurs du moyen rectum (5 à 10 centimètres de l’anus) ;
  • les tumeurs du bas rectum (moins de 5 centimètres de l’anus).

Que retire le chirurgien ?

L’intervention consiste à retirer :

  • la partie atteinte du rectum – on parle d’exérèse rectale ou encore de proctectomie ;
  • le mésorectum, tissu graisseux qui entoure le rectum et qui contient des vaisseaux sanguins et des ganglions lymphatiques. Cela permet de réduire le risque de récidive locale.

Le rectum et le canal anal

Après avoir enlevé la portion atteinte par la tumeur, le chirurgien pratique habituellement une suture entre le côlon et la portion de rectum restant ou l’anus. Cette connexion est appelée « anastomose ».

Réalisation d’une stomie pour permettre une cicatrisation plus facile

Il peut être nécessaire de dériver le flux fécal (des selles) pour permettre à la zone opérée de cicatriser plus facilement. Une stomie – appelée parfois « anus artificiel » – est alors effectuée. Il s’agit d’une petite ouverture faite dans le côlon (colostomie) ou l’intestin grêle (iléostomie) et sur la paroi de l’abdomen, par laquelle seront évacuées les selles, ensuite recueillies dans une poche.

Réalisation d’une stomie

Une stomie, dans quels cas ?

Cette stomie est dite de « protection » lorsqu’elle est temporaire. Elle est habituellement refermée lors d’une deuxième intervention chirurgicale (en moyenne 2 à 3 mois après l’intervention initiale), après vérification de la bonne cicatrisation de l’anastomose (la connexion entre les deux segments du rectum) par une radiographie de contrôle.

Le circuit intestinal reformé, les selles pourront à nouveau être évacuées par la voie naturelle. C’est ce qu’on appelle le rétablissement de la continuité digestive ou intestinale.

Une stomie définitive peut être nécessaire dans les suites d’une chirurgie d’un cancer du bas rectum ayant nécessité une amputation abdomino-périnéale (ablation du rectum, du sphincter anal, de l’anus et des muscles autour de l’anus). Dans ce cas, il n’est plus possible ni de contrôler les selles et les gaz, ni de les expulser par l’anus. Les selles et les gaz sont donc définitivement recueillis au niveau de la peau de l’abdomen, à travers la stomie.

Quelle opération dans le cas des tumeurs du haut rectum ?

Le chirurgien retire le côlon sigmoïde (dernière partie du côlon) et le tiers supérieur du rectum en respectant une marge de tissu sain sous la tumeur (5 centimètres environ).

La continuité digestive est rétablie par la réalisation d’une anastomose – une suture – entre le côlon et le rectum restant. Le plus souvent, il n’est pas nécessaire de réaliser une stomie de protection.

Chirurgie d’une tumeur du haut rectum

Quelle opération dans le cas des tumeurs du moyen et bas rectum ?

Le chirurgien retire tout le rectum et tout le mésorectum. La continuité digestive est alors rétablie par une anastomose (une suture) entre le côlon et l’anus.

Le chirurgien réalise, le plus souvent, un « réservoir colique ». Il s’agit d’une poche créée avec le côlon pour remplacer le rectum. Elle permet de créer une zone où les selles sont stockées avant d’être évacuées et ainsi d’améliorer le résultat fonctionnel après l’opération (réduction du nombre de selles quotidiennes, notamment).

Dans ce cas, une stomie temporaire de protection est effectuée systématiquement afin de favoriser la cicatrisation de la couture entre le côlon et l’anus.

Chirurgie d’une tumeur du moyen rectum

Quelle opération dans le cas de tumeur du très bas rectum ?

Pour les tumeurs du très bas rectum (moins de 1 cm du sphincter anal), le chirurgien retire le rectum, l’anus et le sphincter de l’anus. Il accède à la tumeur par un abord classique abdominal et local, au niveau du périnée (l’ensemble de muscles situé entre l’anus et la vulve ou le pénis).

Dans ce cas, il n’est pas possible de réaliser une anastomose entre le côlon restant et le périnée. Une stomie définitive est effectuée.

Certains chirurgiens spécialisés en chirurgie colorectale peuvent conserver l’anus, même pour des tumeurs situées dans la partie très basse du rectum. Ils utilisent une technique particulière, appelée résection intersphinctérienne, qui consiste à ne retirer qu’une partie ou la totalité du sphincter interne de l’anus. Cette technique peut permettre d’éviter une stomie définitive, mais elle présente un risque de troubles de la continence anale (des fuites).

Chirurgie d’une tumeur du très bas rectum

Quelle opération dans le cas d’une propagation de la tumeur vers les organes voisins ?

La tumeur peut s’être propagée aux organes voisins, comme la vessie ou l’urètre (le conduit par lequel l’urine part de la vessie pour être évacuée), la prostate, les ovaires, le vagin ou l'utérus. Dans ce cas, le chirurgien enlève la tumeur du rectum, mais aussi les organes voisins touchés et les ganglions lymphatiques régionaux.

Lorsque la vessie est retirée, le chirurgien crée une stomie urinaire appelée urostomie. Cette intervention consiste à raccorder les uretères, canaux qui conduisent l’urine du rein à la vessie, directement à la peau. Le plus fréquemment, les uretères sont raccordés à un petit segment d’intestin grêle qui a été isolé et relié à la peau (intervention de Bricker). L'urine est recueillie à la surface de la peau, à l’aide d’une poche spéciale.

Ce type de chirurgie n’est pas réalisé systématiquement ; il est appliqué au cas par cas.

Quelle chirurgie en cas d’occlusion intestinale ?

Parfois, le cancer du rectum est découvert à cause d’une occlusion : en grossissant, la tumeur bloque le passage des selles et des gaz. Cela provoque des douleurs abdominales, des vomissements, un arrêt total ou partiel du transit et un gonflement de l’abdomen. Le côlon augmente de volume et finit parfois par se perforer. Cette obstruction ou occlusion nécessite donc, le plus souvent, une intervention en urgence.

Si l’occlusion est due à une tumeur du bas ou du moyen rectum, l’intervention consiste à effectuer une colostomie (petite ouverture faite dans le côlon) temporaire afin de dériver et évacuer les selles et de décomprimer rapidement le côlon. Ceci permet de réaliser le bilan complet de la tumeur et du rectum et de proposer, si nécessaire, une radiothérapie et/ou une chimiothérapie avant l’exérèse (le retrait) rectale.

Si l’occlusion est liée à une tumeur du haut rectum, il s’agit :

  • soit de réaliser une stomie temporaire afin de dériver les selles et de décomprimer rapidement le côlon en évacuant les gaz et les selles. Une deuxième intervention est programmée une semaine plus tard, « à froid », pour retirer la tumeur, refermer la stomie et rétablir la continuité digestive ;
  • soit de retirer d’emblée la tumeur en enlevant la portion du rectum atteinte. Pendant l’intervention, le chirurgien réalise un lavage du reste du côlon et rétablit le circuit digestif si le côlon n’est pas trop abîmé. Si le côlon a été trop abîmé, il réalise une stomie temporaire.

Quelle intervention en cas de métastases ?

Certaines métastases peuvent être retirées par chirurgie. On dit alors qu’elles sont résécables. Le déroulement de l’intervention dépend de la localisation et du nombre de métastases.

En cas de métastases résécables (au niveau des poumons, du foie…), l’intervention chirurgicale peut être pratiquée en deux temps, avec une chimiothérapie entre les deux opérations pour contrôler la maladie.

Si les métastases ne sont pas opérables en raison de leur nombre ou de leur inaccessibilité, des traitements médicaux sont proposés (chimiothérapie et thérapie ciblée).

Que se passe-t-il après l’intervention chirurgicale ?

Vos sensations à votre réveil

Une fois l’intervention terminée, vous êtes amené en salle de réveil où l’équipe médicale et paramédicale continue d’assurer votre surveillance.

À votre réveil, vous pouvez ressentir des nausées ou encore une somnolence, provoquées par l’anesthésie.

Un ou plusieurs drains peuvent être mis en place dans la zone opérée pendant l’intervention. Ces tuyaux très fins permettent d’évacuer les liquides (sang, lymphe) qui peuvent s’accumuler au cours de la cicatrisation. Ces drains ne sont pas douloureux et sont retirés sur décision du chirurgien, dans les jours suivant l’opération.

Qu’est-ce que la lymphe ?

La lymphe est un liquide légèrement coloré produit par le corps, qui transporte les globules blancs et évacue les déchets des cellules. La lymphe circule dans des vaisseaux dits lymphatiques.

De même, une sonde urinaire a pu être mise en place. Elle sert à recueillir les urines et à mesurer leur volume pour mieux contrôler le fonctionnement des reins. Elle est retirée quelques jours après l’intervention.

Les médecins vous prescrivent un médicament anticoagulant et vous demandent de vous lever dès que possible après l’intervention afin d’éviter une phlébite (c’est-à-dire une inflammation d’une veine pouvant provoquer son obturation par la formation d’un caillot de sang). Celle-ci peut en effet être causée par un alitement prolongé après une opération chirurgicale ou par la chirurgie elle-même.

De plus, le port de bas anti-thrombose (appelés bas de contention ou encore bas à varices) pendant la journée est préconisé après l’opération et pendant toute la durée prescrite par votre médecin.

Une douleur systématiquement traitée

Comme après toute intervention chirurgicale, les douleurs sont systématiquement traitées, généralement par de la morphine ou l’un de ses dérivés. Il est important que vous décriviez ce que vous ressentez afin que votre équipe médicale puisse vous proposer le traitement le plus adapté.

Si vous n’êtes pas suffisamment soulagé, signalez-le sans tarder à l’équipe médicale afin que le traitement puisse être adapté.

Pour en savoir plus, retrouvez notre dossier consacré à la Douleur

Une durée d’hospitalisation variable

La durée d'hospitalisation est en moyenne de 1 à 2 semaines ; elle varie cependant en fonction de l’intervention pratiquée, de votre état de santé général et de la façon dont vous avez supporté la chirurgie.

Si besoin, un séjour en service de soins de suite et réadaptation (maison de convalescence) peut vous aider à récupérer.

Si une stomie a été mise en place, une infirmière stomathérapeute vous apprendra comment vivre avec et en prendre soin.

La reprise du transit intestinal, couramment dans les 2-3 jours

Le soir de l’intervention, en général, vous reprendrez une alimentation légère avant de réintégrer progressivement des aliments solides. La reprise du transit intestinal intervient généralement dans les 2 ou 3 jours qui suivent l’opération. Il est marqué par une émission importante de gaz.

Il peut arriver que le transit ne reprenne pas de façon spontanée sous 4 jours ; c’est ce qu’on appelle un iléus paralytique. En plus de l’absence de gaz et de selles, cela se manifeste par un ballonnement, un hoquet, des nausées, voire des vomissements. Pour vous alimenter, la pose d’une sonde nasogastrique peut être nécessaire durant quelques jours. La sonde nasogastrique est introduite par le nez pour atteindre l’estomac.

Les analyses de la tumeur : déterminer la propagation de la tumeur

Tout ce qui est a été retiré lors de l’intervention chirurgicale est transmis au service d’anatomopathologie pour être analysé. Cet examen est réalisé par un médecin spécialiste appelé anatomopathologiste.

L’examen consiste à observer, à l’œil nu puis au microscope, les tissus prélevés afin de déterminer jusqu’où les cellules cancéreuses se sont propagées : paroi du rectum, péritoine, ganglions lymphatiques, organes voisins. Grâce à cet examen, le type de cellules concerné, le stade du cancer, c’est-à-dire son degré d’extension, ainsi que son degré d’agressivité sont définis.

Une analyse des altérations moléculaires de la tumeur peut être réalisée. Avec cette information, les médecins peuvent décider si un traitement complémentaire (chimiothérapie ou radiothérapie) est nécessaire après la chirurgie.

Quels sont les effets indésirables et complications possibles ?

La survenue éventuelle d’effets indésirables est surveillée pendant votre hospitalisation et lors des consultations qui suivent. Décrivez aux professionnels de santé qui vous accompagnent tous les signes et symptômes que vous rencontrez.

La fatigue

Juste après l’intervention, vous pouvez ressentir de la fatigue. Elle est notamment due à l’anesthésie ou à l’anxiété générée par l’opération. La fatigue dépend de la façon dont vous avez supporté l’intervention et des autres effets indésirables.

Agir contre la fatigue

Elle ne doit pas être banalisée. Signalez-la à l’équipe soignante afin qu’elle soit prise en compte le mieux possible. Parfois, un séjour en maison de soins de suite et de réadaptation pour un temps de convalescence peut être prescrit par le médecin. C’est l’établissement de soins qui en fait la demande.

Des douleurs localisées

Des douleurs localisées peuvent persister pendant quelques semaines après l’opération. Vous aurez un traitement antidouleur (antalgique) à prendre jusqu’à ce qu’elles aient totalement disparu.

Des difficultés à cicatriser

Des problèmes de cicatrisation peuvent survenir. Il arrive qu’un hématome (une accumulation de sang localisée sous la peau ou dans une cavité, dans un organe ou un tissu à la suite d’une rupture de vaisseaux sanguins) ou une infection apparaissent au niveau de la cicatrice. Ces effets indésirables guérissent souvent à l’aide de soins locaux. Cependant, s’ils ne disparaissent pas, une nouvelle opération est parfois nécessaire pour les traiter.

Des troubles urinaires

Les troubles urinaires (comme l’impossibilité d’uriner) sont fréquents (30 à 50 % des cas) et concernent principalement les hommes. Ils nécessitent parfois de garder la sonde urinaire durant quelques jours, mais ils disparaissent assez rapidement.

La fistule anastomotique : la complication la plus grave

La principale et la plus grave complication est la fistule anastomotique : la suture entre le côlon et l’anus cicatrise mal, générant un écoulement de liquide digestif dans l’abdomen par cette couture. Ce risque est d’environ 15 %, mais les conséquences des fistules sont réduites par la réalisation d’une stomie temporaire qui permet de dériver les selles.

Comment la repérer et comment est-elle traitée ?

Cette complication survient environ une semaine après la chirurgie et se traduit par de la fièvre, une douleur abdominale et, parfois, des sécrétions sales au niveau du drain abdominal. Le plus souvent, un scanner* de l’abdomen est réalisé. En fonction de la sévérité de la complication, le traitement varie de la mise sous antibiotiques à la réalisation d’une nouvelle intervention.

Des saignements de l’abdomen

Les autres complications chirurgicales sont des saignements dans l’abdomen, qui nécessitent le plus souvent une nouvelle intervention chirurgicale.

Un risque de thrombose veineuse ou d’embolie pulmonaire

Il existe également un risque de thrombose veineuse (ou phlébite, c’est-à-dire qu’une veine se bouche par un caillot de sang, ce qui bloque la circulation du sang), voire d’embolie pulmonaire (le caillot de sang obstrue l’artère pulmonaire ou l'une de ses branches).

Agir contre la thrombose

Si cette complication survient, elle nécessite un traitement par des anticoagulants pendant quelques mois associé au port, dans la journée, de bas anti-thrombose (appelés bas de contention ou encore bas à varices).

Des troubles digestifs fréquents

L’ablation partielle ou totale du rectum entraîne souvent des troubles digestifs et une altération de la fonction ano-rectale, pouvant aller jusqu’à l’incontinence anale. Après fermeture de la stomie, l'augmentation du nombre des selles, le fractionnement (évacuation en plusieurs fois dans un temps limité), les impériosités (incapacité à se retenir), les troubles de la continence aux gaz ou de souillures minimes sont fréquents. Le fractionnement est le trouble le plus spécifique. Après chaque exonération, une sensation de rectum plein et de besoin réapparaît rapidement, et cela se répète sur une période de temps prolongé pouvant aller jusqu'à une, voire plusieurs heures, obligeant le patient à rester à proximité des toilettes.

Une amélioration pendant la première ou la deuxième année suivant l’opération

Ces troubles sont plus ou moins marqués selon les patients et surtout, selon que le rectum a été retiré en partie ou en totalité. Ils s’améliorent pendant la première ou la deuxième année qui suit l’opération.

Un traitement adapté possible

Lors des consultations de suivi avec le chirurgien ou le gastroentérologue, un traitement adapté au cas par cas est proposé au patient. Par exemple, des lavements ou des exonérations aidées par suppositoire, ainsi qu’une adaptation de votre alimentation, peuvent réduire ces troubles et permettre de retrouver une meilleure qualité de vie.

En cas d’incontinence anale, il existe des méthodes permettant de rééduquer le sphincter anal même lorsque les nerfs entourant le rectum ont été sectionnés.

Bon à savoir

Aucun régime alimentaire particulier n’est recommandé.

Des complications liées à la stomie

Des complications peuvent apparaître à la suite de la réalisation d’une stomie : l’orifice de stomie peut se rétrécir (sténose) ou une partie de l’intestin peut se déplacer en dehors de son emplacement normal (prolapsus).

L’éventration de la stomie est assez fréquente et se manifeste par l’apparition d’une tuméfaction (grosseur) autour de la poche, souvent en dedans de l'orifice. Elle n’est généralement pas douloureuse, mais cela crée un risque d'étranglement de l'intestin dans l'orifice qui peut conduire à une occlusion intestinale.

Cette hernie peut, en outre, gêner l'appareillage de la stomie et favoriser les fuites entre le support et la peau.

Selon les cas, une intervention chirurgicale de correction peut être pratiquée, notamment lorsque l’appareillage de la stomie ne peut plus se faire correctement ou lorsque la fonction d'évacuation de la stomie n'est plus satisfaisante.

Des troubles de la fonction sexuelle

Des troubles de la fonction sexuelle peuvent survenir.

Chez l’homme, le réseau de nerfs qui entoure le rectum a un rôle dans l’érection et l’éjaculation. La chirurgie et la radiothérapie, réalisées avant l’intervention, peuvent abîmer ces nerfs et entraîner des troubles de ces deux fonctions. Pour cette raison, un prélèvement de sperme en vue de sa conservation sera conseillé aux hommes jeunes avant de commencer le traitement. Ils seront orientés vers un Centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS).

Chez la femme, les troubles se traduisent le plus souvent par une sécheresse vaginale, une perte de libido (désir) et des douleurs pendant les rapports sexuels. Ces douleurs sont liées à la cicatrice du périnée ou au déplacement du vagin, qui n’est plus maintenu en arrière lorsque le rectum a été retiré.

Par ailleurs, chez certaines personnes, la stomie modifie l’image de soi, ce qui peut entraîner des difficultés dans la relation de couple. Le patient ne doit pas hésiter à parler de ces troubles au médecin qui effectue son suivi. Ce dernier peut lui proposer des solutions ou l'orienter vers un spécialiste des problèmes sexuels.

Pour en savoir plus, consultez notre page sur la sexualité et la fertilité.

Des diarrhées chroniques

Une diarrhée peut persister et devenir chronique. Si elle est confirmée et dans de rares cas, il pourrait vous être préconisé un régime alimentaire adapté, fondé notamment sur une diminution de la consommation de fibres. Des médicaments antidiarrhéiques peuvent également vous être prescrits.

À savoir

Une diarrhée se définit par l’émission d’au moins trois selles liquides par jour.

Une dénutrition possible

La chirurgie du rectum, selon sa nature, peut entraîner un état de dénutrition qui se traduit par une perte de poids.

Cela est le plus souvent lié à une perte d’appétit et à l’inflammation secondaire à l’intervention.

Agir contre la dénutrition

Pour retrouver un état nutritionnel satisfaisant, un accompagnement adapté vous est proposé. Il peut d’abord s’agir de conseils pratiques pour améliorer et enrichir vos prises alimentaires au quotidien, l’objectif étant d’augmenter le nombre de calories sans nécessairement augmenter le volume des portions ingérées.

Si votre alimentation ne couvre pas tous vos besoins nutritionnels, vous pouvez ensuite bénéficier d’un support nutritionnel complémentaire. Il peut s’agir de la prescription d’une alimentation enrichie en calories ou protéines, de compléments nutritionnels oraux (CNO) ou d’une nutrition entérale (via une sonde gastrique). Votre médecin vous prescrira ce qui vous convient le mieux ou vous adressera à un diététicien ou un médecin nutritionniste spécialisé en nutrition clinique.

Un rétrécissement du diamètre du tube digestif

Une sténose est un rétrécissement du diamètre du tube digestif. Lorsque ce resserrement se produit au niveau de l’anastomose (la suture faite après qu’une partie du rectum ait été retirée), on parle de sténose anastomotique. Elle peut gêner, voire empêcher, la circulation des selles et des gaz, avec un risque d’occlusion intestinale.

Comment la repérer et la traiter ?

En cas de vomissements, de constipation ou encore de gaz et/ou de ballonnements persistants (météorisme intestinal), parlez-en à votre équipe médicale. Si une sténose est décelée, plusieurs traitements sont possibles. Ils dépendent de la localisation de l’anastomose et de l’avancée de la sténose. La dilatation manuelle ou la dilatation endoscopique sont ainsi possibles, mais une nouvelle intervention chirurgicale peut parfois être nécessaire.

Et à plus long terme ?

L’opération peut avoir des conséquences à plus long terme sur votre qualité de vie : fatigue, anxiété voire difficultés psychologiques, etc.

La stomie peut notamment affecter l’estime de soi. Parlez-en à votre équipe médicale. Elle vous renseignera sur des professionnels de la santé (stomathérapeutes) et des groupes de parole qui aident les personnes ayant une stomie à faire face aux changements corporels.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-rectum/La-chirurgie

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers du rectum : la radiothérapie

Article

Publié le 01/03/2021

Information proposée par Institut national du cancer

La radiothérapie est un traitement localisé des cancers du rectum. Elle utilise des rayonnements ionisants pour détruire les cellules cancéreuses en les empêchant de se multiplier. Ces rayonnements (appelés aussi rayons ou radiations) sont produits, dans presque tous les cas, par un accélérateur de particules (radiothérapie externe).

Les rayonnements ionisants, qu’est-ce que c’est ?

Les rayonnements ionisants sont des faisceaux de particules qui transportent une énergie telle qu’elle leur permet de traverser la matière et de la modifier. Cette modification de la matière s’appelle l’ionisation, d’où le qualificatif de rayonnements ionisants.

Dans le domaine médical, les rayonnements ionisants font l’objet de nombreuses applications. Ils sont en particulier à la base des techniques de radiothérapie. Ils sont alors produits par un accélérateur, un appareil qui accélère les particules (des électrons dans la grande majorité des cas) à une très grande vitesse, ce qui leur confère une forte énergie. C’est le principe de la radiothérapie externe. On peut aussi utiliser des matériaux radioactifs dont la propriété est d’émettre spontanément et en continu des rayonnements ionisants ; c’est le cas de la curiethérapie.

Pour en savoir plus sur les différents types de radiothérapie, retrouvez notre dossier web sur les traitements par radiothérapie.

La radiothérapie a pour but de détruire les cellules cancéreuses, tout en préservant le mieux possible les tissus sains et les organes avoisinants (intestin grêle, vessie, canal anal…).

Arrêter de fumer fait partie du traitement de votre cancer

Il est fortement recommandé d’arrêter de fumer afin de réduire le risque de complications pendant et après les traitements anticancéreux et d’améliorer la qualité de vos soins.

Les études montrent l’importance de l’arrêt du tabac en matière de pronostic, de récidive, de second cancer et de qualité de vie pour le patient atteint de cancer du rectum.

Pour obtenir plus de conseils sur les aides disponibles à l’arrêt du tabac, rendez-vous sur notre page Tabac, alcool, réduire une consommation.

Vous pouvez aussi télécharger notre dépliant ci-dessous.

Traitement du cancer et tabac - Pourquoi arrêter et comment me faire aider ?

Dans quels cas une radiothérapie est-elle indiquée ?

La radiothérapie est utilisée pour traiter les tumeurs du bas et du moyen rectum. Elle peut être administrée notamment dans les situations suivantes :

  • pour les stades II et III, une radiothérapie néoadjuvante, c’est-à-dire préopératoire, est réalisée. La radiothérapie est le plus souvent associée à une chimiothérapie (radiochimiothérapie) qui rend les cellules cancéreuses plus sensibles aux rayons. L’objectif est de réduire la taille de la tumeur avant la chirurgie. En effet, cela permet, pour une tumeur volumineuse, de la rendre plus facile à enlever et aussi, parfois, d’éviter une stomie. La radiothérapie diminue également le risque de récidive tumorale ;
  • dans certains cas, notamment chez les patients âgés et/ou fragiles, seule la radiothérapie (sans chimiothérapie) est prescrite, sur une durée très courte (5 jours), avant la chirurgie ;
  • pour les stades I, dans de rares cas, une radiothérapie externe peut compléter la chirurgie. L’objectif est de détruire les cellules cancéreuses qui pourraient rester après la chirurgie, notamment au niveau des ganglions lymphatiques avoisinants, et de réduire le risque de récidive locale. Une radiothérapie réalisée après la chirurgie est qualifiée d’adjuvante ;
  • une radiothérapie peut enfin être utilisée pour maitriser les symptômes comme les saignements, la douleur d'un cancer du rectum au stade avancé ou les symptômes causés par des métastases.

Seules les principales indications de la radiothérapie sont mentionnées ici.

L’échange avec votre médecin radiothérapeute avant la radiothérapie

Avant de démarrer la radiothérapie, votre médecin oncologue radiothérapeute vous explique le principe, les objectifs et la technique qu’il va utiliser.

Il vous informe également sur les effets indésirables possibles et les solutions qui existent pour les anticiper ou les limiter. N’hésitez pas à lui soumettre toutes les questions que vous vous posez au sujet de ce traitement.

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale

  • Quels sont les objectifs de la radiothérapie ?
  • Comment se déroule le traitement ?
  • Combien de temps dure-t-il ?
  • Quels sont les effets indésirables possibles ?
  • Quels conseils dois-je suivre pour les limiter ?
  • Comment et par qui est effectué le suivi ?

Qu’est-ce que la radiothérapie externe ?

Il existe différentes techniques de radiothérapie externe. Pour les cancers du rectum, la radiothérapie conformationnelle en trois dimensions (3D) est le plus souvent utilisée. Cette technique consiste à faire correspondre le plus précisément possible (autrement dit à conformer) le volume de la zone à traiter et le volume sur lequel vont être dirigés les rayons. Elle utilise des images en 3D de la zone à traiter et des organes avoisinants, obtenues par scanner, parfois associées à d’autres examens d’imagerie médicale (IRM, TEP).

Des logiciels simulent virtuellement, toujours en 3D, la forme des faisceaux d’irradiation et la distribution des doses à utiliser pour s’adapter au mieux au volume de la zone à traiter. Cette technique permet de délivrer des doses efficaces de rayons en limitant l’exposition des tissus sains.

Des techniques dites en modulation d’intensité (RCMI) ou de tomothérapie, utilisant les mêmes principes, peuvent également être utilisées.

Un traitement le plus souvent sans être hospitalisé

Le plus souvent, le traitement par radiothérapie externe est réalisé « en ambulatoire », c'est-à-dire que vous vous rendez dans votre centre de soins pour la séance de radiothérapie, puis vous rentrez chez vous sans être hospitalisé.

Néanmoins, une hospitalisation complète est possible si vous êtes traité simultanément par chimiothérapie intraveineuse (radiochimiothérapie concomitante), si votre traitement est réalisé loin de votre domicile ou si votre état général le nécessite.

Comment se déroule la radiothérapie externe en pratique ?

Le déroulement d’une radiothérapie repose sur un travail d’équipe entre des manipulateurs, un physicien médical, un dosimétriste, coordonnés par l’oncologue radiothérapeute.

Avant le traitement proprement dit sont réalisées une étape de repérage de la zone à traiter, puis une étape de calcul de la distribution de la dose (qu’on appelle la dosimétrie). Cette étape peut nécessiter quelques jours avant le début effectif du traitement.

Étape 1 : le repérage (ou simulation)

L’oncologue radiothérapeute repère la cible sur laquelle les rayons vont être dirigés et les organes à risque à protéger (intestin grêle, vessie, vagin, périnée…).

Pour cela, un scanner est réalisé afin d’obtenir une simulation en 3D de la zone à traiter et des organes voisins.

Quelle sera votre position ?

Pendant ce repérage, la position que vous reprendrez à chaque séance est soigneusement définie. Un marquage punctiforme (sous forme de points) sur la peau (pouvant persister chez certains patients) et différents accessoires spécialement adaptés pour assurer votre immobilité sont réalisés.

Étape 2 : la dosimétrie (votre présence n’est pas nécessaire)

Après le repérage intervient l’étape de dosimétrie. L’oncologue radiothérapeute détermine les types de rayons à utiliser, la dimension du ou des faisceaux et leur orientation pour irradier la tumeur ou la zone où elle était située (le « lit tumoral »), en épargnant les organes voisins.

Avec l’oncologue radiothérapeute, le physicien médical et le dosimétriste optimisent la répartition de la dose d’irradiation afin de respecter au mieux la prescription médicale. Cette étude informatisée, réalisée avant de débuter tout traitement (dosimétrie prévisionnelle), permet de déterminer la répartition de la dose de rayons à appliquer à la zone à traiter.

Cette étape ne nécessite pas votre présence.

Unité de mesure en gray

La dose de rayons en radiothérapie est exprimée en gray (abrégé en Gy), du nom d’un physicien anglais. 1 Gy correspond à une énergie de 1 joule absorbée dans une masse de 1 kilo.

Étape 3 : le traitement

La salle dans laquelle se déroule la radiothérapie est une pièce qui respecte les normes de protection contre les rayonnements ionisants.

Votre position durant le traitement

Vous êtes installé par le manipulateur sur la table de traitement, dans la position qui a été déterminée lors du scanner de la phase de repérage, avec les accessoires associés. Les rayons sont dirigés de façon précise vers la région à traiter et vous devez rester immobile.

Avant la séance, des images peuvent être réalisées à la demande du médecin pour vérifier votre positionnement. La mesure de la dose réellement délivrée lors de la première séance peut nécessiter la mise en place sur la peau de petits capteurs (c’est ce qu’on appelle la dosimétrie in vivo).

Pendant la séance

Pendant la séance, vous êtes seul dans la salle qui reste éclairée et vous restez en lien continu avec les manipulateurs par le biais d’un interphone et d'une caméra vidéo. En cas de besoin, le traitement peut être immédiatement interrompu et les manipulateurs peuvent vous rejoindre.

Le temps de présence dans la salle de traitement est généralement de 15 minutes environ. Le temps d’irradiation lui-même est de courte durée, de l’ordre de quelques minutes. L’appareil tourne autour de vous sans jamais vous toucher.

L’irradiation est invisible et indolore. Vous ne ressentez aucune sensation particulière.

La durée du traitement par radiothérapie

Lorsque la radiothérapie se fait seule ou qu’elle est associée à une chimiothérapie orale, elle est délivrée en environ 5 semaines, 5 jours par semaine. Néanmoins, la dose totale délivrée est adaptée à votre cas ; le nombre de séances et le nombre de jours de traitement peuvent ainsi être différents d’un patient à l’autre.

Le plan de traitement définitif validé par votre médecin oncologue radiothérapeute établit la dose totale et ses modalités de délivrance, ainsi que le nombre de séances et leur calendrier. Ils vous sont communiqués avant le début des séances.

Vous n’êtes pas radioactif. Les séances de radiothérapie externe ne rendent pas radioactif. Il n’y a donc pas de précaution à prendre vis-à-vis de votre entourage une fois la séance terminée.

Étape 4 : le suivi

Durant toute la durée du traitement, des consultations avec l’oncologue radiothérapeute sont programmées régulièrement (en général une fois par semaine).

L’objectif est de s'assurer que le traitement se déroule dans les meilleures conditions. Si vous constatez une réaction anormale (diarrhée, douleur, etc.), vous pouvez demander à voir un médecin en consultation avant ou après votre séance.

Des visites de contrôle sont également planifiées à l'issue de la radiothérapie sur un ou plusieurs mois.

Quels sont les effets indésirables possibles ?

En irradiant une tumeur ou la zone où elle était située (le lit tumoral), on ne peut pas éviter totalement d’irradier, et donc d’altérer, des cellules saines des tissus situés à proximité. C’est ce qui explique l’apparition des effets indésirables.

Ils varient selon la zone traitée, la dose de rayons délivrée, la technique utilisée, l’effet cumulé des autres traitements, votre propre sensibilité et votre état de santé général.

Le traitement est soigneusement planifié et administré de façon à les réduire le plus possible. L’équipe médicale vous informe sur ceux qui peuvent se produire dans votre cas et sur les moyens d’y faire face. Un suivi régulier permet de les détecter et de réajuster le traitement si nécessaire.

On distingue :

  • les effets indésirables dits immédiats, aigus ou précoces, qui se produisent pendant le traitement et les quelques semaines qui suivent. Ils sont souvent temporaires ;
  • les effets indésirables dits tardifs, appelés aussi complications, qui peuvent apparaître plusieurs mois après la fin du traitement, voire plus tard. Ils peuvent être durables (on parle alors de séquelles).

Quels sont les effets indésirables immédiats ?

Une rougeur de la peau

Une rougeur de la peau semblable à un coup de soleil, appelée érythème cutané, associée à une sensation de brûlure, peut apparaitre à partir de la quatrième ou de la cinquième semaine de traitement. La rougeur, surtout située dans le pli interfessier, disparaît lentement et peut laisser place à une pigmentation brunâtre pendant quelques semaines avant le retour à un aspect normal.

Conseils pratiques pour limiter les rougeurs de la peau

À faire :

  • utilisez un savon surgras ;
  • séchez-vous la peau sans frotter (pli interfessier) ;
  • portez des sous-vêtements larges en coton et évitez le frottement au niveau de la zone irradiée ;
  • appliquez une crème hydratante entre les séances (mais jamais juste avant la séance de radiothérapie), en concertation avec l’équipe médicale.

À éviter :

  • ne prenez pas de douches et de bains trop chauds ;
  • ne savonnez pas directement la zone irradiée ;
  • ne frictionnez pas la zone irradiée avec de l’eau de toilette, de l’alcool, du déodorant, du talc, de la crème, etc. ;
  • évitez d’exposer la zone irradiée au soleil, surtout la première année qui suit la fin du traitement.

Une fatigue

La découverte du cancer, l’appréhension des examens et des traitements, les déplacements fréquents, l’attente lors des rendez-vous et la radiothérapie elle-même peuvent provoquer une fatigue physique ou morale.

La fatigue dépend de votre tolérance à ce traitement et des autres effets indésirables. Elle ne doit pas être banalisée.

Signalez-la à l’équipe soignante afin qu’elle soit contrôlée le mieux possible. Des conseils adaptés à votre situation personnelle vous seront donnés.

Il est prouvé qu’une activité physique adaptée, régulière et modérée permet de lutter contre la fatigue après les traitements.


Des troubles intestinaux

Des troubles intestinaux peuvent se manifester. Il peut s’agir de diarrhée (définie par l’émission d’au moins trois selles liquides par jour), de crampes, d’une évacuation des selles plus fréquente, d’une envie pressante et continuelle d'aller à la selle ou encore de douleurs intestinales comme des maux de ventre avec une envie impérieuse d’aller à la selle.

Important : si une diarrhée survient et persiste plus d’une journée, ou si elle est accompagnée de fièvre ou de vomissements, contactez rapidement votre médecin.

Des médicaments peuvent vous être prescrits pour améliorer ces troubles intestinaux. Il est recommandé de ne pas prendre ce type de médicaments sans avis médical.

Conseils pratiques pour limiter la diarrhée

À faire :

  • buvez beaucoup pour éviter le risque de déshydratation, surtout si la diarrhée est importante, au moins deux litres de liquide (eau, thé, tisane, eau de riz, bouillon de légumes, jus de carottes ou boissons gazeuses à température ambiante) ;
  • privilégiez une alimentation pauvre en fibres à base de riz, pâtes, pommes vapeur, bananes bien mûres, gelée de coing, biscottes et carottes.

À éviter : l’alcool, le café, les fruits crus sauf les bananes, la salade, les crudités, les céréales, le pain complet et le lait.


Des troubles spécifiques de la région traitée

Des troubles spécifiques de la région traitée peuvent également apparaître, tels que :

  • une irritation de la vessie (cystite). Une cystite entraîne une douleur et une envie fréquente d’uriner ;
  • une inflammation du rectum (rectite) qui peut se manifester par des selles fractionnées, glaireuses et parfois des traces de sang ;
  • une inflammation de l’anus (anite) ;
  • une inflammation du vagin et des démangeaisons ;
  • une sténose du rectum, dans le cas de très grosses tumeurs, qui est un rétrécissement du canal anal. Pour éviter que la sténose ne dégénère en occlusion intestinale, une dilatation manuelle ou endoscopique, voire une intervention chirurgicale, est parfois nécessaire.

Quels sont les effets indésirables tardifs ?

Les progrès des techniques de radiothérapie ont rendu rares les effets indésirables tardifs. Cependant, certains symptômes peuvent apparaître plusieurs mois ou plusieurs années après la fin du traitement.

Il est important de les signaler à votre médecin afin que des soins adaptés puissent vous être proposés.

Le risque de troubles intestinaux

La radiothérapie est susceptible d’augmenter durablement le risque de troubles intestinaux (nombre de selles, fragmentation, impériosité…) après la chirurgie du rectum.

En effet, la radiothérapie peut générer une perte de souplesse des tissus (sclérose) et une perte des muscles situés au niveau du rectum et de l’anus, entraînant une baisse du tonus du sphincter anal. Cela peut créer des troubles fonctionnels anorectaux se manifestant par une augmentation de la fréquence des selles et une difficulté à retarder la défécation ou une incontinence, en particulier lors d’épisodes de diarrhée.


L'inflammation de l'intestin grêle

Une inflammation de l'intestin grêle, appelée grêle radique, peut se produire et engendrer une diarrhée, voire une malabsorption ou une occlusion intestinale : les selles et les gaz sont bloqués.

Cette complication rare mais grave nécessite le plus souvent une hospitalisation, afin de procéder à une aspiration des sécrétions digestives à l'aide d'un tuyau introduit par le nez et de mettre en place une alimentation par perfusion. Exceptionnellement, une intervention chirurgicale est pratiquée pour enlever la zone intestinale lésée.


Les troubles d'ordre sexuel

La radiothérapie peut fragiliser les muqueuses de la zone pelvienne et entraîner une sécheresse vaginale chez la femme et des problèmes d’érection chez l’homme.

La radiothérapie peut également être responsable d’une ménopause prématurée.

Important : si vous avez un projet de grossesse, il existe une manière de protéger les ovaires via une intervention chirurgicale visant à les déplacer hors du champ d’irradiation.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-rectum/La-radiotherapie

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers du pancréas : les points clés

Article

Publié le 04/07/2023

Information proposée par Institut national du cancer

Un cancer du pancréas est une maladie des cellules du pancréas. Il se développe à partir d’une cellule initialement normale qui se transforme et se multiplie de façon anarchique, jusqu’à former une masse appelée tumeur maligne (ou cancer).

Le nombre de nouveaux cas (incidence) en France en 2023 est de 15 991, dont 8 323 chez les hommes et 7 668 chez les femmes. 

Le taux d'incidence progresse, en majorité chez les personnes de plus de 50 ans, avec +1,6% par an entre 2010 et 2023 chez les hommes et +2,1% par an entre 2010 et 2023 chez les femmes. 

Quels sont les principaux facteurs de risque d'un cancer du pancréas ?

Un facteur de risque est un élément qui peut favoriser le développement d’un cancer. La présence d’un ou plusieurs facteurs de risque n’entraîne pas systématiquement l’apparition d’un cancer. À l’inverse, un cancer peut aussi parfois se développer sans qu’il soit possible de le relier à un facteur de risque connu.

Pour les cancers du pancréas, plusieurs facteurs de risque ont été identifiés.

Certaines habitudes de vie augmentent le risque de développer un cancer du pancréas, notamment la consommation de tabac.

Ce risque est également augmenté chez les personnes présentant une obésité, les personnes atteintes de diabète ou de certaines formes de pancréatite chronique.

Un ou plusieurs antécédents familiaux de cancer du pancréas sont aussi des facteurs de risque. Une consultation d’oncogénétique peut être proposée en cas de forme familiale de cancer appelée CaPaFa (pour « cancers pancréatiques familiaux »).

Les prédispositions génétiques aux cancers du pancréas

Dans certains cas, une altération génétique (aussi appelée variation génétique), héritée d’un parent et présente dès la naissance dans toutes les cellules de l’organisme, peut jouer un rôle dans la survenue d’un cancer.

On parle alors de prédisposition génétique au cancer, liée à la présence de ce qu’on appelle « une altération génétique constitutionnelle ».

Si les médecins qui vous suivent suspectent une prédisposition génétique au cancer du pancréas, ils vous adresseront à un oncogénéticien qui procèdera, à l’aide d’un simple prélèvement sanguin, à une analyse constitutionnelle de vos gènes.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre dossier sur la consultation d’oncogénétique

Comment se développe un cancer du pancréas ?

Lorsqu’un cancer apparaît, les cellules cancéreuses sont d’abord peu nombreuses et limitées à la paroi des canaux pancréatiques. On parle de cancer in situ.

Avec le temps et si aucun traitement n’est effectué, les cellules cancéreuses se multiplient de façon anarchique pour former une tumeur qui grossit puis envahit le tissu pancréatique, les canaux plus volumineux (canal de Wirsung situé dans le pancréas et canal cholédoque), puis les vaisseaux sanguins situés à proximité. On parle alors de cancer invasif.

L’anatomie du pancréas

Des cellules cancéreuses peuvent également se détacher de la tumeur et emprunter les vaisseaux lymphatiques ou sanguins pour atteindre d’autres parties du corps :

  • les ganglions lymphatiques proches ou à distance du pancréas ;
  • le foie ou le péritoine (membrane qui tapisse l’abdomen et les recouvre les organes abdominaux), plus rarement les poumons et les os.

Les nouvelles tumeurs qui se forment alors à distance s’appellent des métastases.

Au moment du diagnostic, les médecins étudient précisément l’étendue du cancer localement et dans les autres organes afin de vous proposer le ou les traitements les mieux adaptés.

Comment un cancer du pancréas est-il découvert ?

Les symptômes d’un cancer du pancréas apparaissent le plus souvent tardivement, lorsque la tumeur s’est développée en dehors du pancréas.

De plus, les symptômes possibles ne sont pas spécifiques d’un cancer du pancréas et peuvent avoir d’autres causes. C’est pourquoi le cancer du pancréas est souvent diagnostiqué tardivement.

Quels peuvent être les signes d’un cancer du pancréas ?

Néanmoins, l’apparition d’un cancer du pancréas peut être suspectée devant plusieurs signes dont :

  • une perte de poids ;
  • une perte d’appétit ;
  • des troubles de la digestion ;
  • une fatigue inexpliquée ;
  • une faiblesse généralisée ;
  • des douleurs abdominales et/ou du dos ;
  • une jaunisse (ictère) souvent accompagnée de démangeaisons (prurit).

Des maladies révélatrices d’un cancer du pancréas :

D’autres maladies peuvent révéler un cancer du pancréas.

Ainsi, un cancer du pancréas peut être suspecté dans certains cas de diabète (maladie chronique caractérisée par un excès de glucose dans le sang) et de pancréatite aiguë.

Le cancer du pancréas peut également être suspecté dans le cadre d’un dépistage chez les patients à risque, c’est-à-dire ceux qui sont atteints de certaines formes de pancréatites chroniques héréditaires et ceux qui font partie d’une famille dite CaPaFa, avec prédisposition génétique identifiée ou non.

Comment est diagnostiqué un cancer du pancréas ?

Quelles que soient les circonstances de découverte, un certain nombre d’examens doivent être réalisés pour confirmer le diagnostic de cancer du pancréas et en évaluer son degré d’extension. L’ensemble de ces examens constituent le bilan diagnostique.

Quels sont les traitements du cancer du pancréas ?

Plusieurs types de traitements sont utilisés pour traiter les cancers du pancréas. Le choix de ceux qui vous sont proposés est effectué par plusieurs médecins lors de la réunion de concertation pluridisciplinaire.

La chirurgie et la chimiothérapie conventionnelle, parfois associées à une radiothérapie, sont les principaux traitements des cancers du pancréas. Ces traitements peuvent être utilisés seuls ou associés les uns aux autres.

La chirurgie

La chirurgie consiste à retirer la partie du pancréas sur laquelle la tumeur s’est développée. Le type de chirurgie dépend de la partie du pancréas où est située la tumeur.

Des fistules très fréquentes, avec des douleurs, de la fatigue, des troubles digestifs ou encore des problèmes de cicatrisation peuvent faire suite à l’intervention chirurgicale ; des solutions existent afin de les prévenir ou les traiter.

L’arrêt du tabac et de l’alcool permet de réduire les risques de complications pendant et après l’opération.

Une tumeur située dans la tête du pancréas peut comprimer la voie biliaire (cholédoque) ou le duodénum et perturber ainsi la digestion des aliments. Parfois, l’obstacle créé par la tumeur est important. La pose d’une prothèse biliaire ou duodénale est alors indiquée.

La chimiothérapie

La chimiothérapie peut être effectuée avant ou après une chirurgie, ou sans chirurgie préalable.

Les médicaments de chimiothérapie visent la destruction de l’ensemble des cellules cancéreuses, quelle que soit leur position dans le corps, en empêchant la division cellulaire. Ils ont des effets possibles sur l’ensemble de l’organisme.

Lorsque le traitement est administré par voie intraveineuse, une chambre implantable, par laquelle est injecté le médicament, est installée lors d’une petite intervention chirurgicale. Cela permet d’éviter les inconvénients de perfusions répétées au bras.

Lors d’un traitement médicamenteux, il est important de surveiller votre poids, car il faut éviter qu’il baisse. Il faut également surveiller votre température, qui peut augmenter après certaines chimiothérapies.

Comment soulager la douleur liée au cancer du pancréas ?

Des solutions existent pour traiter la douleur provoquée par un cancer du pancréas. N’hésitez pas à en parler avec votre équipe médicale, qui dispose de plusieurs possibilités pour agir et calmer la douleur en proposant un traitement adapté à votre situation.

Quel suivi après traitements ?

Après les traitements initiaux, un suivi régulier est mis en place. L’équipe spécialisée ayant effectué le traitement joue un rôle essentiel dans le suivi, en lien avec votre médecin traitant.

Quel est l’objectif des soins palliatifs ?

Les soins palliatifs regroupent l’accompagnement et les soins actifs et continus, pratiqués par une équipe interdisciplinaire, à l’hôpital ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance physique et morale, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage.

Les traitements du cancer du pancréas

 

LES GUIDES CANCER INFO

Ces informations sont issues du guide Patients sur les traitements des cancers du pancréas. Ce guide fait partie des ressources Cancer info mises à disposition des patients et des proches.

Qu’est-ce que Cancer info ?

Cancer info est un service proposé par l'Institut national du cancer, en partenariat avec la Ligue contre le cancer et un groupe d'associations. Afin que chacun puisse y accéder aisément, l'information est disponible sous trois formes : téléphonique, numérique (le site internet de l’Institut) et papier (les guides d’information).

  • La ligne téléphonique est joignable au 0 805 123 124 (service et appel gratuits) du lundi au vendredi de 9h à 19h et le samedi de 9h à 14h.
  • Le site internet de l’Institut national du cancer propose des dossiers complets, classés par type de cancer, ainsi que des dossiers pratiques portant sur des questions transversales comme les droits des malades ou les démarches administratives pendant et après la maladie.
  • Les guides d’information sont conçus en « miroir » des recommandations professionnelles sur chaque type de cancer, les traitements et leurs effets secondaires éventuels. Ils sont téléchargeables sur le site ou disponibles gratuitement à la commande.

Parmi les nombreuses sources d'information existantes, Cancer info offre la garantie d'une information médicale et sociale de référence, validée, complète et à jour.

Ses contenus sont élaborés à partir des recommandations destinées aux professionnels de santé et selon une méthodologie pluridisciplinaire associant professionnels et usagers. Ils sont régulièrement mis à jour en fonction des avancées médicales et réglementaires.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/Les-points-cles

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Le cancer du pancréas

Article

Publié le 25/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Le pancréas est une glande du système digestif. Il est situé dans l’abdomen, logé en profondeur derrière l’estomac et dans le cadre formé par la première partie de l’intestin grêle, le duodénum (voir illustration ci-dessous). Il se trouve à proximité de vaisseaux sanguins importants : le tronc cœliaque et l’artère mésentérique supérieure, qui alimentent en sang oxygéné les organes digestifs, et la veine mésentérique supérieure et veine porte, qui drainent le sang de ces organes en direction du foie.

Le pancréas dans le système digestif

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Le pancréas dans le système digestif

À quoi ressemble le pancréas ?

Le pancréas est un organe allongé qui comporte trois parties : la tête, le corps et la queue. La tête désigne la partie du pancréas en contact direct avec le duodénum qui dessine un cadre dans lequel elle est insérée. Elle se prolonge par le corps, puis la queue du pancréas, à gauche de l’abdomen et à proximité d’un autre organe, la rate.

L’intérieur du pancréas est parcouru par un réseau de canaux qui servent à transporter le suc pancréatique, un liquide produit par le pancréas et nécessaire à la digestion, principalement des graisses et des protéines. Ces canaux rejoignent un canal principal qui traverse toute la longueur du pancréas, le canal de Wirsung. Le canal de Wirsung rejoint le canal cholédoque qui traverse la tête du pancréas et transporte la bile en provenance du foie et de la vésicule biliaire.

Le mélange de la bile et du suc pancréatique est ensuite déversé dans le duodénum, par un canal traversant un renflement de l’intestin, l’ampoule de Vater, pour contribuer à la digestion.

L’anatomie du pancréas

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L’anatomie du pancréas

À quoi sert le pancréas ?

Le pancréas possède deux fonctions importantes. Il produit :

  • des hormones, substances libérées dans le sang qui diffusent dans toutes les parties du corps et agissent sur le développement et le fonctionnement des organes ;
  • des enzymes pancréatiques, substances contenues dans le suc pancréatique, qui interviennent dans la décomposition et la transformation des aliments en vue de leur digestion.

Le pancréas endocrine, un régulateur du glucose dans le sang

Une partie de l’organe, le pancréas endocrine, est responsable de la production d’hormones. Seuls 10 % des cellules du pancréas ont pour fonction de produire ces hormones. Il s’agit de cellules très spécialisées, regroupées en îlots appelés îlots de Langerhans, répartis dans tout le pancréas et que l’on peut observer au microscope.

Le pancréas produit notamment des hormones qui régulent la glycémie, c’est-à-dire la quantité de glucose (« sucre ») présent dans le sang. Il s’agit de l’insuline, qui diminue la glycémie, et du glucagon, qui l’augmente. Ces hormones sont fabriquées selon les besoins de l’organisme.

Lorsque le corps a besoin d’énergie, le glucagon est produit pour augmenter la quantité de glucose dans le sang et alimenter ainsi les muscles, le cerveau et les autres organes.

Lorsque la glycémie est élevée, par exemple après un repas, la fabrication d’insuline augmente pour favoriser l’utilisation du glucose (type de sucre circulant dans le sang et alimentant en énergie les cellules de l’organisme).

Le pancréas exocrine, une aide à la digestion

Le pancréas fabrique des substances indispensables à la digestion des aliments : les enzymes pancréatiques.

Les enzymes sont produites par certaines cellules du pancréas, appelées cellules acineuses. Elles sont ensuite transportées dans le suc pancréatique, qui circule dans les canaux du pancréas (canal de Wirsung) puis se mélange à la bile dans le duodénum puis l’intestin grêle. La bile est sécrétée par le foie puis mise en réserve transitoirement dans la vésicule biliaire, avant d’être versée dans l’intestin par le cholédoque.

Les enzymes pancréatiques attaquent les aliments ingérés qui cheminent dans le tube digestif. Les aliments sont ainsi digérés et décomposés en de nombreux éléments (sucres, protéines, graisses) qui sont assimilés par l’organisme.

On parle de pancréas exocrine pour désigner cette fonction. Les cellules exocrines représentent près de 90 % des cellules du pancréas.

 La plupart des cancers du pancréas se développent à partir de ce type de cellules, c’est pourquoi on parle de tumeurs exocrines, dont la forme la plus fréquente est l’adénocarcinome canalaire pancréatique.

L'adénocarcinome est un type de cancer qui se développe à partir des cellules d’une glande.

Coupe transversale d’un pancréas

 

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Coupe transversale d’un pancréas

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/Le-pancreas

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers du pancréas : comment est établi le diagnostic ?

Article

Publié le 25/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Quelles que soient les circonstances de découverte, un certain nombre d’examens doivent être réalisés pour confirmer le diagnostic du cancer du pancréas et en évaluer son degré d’extension. L’ensemble de ces examens constituent le bilan diagnostique.

Il comporte :

  • le bilan initial, qui a pour objectif de confirmer la présence d’un cancer, de le localiser et de définir de quel type de cancer il s’agit ;
  • le bilan d’extension, qui a pour but de déterminer les modalités de traitement.

Il consiste à évaluer l’étendue du cancer, c’est-à-dire à déterminer jusqu’où il s’est propagé et à chercher d’éventuelles métastases.

Les examens les plus souvent réalisés et leurs objectifs sont présentés ci-dessous. L’ordre dans lequel ils sont effectués peut varier d’une personne à l’autre. Ils ne sont pas tous systématiques et si besoin, d’autres peuvent vous être proposés.

Cette étape peut vous sembler longue, mais un bilan précis est indispensable pour vous proposer un traitement adapté.

Quels peuvent être les examens pour confirmer la présence d’un cancer (ou bilan initial) ?

Examen clinique

Systématique

Votre médecin procède d’abord à un examen clinique.

Il vous examine en réalisant, notamment, une palpation de l’abdomen.

Il vous interroge sur vos antécédents médicaux personnels et familiaux, ainsi que sur les symptômes que vous pourriez ressentir (perte de poids et d’appétit, douleurs abdominales ou douleurs ressenties dans le dos, par exemple).

Objectifs :

  • faire un bilan de votre état général ;
  • détecter des signes éventuels d’un cancer du pancréas et d’extension à des organes voisins (foie, péritoine, etc.) ;
  • s’informer sur vos antécédents médicaux personnels et familiaux, et sur vos traitements en cours ;
  • recenser vos facteurs de risque (dont le tabac, l’alcool, le surpoids).

Scanner thoracoabdominopelvien

Systématique

Un scanner thoracoabdominopelvien est ensuite systématiquement effectué.

Cet examen indolore d’imagerie permet, à l’aide de rayons X, d’obtenir des images du thorax, de l’abdomen (qui contient les organes du système digestif) et de la région pelvienne (vessie, utérus, ovaires, prostate, rectum…). On parle aussi de tomodensitométrie, abrégée en TDM.

Le scanner est le principal examen permettant d’évaluer si la tumeur est résécable, c’est-à-dire si elle peut être retirée complètement par chirurgie.

Pendant l’examen, un produit de contraste (contenant de l’iode) est injecté pour visualiser les vaisseaux sanguins et mieux distinguer les éventuelles anomalies dans les organes.

Objectifs :

  • faire le diagnostic de la tumeur et, souvent, affirmer sa nature maligne (adénocarcinome pancréatique) ;
  • préciser la taille de la tumeur et sa localisation dans le pancréas ;
  • évaluer l’extension du cancer sur les organes voisins et à distance du pancréas : développement de la tumeur sur des vaisseaux sanguins à proximité du pancréas, présence de métastases éventuelles, etc. Cela contribue au choix du traitement ;
  • évaluer la résécabilité de la tumeur, c’est-à-dire déterminer si la tumeur peut être retirée complètement par chirurgie.

Écho-endoscopie associée à une biopsie

Non systématique

Une écho-endoscopie est souvent réalisée.

Cet examen (qui associe une échographie à une endoscopie) permet d’explorer, par les voies naturelles, l’intérieur de l’abdomen à l’aide d’un endoscope, un tube souple équipé d’une caméra et d’une sonde d’échographie. Il est réalisé par un gastroentérologue, généralement sous anesthésie générale. Le médecin insère l’endoscope par la bouche et le fait glisser jusque dans l’intestin. Au bout de l’endoscope, une sonde d’échographie permet d’obtenir des images de l’intérieur de l’abdomen depuis l’intestin.

Lors de l’écho-endoscopie, le médecin prélève des fragments de tissus au niveau de la tumeur du pancréas ; c’est ce qu’on appelle la biopsie.

Objectifs :

  • déterminer précisément les relations entre la tumeur et les vaisseaux sanguins à proximité du pancréas ;
  • déterminer si une intervention par chirurgie est réalisable ;
  • cet examen permet également d’effectuer des prélèvements (biopsie pancréatique).

Ces échantillons sont ensuite analysés pour définir les caractéristiques de la tumeur et confirmer le diagnostic de cancer, avec l’examen anatomopathologique.


Examen anatomopathologique

Systématique (après une biopsie ou une exérèse)

Examen des tissus ou des cellules prélevés lors de la biopsie ou lors de la chirurgie.

Cet examen est réalisé à l’œil nu puis au microscope par un médecin spécialiste appelé anatomopathologiste, anatomo-cytopathologiste ou pathologiste.

Selon les situations, une analyse d’éventuelles altérations moléculaires est effectuée dans un échantillon de tumeur.

Objectifs :

Examen indispensable pour diagnostiquer de façon certaine un cancer. Il permet d’étudier les caractéristiques des cellules de la tumeur (histologie, altérations moléculaires si besoin) et d’identifier des facteurs pronostiques tels que la taille de la tumeur, un envahissement ganglionnaire éventuel, la distance entre la tumeur et les marges de résection.


Échographie abdominale

Prescrite si la réalisation d’un scanner n’est pas possible rapidement.

Non systématique

Examen indolore qui permet de regarder l’intérieur du corps à travers la peau.

Le médecin fait glisser sur l’abdomen une sonde qui produit des ultrasons (vibrations non audibles par l’oreille humaine). Quand ils rencontrent des tissus, les ultrasons sont renvoyés vers la sonde sous forme d’écho. Capté par un ordinateur, l’écho est transformé en image sur un écran.

Objectifs :

  • visualiser la tumeur ;
  • détecter une dilatation des canaux qui transportent la bile (cholédoque), provoquée par la tumeur ;
  • repérer une extension du cancer sur d’autres organes de l’abdomen (sur le foie, par exemple) ;
  • guider la biopsie d’éventuelles métastases hépatiques.

Bilan biologique

Systématique

Une prise de sang est systématiquement effectuée pour fournir des renseignements sur votre état de santé général.

Avant de débuter les traitements, on mesure dans le sang :

  • la quantité et la qualité des différentes cellules sanguines (on parle de numération formule sanguine (NFS) ou encore d’hémogramme) ;
  • le taux de créatinine, qui permet de vérifier le bon fonctionnement du rein ;
  • la clairance de la créatinine pour apprécier la vitesse de filtration du rein ;
  • le taux de certaines enzymes et protéines fabriquées par le foie (transaminases, albumine, etc.) pour évaluer l’état de la fonction hépatique ;
  • la glycémie, c’est-à-dire la quantité de glucose (sucre) présent dans le sang.

La prise de sang permet aussi de mesurer, dans certains cas, le taux de concentration d’un marqueur tumoral appelé CA 19-9, l’antigène carbohydrate 19-9. Il s’agit d’une protéine sécrétée par certaines cellules cancéreuses du pancréas.

Objectifs :

  • fournir des renseignements sur l’état de santé général, vérifier qu’il n’y a pas de contre-indications à certains examens ou traitements ;
  • le dosage du CA 19-19 peut donner une indication sur la présence d’une tumeur et l’évolution de la maladie.

En revanche, cette mesure n’a pas une valeur diagnostique parfaite, car un cancer du pancréas peut se développer ou évoluer sans que le taux de CA 19-9 augmente. À l’inverse, il existe d’autres causes d’augmentation du CA 19-9 (gêne à l’élimination de la bile, diabète, autres).


IRM pancréatique

Non systématique

L’IRM pancréatique est un examen d’imagerie qui associe un puissant aimant et des ondes radio pour obtenir des images « en coupe » du pancréas.

Objectifs :

  • visualiser la tumeur, préciser sa taille et sa localisation dans le pancréas, ses conséquences sur les canaux biliaires ;
  • préciser le diagnostic d’adénocarcinome pancréatique, lorsque les images du scanner sont douteuses ;
  • détecter des métastases hépatiques.

Biopsie

Systématique (sauf en cas de tumeur résécable d’emblée)

  • Prélèvement d’un échantillon de tissu qui semble anormal.
  • Sur le pancréas, la biopsie est réalisée en même temps que l’écho-endoscopie. L’aiguille qui sert au prélèvement est déployée par l’endoscope, puis guidée jusqu’à la tumeur.
  • En cas de métastase (hépatique le plus souvent), elle peut être faite sous guidage échographique.

Objectifs :

  • récupérer des échantillons de tissus qui semblent anormaux pour les analyser et déterminer s’ils sont de nature cancéreuse ou non (voir examen anatomopathologique) ;
  • ces échantillons peuvent également être conservés après l’opération dans une bibliothèque de tumeurs (tumorothèque), en vue de recherches ultérieures.

Quels examens permettent d’évaluer l’extension de la tumeur (bilan d’extension) ?

D’autres examens peuvent être prescrits pour mieux préciser l’extension du cancer.

IRM hépatique

Systématique (prescrite avant toute pancréatectomie)

L’IRM hépatique est un examen d’imagerie qui utilise un puissant aimant et des ondes radio pour obtenir des images « en coupe » du foie.

Une IRM hépatique permet de déterminer si des métastases se sont développées dans le foie.

Objectif :

l’IRM permet, en complément du scanner, de déterminer si des métastases se sont développées dans le foie, car elles sont parfois invisibles au scanner.


Ponctions et biopsie

Une biopsie, guidée par une échographie, des lésions hépatiques est effectuée avant une intervention chirurgicale de résection en cas de doute quant à la nature métastatique des lésions.

Plus rarement, une biopsie de des ganglions lymphatiques lombo-aortiques est effectuée si les examens d’imagerie laissent supposer une atteinte de ces ganglions (pour déterminer si des métastases sont présentes).

Objectifs :

  • déterminer si les lésions visibles sur le foie sont des métastases (en les différenciant d’un abcès, par exemple) ;
  • déterminer si des métastases ganglionnaires lombo-aortiques sont présentes.

Tomographie par émission de positons (TEP-TDM ou TEP Scan)

Non systématique

Cet examen indolore permet de réaliser des images « en coupe » du corps entier, après injection dans le sang d’un traceur faiblement radioactif. Ce traceur a la particularité de se fixer sur les cellules cancéreuses.

La TEP-TDM fournit des images de la répartition du traceur et donc des cellules cancéreuses dans tout le corps, visualisables par ordinateur. une atteinte de ces ganglions.

Objectif :

repérer des foyers de cellules cancéreuses partout dans le corps si le scanner (TDM) et/ou l’IRM sont insuffisants pour les détecter ou les caractériser.


En quoi consiste les examens du bilan préthérapeutique ?

Enfin, avant de commencer les traitements, un bilan préthérapeutique est réalisé.

Évaluation clinique et nutritionnelle initiale

Systématique

  • Calcul de l’IMC : indice de masse corporelle qui se calcule en divisant le poids d’une personne par sa taille au carré (poids en kg/taille en m x taille en m).
  • Dosage dans le sang des taux d’albumine, de pré-albumine et de CRP.

Un bon équilibre nutritionnel est indispensable avant le début du traitement, car il conditionne le pronostic. Cette évaluation permet d’identifier un état de dénutrition et d’y remédier par des mesures adaptées.

Quand parle-t-on de dénutrition ?

La dénutrition est un état de déficit en énergie (calories) et protéines consécutif à un déséquilibre entre apports nutritionnels et énergie dépensée par le corps. Une personne est généralement considérée comme dénutrie en cas de perte de plus de 5 % de son poids habituel en 1 mois ou de plus de 10 % en 6 mois (si une personne de 60 kilos perd 3 kilos en 1 mois ou 6 kilos en 6 mois, par exemple).

Au cours de la maladie, l’alerte doit être donnée dès que la perte de poids atteint au moins 5 % du poids habituel, quelle que soit sa vitesse d’apparition.

Si vous êtes en surpoids, vous êtes aussi à risque de dénutrition, donc vous devez aussi surveiller votre poids.

En cas de dénutrition, des solutions peuvent vous être proposées

Pour en savoir plus sur le rôle de la nutrition et sur la dénutrition, ainsi que sur ses risques, consultez notre dossier

La dénutrition

Un bon état nutritionnel est indispensable pour le bon déroulement des traitements.

Évaluation gériatrique

Systématique pour les personnes âgées de plus de 75 ans

Tests G8, VES 13, FOG, etc.

Il s’agit de tests visant à dépister la fragilité du patient reposant sur plusieurs composantes dont :

  • l’autonomie motrice ;
  • l’auto-évaluation de son état de santé ;
  • le nombre de médicaments pris au long cours, leurs indications et les risques d’interactions ;
  • l’évaluation nutritionnelle ;
  • l’état des fonctions cognitives ;
  • l’état psychologique.

Objectifs :

Cette évaluation en cancérologie permet d’adapter les traitements anticancéreux et de prendre en compte les spécificités des personnes âgées.

Les tumeurs bénignes du pancréas

Les tumeurs bénignes ne sont pas des cancers. Ce sont des masses, ou nodules, qui se développent sur le pancréas et qui, le plus souvent, ne provoquent pas de problèmes de santé. Elles sont rares et représentent environ 2 % des masses suspectes découvertes. Elles ont souvent un contenu liquidien (kystique).

Les formes les plus fréquentes de masses bénignes du pancréas sont le pseudokyste et le cystadénome séreux, qui restent toujours bénins.

En revanche, d’autres lésions kystiques doivent être surveillées, voire opérées, car elles ont un potentiel de transformation maligne. Il s’agit des tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses (TIPMP) et du cystadénome mucineux.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/Le-diagnostic

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers du pancréas : quels traitements ?

Article

Publié le 25/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

La chirurgie et la chimiothérapie conventionnelle, parfois associées à une radiothérapie, sont les principaux traitements des cancers du pancréas.

Ces traitements peuvent être utilisés seuls ou associés les uns aux autres.

Selon les cas, ils ont pour objectifs de :

  • supprimer la tumeur ou les métastases, ou en réduire la taille ;
  • ralentir le développement de la tumeur ou des métastases ;
  • réduire le risque de récidive ;
  • prévenir et traiter les symptômes et les complications engendrés par la maladie et les traitements pour assurer la meilleure qualité de vie possible.

L’arrêt du tabac et de l’alcool

L’arrêt du tabac et de l’alcool est très utile, notamment pour limiter le risque de complications pendant et après les traitements.

Il existe de nombreux recours pour vous aider : parlez-en avec l’équipe qui vous suit.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le dépliant Traitement du cancer et tabac, disponible ci-dessous au téléchargement.

Traitement du cancer et tabac - Pourquoi arrêter et comment me faire aider ?

Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter notre page sur L'arrêt du tabac et de l'alcool.

 

Les cancers rares du pancréas

Ce dossier web présente uniquement les traitements des adénocarcinomes canalaires pancréatiques. Ils représentent 90 % des cancers du pancréas.

D’autres formes de cancers du pancréas, rares, existent, notamment les tumeurs neuroendocrines, qui se développent à partir des cellules endocrines du pancréas, et les cystadénocarcinomes, qui sont des évolutions malignes d’une tumeur bénigne appelée cystadénome mucineux.

Les traitements de ces formes rares de cancers ou des tumeurs de l’enfant ne sont pas développés dans ces pages.

Si vous recherchez de l’information sur les cancers rares du pancréas, contactez Maladies Rares Info Service au 01 56 53 81 36 (service et appel gratuits).

Comment est établi le choix de vos traitements ?

Votre traitement est adapté à votre cas personnel (votre âge, votre état de santé global, vos antécédents médicaux et chirurgicaux, les contre-indications éventuelles à certains traitements) et dépend des caractéristiques du cancer dont vous êtes atteint :

  • l’endroit où il est situé sur le pancréas (tête ou corps et queue) ;
  • son type histologique, c’est-à-dire le type de cellules impliquées ;
  • son stade, c’est-à-dire son degré d’extension (taille de la tumeur, atteinte ou non des vaisseaux, existence éventuelle et importance de l’atteinte des ganglions lymphatiques, présence de métastases dans d’autres parties du corps) ;
  • la résécabilité de la tumeur, c’est-à-dire si elle peut être retirée complètement par chirurgie ou non.

Opérable ou résécable ?

Si le qualificatif « opérable » se rapporte au patient, le terme « résécable » concerne la tumeur.

Un patient est dit opérable quand il présente, malgré son cancer, un bon état général qui lui permet d’accéder à une intervention chirurgicale sous anesthésie générale et de supporter les éventuelles complications de la chirurgie.

Une tumeur est dite résécable lorsqu’elle peut être retirée complètement par chirurgie, notamment parce qu’elle est accessible ou parce qu’elle est suffisamment petite et localisée, ou parce que sa résection (encore appelée exérèse ou ablation) ne compromet pas les organes vitaux.

Des examens pour proposer un traitement adapté

Les caractéristiques de votre cancer sont déterminées grâce au bilan diagnostique qui comprend notamment des examens d’imagerie, comme un scanner, qui peut être complété par d’autres examens tels que l’écho-endoscopie associée à la biopsie.

Un bilan préthérapeutique est systématiquement effectué pour orienter le choix de vos traitements. Il comprend notamment une évaluation de votre état général et nutritionnel, ainsi qu’un bilan biologique (examen de sang).

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale

  • Où le cancer est-il situé exactement ?
  • Connaît-on son étendue?
  • Quel est l’impact possible sur ma vie quotidienne?
  • Quelle est sa gravité?

Le choix de vos traitements fait l’objet d’une concertation pluridisciplinaire

Votre situation est discutée au cours d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) qui rassemble au moins trois médecins de spécialités différentes : gastroentérologue, chirurgien, oncologue médical, radiologue, oncologue radiothérapeute, pathologiste….

En tenant compte des spécificités de votre situation et en s’appuyant sur des outils d’aide à la décision appelés recommandations de bonnes pratiques, les médecins établissent une proposition de traitements.

Ils peuvent aussi vous proposer de participer à un essai clinique.

Participer à un essai clinique, pour quoi faire ?

L’équipe médicale peut aussi vous proposer de participer à un essai clinique.

Les essais cliniques sont des études scientifiques menées avec la participation des personnes malades. Cela ne peut être fait qu’après votre information et votre accord écrit.

Le cancer du pancréas fait l’objet de nombreuses études qui visent notamment à :

  • tester de nouveaux médicaments anticancéreux (notamment de chimiothérapie, d’immunothérapie ou de thérapie ciblée) ;
  • évaluer de nouvelles stratégies thérapeutiques associant différents traitements (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, etc.) ;
  • évaluer différentes façons d’utiliser les traitements existants en mettant en place de nouvelles combinaisons de molécules. Le but est notamment d’améliorer l’efficacité des traitements et de réduire leurs effets indésirables ;
  • étudier des marqueurs qui permettent de prédire les réponses aux traitements ;
  • évaluer l’impact des soins de support et des soins palliatifs sur la qualité de vie ;
  • comparer l’efficacité des médicaments utilisés pour soulager les symptômes (médicaments contre la douleur, par exemple).

Chaque essai clinique a un objectif précis. Pour y participer, les patients doivent répondre à un certain nombre de critères d’inclusion et ne doivent également présenter aucun des critères d’exclusion. Ces critères sont spécifiques à chaque essai et fixés dans le protocole de l’essai. C’est le médecin qui vérifie la possibilité que vous puissiez participer ou non.

Les essais cliniques sont indispensables pour faire progresser la recherche et, à terme, la manière dont les patients sont soignés. C’est grâce à ces études que des avancées sont réalisées en matière de traitements contre les cancers. Dans certains cas, un essai clinique peut vous permettre d’accéder à un nouveau traitement en le testant.

Si le traitement administré dans le cadre de l’essai clinique ne vous convient pas, le médecin peut décider d’y mettre fin et vous proposer un autre traitement. À tout moment, vous pouvez également décider de quitter un essai clinique sans que cela ne modifie ni la qualité de vos soins, ni votre rapport avec votre médecin.

Pour en savoir plus sur les essais cliniques

Pour connaître les essais cliniques en cours sur le cancer du pancréas, vous pouvez aussi consulter le registre des essais cliniques.

La proposition de traitements est discutée avec vous

Lors d’une consultation spécifique, la consultation d’annonce, le médecin vous explique les caractéristiques de votre maladie. Il vous présente la proposition de traitements retenue, les bénéfices attendus et les effets indésirables possibles. C’est l’occasion pour vous d’en discuter avec lui et de donner votre avis sur la proposition qui vous est faite.

Cette consultation est importante. Il est très utile d’être accompagné par l’un de vos proches ou par la personne de confiance que vous avez choisie

Avant la consultation, notez toutes les questions qui vous viennent en tête et prenez le temps de les poser à votre médecin.

Cet échange vous permettra de mieux comprendre et d’intégrer les informations données par le médecin, en particulier celles sur le traitement envisagé avec ses conséquences sur l’organisation de votre vie quotidienne, et de prendre avec lui les décisions adaptées à votre situation.

La personne de confiance et les directives anticipées : faire connaitre vos choix

La personne de confiance est une personne que vous désignez par écrit. Elle peut :

  • vous accompagner lors des entretiens médicaux ;
  • vous aider dans vos décisions ;
  • être consultée par l’équipe soignante si vous vous trouvez dans l’incapacité de recevoir des informations sur votre état de santé et d’exprimer votre volonté.

Elle appartient ou non à votre famille.

À tout moment, vous pouvez modifier votre choix.

Pour aller plus loin :

Les directives anticipées

Il vous est possible de les rédiger seul ou avec l’aide de votre médecin. Il s’agit de formuler, à l’avance et par écrit, vos choix en matière de traitements pour le cas où vous seriez dans l’incapacité de les exprimer.

Les directives anticipées permettent de faire prendre en considération vos souhaits en ce qui concerne les conditions de limitation ou l’arrêt d’un traitement. Elles sont modifiables et révocables à tout moment.

Pour en savoir plus :

Le programme personnalisé de soins

Qu’est-ce que le programme personnalisé de soins ?

Les modalités de la proposition de traitement sont décrites dans un document appelé programme personnalisé de soins (PPS).

Il comporte :

  • les dates de vos différents traitements ;
  • leur durée ;
  • les coordonnées des membres de l’équipe soignante.

Quand vous avez donné votre accord sur la proposition de traitement, le document vous est remis et un exemplaire est transmis à votre médecin traitant, qui est un de vos interlocuteurs privilégiés.

N’hésitez pas à le présenter aux infirmiers libéraux et au pharmacien qui vont vous suivre pendant votre parcours de soins. Le programme personnalisé de soins peut évoluer en fonction de votre état de santé et de vos réactions aux traitements.

Le PPS contient également un volet social qui doit permettre de repérer précocement d’éventuelles difficultés et de mettre en œuvre un accompagnement adéquat.

Une consultation paramédicale, temps d’accompagnement et d’écoute

Après cette consultation avec le médecin, une consultation avec un autre membre de l’équipe soignante, le plus souvent un infirmier, vous est proposée, ainsi qu’à vos proches. C’est un temps d’accompagnement et d’écoute.

Vous pouvez revenir sur les informations qui vous ont été données par le médecin, vous les faire expliquer à nouveau ou poser d’autres questions. L’infirmier évalue avec vous vos besoins en soins et soutiens complémentaires (sur le plan social, psychologique ou nutritionnel, par exemple) et vous oriente si nécessaire vers les professionnels adaptés.

Des professionnels de santé présents pour vous accompagner

Les médecins et les membres de l’équipe soignante sont là pour vous accompagner. Ce sont vos interlocuteurs privilégiés ; n’hésitez pas à leur poser toutes vos questions. Ces échanges contribuent à renforcer le dialogue et la relation de confiance avec l’ensemble de ces professionnels tout au long de votre parcours de soins.

Les traitements possibles en fonction de l’étendue du cancer

Le choix et l’ordre des traitements des cancers du pancréas sont définis en fonction des caractéristiques du cancer dont vous êtes atteint, et en particulier de son stade, c’est-à-dire de son étendue au moment du diagnostic.

Comment détermine-t-on les stades d’un cancer ?

Pour déterminer le stade du cancer, les médecins s’appuient sur un système international de stadification, le système TNM (pour Tumor, Nodes, Metastasis, ce qui signifie tumeur, ganglions, métastases).

Dans ce système, les médecins prennent en compte :

  • la taille et le développement de la tumeur vers des vaisseaux sanguins proches du pancréas (T) ;
  • l’atteinte ou non, par des cellules cancéreuses, des ganglions lymphatiques situés à proximité du pancréas (N) ;
  • la présence ou non de métastases dans d’autres parties du corps (M).

Il existe quatre stades différents, numérotés de I à IV :

  • les stades I et II correspondent aux cancers limités au pancréas et/ou qui ont atteint peu de ganglions lymphatiques, uniquement à proximité du pancréas ;
  • le stade III correspond aux cancers qui peuvent avoir atteint des vaisseaux sanguins importants proches du pancréas et/ ou plusieurs ganglions lymphatiques ;
  • le stade IV correspond aux cancers qui présentent des métastases à distance.

L’évaluation de l’étendue du cancer détermine notamment si une intervention chirurgicale est réalisable. Les médecins évaluent ainsi la résécabilité de la tumeur pour déterminer le choix des traitements.

Une chirurgie n’est possible que si la tumeur est résécable, c’est-à-dire qu’elle peut être retirée complètement lors de l’intervention et si votre état général et vos antécédents vous permettent d’être opérable.

Une tumeur est résécable si elle est limitée au pancréas ou, si elle s’est propagée, n’a pas envahi de vaisseaux sanguins importants comme l’artère mésentérique supérieure, l’artère hépatique ou le tronc cœliaque.

L’anatomie du pancréas

Où se déroulent les traitements ?

La chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie sont réalisées au sein d’établissements autorisés à les pratiquer. Ces établissements respectent des critères qui garantissent la qualité et la sécurité de ces traitements.

Retrouvez la liste des établissements autorisés par région. 

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale

  • Quels sont les traitements préconisés dans ma situation ?
  • Pourquoi ?
  • Quels sont les objectifs de chacun de ces traitements ?
  • Quels en sont les effets indésirables ?
  • Comment les prévenir et les soulager ?
  • Où et quand se déroulent les traitements ?
  • Avec quels médecins et équipes médicales ?
  • Quelle est leur durée ?
  • Comment suis-je suivi pendant les traitements ?
  • Quel est l’impact possible sur ma vie quotidienne ?

Dans ce dossier web sont indiqués uniquement les traitements administrés en première intention, c’est-à-dire après le diagnostic.

Toutes les situations possibles ne sont pas décrites sur cette page.

Pour plus de détails, vous pouvez consulter les pages consacrées à la chirurgie ou à la chimiothérapie dans ce dossier.

Formes localisées (stade I à III)

Tumeur résécable (qui peut être retirée par chirurgie)

Si le patient est opérable, la chirurgie est le traitement de référence. Le type d’intervention dépend de la localisation de la tumeur :

  • duodénopancréatectomie céphalique (DPC) en cas de cancer de la tête du pancréas ;
  • splénopancréatectomie gauche (SPG) en cas de cancer du corps ou de la queue du pancréas ;
  • très rarement, pancréatectomie totale en cas d’extension tumorale à l’ensemble du pancréas et si votre état de santé le permet.

La chirurgie est suivie d’une chimiothérapie conventionnelle dite adjuvante, c’est-à-dire réalisée après le traitement de référence (ici, la chirurgie). Le traitement par chimiothérapie est débuté, idéalement, dans les 12 semaines suivant la chirurgie, et dure 6 mois.


Tumeur de résécabilité limite (dite borderline) ou localement avancée (non résécable en l’état)

Une chimiothérapie conventionnelle dite d’induction peut être proposée, surtout pour les tumeurs « borderline ». Ce traitement vise à rendre possible une intervention chirurgicale dans un second temps pour retirer la tumeur.

Une chimiothérapie associée à une radiothérapie (chimioradiothérapie) peut également être proposée après une première chimiothérapie.


Tumeur localement avancée (non résécable d’emblée) ou restant non résécable malgré le traitement d’induction

Après 3 à 6 mois de chimiothérapie, une radiothérapie est parfois proposée en association avec une chimiothérapie, en traitement dit de clôture. On parle alors de chimioradiothérapie.


Formes métastatiques (stade IV)

Le choix des traitements dépend de votre état de santé général.

En l’absence de contre-indication, la chimiothérapie conventionnelle est le traitement de référence.

Dans de très rares cas, des métastases peuvent être retirées par chirurgie, uniquement si la chimiothérapie a traité efficacement la maladie.

Dans tous les cas, des soins visant à soulager vos symptômes et améliorer votre qualité de vie sont mis en œuvre.

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/Les-traitements

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Les soins de support ou comment maintenir sa qualité de vie durant les traitements ?

Article

Publié le 25/06/2021

Information proposée par Institut national du cancer

Vos soins ne se limitent pas aux traitements spécifiques du cancer.

Dans une approche globale, des soins et soutiens complémentaires peuvent être nécessaires pour gérer les conséquences de la maladie et de ses traitements : douleurs, fatigue, troubles nutritionnels (notamment perte d’appétit, nausées, vomissements) ou dénutrition, symptômes digestifs, difficultés psychologiques ou sociales, troubles de la sexualité et de la fertilité, troubles de la mémoire, etc.

Qu’est-ce que les soins de support ?

Ces soins, appelés soins de support, peuvent être proposés tout au long de votre parcours de soins et visent à maintenir votre qualité de vie. Ils comprennent notamment :

Pour en savoir plus sur les soins de support en général.

Pour aller plus loin, vous pouvez aussi consulter notre page consacrée à la prise en charge de la fatigue ou le guide Vivre pendant et après un cancer.

À quel moment bénéficier des soins de support ?

Ces soins peuvent être anticipés et discutés dès la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP).

Ils doivent être listés dans votre programme personnalisé de soins (PPS). Vous pouvez également les demander à tout moment.

N’hésitez donc pas à demander la liste des soins de support proposés dans l’établissement de santé dans lequel vous êtes soigné, ainsi que les modalités pour y accéder. Ils sont assurés par l’ensemble de l’équipe soignante, par votre médecin généraliste, par le pharmacien d’officine ou par des professionnels spécialisés : spécialiste de la douleur, assistant de service social, diététicien, sexologue, équipe spécialisée dans la préservation de la fertilité, psychologue, psychiatre, socio-esthéticienne, etc. Ils peuvent se dérouler en établissement de santé (hôpital, clinique) ou en ville.

Les soins de support font partie intégrante de votre parcours de soins. Ils ne sont ni secondaires, ni optionnels. En l’absence de perspective de guérison, ils permettent la mise en route de soins palliatifs dans le but d’améliorer la qualité de vie des malades et des familles, en particulier en prévenant et en soulageant la douleur et l’anxiété.

N’hésitez pas à parler à votre médecin et aux autres membres de l’équipe soignante de la façon dont vous vivez la maladie et les traitements. Cela leur permet de vous apporter les soins et soutiens nécessaires, et de vous orienter au mieux vers les professionnels concernés.

Comment reprendre ou maintenir une activité physique adaptée ?

Parmi les soins de support, l’aide à la reprise ou au maintien d’une activité physique adaptée (APA) permet de lutter contre la sédentarité pendant vos traitements.

Lorsque les recommandations décrites dans l’illustration page suivante ne sont pas réalisables, il peut être préférable d’être accompagné. Dans ce cas, un professionnel formé et expérimenté aux spécificités des cancers établit avec vous un programme personnalisé.

Votre médecin traitant peut vous prescrire une activité physique adaptée dès lors que vous êtes atteint d’une affection de longue durée (ALD). Cette prescription n’ouvre toutefois pas le droit à un remboursement de votre activité par l’Assurance maladie.

Certaines associations proposent une APA gratuite pour les patients atteints d’un cancer.

Quelle activité physique pratiquer ?

Que penser des médecines complémentaires ?

Homéopathie, naturopathie, plantes, vitamines, acupuncture, massages, ostéopathie, relaxation… De nombreux patients ont recours à des médecines complémentaires, appelées aussi médecines douces, parallèles, alternatives ou non conventionnelles. Elles peuvent leur apporter un soutien supplémentaire pour mieux supporter la maladie, les traitements et leurs effets indésirables tels que la fatigue, l’anxiété ou la douleur.

Ces médecines complémentaires peuvent avoir des effets indésirables ou interagir avec les traitements prescrits par le médecin qui vous suit pour votre cancer. Ces interactions peuvent, notamment, diminuer l’efficacité du traitement anticancéreux prescrit par votre médecin. Il est donc très important d’en parler avec lui sans crainte d’être jugé.

Important : si les médecines complémentaires peuvent soulager, elles ne remplacent en aucun cas les traitements habituels du cancer. Soyez vigilant si l’on vous propose des méthodes présentées comme plus efficaces que les traitements classiques. Il arrive en effet que des personnes ou des organisations cherchent à profiter de la vulnérabilité des personnes malades et/ou de leur famille en leur proposant des méthodes qui peuvent s’avérer dangereuses, coûteuses et inefficaces.

En cas de doute sur des propositions qui vous sont faites, n’hésitez pas à interroger l’équipe médicale spécialisée qui vous suit, votre médecin traitant ou encore votre pharmacien.

Pour plus de précisions, vous pouvez consulter les informations sur la thématique des « traitements miracles ».

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/Les-soins-de-support

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer

Cancers du pancréas : la chirurgie

Article

Publié le 22/09/2021

Information proposée par Institut national du cancer

La chirurgie consiste à retirer la partie du pancréas sur laquelle la tumeur s’est développée. Le type de chirurgie dépend de la partie du pancréas où est située la tumeur.

On parle de duodénopancréatectomie céphalique (DPC) pour une intervention sur la tête du pancréas ou de splénopancréatectomie gauche (SPG) pour une opération sur le corps ou la queue du pancréas.

Très rarement, une pancréatectomie totale peut être effectuée si la tumeur s’est étendue à l’ensemble du pancréas.

Pendant l’intervention, une partie de l’intestin (le duodénum), de l’estomac, la vésicule biliaire (au cours d’une DPC) et la rate (au cours d’une SPG) peuvent également être enlevées. L’objectif est de passer plus à distance de la tumeur et des ganglions lymphatiques éventuellement envahis, et éviter ainsi une récidive tumorale sur ces organes.

L’anatomie du pancréas

Un curage ganglionnaire est systématiquement réalisé lors de la résection chirurgicale. Le chirurgien retire les ganglions lymphatiques voisins de la tumeur. Les ganglions sont analysés à l’aide d’un microscope pour déterminer s’ils contiennent ou non des cellules cancéreuses. C’est un facteur pronostique, c’est-à-dire que cela donne une information sur l’évolution probable de la maladie.

Dans quels cas la chirurgie est-elle indiquée ?

La chirurgie du pancréas est une chirurgie lourde qui ne peut pas être effectuée pour tous les patients.

La localisation de la tumeur primitive, l’extension des cellules cancéreuses à certains ganglions lymphatiques, aux vaisseaux sanguins ou à d’autres organes, ainsi que votre état de santé, sont les critères qui déterminent si l’opération est le traitement indiqué.

Ainsi, la chirurgie est indiquée pour les formes localisées avec une tumeur dite résécable, c’est-à-dire qui peut être complètement retirée par chirurgie, et pour les patients qui présentent un bon état de santé général, donc opérables.

Qu’est-ce qu’une tumeur primitive ? C’est la tumeur principale à partir de laquelle peuvent s’échapper des cellules cancéreuses pouvant former des métastases dans d’autres parties du corps.

Il existe de nombreux cas pour lesquels la chirurgie n’est pas le traitement indiqué, soit parce que la tumeur n’est pas résécable, soit parce que l’état de santé général est trop altéré :

  • lorsque la tumeur s’est développée vers de gros vaisseaux sanguins à proximité du pancréas : en essayant de retirer la totalité de la tumeur, le risque d’endommager un vaisseau et de provoquer une hémorragie ou de dévasculariser (cesser d’alimenter en sang, via les vaisseaux sanguins) un organe digestif est trop important ;
  • lorsque des ganglions situés à distance du pancréas sont envahis par des cellules cancéreuses ou lorsqu’il existe des métastases sur d’autres organes (foie, le plus souvent) ;
  • lorsqu’un problème de santé important est présent, comme une maladie du cœur, des poumons, des reins, ou une cirrhose.

Si une intervention chirurgicale n’est pas possible, une chimiothérapie et/ou une chimioradiothérapie peuvent être programmées. Dans certains cas, l’opération est parfois rendue possible dans un second temps, après une chimiothérapie d’induction, souvent suivie d’une chimioradiothérapie.

Comment se préparer à l’intervention ?

Deux consultations sont programmées plusieurs jours avant l’intervention, l’une avec le chirurgien, l’autre avec l’anesthésiste. Un bilan préopératoire doit également être réalisé ; il repose sur les examens du bilan préthérapeutique.

Important : arrêter de fumer quelques semaines avant l’intervention

L’arrêt du tabac quelques semaines avant une intervention est important pour réduire les risques de complications pendant et après l’opération (risques de complications pulmonaires, d’infection de la zone opérée et de problèmes de cicatrisation).

Des moyens existent pour accompagner l’arrêt du tabac et soulager les symptômes de sevrage.

Parlez-en à l’équipe soignante et téléchargez ce dépliant 

Traitement du cancer et tabac - Pourquoi arrêter et comment me faire aider ?

La consultation avec le chirurgien

Le chirurgien vous explique :

  • les objectifs de l’opération ;
  • la technique qu’il va utiliser ;
  • les suites opératoires ;
  • les complications possibles.

Cette consultation est l’occasion de poser toutes vos questions au sujet de l’intervention.

Lors de cette consultation, le chirurgien vous informe qu’un échantillon de la tumeur peut faire l’objet d’une analyse dans le cadre de la recherche et être conservé après l’opération dans une tumorothèque, une « bibliothèque de tumeurs », en vue de recherches ultérieures. Vous avez le droit de vous y opposer.

Exemples de questions à poser à l’équipe médicale

  • Comment l’opération se déroule-t-elle ?
  • Quels en sont les risques ?
  • Comment puis-je me préparer au mieux ?
  • Que va-t-il se passer après l’intervention ?
  • Quelles vont être les conséquences de l’opération sur ma vie de tous les jours ?
  • Comment seront-elles prises en compte ?

La consultation avec l’anesthésiste

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale. La consultation avec l’anesthésiste permet d’évaluer les risques liés à l’anesthésie, en prenant en compte vos antécédents médicaux et chirurgicaux.

Il est important de signaler :

  • tout problème de santé, notamment les allergies (rhume des foins, eczéma, allergie à certains médicaments, réactions lors d’une précédente opération…) ;
  • les problèmes respiratoires (asthme, bronchite chronique…) ;
  • les problèmes de coagulation liés à une maladie ou à une prise régulière de médicaments (aspirine, anti-inflammatoires, anticoagulants) ;
  • les maladies chroniques dont vous pourriez souffrir (diabète, hypertension, insuffisance cardiaque ou rénale…),
  • votre consommation d’alcool et de tabac.

Un anticoagulant est un médicament qui diminue la coagulation (transformation d’une substance liquide en une masse solide) du sang, évitant ainsi la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins.

Cette consultation est l’occasion de poser toutes vos questions au sujet de l’anesthésie.

L’évaluation de votre état nutritionnel pour lutter contre une dénutrition

Votre « état nutritionnel », c’est-à-dire le bon équilibre entre ce que vous mangez et ce que vous dépensez, est souvent altéré par la maladie et aggravé par la chirurgie. Cela risque d’entraîner une dénutrition qui se manifeste par une perte de poids.

Si l’équipe médicale constate une dénutrition avant ou après l’intervention, vous pourrez bénéficier d’un support nutritionnel complémentaire de votre alimentation visant à rétablir votre état nutritionnel. Il peut s’agir :

  • de la prescription d’une alimentation enrichie en calories ou protéines ;
  • de compléments nutritionnels oraux (CNO) ;
  • d’une nutrition entérale (via une sonde introduite par une narine jusque dans l’estomac).

La dénutrition

Des compléments nutritionnels, pourquoi ?

Quel que soit votre état nutritionnel (dénutri ou non) et immunitaire (défenses immunitaires affaiblies ou non), un support nutritionnel complémentaire visant à stimuler votre système immunitaire, appelé immunonutrition, est recommandé une semaine avant l’intervention.

Il permet à l’organisme de se préparer à la chirurgie grâce à un apport en certains nutriments indispensables au système immunitaire. Il est le plus souvent proposé par voie orale.

Des antibiotiques pour réduire le risque d’infection

L’intestin est l’organe qui contient le plus de bactéries. Leur présence y est normale. Lors d’une duodénopancréatectomie céphalique, le chirurgien intervient sur le duodénum et sur les voies biliaires, ce qui peut provoquer la contamination de la zone opératoire par des bactéries digestives.

Afin de réduire ce risque pendant et après l’intervention, des antibiotiques sont généralement administrés en même temps que les produits anesthésiques, voire dans les tout premiers jours suivant l’opération.

Comment le chirurgien accède à la tumeur ?

Une voie d’abord désigne le chemin utilisé pour accéder à l’organe ou à la zone à opérer. Deux voies d’abord peuvent être utilisées pour opérer un cancer du pancréas : la laparotomie et, plus rarement, la cœlioscopie.

Qu’est-ce que la laparotomie ?

La laparotomie consiste à réaliser une ouverture dans le ventre (on parle de chirurgie « ouverte ») pour accéder au pancréas et aux organes à proximité. Le chirurgien effectue une incision horizontale sous les côtes ou verticale au milieu de l’abdomen.

Cette technique permet au chirurgien d’observer et de palper minutieusement toute la cavité abdominale pour vérifier que la tumeur n’est pas plus étendue que prévu, avant de retirer la partie du pancréas atteinte par la tumeur.

La laparotomie est la technique de référence pour la duodénopancréatectomie céphalique.

Qu’est-ce que la cœlioscopie ?

La cœlioscopie (ou laparoscopie) est une technique chirurgicale récente (opération à ventre fermé ou « mini-invasive »). Elle n’est pas encore considérée comme un standard pour la réalisation d’une duodénopancréatectomie céphalique, mais peut être proposée dans certains cas de splénopancréatectomie gauche.

Le chirurgien effectue plusieurs petites incisions qui lui permettent de passer un système optique (une sorte de caméra), ainsi que des instruments chirurgicaux, à l’intérieur de l’abdomen. Le système optique est relié à un écran extérieur et le chirurgien opère en regardant l’écran.

Les bénéfices à court terme de la cœlioscopie : diminuer la douleur et les complications après l’intervention, réduire la durée d’hospitalisation, ou encore préserver la paroi abdominale avec un bénéfice esthétique (pas de grande cicatrice).

Comment se déroule l’intervention ?

Elle commence par une phase d’exploration pendant laquelle le chirurgien doit examiner le pancréas et la cavité abdominale afin de confirmer que la tumeur ne s’est pas étendue localement (ou dans l’abdomen) et qu’il n’y a pas de métastases qui n’auraient pas été détectées par les examens d’imagerie.

Plusieurs types d’intervention sont indiqués selon la localisation de la tumeur primitive.

Duodénopancréatectomie céphalique (DPC)

Si la tumeur est localisée à la tête du pancréas, le chirurgien effectue une duodénopancréatectomie céphalique (DPC).

La duodénopancréatectomie céphalique (DPC)

Cette opération se déroule en 2 temps.

Le chirurgien enlève d’abord la tête du pancréas sur laquelle est située la tumeur. La tête du pancréas étant reliée au duodénum, cette partie de l’intestin est également retirée. Comme la voie biliaire traverse la tête du pancréas, le canal cholédoque et la vésicule biliaire sont également retirés. La région de l’estomac située à proximité du duodénum (le pylore) est généralement enlevée mais elle peut, dans certains cas, être préservée.

Dans un second temps de l’intervention, le chirurgien réalise des anastomoses, c’est-à-dire qu’il relie les segments des différents organes du système digestif à l’aide de fils ou d’agrafes mécaniques.

Trois rétablissements de la continuité du tube digestif sont réalisés :

  • la partie du pancréas qui n’est pas retirée par le chirurgien (corps et queue) est raccordée à l’estomac ou à l’intestin grêle ;
  • la voie biliaire, partie restante du canal cholédoque, est attachée à l’intestin pour permettre à la bile de s’écouler normalement depuis le foie, son lieu de production, vers l’intestin ;
  • si une partie de l’estomac a été retirée, la partie restante de l’estomac est raccordée à l’intestin pour permettre le passage des aliments lors de la digestion. Si le pylore a été préservé, c’est la partie tout initiale du duodénum qui est raccordée à l’intestin.

Qu’est-ce que le tube digestif ? C’est le conduit qui assure l’alimentation, la digestion et l’élimination des aliments transformés. Il commence par la bouche, passe par le pharynx, l’œsophage, l’estomac, l’intestin grêle, le gros intestin ou côlon, pour arriver au rectum et à l’anus.

Splénopancréatectomie gauche (SPG)

Si la tumeur est localisée au corps ou à la queue du pancréas, le chirurgien effectue une splénopancréatectomie gauche (SPG). Cela consiste à enlever la queue du pancréas.

La splénopancréatectomie gauche (SPG)

La queue du pancréas est au voisinage immédiat d’un autre organe, la rate. La rate n’étant pas un organe vital, elle est retirée en même temps, pour passer plus à distance de la tumeur et des ganglions lymphatiques éventuellement envahis et éviter ainsi une récidive tumorale sur ces organes.

Dans de très rares cas, la totalité du pancréas est enlevée lors de l’intervention. On parle alors de pancréatectomie (ablation) totale. Une telle intervention est réalisée si la tumeur a atteint l’ensemble du pancréas et chez des patients en bon état général.

Chirurgie des métastases

Très rarement, certaines métastases peuvent être traitées par chirurgie ou radiologie interventionnelle.

Les possibilités de pratiquer une ablation des métastases dépendent notamment de leur nombre, qui doit être faible, de leur localisation et de leur sensibilité préalable à la chimiothérapie.

Que se passe-t-il après l’intervention ?

Vos sensations à votre réveil

L’intervention dure habituellement de 5 à 6 heures.

Après l’opération, vous êtes amené en salle de réveil où l’équipe médicale et paramédicale continue d’assurer votre surveillance. À votre réveil, vous pouvez ressentir des nausées, ou encore une somnolence, provoquées par l’anesthésie.

Plusieurs dispositifs peuvent avoir été mis en place pendant l’intervention pour faciliter le suivi de l’opération et votre rétablissement : des drains abdominaux, une sonde nasogastrique et une sonde urinaire.

Les drains sont des tuyaux très fins qui permettent d’évacuer les liquides comme le sang ou la lymphe qui peuvent s’accumuler au cours de la cicatrisation. Ils sont placés à travers la peau sous les côtes, à droite ou à gauche de l’abdomen. Ils provoquent une gêne, mais sont peu douloureux. Ils sont généralement retirés quelques jours après l’opération, sur décision du chirurgien.

La lymphe est un liquide légèrement coloré qui transporte certains globules blancs, appelés lymphocytes, et évacue certains déchets produits par les cellules. La lymphe circule dans des vaisseaux dits lymphatiques.

La sonde nasogastrique est un tuyau qui passe par le nez, l’œsophage et qui rejoint l’estomac, évacuant les sécrétions de l’estomac pour éviter les vomissements.

Selon le type d’intervention et de rétablissement du tube digestif effectué (voir le paragraphe précédent), elle est retirée 1 à 5 jours après l’intervention. La reprise de l’alimentation est ensuite effectuée de façon progressive, par des aliments d’abord liquides, puis semi-liquides et enfin solides.

La sonde urinaire sert à recueillir les urines et à mesurer leur volume pour mieux contrôler le fonctionnement des reins. Elle est retirée quelques jours après l’intervention.

Des anticoagulants et des bas de contention pour éviter une phlébite

Pour éviter une phlébite pouvant être provoquée par un alitement prolongé ou par la chirurgie elle-même, les médecins vous prescrivent des injections d’un médicament anticoagulant et vous demandent de vous lever dès que possible après l’intervention. De plus, le port de bas anti-thrombose (appelés bas de contention ou encore « bas à varices ») pendant la journée est préconisé après l’opération et pendant toute la durée prescrite par votre médecin.

La douleur est systématiquement traitée

Comme après toute intervention chirurgicale, les douleurs sont systématiquement traitées, généralement par de la morphine ou l’un de ses dérivés.

Il est important que vous décriviez ce que vous ressentez afin que votre équipe médicale puisse vous proposer le traitement le plus adapté.

Si vous n’êtes pas suffisamment soulagé, signalez-le sans tarder à l’équipe médicale afin que le traitement puisse être adapté.

Pour en savoir plus sur la gestion de la douleur

Une durée d’hospitalisation de 2 à 3 semaines

En moyenne de 2 à 3 semaines, la durée d’hospitalisation varie en fonction de l’intervention réalisée, de votre état de santé général et de la façon dont vous avez supporté la chirurgie.

En cas de complications, l’hospitalisation peut être prolongée.

Un séjour en service de soins de suite et réadaptation (maison de convalescence) peut vous aider à récupérer, avant votre retour à domicile.

Les analyses de la tumeur : confirmer le diagnostic, déterminer la propagation de la tumeur et vérifier qu’elle a bien été retirée en totalité

Tout ce qui a été retiré lors de l’intervention chirurgicale est transmis au service d’anatomopathologie pour y être analysé. Cet examen est réalisé par un médecin spécialiste appelé anatomopathologiste.

L’examen consiste à observer, à l’œil nu puis au microscope, les tissus prélevés pour :

  • confirmer le diagnostic de cancer et décrire le type de tumeur prélevée ;
  • déterminer jusqu’où les cellules cancéreuses se sont propagées ;
  • vérifier si les bords du tissu entourant la tumeur (on parle de marges de résection) sont sains, c’est-à-dire qu’ils ne contiennent pas de cellules cancéreuses, ce qui indique que la tumeur a bien été enlevée en totalité.

Le chirurgien peut demander à ce qu’une analyse anatomopathologique soit effectuée pendant l’opération. On parle d’analyse extemporanée. Cette technique rapide permet au médecin d’adapter son geste selon les résultats.

Dans certains cas, l’analyse extemporanée ne permet pas de conclure pendant l’opération et le résultat définitif est alors connu dans un second temps, après l’intervention.

Qu’est-ce que l’anatomopathologie ? C’est une spécialité médicale qui consiste à observer et à étudier les organes, les tissus ou les cellules, pour repérer et analyser des anomalies liées à une maladie.

Quels sont les effets indésirables et complications possibles ?

Des effets indésirables à court terme peuvent se manifester immédiatement après l’intervention ou quelques semaines plus tard. En général, ils sont temporaires. S’ils persistent dans le temps, on parle alors d’effets indésirables à long terme.

Tous ces effets indésirables sont connus de votre équipe soignante et leur traitement fait partie intégrante de votre parcours de soins.

La survenue éventuelle d’effets indésirables est surveillée pendant l’hospitalisation et lors des consultations de suivi. N’hésitez pas à décrire à votre équipe soignante tous les signes et symptômes que vous rencontrez. 

La fatigue

Juste après l’intervention, une fatigue est très fréquente et normale. Son intensité et sa durée dépendent de la façon dont vous avez supporté l’intervention, ainsi que des autres effets indésirables. Elle ne doit pas être banalisée.

Agir contre la fatigue : signalez-la à l’équipe soignante, afin qu’elle soit prise en compte le mieux possible. Parfois, un séjour en maison de soins de suite et de réadaptation (SSR) pour un temps de convalescence est prescrit par le médecin. C’est l’établissement de soins qui en fait la demande.

Des douleurs localisées à la cicatrice

Des douleurs localisées à la cicatrice peuvent persister pendant quelques semaines après l’opération. Vous aurez un traitement antidouleur (antalgique) à prendre jusqu’à ce qu’elles aient totalement disparu.

La possibilité d’une infection

Une infection est possible, notamment si la rate a été retirée lors d’une splénopancréatectomie gauche. La rate joue un rôle dans le système de défense immunitaire de l’organisme. Lorsqu’elle est retirée, le risque d’une infection par certaines bactéries est augmenté.

Ce risque est prévenu avant l’intervention, par une vaccination contre les infections les plus à risque, et après l’intervention, par la prise d’antibiotiques.

Une infection de la cicatrice peut aussi survenir.

Un hématome au niveau de la zone opérée

Un hématome est une accumulation de sang localisée qui peut se former au niveau de la zone opérée, à la suite d’une rupture de vaisseaux sanguins, au cours des premières heures suivant l’intervention.

L’hématome peut être drainé.

Un risque de thrombose veineuse

Il existe également un risque de thrombose veineuse, ou phlébite, c’est-à-dire qu’une veine se bouche par un caillot de sang, ce qui bloque la circulation du sang.

Si le caillot de sang se détache et gagne l’artère pulmonaire ou l’une de ses branches, cela provoque une embolie pulmonaire.

Traiter une thrombose : Si une thrombose (avec ou sans embolie) survient, elle nécessite un traitement par des anticoagulants pendant quelques mois associé au port, dans la journée, de bas anti-thrombose (appelés bas de contention ou encore « bas à varices »).

Une fistule de l’anastomose pancréatico-digestive : la principale complication après la duodénopancréatectomie céphalique

La principale complication après duodénopancréatectomie céphalique est la fistule de l’anastomose pancréatico-digestive. La suture entre la partie restante du pancréas et le tube digestif cicatrise mal, générant un écoulement de liquide digestif et pancréatique dans l’abdomen, à partir de cette suture.

Quels symptômes ?

Cette complication survient entre 3 et 15 jours après la chirurgie et se traduit par des sécrétions sales et riches en enzymes pancréatiques au niveau du drain abdominal. Elle se manifeste aussi, parfois, par de la fièvre, des difficultés d’alimentation ou une douleur abdominale.

Quels traitements ?

Cette complication peut être prévenue par la prise de médicaments appelés analogues de la somatostatine. Pour cicatriser, les fistules bien tolérées nécessitent un délai supplémentaire de maintien du drainage. Les fistules mal tolérées nécessitent l’arrêt de l’alimentation prise par la bouche, des antibiotiques, et parfois une intervention de radiologie interventionnelle ou chirurgicale.

Des saignements dans l’abdomen

Autres complications chirurgicales : des saignements dans l’abdomen peuvent nécessiter une nouvelle intervention par radiologie interventionnelle ou chirurgie pour, par exemple, suturer les vaisseaux sanguins responsables de l’hémorragie.

Un passage ralenti des aliments de l’estomac à l’intestin

Lorsqu’une partie de l’estomac est retirée (lors d’une duodénopancréatectomie céphalique), le passage des aliments de l’estomac à l’intestin est parfois ralenti par un manque de contractions.

Quels symptômes ?

Cela provoque un ralentissement de la vidange de l’estomac appelé gastroparésie, entraînant une sensation de « trop-plein », des ballonnements, des vomissements, et qui coupe rapidement l’appétit.

Quels traitements ?

Le traitement repose sur une alimentation fractionnée, associant des repas moins copieux mais plus fréquents et des médicaments appelés prokinétiques, qui accélèrent la vidange de l’estomac. La gastroparésie disparaît normalement après quelques semaines.

Une insuffisance pancréatique endocrine et un diabète

La partie du pancréas restante après l’opération, surtout après une splénopancréatectomie gauche, est parfois trop petite pour fabriquer suffisamment d’insuline. Cela entraîne une insuffisance pancréatique endocrine se traduisant par un diabète, c’est-à-dire un dysfonctionnement de la régulation du glucose (sucre) dans le sang.

Cette complication est rare et la survenue d’un diabète est particulièrement surveillée après l’opération. Si un diabète apparaît, il nécessite le plus souvent un traitement par insuline.

Une insuffisance pancréatique exocrine

Par ailleurs, la partie du pancréas restante après l’opération, surtout après une duodénopancréatectomie céphalique, est parfois trop petite pour fabriquer suffisamment d’enzymes nécessaires à la digestion : cela entraîne une insuffisance pancréatique exocrine.

Les graisses et les protides contenus dans les aliments ingérés ne sont alors plus dissous et absorbés correctement. Ils circulent dans le tube digestif sans être dégradés, ce qui entraîne des selles grasses appelées stéatorrhée.

Quel traitement ?

La prise d’extraits pancréatiques aide à assurer une digestion satisfaisante et à faire disparaître la stéatorrhée.

Les extraits pancréatiques sont prescrits par votre médecin traitant avec une posologie adaptée à votre situation. Avalées pendant les repas, les enzymes sont libérées dans le tube digestif et participent à la digestion des aliments, remplaçant ainsi en grande partie l’action du pancréas. La prise de ces extraits se fait sur le long terme et les effets indésirables sont très rares.

Une diarrhée persistante

Une diarrhée persistante (chronique) est possible après une duodénopancréatectomie céphalique.

Des analyses peuvent vous être prescrites pour comprendre les causes de cette diarrhée. Le plus souvent, il s’agit d’une accélération du transit intestinal, à traiter par un régime alimentaire adapté, basé notamment sur une diminution de la consommation de fibres et/ou la prise de ralentisseurs de transit.

À savoir : une diarrhée se définit par l’émission d’au moins trois selles liquides par jour.

Une dénutrition

La chirurgie du pancréas peut entraîner un état de dénutrition qui se traduit par une perte de poids. Cela est le plus souvent lié à une perte d’appétit et aux complications digestives de l’intervention.

Agir contre la dénutrition : pour retrouver un état nutritionnel satisfaisant, un accompagnement adapté vous est proposé. Il peut s’agir d’abord de conseils pratiques pour améliorer et enrichir vos prises alimentaires au quotidien, l’objectif étant d’augmenter le nombre de calories sans nécessairement augmenter le volume des portions ingérées.

Si votre alimentation ne couvre pas tous vos besoins nutritionnels, vous devez bénéficier d’un support nutritionnel complémentaire. Il peut s’agir de la prescription d’une alimentation enrichie en calories ou en protéines, de compléments nutritionnels oraux (CNO) ou d’une nutrition entérale (via une sonde nasogastrique).

Votre médecin vous prescrira ce qui vous convient le mieux, ou vous adressera vers un diététicien ou un médecin nutritionniste spécialisé en nutrition clinique.

Quelles sont les différentes techniques de traitements nutritionnels ?

  • Orale : il s’agit de compléments nutritionnels oraux qui sont des mélanges nutritifs complets (contenant les nutriments dont le corps a besoin pour fonctionner : calories, protéines, vitamines, sels minéraux, oligoéléments, etc.), administrables sous forme de boissons, crèmes, biscuits, soupes…, qui complètent votre alimentation habituelle.
    Ils sont délivrés sur prescription médicale, à raison de 1 à 2 par jour sauf exception.
  • Entérale : la solution nutritive est apportée directement dans le tube digestif par l’intermédiaire d’une sonde nasogastrique (introduite par le nez et qui descend dans l’estomac), d’une gastrostomie (sonde abouchée directement à l’estomac par l’intermédiaire d’un orifice réalisé au niveau de l’abdomen) ou plus rarement d’une jéjunostomie (idem, mais avec une sonde abouchée directement à l’intestin grêle).
    L’équipe médicale ou diététique peut vous la proposer lorsque vos apports nutritionnels restent insuffisants malgré une alimentation orale enrichie, ou lorsque celle-ci est impossible.
  • Parentérale : la solution nutritive est apportée par voie veineuse ; elle est utilisée en dernier recours, lorsque l’alimentation par voie orale et la nutrition entérale sont impossibles, insuffisantes ou contre-indiquées.

Pour en savoir plus sur ces différentes techniques, consultez le dossier Nutrition

À retrouver sur https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-pancreas/La-chirurgie

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

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