Sevrage de l’allaitement : réussir l’arrêt progressif des tétées
Article
Publié le 14/09/2026
Information proposée par mpedia, site d’informations santé pour les parents, édité par l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA)
Le lait maternel est la meilleure forme d’alimentation pendant la petite enfance. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois de votre bébé, puis de poursuivre l’allaitement jusqu’aux 2 ans de votre enfant, voire plus, en complément d’une alimentation diversifiée.
Le sevrage de l’allaitement est une phase naturelle et inévitable du développement de l’enfant. Il peut être complet (vous supprimez toutes les tétées au sein) ou partiel (vous remplacez quelques tétées par une préparation pour nourrissons ou des aliments solides). Ce sevrage peut également être naturel (orienté par le nourrisson) ou planifié (orienté par la mère). Pour le réussir, il est important de choisir le moment qui vous convient le mieux et de ne pas se presser.
Dans certains cas, le sevrage peut se faire en urgence. On conseille souvent à tort à de nombreuses mères d’arrêter d’allaiter lorsqu’elles doivent prendre des médicaments. En réalité, très peu de médicaments sont contre-indiqués pendant l’allaitement. N’hésitez pas à demander l’avis à un professionnel de santé formé à l’allaitement maternel.
En bref
|
Comment faire un sevrage de l’allaitement en douceur ?
C’est à chaque femme et à chaque couple de choisir le meilleur moment pour elle et pour leur bébé. Il est important de se sentir bien avec sa décision.
Si vous souhaitez arrêter d’allaiter, l’idéal est de diminuer peu à peu le nombre de tétées et de prendre votre temps.
Si vous ne souhaitez pas encore le sevrer totalement, vous pouvez garder par exemple une tétée au sein le matin et une autre le soir. Aux autres repas, vous lui donnez du lait artificiel et/ou des aliments solides (tout dépend de son âge). Sachez cependant que certaines mamans ont du mal à maintenir une bonne lactation avec seulement deux tétées quotidiennes. Si c’est votre cas, essayez de tirer votre lait au cours de la journée (même si vous travaillez, vous avez le droit à une heure par jour pour allaiter votre bébé ou tirer votre lait).
Sinon, vous pouvez peut-être vous arranger pour garder trois tétées au final : le matin, en fin d’après-midi et en soirée par exemple. Les week-ends et pendant vos jours de congés, vous pourrez donner uniquement le sein à votre bébé pour relancer la lactation. En résumé, si vous avez opté pour un sevrage partiel, votre bébé sera nourri au sein quand il sera près de vous et au biberon quand vous serez éloignés.
Quelle tétée arrêter en premier ?
Le mieux est de commencer par supprimer la tétée que votre bébé apprécie le moins, ou la tétée la plus courte. Selon l’âge de l’enfant et le moment de la journée, elle pourra être remplacée par une préparation pour nourrissons (lait infantile) adaptée, donnée au biberon ou à la tasse, ou par un aliment solide.
Combien de temps faut-il entre deux suppressions de tétées ?
Si cela se passe bien, on peut remplacer 3 à 4 jours plus tard une autre tétée en procédant de la même manière, jusqu’à arriver au nombre de tétées restantes que vous souhaitez.
Le sevrage est un processus physiologique, il n’y a besoin d’aucun médicament ou traitement pour faire baisser la lactation. La lactation diminue quand l’enfant tète moins : les seins étant moins stimulés, ils vont naturellement produire moins de lait.
Comment éviter l’engorgement des seins pendant le sevrage ?
Si les seins de la mère montrent des signes de tension ou d’inconfort mammaire, il faut espacer le temps entre deux suppressions de tétées, jusqu’à ce que les seins soient redevenus plus souples.
Si vos seins sont tendus, vous pouvez exprimer un peu de lait à l’aide d’un massage aréolaire (demandez à un spécialiste de l’allaitement de vous montrer comment réaliser ce massage).
Que faire si votre bébé refuse le biberon ?
Cela est très fréquent et il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Il faut faire preuve de patience. Le mieux est de lui proposer de très petites quantités de lait à un moment où il est le plus réceptif et où il n’a pas faim. Il est également recommandé de faire donner le biberon par une autre personne que la mère et lui proposer tous les jours, sans le forcer.
Petit à petit, il va augmenter les quantités. Cela peut parfois prendre plusieurs semaines. On ne s’inquiète pas, même si l’enfant prend de très petites quantités au moment de la reprise du travail et de l’adaptation du mode de garde. Cela va se mettre progressivement en place et c’est souvent plus facile en l’absence de la mère.
Au début, vous pouvez proposer du lait maternel dans le biberon, afin qu’il s’habitue d’abord à la nouvelle succion induite par la tétine, avant de découvrir le goût de la préparation pour nourrissons, proposée en second temps. La transition se fera ainsi en douceur.
Il faut également penser aux alternatives au biberon : tasse, soft cup… Selon son âge, l’enfant peut également prendre uniquement des aliments solides au cours de la journée et continuer à téter le matin, au retour à domicile et la nuit.
Sevrage nocturne : Dr Catherine Salinier répond à une maman !
Sevrage et reprise du travail : comment s’organiser ?
Le mieux est d’anticiper le sevrage au moins 15 jours à 3 semaines avant l’adaptation. Ainsi, cela se passera en douceur.
Découvrez tous nos conseils dans notre article Allaiter et travailler : quelle organisation ?
Le conseil du pédiatreQuand vaut-il mieux sevrer son bébé, à la reprise du travail, après 6 mois, plus tard encore ? La réponse de notre pédiatre : « Tout va dépendre de vous, de vos contraintes, de vos convictions aussi. L’Organisation mondiale de la Santé recommande l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois et une poursuite de l’allaitement pendant les 2 ans qui suivent. Certaines mamans choisissent de poursuivre leur allaitement longtemps, d’autres feront un allaitement partiel à la reprise du travail, d’autres préféreront sevrer complètement leur bébé car elles n’imaginent pas l’association travail-allaitement. À chacune de se déterminer et d’assumer sa décision. Le bébé s’adaptera si vous êtes claire avec votre décision et soutenue par le papa. » |
Questions fréquentes des parents sur le sevrage de l’allaitement
- Combien de temps dure un sevrage complet de l'allaitement ?
-
Il n’existe pas de durée universelle : tout dépend du rythme choisi par la mère et de la réaction du bébé. En général, on recommande de compter au moins 3 à 4 jours entre la suppression de chaque tétée, ce qui donne un sevrage complet étalé sur plusieurs semaines, voire 1 à 2 mois pour un sevrage tout en douceur. Plus le sevrage est progressif, plus il est confortable pour la mère (moins de risques d’engorgement) et pour l’enfant (adaptation plus facile).
- À quel âge peut-on commencer le sevrage de l'allaitement ?
-
Il n’y a pas d’âge « idéal » unique : le sevrage peut intervenir à tout moment, selon les besoins et le contexte de chaque famille (reprise du travail, choix personnel, sevrage naturel initié par l’enfant…). L’OMS recommande toutefois un allaitement exclusif jusqu’à 6 mois, puis une poursuite jusqu’à 2 ans ou plus, en complément d’une alimentation diversifiée. Un sevrage avant 6 mois est possible mais nécessite d’introduire une préparation pour nourrissons adaptée à l’âge du bébé.
Les sources de l'article
- L’allaitement : de la naissance au sevrage, Dr MARIE THIRION
- Le sevrage de l’allaitement, société canadienne de pédiatrie : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2720509/pdf/pch09259.pdf
- Allaitement, le sevrage de bébé, Site les 1000 premiers jours : https://www.1000-premiers-jours.fr/fr/allaitement-le-sevrage-de-bebe
Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.
À retrouver sur https://www.mpedia.fr/art-sevrer-votre-bebe/
www.mpedia.fr, est un site de soutien à la parentalité porté par l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA). Son objectif est de mettre à la disposition des futurs parents et des parents d’enfants de 0 à 11 ans des informations scientifiquement fiables sur le développement et la santé des enfants. Ce site est d’accès gratuit et sans publicité.
Vous y trouverez de très nombreux articles traitant de la santé physique ou psychologique, des maladies, de la nutrition, du sommeil, de la parentalité et de l’éducation, de l’école, du comportement… du début de la grossesse aux portes de l’adolescence. Ces articles sont écrits par plus de 170 experts de la santé de la petite enfance.
Vous pouvez aussi consulter les réponses apportées par nos pédiatres à plus de 10 000 questions posées par les parents.