Covid long

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Publié le 13/08/2026

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Le Covid long est la persistance de symptômes après un épisode aigu de Covid-19, au-delà de la période de convalescence habituelle (moins de 3 mois). Ceux-ci peuvent apparaître après une disparition ou une atténuation des symptômes initiaux du Covid-19 ou persister de manière continue après l’épisode aigu.

Qu’appelle-t-on Covid long ?

Le Covid long est la persistance de symptômes après un épisode aigu de Covid-19, au-delà de la période de convalescence habituelle (moins de 3 mois). Sa définition officielle a été donnée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : il s’agit, chez des personnes ayant eu le Covid-19 (léger ou sévère, confirmé ou non par un test PCR), de la persistance, au-delà de 3 mois après le début de l’infection et pendant au moins 2 mois, de symptômes, lorsque ceux-ci ne peuvent pas être expliqués par une autre cause. Ceux-ci peuvent apparaître après une disparition ou une atténuation des symptômes initiaux du Covid-19 ou persister de manière continue après l’épisode aigu.

Le Covid long est-il fréquent ?

Les enquêtes épidémiologiques de Santé publique France indiquent qu’environ 4 % de la population adulte française souffriraient de symptômes persistants du Covid-19, selon la définition de l’OMS. Les épidémiologistes estiment très probable qu’entre 400 et 600 000 adultes ont, en France, une qualité de vie fortement ou très fortement diminuée par le Covid long. Le nombre d’enfants et d’adolescents touchés en France reste mal connu.

Qui est à risque de Covid long ?

Si toute personne ayant eu un épisode de Covid aigu peut développer un Covid long,certaines personnes présentent un risque plus élevé :

  • les femmes sont 2 fois plus touchées que les hommes, en particulier les femmes d’âge moyen (de 45 à 64 ans) ;
  • les personnes dont la phase aiguë du Covid-19 s’est accompagnée de symptômes intenses et nombreux ;
  • les personnes qui ont dû être hospitalisées lors de l’épisode aigu de Covid-19 ;
  • les personnes qui souffraient d’autres maladies avant d’être atteintes de Covid-19 : diabète, obésité, maladies chroniques du rein, immunodépression (baisse du système immunitaire du fait d’une maladie ou d’un traitement), asthme,bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), anxiété, dépression, par exemple ;
  • les personnes qui fument ;
  • les personnes en situation de précarité sociale (parce qu’elles ont été plus touchées par la pandémie.).

Peut-on prévenir le Covid long ?

La meilleure des préventions contre le Covid long reste de ne pas attraper le Covid-19. Pour cela, les mesures de protection classiques (gestes barrières) restent valables :

  • se faire régulièrement vacciner contre cette infection. Chaque dose de vaccin contre le Covid-19 semble réduire un peu plus le risque de Covid long en cas d’infection ;
  • porter un masque de type FFP2 lorsqu’on fréquente les lieux confinés ;
  • aérer les pièces le plus souvent possible, au minimum quelques minutes toutes les heures ;
  • éviter les lieux bondés mal aérés ;
  • se laver les mains régulièrement ou utiliser un gel hydroalcoolique ;
  • le cas échéant, déployer des systèmes de filtration de l’air efficaces dans les lieux clos (filtre HEPA, comme dans les avions).

Chez les personnes qui souffrent d’un épisode aigu de Covid-19, le fait d’avoir été vaccinées contre le Covid-19 réduit la probabilité de souffrir de Covid long. La vaccination réduit de 20 à 50 % le risque de développer un Covid long (et sa sévérité le cas échéant) en cas d’infection par le Covid-19. Cette réduction du risque semble augmenter au fur et à mesure des rappels de vaccination.

Quels sont les symptômes du Covid long ?

Plus de 200 symptômes distincts ont été rapportés par les personnes qui souffrent de Covid long. Bien sûr, chaque patient ne ressent pas l’ensemble de ces symptômes et tous ces symptômes ne sont pas forcément liés au Covid long. En général, ceux-ci concernent plusieurs organes. Leur sévérité est variable selon les patients et fluctuante dans le temps. Les symptômes les plus couramment signalés comme ayant un impact sur la vie quotidienne sont :

  • un épuisement, souvent aggravé à l’effort (physique ou intellectuel, voir encadré) ;
  • des symptômes cardiorespiratoires (en particulier, l’essoufflement ou la tachycardie) ;
  • une diminution de la capacité à raisonner, se concentrer et à se souvenir, avec une grande fatigabilité, parfois pendant plusieurs jours, après avoir accompli des tâches mentales usuelles (le « brouillard cérébral »).

Parmi les autres types de symptômes, ceux le plus souvent rapportés sont les problèmes oculaires (picotements, sécheresse, troubles de la vision, etc.), dermatologiques (urticaire,couleur rouge violacée des mains ou des pieds, pseudo-engelures, etc.), les chutes de cheveux ou les acouphènes.

Chez certaines personnes, le Covid long provoque une sensibilité particulière à l’effort physique ou mental : l’exacerbation des symptômes post-effort (ESPE), parfois appelée « crash » par les patients. La fatigue qui s’accompagne d’ESPE est particulièrement intense et handicapante. Elle se traduit par la sensation d’être exténué, écrasé par l’épuisement, au-delà des sensations de fatigue habituelles. Son intensité est disproportionnée à l’effort qui en est la cause : une tâche banale qui n’entraînait jusqu’alors pas la moindre fatigue peut déclencher une ESPE. L’accumulation d’exacerbations dont la récupération n’est pas complète aggrave le ressenti d’épuisement total.

Comment évolue le Covid long ?

Pour les personnes dont les symptômes post-Covid-19 persistent, plusieurs trajectoires d’évolution sont possibles. Globalement, la probabilité d’un rétablissement ou d’une amélioration significative des symptômes est plus élevée dans les 12 mois qui suivent l’infection aiguë. Si la majorité des patients qui ont encore des symptômes 4 semaines après l’épisode aigu voient leur état de santé s’améliorer rapidement, ceux qui présentent encore des symptômes 12 semaines après l’infection initiale connaissent une amélioration plus lente avec, pour certains, des rechutes régulières pendant 18 mois, voire plus.

Les symptômes du Covid long peuvent avoir un impact sévère sur la vie familiale, sociale et professionnelle. La qualité de vie des patients souffrant de Covid long est également diminuée par le fait, que face à l’absence de critères de diagnostic spécifiques au Covid long et du fait de la très grande variété des symptômes signalés, il leur est parfois difficile de faire reconnaître leur maladie comme telle, auprès de leurs proches, de leur employeur ou des professionnels de santé.

Comment prend-on en charge le Covid long ?

Le médecin traitant est au centre de la prise en charge médicale du Covid long, si besoin avec l’aide de médecins spécialistes et de professionnels paramédicaux (kinésithérapeutes,orthophonistes, ergothérapeutes, psychologues, etc.). Cette prise en charge est personnalisée et centrée sur la personne malade.

Aujourd’hui, la prise en charge du Covid long repose essentiellement sur :

  • des traitements symptomatiques (visant à soulager les symptômes sans en traiter la cause, par exemple la douleur ou l’inflammation) ;
  • des stratégies de rééducation (par exemple pour la perte d’odorat ou certains troubles respiratoires) ou de réadaptation à l’effort, en respectant les limites de la personne et en veillant à ne pas déclencher d’exacerbation des symptômes ;
  • une écoute empathique et un soutien psychologique visant à soulager les troubles anxieux ou dépressifs, fréquemment associés au Covid long ;
  • des conseils destinés à apprendre aux personnes malades à s’autogérer (en particulier concernant la fatigue) et à continuer à avoir des activités quotidiennes,tout en ayant conscience de leurs capacités et en les respectant.

Malgré un recul encore limité, cette stratégie globale et multidisciplinaire semble faire ses preuves pour augmenter la qualité de vie des personnes qui souffrent de Covid long et pour améliorer l’évolution de leur maladie.

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

Service Public d’Information en Santé