Infox Santé ou pas ? Les bons réflexes à adopter
15/06/2026 5 mins de lecture
Vous venez de découvrir une information relative à la santé qui vous surprend ou qui vous inquiète. Vous vous demandez comment savoir si cette information est légitime ou si elle relève de ce que l’on nomme désormais « infox » (une « fake news »). Sans être spécialiste, comment savoir s’il s’agit d’une information fiable ou de désinformation malveillante ? Quelques réflexes simples vous permettront de vous faire une idée plus précise.
Qui est à l’origine de cette information ?
Comprendre qui est à l’origine de l’information qui vous interroge est un élément important pour essayer d’y voir clair. L’information qui vous est parvenue a peut-être été partagée par une personne qui n’en est pas à l’origine (c’est souvent le cas sur les réseaux sociaux). Pour évaluer l’information, il est important d’essayer de remonter à la source première (l’« émetteur »). Lorsque cela n’est pas possible, mieux vaut vous méfier de ce que vous avez lu.
Lorsque l’émetteur est clairement identifié, s’agit-il d’un organisme public, d’un professionnel de santé, d’une association ayant pignon sur rue, d’un journal scientifique de renom, ou bien d’une personne isolée ou d’une entreprise ? Attention, lorsqu’une source officielle est évoquée dans le texte, il est souvent nécessaire de vérifier que cette information figure effectivement sur son site internet. Parfois, une infox prétend provenir d’une source fiable mais, lorsqu’on s’en assure, celle-ci n’en a jamais fait mention (voire a publié un démenti).
Une manière de localiser le ou les émetteurs consiste à utiliser un moteur de recherche en ligne pour identifier plusieurs sites évoquant l’information à évaluer. Selon la nature de ces sites, vous aurez une meilleure idée de la situation : est-ce que ce sont uniquement des forums, des blogs ou des sites marchands, ou bien l’information est-elle disponible sur des sites de références (voir ci-dessous) ?
Pourquoi cette information a-t-elle diffusée ?
Au-delà de l’origine de l’information, mieux vaut essayer de comprendre pourquoi cet émetteur a souhaité la diffuser largement. Est-ce une instance sanitaire publique qui cherche à améliorer la santé des Français ? Est-ce une entreprise qui cherche à vendre un produit ? Est-ce un professionnel de santé qui donne son avis personnel sur le sujet ? Est-ce un groupe qui souhaite discréditer le monde de la médecine ou de la science ? Existe-t-il une volonté de propagande ou de recrutement dans une structure sectaire ? Comprendre l’objectif poursuivi par l’émetteur est toujours utile pour évaluer objectivement une information.
Sur quelles sources s’appuie cette information ?
Face à une information inquiétante, il est essentiel de rechercher sur quelles sources se fonde l’émetteur pour affirmer ce qu’il diffuse. Existe-t-il des études scientifiques sérieuses sur le sujet ou issues d’un organisme reconnu ? Est-ce un avis personnel ou une anecdote impossible à vérifier ? Un communiqué de presse ou un blog personnel ? En utilisant internet, êtes-vous capable de trouver des sources de confiance qui pointent vers la même information ? En effet, mieux vaut se méfier des informations qui n’ont d’autres sources que l’émetteur ou qui référencent d’autres émetteurs pas forcément dignes de confiance.
Parfois, il arrive qu’une information relative à la santé s’appuie sur des études scientifiques, mais que ces dernières aient été soigneusement sélectionnées pour appuyer le point de vue de l’émetteur. Une recherche en ligne peut être indispensable pour s’assurer qu’il n’existe pas d’études scientifiques montrant le contraire de ce qui est affirmé (parfois elles sont beaucoup plus nombreuses que celles citées dans l’infox). La science n’est pas faite de certitudes absolues, mais d’études parfois contradictoires qui composent petit à petit un paysage nuancé.
Cette information est-elle cohérente avec ce que l’on sait déjà sur le sujet ?
Méfiez-vous des informations qui semblent mettre en pièces tout ce que la science et la médecine ont dit jusque-là sur le sujet. Lorsqu’une étude semble contredire toutes les études précédentes, les scientifiques adoptent la plus grande prudence et font travailler leur esprit critique. En effet, il est peu probable qu’une seule étude, issue d’une seule équipe, puisse balayer le travail de nombreuses équipes pendant de nombreuses années.
Pour y voir un peu plus clair, essayez d’identifier des sources de référence en ligne qui proposent des synthèses sur le sujet en question. Si l’information surprenante contredit ces synthèses, la méfiance est de mise.
Cette information est-elle également mentionnée par des sources de confiance ?
Pour se protéger contre les infox santé, il est intéressant de se familiariser avec quelques sources de confiance qui publient de l’information de référence en santé. Par exemple :
- la Haute autorité de santé (HAS, www.has-sante.fr)
- l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm, www.inserm.fr)
- l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM, ansm.sante.fr)
- Santé Publique France (www.santepubliquefrance.fr)
- Ameli.fr, le site de l’Assurance maladie (www.ameli.fr)
- l’Institut national du cancer (INCa, www.e-cancer.fr)
- l’Institut Pasteur (www.pasteur.fr/fr)
- l’Organisation mondiale de la santé (OMS, www.who.int/fr)
et bien sûr, Santé.fr, le site du Service public d’information en santé, qui vous propose des décodages sur certaines infox en santé.
D’autres sources fiables peuvent être identifiées, par exemple les sites des sociétés savantes (les associations de professionnels de santé spécialisés dans un domaine de la santé particulier), ou ceux utilisés par les médecins et les pharmaciens (par exemple, celui du CISMeF, Catalogue et index des sites médicaux en langue française, ou celui des éditions VIDAL). De plus, certains organes de presse nationaux proposent des services de décodage (« fact-checking ») qui peuvent être sollicités par des particuliers sur une question précise. Par exemple :
- l’Agence France Presse (Factuel, factuel.afp.com),
- le quotidien Le Monde (Les Décodeurs, www.lemonde.fr/les-decodeurs)
- le quotidien Libération (CheckNews, www.liberation.fr/checknews)
Enfin, n’hésitez pas à discuter de l’information qui vous inquiète avec un professionnel de santé, votre médecin traitant ou votre pharmacien, par exemple.