Alimentation du bébé de 12 à 23 mois : menus types et besoins nutritionnels

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Publié le 20/04/2026

Information proposée par mpedia, site d’informations santé pour les parents, édité par l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA)

Entre 12 et 23 mois, l’alimentation de votre bébé entre dans une nouvelle dimension. La diversification alimentaire, amorcée quelques mois plus tôt, laisse place à une transition progressive vers les saveurs et les textures du repas familial. C’est une période à la fois riche et exigeante : votre enfant grandit vite, ses besoins nutritionnels restent bien spécifiques et chaque repas est une nouvelle occasion d’éveiller sa curiosité gustative.

Tout au long de cette période, le rythme reste celui de 4 repas par jour : petit déjeuner, déjeuner, goûter et dîner. Le lait de croissance est encore l’élément principal, accompagné par des légumes, des fruits, des sucres complexes (autrefois appelés féculents), des matières grasses, et de petites quantités de protéines animales. La boisson idéale est l’eau, à volonté, pendant ou en dehors des repas.

Ce guide vous donne tous les repères pour composer des repas équilibrés, adaptés à l’âge et aux besoins réels de votre bébé, de 12 à 23 mois inclus.

Je retiens !

  • Le lait de croissance reste préférable au lait de vache entier, sur le plan nutritionnel jusqu’à l’âge de 3
  • Les apports lactés (tétées, lait de croissance ou équivalents laitiers tels que yaourt, petits-suisses, fromage) représentent environ 500 ml par jour (800 ml maximum).
  • Les protéines (viande, poisson, œuf):  environ 20 g ( 4 cuillères à café) par jour entre 1 et 2 ans sont suffisants pour couvrir les besoins journaliers.
  • Fruits et légumes sont à proposer à chaque repas, en variant les espèces chaque jour pour éduquer le goût, même face aux refus répétés.
  • Les sucres complexes (riz, pâtes, semoule, pommes de terre, etc.) doivent figurer à chaque repas, en quantité raisonnable, entre 1/3 et ½ du plat proposé. Les légumineuses (lentilles, etc…) peuvent être proposés régulièrement.
  • L’eau pure est la seule boisson recommandée. Les jus de fruits, même naturels, restent occasionnels, le fruit entier leur est toujours préférable.

Le lait de croissance, toujours indispensable

À 1 an, le lait n’a pas disparu de l’alimentation de l’enfant, loin de là. Jusqu’à 3 ans[1], il est recommandé de proposer chaque jour à votre enfant 500 ml de lait ou d’équivalents laitiers, sans dépasser 800 ml. Cette ration englobe le lait sous toutes ses formes : tétée, lait de croissance, yaourts, petits-suisses ou fromages.

Attention cependant : cette équivalence ne vaut que pour le calcium[2]. Les petits-suisses et les fromages ont une composition différente du lait car leur fabrication implique d’éliminer le lactosérum, qui contient les protéines solubles et le lactose.

Le lait de croissance est recommandé en priorité jusqu’à 3 ans et même au-delà. Par rapport au lait de vache entier (le lait ½ écrémé ne convient pas aux enfants dont les besoins en lipides ne sont pas ceux des adultes), le lait de croissance apporte davantage de fer, de zinc, d’acides gras essentiels et de vitamines[1], tout en limitant l’apport en protéines et en sels minéraux, des points cruciaux à cet âge. Le lait de vache entier, en plus d’être moins bien adapté sur le plan nutritionnel, expose davantage aux contaminants environnementaux. Les laitages spécifiques pour enfants en bas âge (yaourts) sont également à privilégier jusqu’à 3 ans[1] : leur teneur en protéines est réduite. Il est d’ailleurs tout à fait possible de préparer des yaourts maison à partir de lait de croissance.

Mais il est possible, si les parents ne souhaitent pas donner du lait de croissance à leur enfant, ce qui reste largement préférable sur le plan nutritionnel, de donner du lait de vache entier à partir de 12 mois, mais à la seule condition que le reste de l’alimentation soit parfaitement équilibrée.

Tous les fromages peuvent être introduits à cet âge, y compris les plus affinés, à condition d’écarter les fromages au lait cru, qui restent contre-indiqués jusqu’à 5 ans. La quantité de fromage sera adaptée à l’âge et aux autres apports laitiers de la journée, en veillant à ne pas dépasser le seuil quotidien de 800 ml d’équivalents laitiers[1].

Viande, poisson, œufs : des protéines en quantité maîtrisée

Entre 12 et 23 mois, les besoins en protéines sont réels mais modestes. La quantité recommandée est d’environ 20 g par jour[3] (soit 4 cuillères à café). Ces repères sont importants : un excès de protéines à cet âge serait peut-être associé à un risque accru de surpoids plus tard dans l’enfance[3]. Il ne s’agit donc pas de donner « un peu de tout » à chaque repas, mais de concentrer l’apport en protéines sur le déjeuner, et d’en varier les sources.

La viande rouge ou blanche peut être proposée quotidiennement[3]. Les abats (foie, rognons, boudin) sont possibles dès 1 an, bien cuits et en petite quantité[3] : ils sont particulièrement riches en fer facilement assimilable. En revanche, la charcuterie est à éviter avant 5 ans (pas que pour le sel, aussi car c’est de la viande crue en salaison)[3] ; le jambon (pauvre en fer, il ne permet pas les apports adéquats) cuit découenné reste l’option la plus acceptable, sans en faire une habitude.

Le poisson est conseillé deux fois par semaine : une fois du poisson maigre (cabillaud, colin, merlan, sole…) et une fois du poisson gras (saumon, maquereau, sardine, hareng, truite de mer), pour bénéficier des acides gras essentiels à longue chaîne indispensables au développement cérébral[3]. Certains poissons sont à éviter en raison de leur teneur en polluants : l’anguille, le barbeau, la carpe et le silure pour les PCB ; l’espadon, le requin, le marlin et la lamproie pour le méthylmercure. La consommation de poissons prédateurs sauvages : lotte, bar, thon, brochet, dorade, raie, flétan, doit également rester limitée.

L’œuf entier (jaune et blanc), cuit dur ou mollet, peut remplacer la viande ou le poisson : comptez un demi-œuf par repas. Les fruits de mer cuits et les crustacés cuits, issus d’une zone d’élevage contrôlée, sont aussi une option possible[3].

Légumes, fruits et sucres complexes : la base de chaque repas

Fruits et légumes occupent une place centrale dans l’alimentation de l’enfant entre 12 et 23 mois : la quantité de légumes proposée sera fonction de l’appétit de l’enfant .

Tous les légumes sont les bienvenus à cet âge[4] : carottes, courgettes, brocolis, épinards, haricots verts, poireaux, tomates, patates douces, betteraves,… La règle d’or est de varier chaque jour, en proposant un légume différent afin que votre enfant apprenne à reconnaître et à apprécier les saveurs une à une. Face aux refus, qui sont normaux et attendus, la persévérance est la meilleure arme : il faut parfois proposer un même aliment jusqu’à une dizaine de fois avant qu’il soit accepté[4], sans jamais forcer. Les légumes surgelés constituent une excellente alternative aux produits frais de grande distribution, avec des qualités nutritionnelles souvent supérieures. Le potager familial reste la meilleure option, à condition de limiter pesticides et engrais.

La même logique s’applique aux fruits : crus bien mûrs, écrasés ou en petits morceaux, en compote sans sucre ajouté, ou surgelés tous sont possibles[4], y compris les fruits rouges, les kiwis et les fruits exotiques. L’arachide et les fruits à coque (noix, noisette, amande) peuvent être consommés, mais uniquement finement écrasés dans des préparations comme les biscuits, pour éviter tout risque de fausse route et d’inhalation de corps étranger.

Les matières grasses : une huile végétale à ne pas oublier

Les matières grasses ne sont pas l’ennemi de bébé, bien au contraire. Les enfants de 1 à 3 ans ont en réalité des apports insuffisants en acides gras essentiels en France et les matières grasses végétales non cuites jouent un rôle fondamental dans leur développement neurologique et leur croissance[5]. Il est recommandé d’ajouter systématiquement deux cuillères à café d’huile végétale crue[5] dans chaque repas. L’huile de colza, de noix ou de soja sont à privilégier pour leur richesse en oméga-3 et oméga-6. L’huile d’olive peut être utilisée de temps en temps pour son goût, mais elle contient trop peu d’oméga-3 pour être utilisée seule.

De temps en temps, il est possible de remplacer l’huile par une noisette de beurre cru ou deux cuillères à café de crème fraîche non cuite. L’essentiel est que la matière grasse reste crue : une fois chauffée, elle perd une partie de ses propriétés et peut générer des composés indésirables[5].

L’eau, seule boisson recommandée

À partir de 1 an, la seule boisson adaptée aux repas et à la soif de votre enfant est l’eau pure[6]. Le lait est un aliment, pas une boisson : il doit être comptabilisé dans la ration laitière quotidienne. Si votre enfant refuse de boire de l’eau, cela ne signifie pas qu’il ne l’aime pas : son alimentation, composée à environ 85 % d’eau, couvre souvent ses besoins hydriques en dehors des repas[6].

Une vigilance particulière s’impose si votre enfant utilise son biberon comme objet de réconfort entre les repas : dans ce cas, il ne doit être rempli que d’eau, jamais de lait, de jus de fruits, de tisanes sucrées ou d’eau aromatisée, qui favorisent les caries sur les incisives et apportent des calories inutiles[6].

Textures et progression vers les morceaux

Entre 12 et 23 mois, la texture des aliments joue un rôle clé dans le développement de votre enfant. Il ne s’agit plus seulement de nutrition : apprendre à mâcher, à manipuler des aliments de consistances différentes, à percevoir des textures variées en bouche, c’est aussi une étape du développement sensoriel et moteur[1]. Il ne faut pas tarder au-delà de 9 mois pour introduire les premières textures grumeleuses, puis progresser vers les morceaux de légumes fondants et les morceaux à croquer.

Entre 12 et 23 mois, la grande majorité des bébés est tout à fait capable de gérer des aliments en morceaux, à condition que ceux-ci soient bien cuits, tendres et de taille adaptée[1]. Légumes fondants, fruits mûrs, fromage en dés, morceaux de pain : autant d’aliments que votre enfant peut explorer seul, avec ses doigts, dans une petite assiette posée devant lui.

Si votre enfant refuse les morceaux à la maison alors qu’il les accepte en crèche ou chez une assistante maternelle, ne vous inquiétez pas : c’est un comportement courant. La dynamique de groupe, l’imitation des autres enfants et la nouveauté de l’environnement favorisent souvent l’acceptation[1]. Continuez à proposer, sans forcer ni dramatiser, et la progression viendra naturellement.

En bref

Entre 12 et 23 mois, l’alimentation de votre bébé est une aventure gustative à vivre ensemble, repas après repas. Les repères sont clairs : lait de croissance, légumes et fruits en abondance, protéines en petites quantités, sucres complexes à chaque repas, huile végétale crue dans chaque plat, eau comme seule boisson ; mais ils n’ont pas vocation à transformer chaque repas en équation complexe.

L’essentiel est de proposer, de varier, de persévérer face aux refus, et faire confiance à votre enfant pour réguler son appétit.

Les sources de l'article 

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À retrouver sur https://www.mpedia.fr/art-menus-types-entre-mois/

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