Accueil, écoute, accompagnement

Article

Publié le 27/10/2016

Information proposée par Ikambere - Accueil et accompagnement des femmes vivant avec le VIH

L’accueil et l’accompagnement des femmes infectées au VIH sont les bases du travail d’IKAMBERE.

L’accueil consiste à faire le point avec elles sur leur quotidien, déceler leurs problèmes et rechercher ensemble les solutions appropriées à chacune des situations. Il s’agit alors de les accompagner dans les démarches administratives et les aider à être autonomes, à avoir accès à un emploi et à un logement.

Le premier accueil est assuré par nos assistantes sociales qui déterminent les besoins : besoin d’écoute, de rompre l’isolement, d’accompagnement dans les démarches administratives, d’aide à la recherche d’hébergement, besoin d’autonomie etc. Le service social d’IKAMBERE effectue une dizaine de rendez-vous par jour dans le cadre du suivi social. Le travail d’accompagnement des femmes suivies à IKAMBERE se situe non seulement au niveau collectif mais aussi au niveau individuel pour trouver des réponses adaptées à chaque situation et permettre à chacune d’accéder à l’autonomie (travail, logement). Ce travail attachera d’abord une grande importance à l’accès aux droits pour améliorer les conditions de vie.

Témoignage de Madame F. : Lors d’un entretien, Mme F, qui arrivait pour la première fois à IKAMBERE, s’est confiée à nous en ces termes : « je viens vous voir avec mon sac à main plein de problèmes que j’aimerais vous soumettre : j’ai été orientée chez vous pour manger aujourd’hui car j’avais très faim. Cela fait trois jours que je n’ai pas bien mangé. Puis je n’ai plus là où dormir, médecin du monde m’a donné les premiers soins mais je n’ai pas l’AME, je n’ai pas de papier……… ».

Une hôtesse d’accueil contribue à rendre ce lieu convivial et veille à offrir aux femmes un repas équilibré et chaud, tous les jours pour faciliter la prise de médicaments. Les assistantes sociales accompagnent et répondent à toutes les demandes et préoccupations des femmes. Souvent dans une grande précarité socioéconomique et un isolement total lié au VIH, elles sont accueillies et soutenues dans leurs projets afin de leur permettre d’améliorer leur situation.

Au-delà de l’entretien réalisé lors du premier accueil des femmes, le service social réalise un suivi et un accompagnement de chacune des femmes qui le désire. Ainsi, en lien avec ses partenaires, les assistantes sociales gèrent une pluralité de problèmes. Dans l’objectif de répondre aux besoins des femmes, nous mettons tout en place tel que des réunions d’information thématiques (exemple : atelier d’informations générales sur le logement) afin de rendre les femmes actrices principales de leur projet de vie. Cependant, les problèmes rencontrés par les femmes d’IKAMBERE sont nombreux et divers. Notre but est de répondre tant que possible aux désirs et besoins par un travail de réflexion en collaboration avec nos partenaires et la mise en place d’atelier d’information sur les différentes problématiques rencontrées par les usagers. A IKAMBERE, les femmes se rencontrent aussi autour d’activités qui leur permettent d’échanger et d’être solidaires. Les échanges leur permettent aussi de dédramatiser leurs problèmes, de les hiérarchiser et de trouver des solutions en communs en partageant les expériences.

Le premier accueil est donc assuré par une assistante sociale qui évalue la situation et cherche des réponses appropriées pour chaque situation. L’assistante sociale oriente les femmes vers l’animatrice qui assure le suivi thérapeutique et les femmes peuvent poser des questions sur leurs traitements et leur maladie. Après le premier entretien, les femmes entrent dans un parcours d’accompagnement qui vise une prise en charge globale de l’individu. Elles peuvent alors désormais venir sans rendez-vous pour partager leurs expériences et dédramatiser leur situation en échangeant avec les autres, faire le deuil de l’annonce de la séropositivité et commencer une nouvelle vie, celle de patient atteint d’une maladie chronique.

Constat

Aujourd’hui la conjoncture économique oblige certaines structures à cesser ou à réduire leurs activités, ce qui augmente le travail des assistantes sociales auprès des femmes notamment pour celles qui perdent leurs places dans les ACT. Au niveau administratif, certaines femmes retombent dans des situations très précaires, comme par exemple des titres de séjour sans autorisation de travailler avec des menaces de quitter le territoire à la fin du titre de séjour. Tout cela ne peut qu’alourdir leurs souffrances et compliquer l’accompagnement en terme médical, social et professionnel. Il faut noter également des délais très long supérieurs à une année pour démarrer des procédures de régularisation de séjour en Préfecture.

Il est important de noter trois catégories de soutien :

- Le soutien professionnel de l’assistante social : accueil, écoute, accompagnement, recherche de solution.

- Le soutien de l’animatrice qui se situe surtout au niveau de l’écoute, elles peuvent alors bénéficier de l’expérience de l’animatrice qui répond à toutes les questions en rapport avec la maladie puisqu'elle a reçu beaucoup de formation. Son soutien est d’une importance capitale surtout pour celles qui viennent d’apprendre leur séropositivité de voir qu’on peut vivre avec le VIH.

- Le soutien mutuel des femmes : lorsqu’ une femme arrive et que les autres remarquent qu’elle ne se sent pas bien, elles la prennent en charge tout de suite en exposant leurs situations respectives et ce que les femmes s’apportent mutuellement est d’une valeur inégalable et inégalée.

Témoignage de Madame K. : Madame K participe assez régulièrement à l’activité « Image de soi », plusieurs fois par mois, dès qu’elle en a le temps : « J’aime me faire chouchouter, c’est toujours agréable, non ? La socio-esthéticienne me fait les soins du visage, la manucure et me donne des conseils en me disant que je peux ensuite les appliquer chez moi. L’ambiance est toujours agréable, c’est un espace convivial où l’on peut rencontrer d’autres femmes, les écouter et échanger. Je rentre avec beaucoup de leçons sur l’esthétique, j’apprends beaucoup. Après la séance je me sens tellement épanouie. On arrive souvent avec le visage non entretenu et on ressort toute belle, juste avant le weekend ! Après un soin du visage, on se sent aimé, on sent qu’on plait et ça nous rassure beaucoup. Après la pédicure, c’est comme si on sent renaitre ! Ça fait toujours plaisir quand on prend soin de soi, on revit. La socio-esthétique c’est vraiment le partage du bien-être. Elle nous apprend quelle couleur utiliser, comment appliquer les crème sur la peau et quel type de gommage est le plus adapté. Après je peux appliquer les soins à la maison, chez moi avec des amies qui ne viennent pas à Ikambere. Elles ne savent pas pour moi. J’ai l’impression d’avoir quelque chose à leur apporter. A Ikambere, on m’appelle « la Star » et ça fait du bien ! En plus de ça, dans mon travail (Madame O travaille habituellement dans les services de lingerie ou de restauration d’hôtel) ça m’aide bien car je rencontre beaucoup de personnes et il faut être toujours bien présentable.

À retrouver sur http://www.ikambere.com/social.php#accueil

IKAMBERE s’efforce d’apporter des solutions concrètes aux problèmes spécifiques que rencontrent les femmes vivant avec le VIH. IKAMBERE inscrit ainsi son action dans le plan national de lutte contre le VIH/SIDA et les IST porté par le Ministère de la Santé en trouvant sa place, parmi les structures qui assurent la prise en charge globale et lutte contre les discriminations et l’égalité devant les droits, la prévention et les soins des populations vulnérables. En effet, cette politique vise en particulier la population hautement vulnérable que constitue le groupe des femmes issues de l’immigration sub-saharienne. Le volume de la file active souligne le succès grandissant de l’action d’IKAMBERE qui résulte non seulement de la confiance données par les bénéficiaires mais aussi de son professionnalisme reconnu par les partenaires et les professionnels. 

Avec son projet d’accueil et accompagnement, IKAMBERE offre la possibilité aux femmes de sortir de l’isolement en nouant des liens sociaux à travers de nombreuses activités qui les rassemblent. Les conseils en diététique, l’activité sportive régulière ou la mise en pratique de soins esthétiques sont autant de démarches qui permettent à la femme de retrouver l’estime de soi et de développer une dynamique positive. Avec leurs paires, les femmes se détendent, s’entraident, échangent sur toutes sortes de sujet et retrouvent petit à petit le sourire avec à l’horizon l’espoir de vivre « comme avant ».

Pour cela, IKAMBERE conduit une action de prévention à leur égard afin d’écarter au maximum les risques de coinfection ou de surinfection, tout en protégeant leur entourage. Avec une meilleure connaissance de la maladie, et la compréhension du fait qu’on peut vivre avec, les femmes adhèrent aux traitements et mettent toute les chances de leur côté pour vivre normalement. De plus, la vocation sociale d’IKAMBERE la pousse à intervenir en dehors de ses murs pour porter les messages de prévention auprès de la population en général et des migrants en particulier, qu’elle oriente pour faire le dépistage.

C’est dans le même esprit qu’IKAMBERE intervient dans les hôpitaux pour accompagner les PVVIH durant leur consultation ou leur hospitalisation. Les permanences hospitalières permettent ainsi de toucher les personnes seules qui ne viennent pas dans les associations et de mettre en œuvre un partenariat thérapeutique avec les services médico-sociaux. 

Mais ces femmes désirent ardemment se prendre elles-mêmes en charge et subvenir à l’ensemble de leurs besoins. C’est pourquoi, elles sont de plus en plus nombreuses à intégrer le projet d’insertion professionnelle afin d’accéder à l’autonomie. Avec l’alphabétisation, la formation en informatique et internet, le travail sur l’image de soi et l’apprentissage des techniques de recherche d’emploi, les femmes peuvent conduire un projet professionnel. En retrouvant la confiance en soi et en prenant soin de leur image, les femmes apprennent à se présenter en entretien. Le suivi individualisé permet de leur faire comprendre les rouages du marché de l’emploi et de les accompagner jusqu’au bout de leur projet.

Il arrive aussi souvent que les femmes rencontrent de nombreuses difficultés pour se loger, ce qui handicape sérieusement leur chance de trouver du travail faute de stabilité. C’est ainsi qu’IKAMBERE a développé un projet d’Appartements Passerelles qui permet justement de maintenir temporairement les femmes dans un lieu de vie partagé où elles peuvent se reconstruire et se consacrer à leur insertion socio-professionnelle.

IKAMBERE poursuit également une action de formation et d’information afin de collaborer au mieux avec les partenaires socio-sanitaires. Dans le cadre de son réseau, il s’agit d’une part de faire intervenir des professionnels dans les locaux de l’association pour exposer aux femmes différentes question d’ordre social ou médical. D’autre part, il s’agit pour IKAMBERE de mettre à disposition de ses partenaires son expertise en matière d’accompagnement des femmes vivant avec le VIH. 

Par ailleurs, IKAMBERE ne reste pas insensible à la situation spécifique des mères séropositives qui doivent assumer de lourdes responsabilités familiales tout en évitant la transmission de la mère à l’enfant. C’est pourquoi, nous portons un projet Mère et Enfant depuis 2011, qui se consacre intégralement à leur situation. 

Enfin, IKAMBERE conduit un projet d’Education Thérapeutique du Patient qui vise à encourager l’adhérence thérapeutique aux femmes qui ont des difficultés à prendre correctement leurs médicaments.

En parallèle, IKAMBERE propose chaque jour plusieurs activités qui favorisent l’insertion sociale et le bien être des femmes :
• Atelier Nutrition & diététique,
• Atelier sport/fitness, 
• Couture & broderie

IKAMBERE propose également des moments de détente comme des sorties à la plage ou en bateaux mouches, des rencontres hommes-femmes une fois par trimestre, des dîners-débat ainsi que des réjouissances au moment de Noël et de la Fête des Femmes.

Ikambere - Accueil et accompagnement des femmes vivant avec le VIH