« C’est normal d’avoir mal pendant ses règles », « Mettre un tampon est un facteur de risque »… Cinq idées reçues sur l’endométriose passées au crible

10/09/2026 6 mins de lecture

L’endométriose est de plus en plus diagnostiquée. Pourtant, cette maladie reste mal comprise et largement entourée d’idées reçues. Canal Détox démêle le vrai du faux.

L’endométriose est une maladie qui touche environ 1 femme sur 10 entre les premières règles et la ménopause, bien que ses symptômes puissent parfois apparaître avant la puberté ou persister après la ménopause. Cette maladie inflammatoire souvent chronique est liée à la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine (l’endomètre) en dehors de l’utérus.

Les fragments de tissu endométrial peuvent être retrouvés sur différents organes, principalement les ovaires (environ 50 % des cas), les trompes, les ligaments utérins, la paroi du rectum et du vagin ou le péritoine (la membrane qui tapisse la cavité abdominale et maintient en place les organes qu’elle contient).

Ces fragments, appelés lésions d’endométriose, peuvent impacter le bon fonctionnement des tissus touchés, provoquant des douleurs parfois invalidantes. Dans environ un tiers des cas, la maladie est par ailleurs associée à une infertilité.

Bien qu’elle soit de plus en plus souvent diagnostiquée, l’endométriose reste encore mal comprise et entourée de nombreuses idées reçues. Canal Détox fait le point.

« Avoir mal pendant ses règles, c’est normal » : faux

Être pliée de douleur lors des règles, c’est normal ? Pas vraiment…

Des douleurs légères à modérées peuvent survenir pendant les règles : elles sont liées aux contractions de l’utérus. En revanche, des douleurs intenses, qui clouent au lit ou empêchent de se concentrer, de travailler ou de dormir, ne sont pas normales et doivent alerter.

En effet, ces symptômes peuvent être un signe d’endométriose, l’une des principales causes de dysménorrhées secondaires chez les femmes, c’est-à-dire de règles douloureuses liées à une pathologie.

La maladie se manifeste notamment par des douleurs pelviennes récurrentes, localisées dans le bas du ventre, le plus souvent pendant les règles mais parfois aussi en dehors. Elle est liée à la présence de tissus semblables à l’endomètre en dehors de l’utérus. Sous l’effet des hormones du cycle menstruel, ces tissus saignent, entraînent une inflammation et peuvent provoquer des dommages aux tissus environnants.

En dehors des douleurs de règles, d’autres symptômes peuvent également être présents : douleurs abdominales, douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunies), douleurs pendant la miction (dysuries) ou à l’évacuation de selles (dyschézies), troubles digestifs, fatigue chronique.

Cette idée reçue selon laquelle il est normal de souffrir a des conséquences bien réelles : elle contribue à banaliser les symptômes et à retarder les consultations. Certaines femmes craignent de ne pas être prises au sérieux, et des patientes rapportent avoir effectivement vu leurs douleurs minimisées par des professionnels de santé. Une meilleure écoute et une reconnaissance de leurs symptômes figurent ainsi parmi leurs attentes pour améliorer les soins. Pour être orientées vers des professionnels formés à l’endométriose, elles peuvent s’appuyer sur les filières régionales dédiées.

« La grossesse guérit l’endométriose » : faux

Pendant longtemps, la grossesse a été présentée comme ayant un effet bénéfique sur l’endométriose, en raison de l’arrêt temporaire des cycles menstruels. Mais elle ne guérit pas la maladie.

On observe parfois une amélioration temporaire des symptômes pendant la grossesse, en lien avec l’arrêt des cycles menstruels. Mais cet effet est très variable : chez certaines patientes, les douleurs diminuent, chez d’autres elles persistent et, dans certains cas, les lésions peuvent même évoluer, comme le montre une revue de la littérature scientifique publiée en février 2018 dans la revue Human Reproduction Update. Autrement dit, la grossesse n’a pas d’effet curatif démontré.

Par ailleurs, l’endométriose est associée à plusieurs complications de la grossesse, comme le souligne la même étude, telles que des césariennes plus fréquentes, des fausses couches, des accouchements prématurés ou des hémorragies.

Le seul effet bénéfique clairement établi est la suspension temporaire des menstruations, ce qui permet généralement de limiter les impacts de la maladie (en réduisant les douleurs), sans nécessairement faire disparaitre les lésions.

Enfin, cette idée reçue n’est pas anodine. Une étude australienne menée sur une base de données recueillies en 2017 auprès de plus de 3 000 femmes atteintes d’endométriose montre que plus de la moitié d’entre elles ont déjà reçu, de la part d’un professionnel de santé, la recommandation de planifier une grossesse pour « traiter » leur endométriose.

Ce conseil, qui ne repose sur aucun fondement scientifique, peut entraîner des conséquences graves : accélérer un projet de grossesse sur la base d’une information infondée, altérer la relation de confiance avec les professionnels de santé, et détériorer la santé mentale des patientes.

« L’alimentation joue un rôle dans la maladie » : à nuancer

« Supprimez les produits laitiers », « Évitez le gluten », « Arrêtez l’alcool »… Les réseaux sociaux regorgent de conseils pour atténuer les symptômes de l’endométriose en ajustant son régime alimentaire. Mais que dit réellement la littérature scientifique ?

Plusieurs études observationnelles indiquent que certaines personnes atteintes d’endométriose disent aller mieux après avoir modifié leur alimentation. Dans cette enquête menée auprès de 2 388 personnes ayant un diagnostic confirmé à travers le monde, près de 85 % des participantes avaient essayé au moins un changement alimentaire, et parmi ces dernières, plus de 65 % ont rapporté une diminution de leurs douleurs, notamment après avoir réduit l’alcool, le gluten, les produits laitiers ou la caféine.

Cependant, ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Ils reposent essentiellement sur des déclarations subjectives ; dans ces conditions, il est impossible de savoir si l’amélioration vient du régime lui-même, d’autres changements associés… ou simplement de l’évolution naturelle des symptômes.

À ce jour, les données scientifiques ne permettent pas de recommander un régime alimentaire spécifique ni une supplémentation vitaminique systématique dans la prise en charge de l’endométriose, selon la Haute Autorité de santé (HAS) et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).

En clair : certaines personnes peuvent effectivement se sentir mieux en modifiant leur alimentation, mais cela ne suffit pas à en faire une stratégie thérapeutique validée. Les recherches en cours sur le sujet devraient pouvoir éclairer les recommandations cliniques au cours des prochaines années.

« Mettre un tampon favorise l’endométriose » : faux

Non, il n’est pas prouvé que mettre un tampon est un facteur de risque susceptible de provoquer l’endométriose.

Cette idée circule parfois en lien avec la présence supposée de perturbateurs endocriniens dans certains produits d’hygiène menstruelle. Les perturbateurs endocriniens (comme certains phtalates, parabènes ou bisphénols) font effectivement l’objet de recherches car ils peuvent interagir avec le système hormonal. Mais, à ce jour, aucune étude scientifique ne montre que l’usage de tampons augmente le risque d’endométriose.

En l’état actuel des connaissances, il n’existe donc pas de preuve scientifique justifiant de déconseiller les tampons pour prévenir l’endométriose.

« L’endométriose rend stérile » : à nuancer

Il existe bien une association entre l’endométriose et l’infertilité mais cela ne signifie pas que toutes les personnes atteintes sont infertiles. La plupart des femmes atteintes de la maladie parviennent à concevoir, parfois sans aide médicale. Il faut également distinguer la stérilité (incapacité à concevoir naturellement) de l’infertilité (tentative de concevoir naturellement pendant au moins 12 mois sans succès).

Les mécanismes en jeu restent encore mal compris. Dans certains cas, la maladie peut provoquer une inflammation, perturber le fonctionnement des ovaires ou gêner la rencontre entre l’ovule et les spermatozoïdes. Mais ces situations varient beaucoup d’une personne à l’autre.

En cas de difficultés à concevoir, plusieurs options existent. La chirurgie peut être utile lorsque des lésions gênent le fonctionnement des organes reproducteurs. Mais elle n’est pas systématique : ses bénéfices sur la fertilité sont variables et elle peut, dans certains cas, affecter la réserve ovarienne.

C’est pourquoi, selon les situations (âge, type d’endométriose, durée des difficultés), d’autres stratégies peuvent être proposées, notamment les techniques de procréation médicalement assistée.

Autrement dit : l’endométriose peut avoir un impact sur la fertilité, mais dans la majorité des cas elle ne rend pas stérile, et des solutions existent.

Auteur : Institut national de la santé et de la recherche médicale - Inserm

Cet article a bénéficié de l’expertise et de la relecture de Ludivine Doridot, maîtresse de conférences à l’Université Paris Cité et chercheuse à l’Institut Cochin (Inserm-CNRS-Université Paris Cité), et de Marina Kvaskoff, épidémiologiste et directrice de recherche Inserm au Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP, unité Inserm 1018).

Les deux chercheuses participent respectivement au consortium InENDO et au projet EPI-ENDO, qui s’inscrivent dans le programme de recherche « Santé des femmes, santé des couples »(PEPR SAFE), financé par France 2030 et piloté par l’Inserm.

Bibliographie

Inserm. Endométriose. Dossier thématique.

Santé publique France. Épidémiologie de l’endométriose prise en charge à l’hôpital en France : étude de 2011 à 2017. 2022.

Chen CX, Draucker CB, Carpenter JS. What women say about their dysmenorrhea: a qualitative thematic analysis. BMC Women’s Health. 2018.

Gouesbet S et al. Patients’ Perspectives on How to Improve Endometriosis Care: A Large Qualitative Study Within the ComPaRe-Endometriosis e-Cohort. Journal of Women’s Health. 2023.

Santé.fr. Trouver la filière Endométriose la plus proche de chez moi. Ressource d’orientation.

Leeners B et al. The effect of pregnancy on endometriosis—facts or fiction? Human Reproduction Update. 2018.

Sirohi D et al. Patient experiences of being advised by a healthcare professional to get pregnant to manage or treat endometriosis: a cross-sectional study. BMC Women’s Health. 2023.

Hearn-Yeates F et al. Dietary Modification and Supplement Use For Endometriosis Pain. JAMA Network Open. 2025.

Haute Autorité de santé et Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Prise en charge de l’endométriose. Recommandations de bonne pratique, décembre 2017 ; mise en ligne en janvier 2018.

Peinado FM et al. Endocrine Disrupting Chemicals in Cosmetics and Personal Care Products and Risk of Endometriosis. Dans : Marsh C, dir. Endometriosis. IntechOpen. 29 juin 2020.

Cetera GE et al. Menstrual products: culprits or bystanders in endometriosis and adenomyosis pathogenesis? Archives of Gynecology and Obstetrics. 2024.

Bonavina G, Taylor HS. Endometriosis-associated infertility: From pathophysiology to tailored treatment. Frontiers in Endocrinology. 2022.

Organisation mondiale de la Santé. Infertilité. Aide-mémoire.

Carte Vitale pour les mineurs : les modalités de délivrance précisées

Article

Publié le 10/09/2026

Information proposée par Service Public.fr

Savez-vous que votre enfant mineur peut avoir sa propre carte Vitale ? Deux arrêtés du 13 août 2026 précisent les modalités de délivrance de la carte Vitale aux personnes mineures. Service Public vous informe sur les démarches à accomplir.

Les arrêtés du 13 août 2026 visent à simplifier le processus d’accès à la carte Vitale pour les personnes mineures. Les dispositions sont les suivantes :

  • Tout mineur âgé de 16 ans et plus peut se voir délivrer une carte Vitale, sous réserve de l'accord de l'une des personnes exerçant l'autorité parentale.
  • La carte Vitale physique doit être demandée par un parent via le compte ameli de celui-ci ou en renvoyant à la caisse d’assurance maladie de rattachement le formulaire dédié.
  • La carte Vitale pour les mineurs peut être obtenue via l’application mobile carte Vitale selon un parcours dédié (avec un blocage possible par l’autorité parentale).
  • Les mineurs de 12 à 15 ans peuvent aussi obtenir une carte Vitale, sur demande d’un parent.

D’autre part, les enfants confiés à l'aide sociale à l'enfance (ASE) disposeront désormais de leur propre carte Vitale. L'ASE doit informer l'Assurance maladie du placement de l'enfant et demander son « affiliation à titre personnel ». L’organisme adressera en retour la carte Vitale physique de l'enfant.

L'enfant placé de 16 ans ou plus peut demander la carte Vitale sous forme mobile, via le parcours d'activation applicable aux personnes majeures.

Lorsque l'enfant n'est plus confié à l'ASE, celle-ci doit en informer l'Assurance maladie et fournir les informations concernant « la personne qui assure l'entretien effectif et permanent de la personne mineure ». La carte Vitale sera mise à jour si l'enfant a 12 ans ou plus ; elle sera invalidée si l'enfant a moins de 12 ans.

À noter

Jusqu'à 16 ans, le jeune est rattaché à l'un de ses parents ou à ses 2 parents, qui prennent généralement en charge ses frais de santé (ce sont eux qui sont remboursés). Il est bénéficiaire rattaché à ses parents même s’il peut avoir sa propre carte Vitale et son propre numéro de Sécurité sociale. Son compte ameli ne sera créé qu’à sa majorité.

Quelques rappels concernant la carte Vitale de votre enfant mineur

La carte Vitale est délivrée gratuitement par l’Assurance maladie.

À 16 ans, votre enfant reçoit un courrier de l’Assurance maladie lui indiquant la procédure pour recevoir sa carte Vitale. La demande peut être faite depuis votre compte ameli. Sa carte Vitale lui sera adressée sous 3 semaines.

Pensez à transmettre lors de la demande votre propre relevé d’identité bancaire (RIB) si vous souhaitez recevoir directement les remboursements des soins.

À noter que la carte Vitale peut être demandée dès les 12 ans de l’enfant, sur demande des parents.

Textes et loi de références

À retrouver sur https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A17693

Service-public.fr a pour mission d'informer l'usager et de l'orienter vers les services qui lui permettent de connaître ses obligations, d'exercer ses droits et d'accomplir ses démarches administratives. C'est le site officiel de l'administration française, le portail unique de renseignement administratif et d'accès aux services en ligne, réalisé en partenariat avec les administrations nationales et locales.

Service Public.fr

Don de moelle osseuse : on a besoin de diversifier les donneurs.

Article

Publié le 11/09/2026

Information proposée par Agence de la Biomédecine

A l’occasion de la journée mondiale du don de moelle osseuse le 19 septembre prochain, l’Agence de la biomédecine lance un appel afin de recruter de nouveaux donneurs volontaires, notamment parmi les personnes métissées. Toutes les origines sont recherchées : afro-descendantes, maghrébines, asiatiques mais aussi européennes, hispaniques, océaniques…

La diversité des donneurs, un enjeu de santé publique encore trop méconnu

En 2026, on se dirige vers une année record en termes d’inscriptions sur le site dondemoelleosseuse.fr. Cette mobilisation exceptionnelle contribue à renforcer le registre français des donneurs volontaires de moelle osseuse et témoigne d'une réelle prise de conscience collective autour de ce don qui peut sauver des vies. Mais au-delà du nombre, la diversité des profils génétiques représentés au sein de ce registre reste un enjeu crucial.
Aujourd'hui encore, les patients issus de certaines origines ou présentant des profils génétiques plus rares rencontrent davantage de difficultés à trouver un donneur compatible.

Pour réaliser une greffe de moelle osseuse, il est indispensable de trouver un donneur qui soit le « jumeau génétique » du patient, c’est-à-dire une personne qui partage les mêmes caractéristiques immunologiques que la personne malade. Or, chaque humain possède sa propre « carte d’identité immunologique » (système HLA (Human Leucocyte Antigen)), déterminée en partie par ses origines géographiques, son histoire génétique familiale et plus largement par l’histoire des migrations de populations.

Plus le registre de donneurs volontaires est diversifié, plus les chances de trouver un donneur compatible augmentent pour tous les patients, quelles que soient leurs origines.

Le registre français ne reflète pas encore suffisamment la diversité génétique de la population des patients français qui ont besoin d’un donneur.
Aujourd'hui, les patients présentant un phénotype caucasien ont davantage de chances de trouver un donneur compatible. Historiquement, les registres de donneurs volontaires de moelle osseuse se sont principalement développés dans l'hémisphère Nord, où la population caucasienne est majoritaire. À l'inverse, les profils HLA plus fréquents chez les personnes issues de métissages ou originaires d'Afrique subsaharienne, du Maghreb ou d'Asie ou d’Océanie restent moins représentés. Or, plus un profil HLA est rare dans le registre, plus la recherche d'un donneur compatible devient complexe.

Diversifier les profils HLA inscrits est donc essentiel pour offrir à chaque patient les mêmes chances d'accéder à une greffe.

À retrouver sur https://www.agence-biomedecine.fr/fr/don-et-greffe-de-moelle-osseuse/don-de-moelle-osseuse-on-a-besoin-de-diversifier-les-donneurs

L’Agence de la biomédecine est un établissement public d’État créé par la loi de bioéthique du 6 août 2004, dépendant du ministère de la Santé. Elle exerce ses missions dans les domaines du prélèvement et de la greffe d’organes, de tissus et de cellules, ainsi que de la procréation, de l’embryologie et de la génétique humaines.
 

Agence de la Biomédecine
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Centre D'imagerie Médicale De Barraux - Groupe X-Ray Grésiva
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Accueil temporaire - personnes agées dépendantes
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