Régimes dans les MICI : ça guérit ?

Article

Publié le 11/09/2026

Information proposée par Société Nationale Française de Gastro-Entérologie

Dans ce TutoGastro de la SNFGE, le Dr Jean-Marc Gornet répond aux questions du Pr Laure Elkrief afin de vous expliquer, en 3 minutes 30, quel est le lien entre l'alimentation et les MICI, et quels bénéfices peuvent apporter certains régimes alimentaires.

À retrouver sur https://www.snfge.org/actualites/tutogastro-regimes-mici-ca-guerit

La Société Nationale Française de Gastro-Entérologie (SNFGE) est la société savante médicale des maladies et cancers de l’appareil digestif.

Société Nationale Française de Gastro-Entérologie

Maladie cœliaque

Article

Publié le 01/07/2026

Information proposée par CHU de Lyon

La maladie cœliaque (ou intolérance au gluten) est une maladie auto-immune chronique de l’intestin touchant 1 % de la population générale des pays occidentaux.

Qu'est-ce que la maladie cœliaque ?

La maladie est induite par l’ingestion de gluten (ensemble de protéines non digestibles présent dans le blé, le seigle et l’orge et largement utilisé dans l’industrie agro-alimentaire pour sa capacité texturante et son goût) et survient chez des patients génétiquement prédisposés (porteurs des antigènes d’histocompatibilité HLA-DQ2 et -DQ8).

Elle peut survenir à tout âge et la majorité des patients n’est pas diagnostiquée.

Elle est à l’origine d’une malabsorption et ses complications (carences, dénutrition, troubles neurologiques, fractures).

Quels sont les symptômes de la maladie cœliaque ?

Les symptômes et signes de la maladie cœliaque sont polymorphes et parfois absents, rendant le diagnostic souvent difficile.

La diarrhée chronique reste le symptôme le plus courant, mais une constipation survient parfois. Dans certains cas, la personne atteinte souffre de douleurs abdominales ou de ballonnements, associés à des flatulences.
Un amaigrissement avec dénutrition est possible. Chez les enfants, la maladie cœliaque peut être responsable de troubles de la croissance avec une cassure de la courbe staturo-pondérale.

Les symptômes non digestifs fréquents sont :

  • une fatigue prolongée,
  • une anémie par carence en fer ou en vitamine B9 (acide folique),
  • des crampes,
  • des aphtes récidivants,
  • une dermatite herpétiforme,
  • une fracture ostéoporotique (faisant suite à une malabsorption du calcium et de la vitamine D),
  • une aménorrhée,
  • des fausses couches,
  • une infertilité inexpliquée par ailleurs,
  • une neuropathie périphérique.

Comment la diagnostique-t-on ?

Pour poser le diagnostic de maladie cœliaque, le dosage dans le sang d’un anticorps spécifique de la maladie, à savoir l’anticorps immunoglobuline A (IgA) anti-transglutaminase est le test de choix.

Les personnes adultes dont le test sérologique est positif, mais également les rares malades cœliaques ayant des anticorps négatifs, doivent être orientées vers un hépato-gastroentérologue pour la réalisation d’une gastroscopie avec biopsies de la muqueuse du duodénum. Ceci afin de confirmer le diagnostic grâce à la visualisation de l’atrophie des villosités, totale ou partielle, ainsi que la prolifération de lymphocytes (cellule du système immunitaire intervenant dans la défense de l’organisme).

Le diagnostic de maladie cœliaque de l'enfant peut être porté sans réalisation de biopsies, si les symptômes sont typiques et si les taux sanguins d'anticorps sont très élevés.

Un dépistage sérologique de la maladie coeliaque peut également être proposé chez tous les membres de la famille au 1er degré d’un sujet atteint de maladie cœliaque, même en l’absence de symptômes.

Comment se traite la maladie ?

Actuellement, le régime sans gluten à vie reste le seul traitement recommandé permettant un bénéfice sur les symptômes, une amélioration de la qualité de vie et une diminution du risque de complication (carences en micronutriments, lymphome digestif, ostéoporose).

Les symptômes disparaissent habituellement dans les jours ou semaines suivants le début du régime sans gluten. La guérison survient dans l’immense majorité des cas avec une repousse villositaire intégrale après un an environ.

La première cause d’échec du traitement est la mauvaise observance du régime sans gluten, volontaire ou non, repérable par le dosage des anticorps anti-transglutaminase.

Il est parfois difficile de suivre à la lettre le régime sans gluten, particulièrement astreignant. En effet, le gluten, souvent utilisé par l’industrie alimentaire, se retrouve caché dans une multitude de produits sous des dénominations différentes, ou même dans certains produits contaminés par des farines lors de leur fabrication.

Un diététicien et les associations de malades peuvent être d’un grand secours pour les personnes ne parvenant pas à suivre un régime sans gluten.

Consulter aux HCL

À retrouver sur https://www.chu-lyon.fr/maladie-coeliaque

Anonyme (non vérifié)
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Maladie coeliaque : diagnostic chez l’enfant et l’adulte

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Publié le 28/07/2026

Information proposée par Haute Autorité de Santé - HAS

La maladie cœliaque est une pathologie chronique auto-immune de l’intestin grêle induite par l’ingestion de gluten alimentaire chez des individus génétiquement prédisposés. Sa prévalence est estimée à environ 1 % mais la maladie reste encore largement sous diagnostiquée du fait de la grande diversité de ses manifestations cliniques voire de l’absence de symptôme. 

Ces recommandations ont pour objectif d’améliorer le repérage et diagnostic de la maladie chez l’enfant et l’adulte, afin de permettre une prise en charge précoce et de prévenir la survenue de complications.

Elles sont principalement destinées aux médecins généralistes, pédiatres, médecins de PMI, gastro-entérologues, médecins internistes et aux diététiciens.

Elles abordent chez l’enfant et l’adulte :

  • Les situations indiquant la réalisation d’un test diagnostique
  • La démarche diagnostique et les critères diagnostiques de la maladie
  • Les indications d’un avis spécialisé

Un second volet sera consacré à la prise en charge et au suivi des patients et sera publié par la HAS ultérieurement.

L’essentiel

  • Un régime sans gluten ne doit pas être initié sans confirmation préalable du diagnostic de maladie cœliaque par un gastro-entérologue, pédiatre ou adulte.

En effet, le régime sans gluten biaise les résultats des examens qui peuvent être faussement négatifs, empêchant ainsi d’établir le diagnostic.

  • La maladie cœliaque doit être facilement évoquée, y compris en l’absence de signes digestifs typiques, en raison de la fréquence des formes atypiques, paucisymptomatiques, voire asymptomatiques.

Un test sérologique doit être proposé en présence de :

- symptôme digestif ou extra-digestif évocateur ; 
- anomalie biologique (carences, anémie…) ; 
- ou situation à risque (apparenté au 1er degré, maladie auto-immune…).

  • Le seul test sérologique à réaliser en première intention est le dosage des anticorps IgA anti-transglutaminase, associé au dosage des IgA totales.

Le déficit en IgA totales est en effet plus fréquent chez les patients atteints de maladie cœliaque.

  • Un diagnostic sans biopsie est désormais possible chez l’adulte, comme chez l’enfant, sous réserve du respect de certains critères.
     

Démarche diagnostique chez l’adulte

En médecine générale
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En gastro-entérologie adulte
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Démarche diagnostique chez l’enfant

En médecine générale
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En gastro-entérologie pédiatrique
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Documents

Documents complémentaires

À retrouver sur https://www.has-sante.fr/jcms/p_4231687/fr/maladie-coeliaque-diagnostic-chez-l-enfant-et-l-adulte

La Haute Autorité de Santé, est une autorité publique, indépendante, à caractère scientifique, qui vise à assurer à tous les meilleurs soins. Elle trois missions principales : évaluer l’intérêt des médicaments, des dispositifs médicaux et des actes en vue de leur remboursement par l’Assurance maladie, élaborer des recommandations de bonnes pratiques pour les médecins, définir des parcours de soins, faciliter le bon soin, au bon moment pour le bon patient et certifier les hôpitaux et les cliniques, mesurer leur qualité. Par ses travaux, la HAS éclaire la décision des pouvoirs publics, accompagne les professionnels de santé, informe les personnes malades et les usagers du système de santé.

Haute Autorité de Santé - HAS

Maladie cœliaque, allergie au gluten, hypersensibilité : quels parcours de soins ?

Article

Publié le 15/09/2026

Information proposée par CHU de Lyon

La maladie cœliaque touche 1 % de la population. C'est une affection auto-immune de l'intestin grêle qui nécessite une prise en charge à vie. Pour en parler, la docteure Charlotte Juin, hépato-gastroentérologue à l'hôpital Lyon Sud.

Transcription

Attention, avant de consulter un gastroentérologue devant des symptômes potentiellement en rapport avec du gluten, il ne faut pas confondre la maladie cœliaque, qui est l'intolérance au gluten, avec deux autres pathologies liées au gluten que sont l'allergie au gluten et l'hypersensibilité au gluten.

La maladie cœliaque, c'est en fait une maladie auto-immune de l'intestin grêle qui est relativement fréquente puisqu'elle va concerner 1 % de la population et elle va être déclenchée par l'ingestion de gluten. Le gluten, c'est un ensemble de protéines non digestives qu'on retrouve dans le blé, le seigle et l'orge, et qui est largement utilisé dans l'industrie agroalimentaire pour sa capacité texturante et aussi pour son goût.

La maladie cœliaque peut survenir à tout âge de la vie et les symptômes sont parfois peu spécifiques, voire absents, ce qui peut rendre le diagnostic difficile. La diarrhée chronique reste le symptôme digestif le plus fréquent, mais parfois peut survenir une constipation. Les patients souffrent parfois également de douleurs abdominales, de ballonnements associés à des flatulences. Ils décrivent très fréquemment une fatigue chronique. Et puis, dans les formes les plus sévères, on peut avoir un amaigrissement avec une dénutrition.

Pour poser le diagnostic de la maladie cœliaque, on va faire une recherche d'anticorps spécifiques dans le sang. En cas de positivité de ces anticorps, c'est à ce moment-là qu'il faut être adressé vers un gastroentérologue qui réalisera une gastroscopie avec des prélèvements de l'intestin grêle. C'est sur ces prélèvements qu'on va poser définitivement le diagnostic de la maladie. Lorsque ces prélèvements montrent une atrophie des villosités intestinales, qui sont en fait des replis de la muqueuse où se fait l'absorption des nutriments vers le sang.

Actuellement, le seul traitement recommandé pour la maladie cœliaque, c'est le régime sans gluten strict et à vie, c'est-à-dire la suppression totale de l'alimentation du blé, du seigle et de l'orge. L’avoine, lui, est autorisé. Ça paraît simple comme ça, sur le papier, mais du gluten, on en trouve partout dans l'alimentation transformée. Du coup, ça demande vraiment une gymnastique pour les patients, un apprentissage. Il ne faut pas hésiter à se faire aider parce que ce régime est vraiment très important pour limiter au maximum les complications qui peuvent être en lien avec la maladie cœliaque, comme d'autres pathologies auto-immunes, le diabète ou l'hypothyroïdie, une déminéralisation des os, ou encore dans certains cas, des cancers de l'intestin grêle.

Une fois le régime sans gluten mis en place, les symptômes en rapport avec l'intolérance au gluten vont progressivement diminuer et disparaître, seulement en quelques semaines. Ensuite, on va surveiller la prise de sang pour s'assurer de la négativation des anticorps dans le sang, qui témoignera d'une bonne observance du régime sans gluten. Puis finalement, au bout de deux ans de régime bien suivi, on refera une nouvelle gastroscopie avec de nouveaux prélèvements de l'intestin grêle, pour s'assurer que les villosités repoussent bien.

Pour se faire aider, il ne faut pas hésiter à consulter un diététicien ou une diététicienne et même de se rapprocher d'une association de patients comme l’AFDIAG, qui est l'Association française des intolérants au gluten.

Je rappelle que la maladie cœliaque n'est pas la seule pathologie liée au gluten et qu'il existe aussi l'allergie au gluten ainsi que l'hypersensibilité au gluten qui ne nécessitent pas forcément de consulter en gastroentérologie.

L'allergie au gluten, c'est extrêmement rare et c'est une réaction immédiate, respiratoire et/ou digestive, liée à l'ingestion de gluten. L'hypersensibilité au gluten, dont on ne connaît pas encore très bien les mécanismes, est finalement une forme de syndrome de l'intestin irritable, liée au gluten. Elle concerne des patients qui vont présenter des troubles digestifs liés à l'ingestion de gluten, mais qui n'ont pas d'anticorps dans le sang, ni d'atrophie villositaire intestinale. La sensibilité au gluten va varier au cours du temps, donc on peut tenter des réintroductions de gluten, ce qui, je le rappelle, est complètement contre-indiqué dans la maladie cœliaque où le régime doit être strict et à vie.

En conclusion, devant tout trouble digestif potentiellement rapporté à une ingestion de gluten, n'hésitez pas à en parler à votre médecin généraliste pour discuter de la pertinence d'un dépistage par la recherche des anticorps dans le sang avant d'être adressé vers un gastroentérologue.

À retrouver sur https://www.chu-lyon.fr/maladie-coeliaque-parcours-soins

Dépression post partum, baby blues ou psychose puerpérale : comment reconnaître et surmonter les troubles après la naissance ?

Article

Publié le 31/08/2026

Information proposée par mpedia, site d’informations santé pour les parents, édité par l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA)

Baby blues, dépression post partum ou encore psychose puerpérale : ces différentes manifestations peuvent apparaître après l’accouchement et affecter de manière significative la santé mentale des parents. Ces états ne sont ni rares, ni honteux : baby blues et dépression post partum sont même fréquents et tous trois méritent une reconnaissance, un diagnostic précis et un accompagnement professionnel adapté.

Dans cet article, nous vous aidons à faire la différence entre les symptômes passagers du baby blues et les signes plus profonds d’une dépression post partum ou d’un trouble comme la psychose puerpérale. Comprendre ces troubles, c’est une première étape essentielle pour mieux les surmonter, prendre soin de soi et préserver le lien parent-enfant.

Devenir parent : une période de bouleversements émotionnels et physiques

L’arrivée d’un bébé est souvent décrite comme un moment de bonheur intense, mais cette image idéalisée ne reflète pas toujours la réalité vécue par les jeunes parents. Devenir mère ou père, représente en effet un véritable bouleversement : émotionnel, hormonal, physique, psychologique et social.

Après l’accouchement, de nombreuses femmes ressentent un décalage entre ce qu’elles s’attendaient à vivre et ce qu’elles ressentent réellement. La fatigue s’accumule, l’organisation quotidienne est chamboulée, les repères changent et la pression pour être une « bonne mère » peut faire naître un sentiment de solitude, d’angoisse ou de tristesse. Il en va de même pour les pères, souvent mis de côté dans les premiers temps, mais eux aussi confrontés à de profonds changements personnels.

Ces ressentis, bien qu’inconfortables, sont normaux. Il est important de rappeler qu’il n’existe pas une seule façon de devenir parent : certaines mères ou certains pères trouvent rapidement leurs marques, d’autres ont besoin de temps. Le lien avec le bébé ne se construit pas toujours immédiatement. Ce n’est pas une faute, ni un signe d’échec, mais le reflet d’un processus d’attachement progressif.

Il est donc essentiel de se déculpabiliser face à ces émotions. Les sentiments d’ambivalence, les doutes et les fragilités qui peuvent surgir dans les premières semaines de la parentalité méritent d’être entendus et accompagnés. Parler de son état, se faire entourer et savoir reconnaître quand un mal-être dépasse la simple fatigue sont des premiers pas importants vers le mieux-être.

Après la naissance : une vidéo du Dr Catherine Salinier

Le baby blues : un passage fréquent après l’accouchement

Le baby blues, aussi appelé blues du post partum ou blues du troisième jour, touche entre 70 à 80 % des jeunes mamans dans les premiers jours suivant l’accouchement, selon La Haute Autorité de Santé (HAS)1. Bien que très fréquent, ce trouble émotionnel transitoire peut, chez certaines mères, surprendre par son intensité. Il est important qu’il soit reconnu pour ce qu’il est : une réaction physiologique et psychologique normale à l’arrivée du bébé, qui varie en intensité d’une femme à l’autre.

Quels sont les symptômes du baby blues ?

Le baby blues se manifeste généralement entre le deuxième et le cinquième jour après la naissance, selon la Haute Autorité de Santé (HAS, 2021)1 et dure en moyenne quelques jours à une semaine. Parmi les symptômes les plus courants, on retrouve :

  • des pleurs fréquents sans raison apparente ;
  • une grande émotivité;
  • une tristesse passagère;
  • une irritabilité;
  • des troubles du sommeil;
  • une sensation de fatigue intense;
  • un sentiment de décalage ou de vide malgré la présence du bébé.

Ces signes peuvent être déstabilisants, mais ils ne sont ni pathologiques ni durables. Il est important de les distinguer d’une dépression post partum, bien plus profonde et persistante.

Pour en savoir plus sur les signes avant-coureurs de la dépression post-partum, vous pouvez visionner la vidéo « La dépression post-partum, ça existe et ça se soigne ! », réalisée par le Tuto’Tour de la Grossesse.

La dépression post-partum, ça existe et ça se soigne !

Quelles sont les causes du baby blues ?

Sur le plan hormonal, le corps subit un bouleversement majeur : la chute brutale des œstrogènes et de la progestérone, conjuguée à un pic de prolactine lié à l’allaitement et à la montée de lait, peuvent fortement influencer l’humeur. À cela s’ajoute la baisse d’adrénaline après l’intensité de la naissance, qui laisse souvent place à une sensation de vide ou de décalage.

La fatigue extrême, le manque de sommeil lié aux soins constants apportés au bébé, et parfois un accouchement éprouvant, peuvent également fragiliser la jeune mère. À ces éléments s’ajoutent les pressions psychologiques : la responsabilité de ce nouveau rôle, les injonctions sociales à être une mère comblée, ou encore le décalage entre le lien imaginaire avec le bébé pendant la grossesse et la réalité, parfois déroutante, des premiers jours de maternité.

Comment traverser cette période ?

Bien que transitoire, le baby blues peut être difficile à vivre. Il est essentiel de reconnaître cet état et de s’autoriser à ressentir ce que l’on traverse, sans jugement ni culpabilité.

Parler de vos émotions est une première étape importante : confiez-vous à votre partenaire, à une personne de confiance, à une sage-femme ou à un autre professionnel de santé. Être écoutée permet souvent de soulager une partie de la tension émotionnelle.

Le repos est primordial, même s’il est morcelé. N’hésitez pas à vous faire aider pour les tâches du quotidien ou les soins au nouveau-né. Ce n’est pas un signe de faiblesse, mais une manière de préserver votre équilibre.

Si vous avez du mal à ressentir de la joie ou à créer un lien affectif fort avec votre enfant dès les premiers jours, rappelez-vous que cela peut prendre du temps, et que chaque mère suit son propre rythme. Ces émotions peuvent aussi être abordées lors des consultations postnatales, ou dans le cadre d’un suivi d’allaitement, car ces rendez-vous offrent des temps précieux pour parler du bien-être émotionnel de la maman.

La dépression post partum : symptômes, diagnostic et prise en charge

Contrairement au baby blues, la dépression post partum (parfois abrégée DPP ou nommée dépression postnatale) est un trouble de santé mentale à part entière. Elle touche environ 15 % des jeunes mères, avec un pic de fréquence autour du sixième mois après la naissance, selon la Haute Autorité de Santé (HAS, 2021)1.

Quels sont les symptômes à repérer ?

Les symptômes de la dépression post partum sont variés mais doivent alerter lorsqu’ils durent plus de deux semaines ou s’intensifient. Parmi eux :

  • une tristesse persistante;
  • une perte de motivation;
  • des idées noires;
  • un sentiment d’échec ou d’incompétence dans son rôle de mère ;
  • une grande fatigue;
  • un repli sur soi;
  • des troubles du sommeil (au-delà du manque lié à l’allaitement ou aux réveils du bébé) ;
  • ou encore une difficulté à créer du lien avec son enfant.

Dans certains cas, la mère peut aussi ressentir de la colère, de l’anxiété intense ou un désintérêt marqué pour tout ce qui l’entoure, y compris pour son bébé.

Une prise en charge nécessaire et adaptée

La prise en charge commence par un diagnostic médical : il est donc indispensable d’en parler avec un médecin généraliste, une sage-femme, un pédiatre ou un gynécologue, qui pourra orienter vers un psychologue ou un psychiatre spécialisé en périnatalité.

Le traitement dépendra de la sévérité de la dépression. Il peut reposer sur un accompagnement psychothérapeutique, parfois associé à un traitement médicamenteux antidépresseur ou régulateur de l’humeur est mis en place et surveillé par le médecin. Il peut être nécessaire pendant plusieurs mois puis arrêté très progressivement.

Dans certains cas une hospitalisation de la mère et du bébé ensemble, pour ne pas le séparer, est proposée pour un traitement et un soutien hors des préoccupations du quotidien (se peut à plein temps ou en hospitalisation de jour).

Retour à la maison : comment mieux le vivre ?

Le retour à la maison avec un nouveau-né peut être une période aussi bouleversante qu’émouvante. Pour mieux vivre cette transition, il est important de s’entourer, de s’informer et de ne pas rester seule face aux émotions qui peuvent surgir.

Dès la grossesse, un entretien prénatal précoce, pris en charge à 100 %, permet d’échanger avec un professionnel de santé sur vos besoins, vos craintes, ou encore votre projet de naissance. Il peut être l’occasion de se préparer au retour à la maison et d’aborder la question du baby blues ou de la dépression post partum.

Après la naissance, un entretien postnatal peut également être proposé. Il permet de faire le point sur votre état émotionnel et physique, de poser vos questions et de bénéficier d’un accompagnement personnalisé.

Sage-femme, médecin généraliste, gynécologue, pédiatre ou encore psychologue : plusieurs professionnels de santé sont là pour vous accompagner, pendant et après la grossesse. Dès le retour à domicile, une sage-femme peut assurer le suivi postnatal à domicile, sur prescription ou initiative du médecin ou de la maternité. Ce suivi est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie jusqu’au douzième jour après l’accouchement.

Et les papas ? La dépression postnatale paternelle

La période postnatale ne concerne pas seulement la maman : les pères peuvent aussi être touchés par un épisode dépressif après la naissance de leur enfant. On estime que 10 à 15 % des pères présentent des symptômes de dépression postnatale, parfois sous-estimés car moins visibles, selon La Haute Autorité de Santé (HAS)1.

La dépression paternelle survient souvent dans les 6 à 12 mois suivant la naissance, pouvant s’accompagner de fatigue, irritabilité, anxiété ou sentiment d’incompétence.

Quels sont les facteurs de risque ?

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à ce mal-être :

  • le stress lié à la nouvelle responsabilité et au rôle de parent;
  • la fatigue liée au manque de sommeil et à la gestion de la vie familiale ;
  • un sentiment de mise à l’écart ou d’isolement, notamment si la mère est très préoccupée par le bébé;
  • les difficultés de communication avec la partenaire;
  • une histoire personnelle de troubles dépressifs ou une période difficile durant la grossesse ou la naissance.

Il est essentiel que les pères soient écoutés et soutenus. Parler de ses émotions à un proche ou un professionnel de santé peut prévenir une aggravation des symptômes.

Un accompagnement adapté, incluant parfois un suivi psychologique, aide à mieux vivre cette période de transition et à préserver l’équilibre familial.

Si vous êtes papa et que vous ressentez un mal-être persistant, n’hésitez pas à consulter un professionnel : prendre soin de vous, c’est aussi prendre soin de votre enfant et de votre famille.

La psychose puerpérale : un trouble rare mais grave

La psychose puerpérale est un trouble psychiatrique rare mais sévère qui survient généralement dans les jours ou semaines suivant l’accouchement. Elle touche environ 1 à 2 femmes sur 1 000, souvent dans un contexte de vulnérabilité psychique préexistante, selon la Haute Autorité de Santé (HAS, 2021) (trouble bipolaire, antécédents psychiatriques, antécédents familiaux).

Contrairement au baby blues ou à la dépression postnatale, il s’agit d’une urgence médicale, car le pronostic vital de la mère et du bébé peut être engagé.

Les symptômes de la psychose puerpérale

Les signes de psychose puerpérale apparaissent de manière soudaine et peuvent inclure :

  • une désorganisation de la pensée;
  • des hallucinations;
  • des idées délirantes (persécution, messianisme, bébé perçu comme maléfique ou « faux ») ;
  • une grande agitation ou au contraire un repli extrême;
  • une désinhibition;
  • ou des changements d’humeur intenses (euphorie, anxiété, confusion).

Dans certains cas, ces symptômes peuvent conduire à des comportements dangereux, pour la mère elle-même ou pour son enfant, notamment par des passages à l’acte impulsifs ou délirants.

Une urgence psychiatrique à prendre en charge rapidement

La prise en charge de la psychose puerpérale nécessite une hospitalisation immédiate, souvent en unité psychiatrique spécialisée, idéalement en unité mère-enfant si l’état de la mère le permet. L’objectif est de protéger la mère et son bébé, tout en instaurant un traitement médicamenteux adapté (neuroleptiques, stabilisateurs de l’humeur, parfois antidépresseurs).

Le suivi psychiatrique doit ensuite se poursuivre sur le long terme, car le risque de rechute lors d’une grossesse ultérieure est important. Une prévention adaptée pourra alors être anticipée.

Questions de parents

Je me sens triste après la naissance, est-ce normal ?

Oui, c’est fréquent. Le baby blues peut provoquer une grande émotivité, des pleurs et de la fatigue dans les jours qui suivent l’accouchement. Cela ne signifie pas que vous n’êtes pas une bonne mère. Ces symptômes disparaissent généralement en quelques jours.

J’ai peur de ne pas aimer mon bébé, que faire ?

Ce sentiment peut survenir lorsque l’attachement ne se crée pas immédiatement. Ce n’est pas rare et cela ne fait pas de vous une mauvaise mère. Parlez-en à un professionnel de santé qui pourra vous écouter et vous accompagner.

Je viens d’accoucher et je n’arrête pas de pleurer alors que je suis heureuse… pourquoi ?

Les bouleversements hormonaux, la fatigue et la pression émotionnelle peuvent provoquer des pleurs même dans un contexte heureux. C’est une réaction normale du corps et de l’esprit après l’accouchement.

Je suis déprimée… quelles conséquences pour mon bébé ?

Une dépression post partum non prise en charge peut affecter la relation parent-enfant. Mais un accompagnement médical et psychologique permet de restaurer rapidement le lien et de protéger le développement du bébé.

Le baby blues, la dépression post partum et la psychose puerpérale sont des réalités qui peuvent toucher les parents après la naissance d’un enfant. Reconnaître ces troubles et en parler est essentiel pour bénéficier d’un accompagnement adapté et préserver la santé mentale de la mère comme celle du père.

Chaque émotion, même difficile, a sa place dans ce bouleversement qu’est la parentalité. N’hésitez jamais à demander de l’aide : c’est un signe de courage et une étape importante pour vivre sereinement ce nouveau chapitre de votre vie.

Les sources de l'article

Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

 

À retrouver sur https://www.mpedia.fr/art-baby-blues-et-depression-post-partum-les-reconnaitre-pour-les-surmonter/

www.mpedia.fr, est un site de soutien à la parentalité porté par l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA). Son objectif est de mettre à la disposition des futurs parents et des parents d’enfants de 0 à 11 ans des informations scientifiquement fiables sur le développement et la santé des enfants.  Ce site est d’accès gratuit et sans publicité. 
Vous y trouverez de très nombreux articles traitant de la santé physique ou psychologique, des maladies, de la nutrition, du sommeil, de la parentalité et de l’éducation, de l’école, du comportement… du début de la grossesse aux portes de l’adolescence. Ces articles sont écrits par plus de 170 experts de la santé de la petite enfance.
Vous pouvez aussi consulter les réponses apportées par nos pédiatres à plus de 10 000 questions posées par les parents. 

mpedia, site d’informations santé pour les parents, édité par l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA)

Jeux pour personnes atteintes d’Alzheimer : quelles activités privilégier pour stimuler la mémoire ?

Article

Publié le 07/09/2026

Information proposée par France Alzheimer

L’essentiel

  • Environ 60 à 70 % des troubles cognitifs majeurs sont dus à la maladie d’Alzheimer (1), ce qui en fait la cause la plus fréquente de syndrome démentiel dans le monde.
  • Les activités cognitives, physiques et sociales contribuent à maintenir les capacités restantes, sans toutefois ralentir à elles seules l’évolution de la maladie.
  • Un jeu destiné à une personne atteinte d’Alzheimer doit être adapté à ses capacités, privilégier le plaisir et éviter toute situation d’échec.

La maladie d’Alzheimer altère progressivement la mémoire, le raisonnement et les capacités à réaliser certains gestes du quotidien. Pour autant, les loisirs gardent toute leur place.

Choisir des jeux adaptés aux personnes atteintes d’Alzheimer permet de stimuler les fonctions cognitives encore préservées, de renforcer le lien social et d’offrir des moments de plaisir. L’idée n’est pas de tester les performances, mais de proposer une activité qui respecte le rythme, les envies et les capacités de chacun.

Pourquoi proposer des jeux à une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ?

Contrairement à une idée reçue, les activités ludiques ne sont pas réservées aux premiers stades de la maladie. Elles peuvent être proposées tout au long de son évolution, à condition d’être adaptées.

Les jeux sollicitent plusieurs fonctions cognitives essentielles, notamment :

  • la mémoire ;
  • l’attention ;
  • le langage ;
  • les fonctions exécutives ;
  • la coordination.

Par ailleurs, ils favorisent également les interactions sociales, réduisent le sentiment d’isolement et contribuent au bien-être émotionnel de la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Bon à savoir : selon les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS), les interventions non médicamenteuses (ateliers mémoire, activités cognitives, physiques adaptées et maintien du lien social), bien qu’elles n’aient pas d’action curative sur le processus neurodégénératif, doivent être proposées dès le diagnostic pour maintenir les fonctions cognitives/motrices et optimiser la qualité de vie (2).

Quels jeux de mémoire privilégier pour une personne souffrant d’Alzheimer ?

Les jeux qui stimulent la mémoire peuvent être simples, progressifs et suffisamment flexibles pour s’adapter aux capacités de la personne.

Les jeux d’observation et d’association

Les jeux consistant à retrouver des paires d’images, classer des objets ou associer des couleurs mobilisent la mémoire visuelle et l’attention tout en restant accessibles et ludiques.

Ils peuvent être réalisés avec des supports du commerce ou fabriqués à partir de photographies familiales, ce qui apporte une dimension affective supplémentaire.

Les jeux autour des souvenirs

Les albums photos, les cartes postales anciennes, les chansons d’une époque ou les objets du quotidien favorisent l’évocation de souvenirs autobiographiques, souvent mieux préservés que la mémoire récente.

Ces activités ne visent pas la recherche d’une réponse exacte mais plutôt l’échange et le partage entre la personne malade et ses proches.

Les jeux de langage

Compléter un proverbe, retrouver le nom d’un animal, nommer des objets illustrés ou jouer autour des mots stimule les capacités linguistiques encore présentes. L’essentiel est d’adapter le niveau de difficulté afin d’éviter les situations d’échec.

Les puzzles et jeux de construction

Les puzzles à grand format, les cubes ou les jeux d’assemblage sollicitent la perception visuelle, la motricité fine et la concentration.

Lorsque la maladie progresse, le nombre de pièces peut être réduit afin de conserver le caractère agréable de l’activité.

Comment organiser le quotidien avec une personne atteinte d’Alzheimer ?

En plus des jeux, de nombreuses activités participent au maintien des repères et au bien-être. Parmi les activités les plus adaptées figurent :

  • les promenades ou le jardinage ;
  • les activités artistiques (dessin, peinture, collage) ;
  • la musique, le chant ou l’écoute de morceaux familiers ;
  • la cuisine, lorsque la sécurité le permet ;
  • le pliage du linge ou d’autres tâches simples du quotidien ;
  • la lecture d’un magazine illustré ou d’un livre de photographies ;
  • les échanges autour d’objets ou de souvenirs personnels.

Sachez que la régularité est souvent plus bénéfique que la durée. En effet, une activité de 15 à 30 minutes, proposée dans un environnement tenant compte des intérêts de la personne, est généralement mieux acceptée qu’une activité longue.

Afin de ne pas perturber le rythme naturel de la personne malade, nous recommandons de choisir les moments où elle se montre la plus disponible, souvent en matinée.

Bon à savoir : Certaines activités procurent davantage de plaisir ou suscitent plus facilement les échanges. Observer les réactions et ressentis de la personne lorsqu’elle participe permet d’ajuster progressivement les propositions d’activités en fonction de ses préférences et de l’évolution de la maladie. Des fiches d’activités Alzheimer peuvent aider à varier les propositions. L’objectif reste avant tout de préserver la confiance en soi, le plaisir d’agir et la relation avec les proches.

FAQ

Quels sont les meilleurs jeux les pour personnes atteintes d’Alzheimer ?

Il n’existe pas de jeu universel. Les activités les plus adaptées sont celles qui correspondent aux centres d’intérêts de la personne, à ses capacités et à l’évolution de la maladie. Les jeux d’association, les puzzles simples, les activités musicales et les albums photos sont particulièrement appréciés.

Les jeux de mémoire ralentissent-ils la maladie d’Alzheimer ?

Les études recensées ne montrent pas que les jeux de mémoire ralentissent, à eux seuls, l’évolution de la maladie. En revanche, ils participent au maintien des capacités restantes, favorisent les interactions sociales et améliorent la qualité de vie lorsqu’ils sont intégrés à une prise en soin globale.

À quelle fréquence proposer un jeu aux personnes atteintes d’Alzheimer ?

Quelques séances de quinze à trente minutes par semaine peuvent être suffisantes. Il est préférable de privilégier la régularité et de respecter le rythme de la personne plutôt que de multiplier les activités. L’objectif n’est pas de faire de l’occupationnel, mais de proposer des temps d’échange et de partage favorisant l’autonomie et le bien-être de la personne.

Où trouver des fiches d’activités pour les personnes atteintes d’Alzheimer ?

Les associations spécialisées, les accueils de jour et certains établissements médico-sociaux mettent à disposition des fiches d’activités Alzheimer adaptées à l’évolution de la maladie. Elles constituent une aide précieuse pour renouveler les ateliers à domicile.

Sources :

(1) Organisation mondiale de la Santé – Démence. consulté sur https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/dementia 

(2) Haute Autorité de Santé – Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées : Version soumise à la validation du collège de la HAS le 25/04/07 diagnostic et prise en charge. Consulté sur https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2011-12/recommandation_maladie_d_alzheimer_et_maladies_apparentees_diagnostic_et_prsie_en_charge.pdf 

À retrouver sur https://www.francealzheimer.org/jeux-pour-personnes-atteintes-dalzheimer/

France Alzheimer est une association qui représente les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et leurs familles. Elle offre un soutien psychologique, des informations fiables et organise des activités pour favoriser les échanges et le bien-être des personnes concernées.

France Alzheimer

« C’est normal d’avoir mal pendant ses règles », « Mettre un tampon est un facteur de risque »… Cinq idées reçues sur l’endométriose passées au crible

10/09/2026 6 mins de lecture

L’endométriose est de plus en plus diagnostiquée. Pourtant, cette maladie reste mal comprise et largement entourée d’idées reçues. Canal Détox démêle le vrai du faux.

L’endométriose est une maladie qui touche environ 1 femme sur 10 entre les premières règles et la ménopause, bien que ses symptômes puissent parfois apparaître avant la puberté ou persister après la ménopause. Cette maladie inflammatoire souvent chronique est liée à la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine (l’endomètre) en dehors de l’utérus.

Les fragments de tissu endométrial peuvent être retrouvés sur différents organes, principalement les ovaires (environ 50 % des cas), les trompes, les ligaments utérins, la paroi du rectum et du vagin ou le péritoine (la membrane qui tapisse la cavité abdominale et maintient en place les organes qu’elle contient).

Ces fragments, appelés lésions d’endométriose, peuvent impacter le bon fonctionnement des tissus touchés, provoquant des douleurs parfois invalidantes. Dans environ un tiers des cas, la maladie est par ailleurs associée à une infertilité.

Bien qu’elle soit de plus en plus souvent diagnostiquée, l’endométriose reste encore mal comprise et entourée de nombreuses idées reçues. Canal Détox fait le point.

« Avoir mal pendant ses règles, c’est normal » : faux

Être pliée de douleur lors des règles, c’est normal ? Pas vraiment…

Des douleurs légères à modérées peuvent survenir pendant les règles : elles sont liées aux contractions de l’utérus. En revanche, des douleurs intenses, qui clouent au lit ou empêchent de se concentrer, de travailler ou de dormir, ne sont pas normales et doivent alerter.

En effet, ces symptômes peuvent être un signe d’endométriose, l’une des principales causes de dysménorrhées secondaires chez les femmes, c’est-à-dire de règles douloureuses liées à une pathologie.

La maladie se manifeste notamment par des douleurs pelviennes récurrentes, localisées dans le bas du ventre, le plus souvent pendant les règles mais parfois aussi en dehors. Elle est liée à la présence de tissus semblables à l’endomètre en dehors de l’utérus. Sous l’effet des hormones du cycle menstruel, ces tissus saignent, entraînent une inflammation et peuvent provoquer des dommages aux tissus environnants.

En dehors des douleurs de règles, d’autres symptômes peuvent également être présents : douleurs abdominales, douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunies), douleurs pendant la miction (dysuries) ou à l’évacuation de selles (dyschézies), troubles digestifs, fatigue chronique.

Cette idée reçue selon laquelle il est normal de souffrir a des conséquences bien réelles : elle contribue à banaliser les symptômes et à retarder les consultations. Certaines femmes craignent de ne pas être prises au sérieux, et des patientes rapportent avoir effectivement vu leurs douleurs minimisées par des professionnels de santé. Une meilleure écoute et une reconnaissance de leurs symptômes figurent ainsi parmi leurs attentes pour améliorer les soins. Pour être orientées vers des professionnels formés à l’endométriose, elles peuvent s’appuyer sur les filières régionales dédiées.

« La grossesse guérit l’endométriose » : faux

Pendant longtemps, la grossesse a été présentée comme ayant un effet bénéfique sur l’endométriose, en raison de l’arrêt temporaire des cycles menstruels. Mais elle ne guérit pas la maladie.

On observe parfois une amélioration temporaire des symptômes pendant la grossesse, en lien avec l’arrêt des cycles menstruels. Mais cet effet est très variable : chez certaines patientes, les douleurs diminuent, chez d’autres elles persistent et, dans certains cas, les lésions peuvent même évoluer, comme le montre une revue de la littérature scientifique publiée en février 2018 dans la revue Human Reproduction Update. Autrement dit, la grossesse n’a pas d’effet curatif démontré.

Par ailleurs, l’endométriose est associée à plusieurs complications de la grossesse, comme le souligne la même étude, telles que des césariennes plus fréquentes, des fausses couches, des accouchements prématurés ou des hémorragies.

Le seul effet bénéfique clairement établi est la suspension temporaire des menstruations, ce qui permet généralement de limiter les impacts de la maladie (en réduisant les douleurs), sans nécessairement faire disparaitre les lésions.

Enfin, cette idée reçue n’est pas anodine. Une étude australienne menée sur une base de données recueillies en 2017 auprès de plus de 3 000 femmes atteintes d’endométriose montre que plus de la moitié d’entre elles ont déjà reçu, de la part d’un professionnel de santé, la recommandation de planifier une grossesse pour « traiter » leur endométriose.

Ce conseil, qui ne repose sur aucun fondement scientifique, peut entraîner des conséquences graves : accélérer un projet de grossesse sur la base d’une information infondée, altérer la relation de confiance avec les professionnels de santé, et détériorer la santé mentale des patientes.

« L’alimentation joue un rôle dans la maladie » : à nuancer

« Supprimez les produits laitiers », « Évitez le gluten », « Arrêtez l’alcool »… Les réseaux sociaux regorgent de conseils pour atténuer les symptômes de l’endométriose en ajustant son régime alimentaire. Mais que dit réellement la littérature scientifique ?

Plusieurs études observationnelles indiquent que certaines personnes atteintes d’endométriose disent aller mieux après avoir modifié leur alimentation. Dans cette enquête menée auprès de 2 388 personnes ayant un diagnostic confirmé à travers le monde, près de 85 % des participantes avaient essayé au moins un changement alimentaire, et parmi ces dernières, plus de 65 % ont rapporté une diminution de leurs douleurs, notamment après avoir réduit l’alcool, le gluten, les produits laitiers ou la caféine.

Cependant, ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Ils reposent essentiellement sur des déclarations subjectives ; dans ces conditions, il est impossible de savoir si l’amélioration vient du régime lui-même, d’autres changements associés… ou simplement de l’évolution naturelle des symptômes.

À ce jour, les données scientifiques ne permettent pas de recommander un régime alimentaire spécifique ni une supplémentation vitaminique systématique dans la prise en charge de l’endométriose, selon la Haute Autorité de santé (HAS) et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).

En clair : certaines personnes peuvent effectivement se sentir mieux en modifiant leur alimentation, mais cela ne suffit pas à en faire une stratégie thérapeutique validée. Les recherches en cours sur le sujet devraient pouvoir éclairer les recommandations cliniques au cours des prochaines années.

« Mettre un tampon favorise l’endométriose » : faux

Non, il n’est pas prouvé que mettre un tampon est un facteur de risque susceptible de provoquer l’endométriose.

Cette idée circule parfois en lien avec la présence supposée de perturbateurs endocriniens dans certains produits d’hygiène menstruelle. Les perturbateurs endocriniens (comme certains phtalates, parabènes ou bisphénols) font effectivement l’objet de recherches car ils peuvent interagir avec le système hormonal. Mais, à ce jour, aucune étude scientifique ne montre que l’usage de tampons augmente le risque d’endométriose.

En l’état actuel des connaissances, il n’existe donc pas de preuve scientifique justifiant de déconseiller les tampons pour prévenir l’endométriose.

« L’endométriose rend stérile » : à nuancer

Il existe bien une association entre l’endométriose et l’infertilité mais cela ne signifie pas que toutes les personnes atteintes sont infertiles. La plupart des femmes atteintes de la maladie parviennent à concevoir, parfois sans aide médicale. Il faut également distinguer la stérilité (incapacité à concevoir naturellement) de l’infertilité (tentative de concevoir naturellement pendant au moins 12 mois sans succès).

Les mécanismes en jeu restent encore mal compris. Dans certains cas, la maladie peut provoquer une inflammation, perturber le fonctionnement des ovaires ou gêner la rencontre entre l’ovule et les spermatozoïdes. Mais ces situations varient beaucoup d’une personne à l’autre.

En cas de difficultés à concevoir, plusieurs options existent. La chirurgie peut être utile lorsque des lésions gênent le fonctionnement des organes reproducteurs. Mais elle n’est pas systématique : ses bénéfices sur la fertilité sont variables et elle peut, dans certains cas, affecter la réserve ovarienne.

C’est pourquoi, selon les situations (âge, type d’endométriose, durée des difficultés), d’autres stratégies peuvent être proposées, notamment les techniques de procréation médicalement assistée.

Autrement dit : l’endométriose peut avoir un impact sur la fertilité, mais dans la majorité des cas elle ne rend pas stérile, et des solutions existent.

Auteur : Institut national de la santé et de la recherche médicale - Inserm

Cet article a bénéficié de l’expertise et de la relecture de Ludivine Doridot, maîtresse de conférences à l’Université Paris Cité et chercheuse à l’Institut Cochin (Inserm-CNRS-Université Paris Cité), et de Marina Kvaskoff, épidémiologiste et directrice de recherche Inserm au Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP, unité Inserm 1018).

Les deux chercheuses participent respectivement au consortium InENDO et au projet EPI-ENDO, qui s’inscrivent dans le programme de recherche « Santé des femmes, santé des couples »(PEPR SAFE), financé par France 2030 et piloté par l’Inserm.

Bibliographie

Inserm. Endométriose. Dossier thématique.

Santé publique France. Épidémiologie de l’endométriose prise en charge à l’hôpital en France : étude de 2011 à 2017. 2022.

Chen CX, Draucker CB, Carpenter JS. What women say about their dysmenorrhea: a qualitative thematic analysis. BMC Women’s Health. 2018.

Gouesbet S et al. Patients’ Perspectives on How to Improve Endometriosis Care: A Large Qualitative Study Within the ComPaRe-Endometriosis e-Cohort. Journal of Women’s Health. 2023.

Santé.fr. Trouver la filière Endométriose la plus proche de chez moi. Ressource d’orientation.

Leeners B et al. The effect of pregnancy on endometriosis—facts or fiction? Human Reproduction Update. 2018.

Sirohi D et al. Patient experiences of being advised by a healthcare professional to get pregnant to manage or treat endometriosis: a cross-sectional study. BMC Women’s Health. 2023.

Hearn-Yeates F et al. Dietary Modification and Supplement Use For Endometriosis Pain. JAMA Network Open. 2025.

Haute Autorité de santé et Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Prise en charge de l’endométriose. Recommandations de bonne pratique, décembre 2017 ; mise en ligne en janvier 2018.

Peinado FM et al. Endocrine Disrupting Chemicals in Cosmetics and Personal Care Products and Risk of Endometriosis. Dans : Marsh C, dir. Endometriosis. IntechOpen. 29 juin 2020.

Cetera GE et al. Menstrual products: culprits or bystanders in endometriosis and adenomyosis pathogenesis? Archives of Gynecology and Obstetrics. 2024.

Bonavina G, Taylor HS. Endometriosis-associated infertility: From pathophysiology to tailored treatment. Frontiers in Endocrinology. 2022.

Organisation mondiale de la Santé. Infertilité. Aide-mémoire.

Carte Vitale pour les mineurs : les modalités de délivrance précisées

Article

Publié le 10/09/2026

Information proposée par Service Public.fr

Savez-vous que votre enfant mineur peut avoir sa propre carte Vitale ? Deux arrêtés du 13 août 2026 précisent les modalités de délivrance de la carte Vitale aux personnes mineures. Service Public vous informe sur les démarches à accomplir.

Les arrêtés du 13 août 2026 visent à simplifier le processus d’accès à la carte Vitale pour les personnes mineures. Les dispositions sont les suivantes :

  • Tout mineur âgé de 16 ans et plus peut se voir délivrer une carte Vitale, sous réserve de l'accord de l'une des personnes exerçant l'autorité parentale.
  • La carte Vitale physique doit être demandée par un parent via le compte ameli de celui-ci ou en renvoyant à la caisse d’assurance maladie de rattachement le formulaire dédié.
  • La carte Vitale pour les mineurs peut être obtenue via l’application mobile carte Vitale selon un parcours dédié (avec un blocage possible par l’autorité parentale).
  • Les mineurs de 12 à 15 ans peuvent aussi obtenir une carte Vitale, sur demande d’un parent.

D’autre part, les enfants confiés à l'aide sociale à l'enfance (ASE) disposeront désormais de leur propre carte Vitale. L'ASE doit informer l'Assurance maladie du placement de l'enfant et demander son « affiliation à titre personnel ». L’organisme adressera en retour la carte Vitale physique de l'enfant.

L'enfant placé de 16 ans ou plus peut demander la carte Vitale sous forme mobile, via le parcours d'activation applicable aux personnes majeures.

Lorsque l'enfant n'est plus confié à l'ASE, celle-ci doit en informer l'Assurance maladie et fournir les informations concernant « la personne qui assure l'entretien effectif et permanent de la personne mineure ». La carte Vitale sera mise à jour si l'enfant a 12 ans ou plus ; elle sera invalidée si l'enfant a moins de 12 ans.

À noter

Jusqu'à 16 ans, le jeune est rattaché à l'un de ses parents ou à ses 2 parents, qui prennent généralement en charge ses frais de santé (ce sont eux qui sont remboursés). Il est bénéficiaire rattaché à ses parents même s’il peut avoir sa propre carte Vitale et son propre numéro de Sécurité sociale. Son compte ameli ne sera créé qu’à sa majorité.

Quelques rappels concernant la carte Vitale de votre enfant mineur

La carte Vitale est délivrée gratuitement par l’Assurance maladie.

À 16 ans, votre enfant reçoit un courrier de l’Assurance maladie lui indiquant la procédure pour recevoir sa carte Vitale. La demande peut être faite depuis votre compte ameli. Sa carte Vitale lui sera adressée sous 3 semaines.

Pensez à transmettre lors de la demande votre propre relevé d’identité bancaire (RIB) si vous souhaitez recevoir directement les remboursements des soins.

À noter que la carte Vitale peut être demandée dès les 12 ans de l’enfant, sur demande des parents.

Textes et loi de références

À retrouver sur https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A17693

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