Cadmium et surveillance biologique (cadmiuries) : Question/réponses pour les patients

Article

Publié le 03/08/2026

Information proposée par Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté - (ARS)

Nous mettons à votre disposition le questions/réponses de l'Assurance Maladie suite à la publication des recommandations de la Haute Autorité de Santé.


Le cadmium est un métal naturellement présent dans les sols, en très faibles quantités mais avec des disparités régionales (fond géochimique plus ou moins important). Les activités humaines (industrie, engrais phosphatés, retombées atmosphériques passées) ont augmenté localement sa présence dans certains territoires.

Il peut contaminer l’environnement (sols, air/poussières, eau) et se retrouver dans l’alimentation.


Dans la population générale, l’exposition provient principalement de l’alimentation (céréales, pain, pâtes, pommes de terre, légumes…).

Dans certaines situations locales, notamment à proximité de sols pollués, l’exposition peut être plus élevée via :

  • la consommation de légumes cultivés sur place,

  • l’ingestion de poussières ou de terre (enfants, comportements particuliers),

  • une exposition prolongée dans le temps.

Le tabac constitue une source supplémentaire importante chez les fumeurs.


La cadmiurie est un examen urinaire qui permet de mesurer la quantité de cadmium dans l’organisme (surveillance biologique).

Elle reflète une exposition chronique, car le cadmium s’accumule dans le corps et s’élimine très lentement (plusieurs décennies).


Le dépistage par cadmiurie est pris en charge par l’Assurance Maladie lorsqu’il est prescrit par un médecin dans un contexte médical justifié.

Ce remboursement s’inscrit avant tout dans le cadre des recommandations de la Haute Autorité de Santé. Il concerne un dépistage ciblé, réservé à certaines situations d’exposition dues à des sols riches en cadmium et ne s’adresse pas a priori à l’ensemble de la population. En dehors de ce cadre, le médecin conserve toutefois sa liberté de prescription et peut demander une mesure de la cadmiurie lorsqu’il l’estime médicalement justifiée, au regard d’un faisceau d’arguments cliniques, environnementaux ou professionnels propres à la situation du patient.


Le dépistage est ciblé et sur appréciation du médecin. Il concerne en priorité les personnes :

  • vivant sur ou à proximité immédiate de sols pollués ou potentiellement pollués,

  • consommant régulièrement des produits issus de leur potager ou de circuits locaux,

  • exposées à des poussières de sol (notamment enfants),

  • résidant depuis plusieurs années dans la zone,

  • ou présentant des comportements augmentant l’ingestion de terre (ex. : géophagie, onychophagie).

Les jeunes enfants (surtout entre 6 mois et 4 ans) sont particulièrement concernés.


Un dépistage généralisé n’est pas pertinent à ce jour pour plusieurs raisons :

  • L’exposition au cadmium est diffuse, principalement liée à l’alimentation.

  • Dans la majorité des cas, mesurer la cadmiurie ne change pas la prise en charge, qui repose sur des recommandations de diversification alimentaire déjà diffusées.

  • Le dépistage est surtout utile lorsqu’il existe une source d’exposition évitable identifiée, comme un sol contaminé et que des conseils spécifiques vont pouvoir être dispensés.

C’est pourquoi la stratégie retenue est un dépistage ciblé, plus utile médicalement.


En cas de cadmiurie élevée, le médecin évalue la situation globale du patient (niveau d’exposition, durée, facteurs de risque) et peut proposer une prise en charge adaptée.

Celle-ci peut comprendre :

  • un suivi médical ciblé, notamment pour surveiller la fonction rénale et la santé osseuse ;

  • des mesures pour réduire l’exposition, en particulier lorsque la source est identifiée (par exemple : adaptation de la consommation de produits du potager, amélioration des pratiques d’hygiène pour limiter l’ingestion de poussières ou de terre) ;

  • des conseils hygiéno-diététiques, comme la diversification de l’alimentation et des sources d’approvisionnement.

bilan biologique complémentaire à la recherche de carences en fer, calcium et zinc chez les personnes dépassant les valeurs de référence, ces déficits étant susceptibles d’augmenter l’absorption digestive du cadmium et de contribuer à l’exposition globale.

La prise en charge s’appuie sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé et peut être adaptée à chaque situation.


Une exposition prolongée au cadmium peut entraîner :

  • des atteintes rénales (principal effet),

  • une fragilisation des os (risque d’ostéoporose et de fractures),

  • des effets sur la grossesse et le développement de l’enfant,

  • un risque de cancer, clairement établi pour certaines expositions professionnelles par inhalation.


Adapter son alimentation

Le respect des recommandations alimentaires du Programme national nutrition santé (PNNS) contribue à réduire l’exposition alimentaire au cadmium, tout en apportant des bénéfices nutritionnels :

  • Varier les aliments et leur provenance (éviter de consommer toujours les mêmes produits issus d’une même source) ;

  • Limiter la consommation régulière de produits à base de blé sucrés et salés tels que les céréales du petit-déjeuner, gâteaux, biscuits,
  • Introduire davantage de légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots) dans les repas afin de diversifier les sources de glucides.

Se référer aux recommandations du PNNS sur Manger Bouger

En cas de sol pollué

  • Limiter la consommation de légumes du potager si le sol est contaminé,

  • Éviter l’ingestion de terre ou de poussières (lavage des mains, hygiène des enfants),

  • Nettoyer régulièrement les surfaces pour limiter les poussières domestiques.

Réduire les autres sources

  • Arrêter de fumer : le tabac est une source importante de cadmium.


Le cadmium s’accumule dans l’organisme et son élimination est très lente (jusqu’à plusieurs dizaines d’années). D’où l’importance de réduire l’exposition le plus tôt possible.


Il peut être naturellement présent dans les sols, avec des niveaux variables selon les régions.

Cependant, certaines activités humaines actuelles ou passées (industrie, extraction minière, pratiques agricoles avec utilisation d’engrais) peuvent augmenter fortement les concentrations localement.


La réduction de l’exposition au cadmium repose avant tout sur des actions collectives visant à diminuer sa présence dans les sols et les aliments.

Plusieurs mesures sont en cours :

  • Encadrement des engrais phosphatés avec une évolution de la réglementation nationale d’ores et déjà engagée, avec une trajectoire progressive visant à abaisser les teneurs en cadmium :

    • 60 mg/kg à court terme (alignement européen),

    • 40 mg/kg à l’horizon 2030,

    • 20 mg/kg à terme, conformément aux recommandations des agences sanitaires.

  • Une surveillance régulière de la contamination des aliments et de l’imprégnation de la population (par des études de biosurveillance comme l’enquête Albane copilotée par Santé Publique France et l’Anses).

Ces actions visent à réduire progressivement l’exposition de l’ensemble de la population, même si les effets seront visibles sur le long terme en raison de la persistance du cadmium dans les sols et dans l’organisme.

Aller plus loin

À retrouver sur https://www.bourgogne-franche-comte.ars.sante.fr/cadmium-et-surveillance-biologique-cadmiuries-questionreponses-pour-les-patients

L’Agence régionale de santé pilote en région Bourgogne-Franche-Comté les politiques de santé définies par le ministère chargé de la Santé.
Elle organise la santé pour que chacun ait accès à des soins de qualité.

Ses missions sont les suivantes :

  • Soutenir des actions de prévention
  • Gérer au quotidien les risques sanitaires liés à l’environnement
  • Prévenir et répondre aux crises sanitaires
  • Organiser et financer  l’offre de soins dans les hôpitaux et les structures qui prennent en charge les personnes handicapées ou âgées en perte d’autonomie.
  • Mettre en place une médecine de garde et soutenir l’installation des médecins dans les territoires fragiles.
  • Encourager les projets innovants.

L’ARS accompagne les citoyens tout au long de leur parcours de vie, de soins et de santé en agissant sur le terrain en partenariat avec les acteurs de santé de la région.

 

L’ARS Bourgogne-Franche-Comté en chiffres 
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Un budget annuel d’intervention de 150 millions d’euros.
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Pour une population de 2,8 millions d’habitants.
Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté - (ARS)
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