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Article
Publié le 20/07/2026
Information proposée par Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie
Instauration d’un droit à une aide à mourir en France
Le 15 juillet 2026, l’Assemblée nationale a adopté définitivement le texte de loi visant à instaurer un droit à l’aide à mourir. Cette adoption ( 561 votants, 291 pour, 241 contre) marque la fin d’un processus de réflexion initié en 2022 par l’avis du Conseil Consultatif National d’Ethique puis poursuivi par les travaux de la Convention Citoyenne sur la fin de vie. Le processus législatif enclenché en avril 2024 fut interrompu par la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 avant d’être réinitié, sous une forme différente, en mai 2025.
L’élaboration du texte sur l’instauration d’un droit à l’aide à mourir a fait l’objet de nombreuses lectures et de débats soutenus au sein du Parlement. L’Assemblée nationale a adopté le texte en mai 2025, février 2026, juin 2026 alors que le Sénat l’a rejeté en janvier 2026, mai 2026 et juillet 2026. Le dernier mot a été donné à l’Assemblée nationale dans le cadre d’un vote solennel le 15 juillet 2026.
La loi n’est, toutefois, pas immédiatement effective. En effet, le Premier Ministre a annoncé son intention de saisir le Conseil constitutionnel qui devra se prononcer sur la conformité du texte aux principes constitutionnels avant une promulgation par le Président de la République. Des décrets d’application doivent également être élaborés pour préciser des aspects pratiques de mise en œuvre de ce droit nouveau afin d’en permettre l’effectivité. La Haute Autorité de santé a notamment été saisie concernant l’élaboration de la substance létale à retenir.
L’aide à mourir devient un droit, pour une personne gravement malade qui en a exprimé la demande, à être autorisée à recourir à une substance létale afin qu’elle se l’administre elle-même. La France a retenu un principe « d’auto-administration » c’est-à-dire que c’est la personne elle-même qui doit réaliser le geste. La loi prévoit une exception dans l’hypothèse où la personne malade ne peut pas, physiquement, s’auto-administrer la substance létale. Dans ce cas, c’est un médecin ou un infirmier qui est autorisé à intervenir.
La loi prévoit cinq critères cumulatifs à remplir pour demander l’accès à l’aide à mourir : trois critères relatifs à la personne et deux critères relatifs à sa situation clinique.
La personne concernée formule sa demande auprès du médecin en activité de son choix. Celui-ci n’est pas nécessairement son médecin traitant. Le médecin sollicité ne doit cependant pas être en lien de parenté avec la personne malade.
Le législateur a exclu la téléconsultation comme voie possible pour formuler une demande d’aide à mourir. Tous les entretiens doivent se tenir en présentiel.
Enfin, une personne ne peut pas présenter plusieurs demandes d’aide à mourir simultanément.
Le médecin doit fournir à la personne qui le sollicite un certain nombre d’informations préalables.
Ce n’est qu’après avoir reçu l’ensemble de ces informations que la personne concernée doit formuler par écrit sa demande d’aide à mourir.
Lorsque la personne n’est pas en mesure de pouvoir s’exprimer par écrit, tout mode d’expression adapté à ses capacités est recevable.
Le médecin qui a été sollicité doit mettre en œuvre une procédure collégiale c’est-à-dire une discussion permettant d’apprécier la recevabilité de la demande.
Cette discussion réunit :
En plus de ces trois participants, peuvent être invités d’autres professionnels de santé ou du médico-social lorsque ceux-ci interviennent dans le traitement de la personne concernée.
En outre, l’avis de la personne de confiance, d’un proche aidant, ou d’un proche peut être recueilli avant la réunion collégiale mais ceci n’est mis en œuvre qu’à la demande de la personne malade.
Si la personne fait l’objet d’une mesure protection juridique, la personne chargée de la mesure protection est informée de la procédure et son avis est recueilli avant la réunion.
Le législateur insiste sur le fait que cette réunion destinée à croiser les regards et les informations sur la demande d’aide à mourir doit se tenir prioritairement en présentiel.
A l’issue de ces discussions, c’est le médecin qui a initié la procédure qui prend la décision finale.
L’ensemble de ce processus doit se tenir dans les 15 jours qui suivent la réception de la demande écrite d’aide à mourir par le médecin.
Le médecin notifie sa décision à la personne par oral et par écrit.
Une fois que le médecin a notifié sa décision, la personne malade doit réitérer sa demande d’aide à mourir c’est-à-dire confirmer qu’elle n’a pas changé d’avis. Pour cela, elle doit respecter un délai de réflexion qui est fixé à deux jours minimum avant de confirmer sa demande. Elle peut prendre un temps de réflexion plus long si elle le souhaite mais si ce délai dépasse trois mois, le médecin devra de nouveau vérifier le caractère libre et éclairé de la demande.
A ce stade, le médecin doit, par oral et par écrit, informer la personne des modalités d’action de la substance létale. Il détermine avec la personne malade toutes les modalités :
Le jour même, le professionnel de santé vérifie :
Le professionnel de santé assure la surveillance de l’administration de la substance par la personne elle-même et si celle-ci n’est pas en mesure physiquement de la faire, il procède lui-même à l’administration.
Une fois l’acte réalisé, la présence du professionnel auprès de la personne n’est plus obligatoire mais il reste tout de même présent dans la même pièce pour pouvoir intervenir en cas de difficultés.
La loi prévoit d’autres dispositions, notamment sur la clause de conscience des professionnels de santé, la traçabilité des actes réalisés, le processus de contrôle a posteriori. L’ensemble de ces modalités seront détaillées dans un document spécifique disponible ultérieurement sur notre site.
À retrouver sur https://www.parlons-fin-de-vie.fr/la-loi-relative-au-droit-a-laide-a-mourir-definitivement-adoptee/
Le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie est un organisme public, ouvert à tous, une « maison commune » au sein de laquelle chacun peut s’informer sur les soins palliatifs et la fin de vie.
Créé le 5 janvier 2016, le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie vise à favoriser l’accès aux droits et à participer à l’amélioration de la fin de vie en France, en particulier en encourageant le dialogue entre les citoyens et les professionnels de santé. Ouvert sur la société et les divers milieux professionnels concernés, le Centre participe à identifier, analyser la multiplicité des situations de fin de vie et à réfléchir à la manière de faire évoluer les pratiques d’accompagnement de la fin de vie.