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Article
Publié le 10/02/2021
Information proposée par Haute Autorité de Santé - HAS
Description des symptômes prolongés liés à l'odorat et au goût lors d'une infection de la Covid-19
Au stade précoce de la maladie, la perte de l’odorat décrite par les patients est souvent d’apparition brutale, complète et associée à une altération du goût et de la perception des saveurs. Cette perte initiale est initialement secondaire à un œdème de l’épithélium olfactif (connu pour être une cible du SARS-CoV-2) empêchant tout odorant de parvenir aux cellules sensorielles. À la disparition de cet œdème des fentes olfactives, l’odorat se rétablit spontanément dans la majorité des cas.
Certains patients peuvent présenter des symptômes persistants au-delà de 1 mois :
À ce stade :
Une anosmie brutale survenant dans le contexte de la pandémie de Covid-19, suffit à suspecter une infection au SARS-CoV-2 et aucun examen n’est à réaliser dans un premier temps.
Un avis spécialisé ORL et une IRM des voies olfactives seront à réaliser :
L’objectif sera alors de confirmer l’absence d’autres causes pouvant être responsable d’une anosmie (tumeur intranasale, ou intracrânienne).
En cas de persistance d’une perte de l’odorat à 15 jours du début des symptômes, des lavages de nez au sérum physiologique pourront être proposés au patient, associés à une rééducation olfactive.
Mettre en route le plus rapidement possible la rééducation olfactive est primordial car cela reste pour le moment le seul traitement ayant prouvé son efficacité lors de prise en charge d’anosmie post virale et expliquer son principe au patient afin qu’il y adhère pleinement est nécessaire (rééducation et principe décrite dans l’annexe ci jointe).
En cas de troubles de l’odorat fluctuants ou de rhinite et/ou nez sec, mettre en route des lavages de nez au sérum physiologique et adresser en consultation chez le spécialiste ORL.
En cas de persistance >2 mois, adresser le patient à L’ORL.
Bilan d’olfactométrie et endoscopie nasale à organiser en cas de persistance des symptômes plus de deux mois ou signes cliniques pouvant orienter vers une autre cause (voir paragraphe ci-dessus).
Téléchargez le document complet : Les troubles du goût et de l’odorat au cours des symptômes prolongés de la Covid-19 en PDF
1. Eliezer M, Hamel AL, Houdart E, Herman P, Housset J, Jourdaine C, et al. Loss of smell in patients with COVID-19: MRI data reveal a transient edema of the olfactory clefts. Neurology 2020;95(23):e3145-e52. http://dx.doi.org/10.1212/wnl.0000000000010806
2. Hura N, Xie DX, Choby GW, Schlosser RJ, Orlov CP, Seal SM, et al. Treatment of post-viral olfactory dysfunction: an evidence-based review with recommendations. Int Forum Allergy Rhinol 2020;10(9):1065-86. http://dx.doi.org/10.1002/alr.22624
3. Liu DT, Sabha M, Damm M, Philpott C, Oleszkiewicz A, Hähner A, et al. Parosmia is associated with relevant olfactory recovery after olfactory training. Laryngoscope 2020:1-6. http://dx.doi.org/10.1002/lary.29277
Faire pratiquer un examen IRM des voies olfactives intracrâniennes selon le protocole suivant :
SERUM PHYSIOLOGIQUE 250 cc : 1 flacon par jour / possibilité de le faire soi-même
Téléchargez le document complet : Les troubles du goût et de l’odorat au cours des symptômes prolongés de la Covid-19 en PDF
À retrouver sur https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-11/fiche_troubles_du_gout_et_de_l_odorat.pdf
La Haute Autorité de Santé, est une autorité publique, indépendante, à caractère scientifique, qui vise à assurer à tous les meilleurs soins. Elle trois missions principales : évaluer l’intérêt des médicaments, des dispositifs médicaux et des actes en vue de leur remboursement par l’Assurance maladie, élaborer des recommandations de bonnes pratiques pour les médecins, définir des parcours de soins, faciliter le bon soin, au bon moment pour le bon patient et certifier les hôpitaux et les cliniques, mesurer leur qualité. Par ses travaux, la HAS éclaire la décision des pouvoirs publics, accompagne les professionnels de santé, informe les personnes malades et les usagers du système de santé.
Haute Autorité de Santé - HASArticle
Publié le 10/11/2021
Information proposée par Haute Autorité de Santé - HAS
Les symptômes oculaires, qui ne sont pas considérés comme des symptômes centraux dans la Covid19 y tiennent néanmoins une place importante et sont l’objet de plaintes fréquentes. Ils nécessitent un diagnostic précis et une prise en charge adaptée. L’examen ophtalmologique peut aussi apporter des informations importantes sur la physiopathologie de ces troubles.
L’examen à l’œil nu : le médecin généraliste pourra diagnostiquer un chalazion* ou un orgelet** mais, en dehors de ces pathologies palpébrales, un examen spécialisé par un ophtalmologiste est requis. (Devant ces signes non urgents, le médecin généraliste pourra se référer à l’annexe pour orientation diagnostique et thérapeutique)
L’examen à la lampe à fente : permettra de diagnostiquer un syndrome sec oculaire*** avec plus ou moins une kératite ponctuée superficielle associée et/ou une blépharite ****.
baisse visuelle uni ou bilatérale, amputation du champ visuel, vision déformée, vision trouble, scotome, photopsie (vision de flashs), altération de la vision des couleurs.
anomalie du reflexe photomoteur, strabisme, diplopie, scotome scintillant persistant (tout ou partie du champ visuel remplie de tâches brillantes qui bougent et aveuglent), hallucinations visuelles, agnosie visuelle aperceptive, prosopagnosie (difficulté à visualiser les visages), neige visuelle, ptosis permanent ou intermittent d’apparition récente
Devant tout symptôme ou signe urgent, le médecin généraliste doit impérativement adresser son patient aux urgences ophtalmologiques ou en urgence à un ophtalmologiste
➔ Rechercher à l’examen du fond d’œil (FO) complété par une imagerie rétinienne (OCT +/- angiographie) une atteinte rétinienne de type OVR (occlusion veineuse rétinienne), OAR (occlusion artérielle rétinienne), PAMM (paracentral acute middle maculopathy), AMN (neuropathie maculaire aigüe), choroïdite séreuse centrale ou une atteinte du nerf optique type NOIAA (neuropathie ischémique antérieure aigüe) ou un œdème papillaire.
➔ Rechercher à la lampe à fente la présence d’un syndrome sec*** (associé plus ou moins à une kératite ponctuée superficielle) ou d’une uvéite antérieure
➔ La douleur à la mobilisation de l’œil doit faire évoquer une neuropathie optique en particulier de type anti MOG (anti-myelin oligodendrocyte glycoprotein)
➔ Rechercher une myasthénie, un accident vasculaire cérébral, des lésions cérébrales
➔ Rechercher une anomalie de la vision binoculaire, une hétérophorie plus ou moins associée à un trouble de la surface oculaire (trouble de la composition des larmes ou syndrome sec) ; rechercher si une fatigue générale est associée.
➔ Prise en charge multidisciplinaire (ophtalmologiste, cardiologue, interniste, neurologue) avec imagerie rétinienne (FO, OCT, +/- angiographie). Traiter en fonction de l’étiologie. Éventuellement déclarer en événement indésirable si post vaccination.
➔ Pour la sécheresse oculaire : cf. annexe
➔ Pour la blépharite : cf. annexe
➔ Pour la kératite : se référer au traitement du syndrome sec oculaire dans l’annexe
➔ Pour l’uvéite, prise en charge multidisciplinaire, par un ophtalmologiste et l’aide d’un interniste, qui associe après bilan, en général un traitement local ou général corticoïde +/- une dilatation de la pupille.
➔ Douleur à la mobilisation de l’œil avec +/- scotome/amputation du CV
Prise en charge multidisciplinaire avec un ophtalmologiste pour interpréter le CV, analyser les potentiels évoqués visuels (PEV), faire l’examen de la rétine et du nerf optique avec une tomographie à cohérence optique (OCT), qui permet d’analyser en particulier la couche des fibres nerveuses rétiniennes qui sortent du nerf optique (RNFL)+ un avis neurologique avec ponction lombaire (PL) et imagerie cérébrale. Le traitement sera géré par le neurologue
➔ Photopsies, post images, hallucinations, agnosie visuelle aperceptive, prosopagnosie, modification des couleurs, neige visuelle, anomalie du réflexe photomoteur, apparition d’un strabisme, paralysie oculomotrice, diplopie, ptosis
Prise en charge multidisciplinaire selon les symptômes et le contexte (ophtalmologiste, cardiologue, neurologue, avec bilan neurologique complet avec imagerie cérébrale (PL, IRM, scanners, Pet Scan)
➔ Prise en charge multidisciplinaire : bilan binoculaire si une anomalie est détectée à l’examen sous écran avec réalisation d’un Lancaster. Si décompensation d’un état antérieur une prise en charge orthoptique est indiquée ; sinon si tableau de parésie/paralysie oculomotrice ou fatigue visuelle majeure : prise en charge par un neuro-ophtalmologiste et bilan neurologique avec imagerie cérébrale.
Take home messages
En cas de plaintes oculaires dans le cadre de symptômes prolongés de la Covid-19 :
- le médecin traitant devra pratiquement toujours adresser son patient auprès d’un ophtalmologiste pour éviter une erreur diagnostique
- des signes neuro ophtalmologiques, vasculaires rétiniens et/ou choroïdiens, ou de la surface oculaire doivent attirer l’attention
La connaissance sur les symptômes prolongés de la Covid-19 évolue constamment. Les mécanismes responsables d’atteintes multi-organes incluent l’inflammation, les phénomènes thrombotiques, l’autoimmunité et une dérégulation du système autonome et de la régulation du flux sanguin.
L’œil n’est pas épargné et toutes ses tuniques peuvent être impliquées. L’ophtalmologiste traitant est essentiel pour le diagnostic et orientera les patients sur des centres spécialisés s’il le juge nécessaire. L’examen ophtalmologique bien conduit permettra un diagnostic précis et orientera aussi vers d’autres organes en particulier le cerveau, mais aussi le cœur, et le système vasculaire en général.
Téléchargez le dossier complet : Les troubles oculaires dans le contexte des symptômes prolongés de la Covid-19 – Diagnostic et prise en charge en PDF
1. Dalia Tohamy,1 Mohamed Sharaf,1 Khaled Abdelazeem,1 Mohamed G A Saleh,1 Mahmoud F Rateb,1 Wael Soliman,1 Salma M Kedwany,1 Mohamed Omar Abdelmalek,2 Mohammed A Medhat,2 Amal M Tohamy,3 and Hany Mahmoud4. Ocular Manifestations of Post-Acute COVID-19 Syndrome, Upper Egypt Early Report. J Multidiscip Healthc. 2021; 14: 1935–1944.
2. Braceros KK, Asahi MG, Gallemore RP. Visual snow-like symptoms and posterior uveitis following COVID-19 infection. Case Rep Ophthalmol Med. 2021;2021:6668552.
3. Gambini G, Savastano MC, Savastano A, et al. Ocular surface impairment after coronavirus disease 2019: a cohort study. Cornea. 2021;40(4):477–483.PMID: 33214412.
4. Yamaoka-Tojo M. Vascular Endothelial Glycocalyx Damage in COVID-19. Int J Mol Sci 2020;21. doi:10.3390/ijms21249712
5. Pablo Argüeso. The Disrupted Glycocalyx as a Source of Ocular Surface Biomarkers. Eye Contact Lens. Author manuscript; available in PMC 2021 Mar 1.Published in final edited form as: Eye Contact Lens. 2020 Mar; 46(Suppl 2): S53–S56.
6. Gerd Wallukat et al. Functional autoantibodies against G-protein coupled receptors in patients with persistent LongCOVID-19 symptoms. J Transl Autoimmun. 2021;4:100100.
* Chalazion :
Le chalazion est un kyste bénin qui se développe dans l’épaisseur de la paupière sous forme d’une boule. Il est causé par l’inflammation et non pas l’infection d’une ou plusieurs glandes sébacées, les glandes de Meibomius. Celles-ci produisent du sébum, substance huileuse qui entre dans la composition des larmes. La paupière peut être ou non enflammée avec une baisse visuelle si le chalazion est important. Un larmoiement peut être présent lorsque le chalazion est interne. En regard, on note souvent une légère infection de la conjonctive. Le patient peut se plaindre d’une sensibilité accrue à la lumière, de douleurs, de sensation de grains de sable dans l’œil.
Le chalazion peut néanmoins s’infecter dans un second temps.
Lors de l’épidémie de Covid-19, une recrudescence des chalazions a été observée, probablement liée au port du masque.
Le traitement dépend du stade du chalazion. Plus de 50% des chalazions disparaissent avec une bonne hygiène des paupières. Quand le chalazion est récent, des compresses imbibées d’eau chaude deux à quatre fois par jour pendant 15 à 20 minutes, associé à des pommades anti-inflammatoires pendant quelques jours le font régresser souvent rapidement. Les antibiotiques locaux sont nécessaires uniquement en présence d’infection. Parfois un traitement chirurgical de curage du chalazion est envisagé lorsque les traitements médicaux n’ont pas donné de résultat après deux mois.
** Orgelet :
L’orgelet lui se développe à la racine des cils et provient de l’infection de la racine d’un cil. Il contient du pus. Il est habituellement traité par l’épilation du cil infecté et l’application d’une pommade antibiotique à large spectre pendant quelques jours.
*** Syndrome sec :
**** Blépharite :
La blépharite est une inflammation du bord des paupières.
Souvent désespérément chronique, les signes cliniques sont représentés par des démangeaisons, une sensation de brûlure ou de corps étrangers, un larmoiement. Il y a souvent des débris croûteux autour des cils. Parfois, la blépharite s'accompagne d’une rougeur de l’œil.
Le traitement est chronique. Il consiste à appliquer des compresses chaudes sur les yeux et faire des « massages » des glandes de Meibomius.
Un traitement local à base de pommade antibiotique ou anti inflammatoire quelques jours par mois peut être nécessaire en cas d’inflammation importante ou de surinfection.
À retrouver sur https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-11/fiche_signes_oculaires_2021-11-18_22-39-40_963.pdf
La Haute Autorité de Santé, est une autorité publique, indépendante, à caractère scientifique, qui vise à assurer à tous les meilleurs soins. Elle trois missions principales : évaluer l’intérêt des médicaments, des dispositifs médicaux et des actes en vue de leur remboursement par l’Assurance maladie, élaborer des recommandations de bonnes pratiques pour les médecins, définir des parcours de soins, faciliter le bon soin, au bon moment pour le bon patient et certifier les hôpitaux et les cliniques, mesurer leur qualité. Par ses travaux, la HAS éclaire la décision des pouvoirs publics, accompagne les professionnels de santé, informe les personnes malades et les usagers du système de santé.
Haute Autorité de Santé - HAS