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Article
Publié le 19/01/2023
Information proposée par Haute Autorité de Santé - HAS
Parmi de nombreux symptômes exprimés par les patients, certains sont évocateurs de dysautonomie (atteinte du système nerveux autonome).
Ces symptômes sont très polymorphes, pouvant s’associer :
Chez un même patient l’atteinte est rarement complète et seuls certains symptômes sont rapportés. Or, tous ces symptômes pris isolément ne sont pas spécifiques d’une pathologie du système nerveux autonome (SNA) et peuvent se rencontrer dans de multiples affections. C’est la raison pour laquelle des explorations dédiées et une évaluation clinique pluridisciplinaire doivent être conduites pour pouvoir rapporter les plaintes du patient à une atteinte du système nerveux autonome. Leur sévérité et leur durée doivent conduire à une exploration spécifique.
Une enquête étiologique systématique doit être réalisée devant toute dysautonomie, ce d’autant qu’elle est d’installation subaiguë, principalement à la recherche d’une cause et en général conduite par le spécialiste : toxique (alcool, médicaments), auto-immune, infectieuse, paranéoplasique, neuropathie amyloïde. D’autres causes d’installation chroniques sont classiques (diabète, maladie de Parkinson…).
Devant ces différents profils, une évaluation clinique et divers examens complémentaires des systèmes sympathique ou parasympathique sont réalisés. Certains ne nécessitent pas d’équipement spécifique, mais tous sont chronophages et difficiles à réaliser au cabinet de ville. L’expérience montre qu’ils sont néanmoins chacun séparément peu sensibles dans le cadre du COVID long et qu’il est souhaitable alors d’adresser le patient en consultation spécialisée en cas de manifestation prolongée et invalidante c’est-à-dire ayant un retentissement dans la vie sociale et professionnelle, pouvant aller jusqu’à l’arrêt de travail.
Il n’y a pas un examen plus sensible qu’un autre et leur combinaison est nécessaire pour porter un diagnostic. En revanche, chercher une hypotension orthostatique sans accélération du pouls ou un syndrome de tachycardie posturale orthostatique (POTS), est facile à réaliser, mais après 10 minutes de repos allongé et à renouveler à 1, 3, 5 et 10 minutes après la mise en station debout.
Les critères du POTS sont :
• ↗ FC ≥ 30 battements/min (ou ≥ 40 /min chez les 12 à 19 ans) dans les 10 minutes suivant le passage en orthostatisme, et
• L’absence d’hypotension orthostatique (↘ ≥ 20/10 mm Hg de la PA dans les 3 min suivant le passage en orthostatisme), et
• La présence d’une inadaptation orthostatique ou aux changement positionnels variables (étourdissements, palpitations, tremblements, faiblesse généralisée, vision trouble, fatigue), avec amélioration rapide dès le retour au décubitus.
À partir de quand envoyer au spécialiste pour savoir s’il faut faire des explorations ?
Le spécialiste intervient dès lors que les manifestations ont un retentissement social et professionnel ou que le patient rapporte les tolérer difficilement. Il n’est pas possible de donner un délai. Des manifestations très brutales et très invalidantes doivent faire consulter rapidement, principalement pour éliminer une autre cause, tandis que des manifestations d’installation plus progressive mieux tolérées pourront être évaluées plus tardivement.
Les moyens à disposition pour réduire ces symptômes, l’hypotension orthostatique en particulier, sont tout d’abord non pharmacologiques
Le patient doit être adressé au spécialiste dès lors que les mesures non pharmacologiques sont inefficaces.
Les stratégies pharmacologiques, après avis spécialisé, sont les suivantes :
➔ de petites doses de bêtabloquants peuvent être prescrites en cas de tachycardie sinusale mal supportée, après bilan à la recherche d’une autre cause et en l’absence de contre-indication ;
➔ l’ivabradine peut être proposée en seconde intention, après avis cardiologique, si inefficacité ou mauvaise tolérance des bêta-bloquants ;
➔ s’il existe une hypotension orthostatique neurogénique seulement :
➔ la dompéridone est préconisée en 1re intention devant les troubles gastriques (accélération de la vidange gastrique) (cf. Résumé des caractéristiques du produit) ;
➔ pour les manifestations gastro-intestinales et vésico-sphinctériennes, le patient est confié aux spécialistes d’organes afin d’éliminer formellement un obstacle.
Ces troubles dysautonomiques à la suite d’une COVID-19 ne répondant pas aux mesures simples semblent peu fréquents. L’exploration ne doit donc pas être systématique et réservée aux formes sévères.
Références bibliographiques
À retrouver sur https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-11/fiche_symptomes_dysautonomiques.pdf
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