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Article
Publié le 11/03/2022
Information proposée par Haute Autorité de Santé - HAS
‒ des complications neurologiques liées à la Covid-19 : suites d’AVC, de Guillain-Barré, d’encéphalites/encéphalopathies, de crises épileptiques, anosmie, complications neuromyopathiques de la réanimation, etc. (recours neurologue, MPR) ;
‒ de manifestations neurologiques dues à une cause autre, sans lien avec la Covid-19, justifiant toujours une attitude diagnostique proactive (recours neurologue) ;
‒ des manifestations de novo en rapport avec la Covid-19 avec un décours temporel évocateur : Covid-19 ambulatoire ou hospitalisé, sans corrélation entre la gravité de l’épisode infectieux et l’intensité des symptômes, symptômes prolongés évoluant de manière prolongée voire chronique, rarement isolés.
‒ Écouter et repérer le mode d’apparition et d’évolution des symptômes ainsi que leurs associations. Les plus fréquents sont les céphalées, les difficultés attentionnelles, les difficultés de concentration, un manque du mot favorisé par la fatigue psychique, des troubles neurovégétatifs, une sensation d’instabilité ou de vertige, les myalgies, les faiblesses musculaires, les sensations de brûlures, la fatigabilité à l’effort, et les troubles du sommeil.
‒ Un calendrier des symptômes peut être utile (facteurs déclenchants et favorisants, traitements et activités qui soulagent, quantifier les prises médicamenteuses).
‒ Examen neurologique standard indispensable, comprenant l’examen de l’appareil moteur (force musculaire, réflexes tendineux, et coordination), de l’appareil sensitif superficiel et profond, du champ visuel au doigt, des nerfs crâniens et du système nerveux autonome (interrogatoire et recherche d’hypotension orthostatique).
Toute anomalie motrice et sensitive devra motiver le recours à un neurologue pour avis et exploration spécialisée. En cas de dysautonomie : cf. fiche troubles dysautonomiques.
‒ Les céphalées doivent faire l’objet d’une analyse sémiologique pour en assurer le diagnostic syndromique :
● Céphalées secondaires à une pathologie crânienne, ORL ou systémique (apnées du sommeil), neurologique (névralgies et douleurs trigéminovasculaires).
● Céphalées primaires comme une céphalée de tension ou une migraine, ou psychogène. À noter la céphalée chronique attribuée à une infection systémique virale (classification IHS - item 9.2.2.2)1 .
Une imagerie est nécessaire en cas de suspicion de céphalée secondaire. Les céphalées sont le plus souvent de type tensif, associées à d’autres symptômes. Elles peuvent être prises en charge par le médecin de premier recours, souvent par kinésithérapie, rééducation ou par des antalgiques de palier 1, exceptionnellement palier 2 sur une courte période. Le recours à un neurologue est justifié en cas d’échec ou de suspicion de céphalée secondaire.
‒ Les troubles cognitifs ou neuropsychologiques sont souvent décrits par les patients comme un ralentissement psychique, un manque de clarté dans la pensée, une difficulté attentionnelle ou des troubles mnésiques dans le cadre du travail ou de la vie domestique, des difficultés à réaliser des doubles tâches, à trouver ses mots. Ces troubles semblent d’autant plus marqués que les patients étaient actifs et performants avant leur maladie. Une première évaluation consiste à recenser les plaintes et les observations du patient et à réaliser un MoCA (Montréal Cognitive Assessment1 ), score plus informatif que le MiniMental Status dans ce contexte (exploration des capacités exécutives). En cas d’anomalie persistante sur l’échelle ou de gravité particulière (par ses conséquences notamment) une évaluation par un neurologue ainsi qu’une exploration neuropsychologique pourront être effectués. Une IRM cérébrale, un électroencéphalogramme, voire d’autres explorations pourront être jugés nécessaires. Le TEP scan peut s’avérer nécessaire, après avis spécialisé neurologique ou consultation mémoire, dans le cadre du bilan de diagnostic différentiel.
‒ Les myalgies et la fatigue musculaire sont des plaintes fréquentes. Le diagnostic requiert un entretien précis concernant les circonstances de survenue, les caractéristiques, les symptômes associés, les effets des mesures thérapeutiques déjà testées. Le degré d’incapacité quotidienne, et de déconditionnement à l’effort antérieur ou induit par les myalgies seront précisés. Un dosage des enzymes musculaires peut être utile, vérifier l’absence de médicament potentiellement iatrogène (statines). En l’absence de cause retrouvée une prise en charge rééducative progressive et non algique peut être mise en place en respectant les capacités / limites des patients et en l’absence de contre-indications (cf. fiche fatigue).
‒ Les douleurs à type de brûlures survenant par bouffées imprévisibles en même temps qu’une sensation de chaleur interne intense sont un phénomène décrit et relativement stéréotypé. Elles peuvent durer plusieurs dizaines de minutes et n’admettent pas de facteur déclenchant ni d’horaire particulier, semblant s’amenuiser avec le temps. Leur topographie et la normalité de l’examen éliminent une douleur neuropathique (échelle DN4négatif). L’absence de symptôme témoignant d’une activation du système nerveux autonome (vasodilatation, rougeur augmentation de la température cutanée) plaide contre une cause neurovégétative. Leur évaluation et prise en charge ne sont pas codifiées et peuvent relever de la prise en charge du syndrome douloureux chronique.
‒ Les manifestations neurovégétatives : tachycardie-palpitations, troubles vasomoteurs, troubles digestifs, sensations de malaise (lipothymies avec hypotension), dyspnée ou impression de dyspnée. Ces manifestations accompagnent les émotions mais paraissent au patient, inadaptées. L’examen vérifie l’absence d’anomalie objective du système nerveux autonome comme une hypotension orthostatique à pouls invariant, une gastroparésie, une douleur névralgique qui ferait rechercher une névralgie du IX, ainsi que de l’absence d’iatrogénie (bêta-bloqueurs, hypotenseurs, anticholinergiques, etc.) La prise en charge est adaptée au patient : modification des habitudes et conseils de prévention, réentrainement à l’effort (cf. fiche fatigue), psychothérapies cognitivocomportementales, avec suivi monitoré des progrès dans la récupération d’une vie normale. Voir fiche troubles dysautonomiques.
‒ Les troubles du sommeil peuvent comporter des insomnies, une fragmentation du sommeil, l’irruption de cauchemars, une hypersomnie. L’analyse et la prise en charge ne diffèrent pas.
Références bibliographiques
À retrouver sur https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-11/fiche_manifestations_neurologiques.pdf
La Haute Autorité de Santé, est une autorité publique, indépendante, à caractère scientifique, qui vise à assurer à tous les meilleurs soins. Elle trois missions principales : évaluer l’intérêt des médicaments, des dispositifs médicaux et des actes en vue de leur remboursement par l’Assurance maladie, élaborer des recommandations de bonnes pratiques pour les médecins, définir des parcours de soins, faciliter le bon soin, au bon moment pour le bon patient et certifier les hôpitaux et les cliniques, mesurer leur qualité. Par ses travaux, la HAS éclaire la décision des pouvoirs publics, accompagne les professionnels de santé, informe les personnes malades et les usagers du système de santé.
Haute Autorité de Santé - HASLes conseils que vous trouverez dans cette section ne remplacent pas un avis médical. Contacter en priorité votre médecin ou le 15. Cette rubrique a été construite depuis les recommandations de spécialistes et nourrie par les expériences individuelles de patients covid longs. Elle est donnée à titre informatif afin d'alimenter vos échanges avec votre médecin traitant.
L’OMS a proposé une définition de « l’état post-covid ». Cette définition va être amenée à évoluer. Elle définit cet état notamment par la présence de symptômes au-delà de 3 mois après l’épisode aigu.
Article
Publié le 19/01/2023
Information proposée par Haute Autorité de Santé - HAS
De façon générale, la dyspnée est souvent sous-diagnostiquée et est rapportée par les patients à de la fatigue ou une asthénie ++, cela contribue au retard du diagnostic et de la prise
en charge thérapeutique pneumologique.
Il est basé sur :
1. L’évaluation de la dyspnée au moment de la consultation :
2. L’analyse du cycle respiratoire (mise en œuvre des muscles respiratoires accessoires, balancement thoraco-abdominal).
3. La mesure de la SpO2 au repos. Une SpO2 < 96 % chez les patients sans antécédents respiratoires connus doit nécessiter un bilan.
4. Recherche d’une désaturation à l'effort, par exemple par test de lever de chaise de 1 minute :
À envisager avant d’adresser au spécialiste :
6. Scanner thoracique sans IV à préciser, en particulier en cas de scanner pathologique au moment du diagnostic d’infection à SARS-CoV-2 et/ou en cas de dyspnée inexpliquée et/ou pour les patients ayant eu une hospitalisation pour infection à SARS-CoV-2 (pas avant M3).
7. Échographie cardiaque.
8. Score de Nijmegenpour rechercher un syndrome d’hyperventilation. Si score de Nijmegen positif (˃ 23/64) et bilan négatif et Sp02 ≥ 96 % au repos et à l’effort : syndrome d’hyperventilation
(SHV) probable.
1. Les patients avec une SpO2 < 96 % en air ambiant à distance de l'épisode initial, en l’absence
de pathologies respiratoires connues, devront être adressés en consultation à un pneumologue.
2. En cas de désaturation inexpliquée à l’effort (désaturation à 95 % ou en dessous lors du test de lever de chaise). 3. En cas d’aggravation de la dyspnée (importance de la cinétique de la dyspnée). 4. En cas de dyspnée et d’antécédent d’hospitalisation pour infection à SARS-CoV-2 que ce soit en unité traditionnelle ou en réanimation, pour réalisation au minimum d’une EFR-TCO et test de marche de 6 minutes. 5. En cas de bilan minimal effectué par le médecin traitant négatif.
1. Pas d’indication d’une corticothérapie inhalée sous forme nébulisée ou inhalée chez des patients présentant des symptômes persistants de toux et/ou de dyspnée en dehors de toute pathologie respiratoire documentée ou d’un diagnostic d’hyperréactivité bronchique.
2. En cas de suspicion forte de syndrome d’hyperréactivité bronchique : ‒ Il faut se donner les moyens du diagnostic (consultation pneumologie avec EFR, test au béta2 mimétique et éventuellement test de provocation à la métacholine), ce test doit être fait après un arrêt d’au moins 3 semaines. ‒ Au terme de ce bilan, un traitement par corticothérapie inhalée peut être débuté. Il ne devra pas être poursuivi en cas d’inefficacité. ‒ Un éventuel bronchodilatateur de courte durée d’action peut être également proposé. ‒ Le traitement doit être réévalué dans les 3 mois avec les résultats du bilan respiratoire et l’évolution des symptômes sous traitement.
3. Les indications d’une oxygénothérapie sont identiques à celle de la pratique habituelle (cf. guide GAV O2-SPLF).
4. Réhabilitation respiratoire si le patient reste symptomatique après évaluation respiratoire spécialisée, quelles que soient les données spirométriques et tomodensitométriques.
5. Chez un patient avec un syndrome d’hyperventilation, une prise en charge chez le kinésithérapeute formé à la rééducation du syndrome d’hyperventilation. 6. La prescription de corticoïdes ou d’antifibrosants ne peut s’envisager sans bilan spécialisé en pneumologie et discussion en RCP multidisciplinaire (cf. guides de la SPLF de suivi et de prise en charge des séquelles respiratoires).
En l’absence de séquelles parenchymateuses pulmonaires évidentes, les étiologies de dyspnée chronique retrouvées à ce jour chez des patients ayant fait une infection à SARS-CoV-2 ne sont pas différentes de celles de toute dyspnée chronique : asthme/hyperréactivité bronchique, BPCO, déconditionnement, obésité, pneumopathie interstitielle, embolie pulmonaire, insuffisance cardiaque, syndrome d’hyperventilation. Parfois ces pathologies étaient non diagnostiquées et ont été aggravées par l’épisode viral ou les conséquences du confinement.
Annexe 1 :
Échelle de dyspnée mMRC (modified Medical Research Council)
➔ Grade 0 = Absence de gêne liée au souffle, sauf pour des exercices physiques intenses
➔ Grade 1 = Gêné par l’essoufflement à la marche rapide ou en gravissant une légère colline
➔ Grade 2 = Sur terrain plat, marche plus lentement que les personnes du même âge en raison de l’essoufflement, ou doit s’arrêter pour respirer en marchant à son propre rythme.
➔ Grade 3 = Arrête pour respirer après 100 mètres ou quelques minutes de marche sur terrain plat.
➔ Grade 4 = Trop essoufflé pour quitter la maison, ou essoufflement en s’habillant ou se déshabillant
Références bibliographiques
1. Andrejak C, Blanc FX, Costes F, Crestani B, Debieuvre D, Perez T, et al. Guide pour le suivi respiratoire des patients ayant présenté une pneumonie à SARS-CoV-2. Propositions de prise en charge élaborées par la Société de pneumologie de langue française. Version du 10 mai 2020. Rev Mal Respir 2020;37(6):505-10.
2. Andrejak C, Cottin V, Crestani B, Debieuvre D, Gonzalez-Bermejo J, Morelot-Panzini C, et al. Guide de prise en charge des séquelles respiratoires post infection à SARS-CoV-2. Propositions de prise en charge élaborées par la Société de Pneumologie de Langue Française. Version du 10 novembre 2020. Rev Mal Respir 2021;38(1):114-21.
3. Société de pneumologie de langue française. Rappels réglementaires et techniques pour l’oxygénothérapie de courte durée au domicile, dans le contexte de patients atteints de Covid19 grave hors milieu pneumologique. Version 2 du 14/11/20. Paris: SPLF; 2020.
À retrouver sur https://has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-11/fiche_dyspnee.pdf
La Haute Autorité de Santé, est une autorité publique, indépendante, à caractère scientifique, qui vise à assurer à tous les meilleurs soins. Elle trois missions principales : évaluer l’intérêt des médicaments, des dispositifs médicaux et des actes en vue de leur remboursement par l’Assurance maladie, élaborer des recommandations de bonnes pratiques pour les médecins, définir des parcours de soins, faciliter le bon soin, au bon moment pour le bon patient et certifier les hôpitaux et les cliniques, mesurer leur qualité. Par ses travaux, la HAS éclaire la décision des pouvoirs publics, accompagne les professionnels de santé, informe les personnes malades et les usagers du système de santé.
Haute Autorité de Santé - HASDe nombreux malades affectés par un Covid Long éprouvent une aggravation disproportionnée de leurs symptômes après une activité physique et/ou cognitive, même légère, activité qui pourrait sembler totalement anodine pour n’importe quelle personne en bonne santé (simple marche de quelques minutes, séance de lecture…). a
Article
Publié le 26/05/2023
Information proposée par ComPaRe, la Communauté de Patients pour la Recherche
ComPaRe, la Communauté de Patients pour la Recherche de l’AP-HP, a permis l’identification de trois trajectoires d’évolution du Covid long après l’infection initiale.
Cette étude, réalisée auprès de 2197 patients souffrant de Covid long suivis régulièrement dans ComPaRe, montre qu’au cours des 2 premières années de maladie :
Réalisée par le Dr Viet-Thi Tran, épidémiologiste et co-investigateur de ComPaRe (Université Paris Cité / AP-HP), l’étude a fait l’objet d’une publication scientifique dans la revue International Journal of Infectious Diseases le 12/05/2023.
Environ 1 personne sur 10 ayant été infectée par le SARS-CoV2 rapporte des symptômes au long cours tels qu’une fatigue persistante, un "brouillard mental", un essoufflement ou une perte d'odorat ou de goût : c’est le Covid long.
Environ 90% des personnes atteintes de Covid long rapportent encore des symptômes un an après leur infection initiale.
Le Covid long n’est pas une « maladie » unique mais un syndrome complexe résultant de multiples mécanismes souvent intriqués (séquelles de la maladie aigüe ou de son traitement, mécanismes immunologiques, psychologiques, etc.) ce qui explique le tableau clinique complexe et souvent hétérogène des patients.
Si en mars 2023, une étude avait montré que la vaccination contre la Covid-19 améliore les symptômes du Covid long chez les patients ayant déjà un Covid long, très peu d’études avaient exploré la diversité des présentations cliniques des patients souffrant de Covid long.
Les chercheurs ont utilisé les données de 2 197 patients participant à la cohorte ComPaRe Covid long (représentant un suivi de 19 729 patients par an) pour identifier des groupes de patients avec des trajectoires homogènes d’évolution de la maladie.
Trois trajectoires ont été identifiées :
Ces résultats sont importants pour comprendre les mécanismes sous-jacents du Covid long, en faisant l’hypothèse que différents mécanismes à l’origine des symptômes vont donner lieu à des évolutions différentes de la maladie.
Ils permettront une meilleure prise en charge des patients, en permettant, d’une part, de mieux informer les patients souffrant de Covid long de leur évolution, et d’autre part de mieux estimer les besoins du système de santé pour répondre au défi du Covid long.
Reference :
À l’occasion de cette publication, ComPaRe remercie tous les participants ayant contribué à ces résultats et relance son appel à la participation. En s’inscrivant sur ComPaRe, les patients contribueront à faire avancer la recherche médicale publique sur leur maladie
Créée en 2017 par l’AP-HP, ComPaRe, la Communauté de Patients pour la Recherche rassemble aujourd’hui plus de 50 000 patients volontaires partout en France. Ils contribuent à faire avancer la recherche sur leur(s) maladie(s) chronique(s) en répondant régulièrement aux questionnaires en ligne des chercheurs, sur la plateforme sécurisée.
Les patients participent à la cohorte générale et/ou à l’une des quatorze cohortes dédiées au diabète, à la maladie de Verneuil, au vitiligo, à la lombalgie chronique, aux maladies rénales, aux vascularites, à l’hypertension artérielle, à l’endométriose, aux neurofibromatoses ou au syndrome de Marfan.
À retrouver sur https://www.aphp.fr/contenu/compare-covid-long-trajectoires-devolution-des-symptomes-du-covid-long
ComPaRe regroupe une communauté de patients souffrant de maladies chroniques (asthme, diabète, cancer, vitiligo…). Enclins à partager des données autour de leurs maladies et traitements, le plus souvent à travers des questionnaires, les patients contribuent ainsi à cette plateforme de recherche collaborative, permettant à des équipes de recherche publique d’utiliser les données collectées.
ComPaRe, la Communauté de Patients pour la Recherche