Servais Beatrice
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Pratique les bilans de préventions
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Prise nouveaux patients pour bilan de prévention
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Rabaste Elsa
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Invalidité et Covid long

Article

Publié le 14/02/2024

Information proposée par #ApresJ20 - Association Covid Long France

Le Covid Long peut entrainer une réduction de la capacité de travail.  Des aides sont proposées afin de compenser la perte de salaire. Cette rubrique présente les démarches à suivre pour pouvoir en bénéficier.

Présentation

Selon la Sécurité sociale (secteur privé), une personne est considérée en invalidité si, après un accident ou une maladie non professionnelle, la capacité de travail ou de gain est réduite d’au moins des 2/3 (66%). Cela signifie que la personne en invalidité n’est plus en mesure de percevoir un revenu supérieur au 1/3 (33%) de la rémunération normale des travailleurs de sa catégorie.

La notion d'invalidité ne doit pas être confondue avec celle d’inaptitude, qui est évaluée par la médecine du travail. En effet, seul le médecin du travail peut déclarer une inaptitude totale ou partielle à un poste (et dans ce cas, demander un aménagement ou un reclassement). Il peut aussi, en fonction de l’état de santé, déclarer une inaptitude totale à travailler (généralement, dans ce cas, une reconnaissance en invalidité aura été également reconnue par la CPAM).

Exemple : une personne qui exerçait un métier nécessitant le port de charges lourdes et qui aurait des problèmes au dos peut être déclarée inapte dans son poste par le médecin du travail mais elle ne sera pas forcément reconnue invalide car sa capacité de gain reste entière et elle peut être orientée vers un poste de bureau.

Ainsi, un salarié inapte n'a pas systématiquement droit au versement d'une pension d'invalidité. Et inversement, un assuré invalide n'est pas systématiquement inapte au travail si le poste est adapté à l’état de santé (temps partiel,aménagements, télétravail,...).

La mise en invalidité

En fonction de l’évolution de l’état de santé, une mise en invalidité pourra être envisagée avec la perception d’une pension d’invalidité.

Il s’agit d’un revenu de substitution (un pourcentage du salaire) qui a vocation à compenser la perte de revenus d’activité du fait d’une perte partielle ou totale de la capacité à travailler.

Généralement, la mise en invalidité interviendra après une période d’incapacité de travail (arrêt de travail) dont la durée maximale est de 3 ans (temps partiel thérapeutique compris). 

La mise en invalidité peut s'effectuer de 2 manières :

  • Par le Médecin Conseil de la CPAM

La mise en invalidité peut intervenir au cours de l’arrêt maladie sur proposition du médecin conseil de la CPAM, suite à une visite de contrôle, si celui-ci considère que “l'état médical de l’assuré est stabilisé”. Généralement ce rendez-vous interviendra au-delà des 18 mois d’arrêt.

Cela ne signifie pas que la personne est guérie. Le médecin conseil considère que l’état médical n’est pas susceptible de s’améliorer significativement malgré les traitements ou thérapies en cours et qu’une reprise d’un travail à temps complet est impossible.

Il prononce alors un avis favorable à une mise en invalidité puisque la personne a perdu au moins les 2/3 de ses capacités de travail et il mettra alors fin au versement des indemnités journalières.

La CPAM informera alors l’assuré de la date d’arrêt du versement des indemnités journalières en raison de la stabilisation de son état.

Il lui sera alors demandé de remplir le Cerfa 11174 de demande d’invalidité et transmettre les documents demandés (derniers bulletins de salaire, avis d’imposition…) :

​NB : dans ce courrier, il sera indiqué les voies de recours si l’assuré souhaite contester cette décision dans un délai de 2 mois. La pension ne peut pas être rétroactive et prendra effet à la date de stabilisation indiquée par le courrier de la CPAM.

  • A la demande de l'assuré

L’assuré peut déposer lui-même la demande avec l’aide de son médecin traitant (ou des services sociaux) durant sa période d’arrêt de travail ou à la fin de la période légale d’attribution des indemnités journalières (3 ans) ou si la caisse primaire a cessé le versement des indemnités.

Il existe 3 catégories d’invalidité :

  • Catégorie 1 : Invalide, capable d’exercer une activité rémunérée
  • Catégorie 2 : Invalide, incapable d’exercer une profession (selon le code de la sécurité sociale) MAIS selon la jurisprudence, un classement en 2ème catégorie ne vaut pas interdiction de travailler. Il peut être possible de travailler en temps partiel réduit selon l’état de santé de la personne. Il s’agira d’une appréciation au cas par cas par le médecin du travail.
  • Catégorie 3 : Invalide, incapable d’exercer une profession et nécesssitant l’assistance d’une tierce personne pour les actes ordinaires de la vie


LE MONTANT DE LA PENSION ET LE SALAIRE ANNUEL MOYEN DES 10 MEILLEURES ANNEES

Le montant de la pension d’invalidité (théorique) est de :

  • 30 % de la moyenne des 10 meilleures années de salaires pour la catégorie 1 (min mensuel: 311,56 € et maximum 1099,80 € pour 2023)
  • 50 % de la moyenne des 10 meilleures années de salaires pour la catégorie 2 (min mensuel: 311,56 € et maximum 1833 € pour 2023)

NB : chaque année prise en compte pour le calcul sera plafonnée au PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale) de l’année retenue (ex: les revenus de 2018 seront plafonnés au PASS de 2018). 

Le montant retenu sera ensuite revalorisé par un coefficient d’érosion monétaire pour tenir compte de l’évolution monétaire entre les années de salaires retenus et l’année de la mise en invalidité. Par ailleurs, chaque 1er avril, les pensions sont revalorisées. Ces calculs permettent de définir la pension d‘invalidité théorique.

Une rente invalidité pourra également être servie en complément de la pension si la personne en invalidité est couverte par un contrat de prévoyance (à titre individuel ou par un contrat de prévoyance souscrit par l’employeur). Cette rente garantira le versement d’une rente correspondant à un pourcentage du salaire annuel brut.

LE CUMUL INVALIDITÉ ET RESSOURCES

L’invalidité permettant de continuer à travailler, selon les cas, à temps partiel, il y aura alors ce que l’on appelle Le Cumul Invalidité et Ressources. Il sera alors régulièrement à déclarer au service invalidité de la CPAM (ou CRAMIF en Ile de France), depuis le compte Ameli, afin qu'ils puissent le comparer au Salaire annuel moyen de Comparaison qui servira de référence.
La pension sera versée dans son intégralité si les ressources (Pension d'invalidité théorique + revenus professionnels) ne dépassent pas un certain seuil appelé “ Salaire Annuel Moyen de comparaison”.

 

À retrouver sur https://www.apresj20.fr/invalidit%C3%A9

#ApresJ20 - Association Covid Long France est gérée par des malades souffrant du Covid Long. Nous avons pour objectifs d'informer, de soutenir les malades et leurs proches, mais également de collaborer avec les acteurs de santé pour une reconnaissance de la maladie et une meilleure prise en charge.

Ce site offre de la visibilité à notre communauté dans l’espoir qu'un jour, chaque malade puisse être reconnu et soigné.

Affection longue durée et Covid long

Article

Publié le 14/02/2024

Information proposée par #ApresJ20 - Association Covid Long France

La pathologie du Covid Long revêt un caractère chronique qui peut nécessiter le recours à une Affection longue durée (ALD). L'objectif de cette aide consiste à prendre en charge les frais de soins. Cette rubrique présente les informations, conseils  et démarches à suivre pour effectuer et obtenir plus facilement cette demande. 

ALD : démarches à suivre

L’affection longue durée (ALD) n’est pas une reconnaissance de la pathologie mais permet la prise en charge « à 100 % » de pathologies qui nécessitent un traitement prolongé et coûteux. Ce n’est donc pas lié à la pathologie mais aux besoins de prise en charge. Il n’existe à ce jour pas d’ALD spécifique pour les symptômes prolongés de la Covid-19. 

Toutefois, dans certaines situations, vous pouvez bénéficier de la reconnaissance en ALD, hors liste. La demande est réalisée par le médecin traitant et étudiée par le médecin conseil de l’Assurance Maladie.

Quelles sont les possibilités pour les personnes atteintes de Covid long ?

Si vous êtes déjà en ALD pour une maladie autre que la Covid-19, et si celle-ci s’aggrave du fait de la Covid-19, la prise en charge de cette aggravation se fera dans le cadre de l’ALD existante.

Si vous souffrez de séquelles inscrites dans la liste des séquelles qui peuvent bénéficier d’une ALD, vous pouvez obtenir l’ALD concernée. Par exemple, si vous souffrez d’une insuffisance respiratoire suite à la Covid-19.

Si vous souffrez de formes sévères de symptômes prolongés de la Covid-19 (Covid Long), votre médecin traitant devra formuler une demande d’ALD hors liste.

Pour cela, certains critères sont utiles mais peuvent faire l’objet d’une appréciation différente selon les médecins conseils et d’une région à l’autre :

  • la durée d’évolution prévisible de la maladie est supérieure à 6 mois,
  • le patient doit être atteint d’une forme grave et évolutive de la maladie,
  • la présence d’une dégradation de la qualité de vie,
  • la prise en charge de la maladie doit comprendre obligatoirement un traitement médicamenteux et/ou un appareillage (panier de soins et traitement coûteux ou appareillage réguliers identifiés…).
  • 2 critères parmi les 4 suivants sont également obligatoires :
    • soins paramédicaux fréquents et réguliers,
    • hospitalisation à venir,
    • actes techniques médicaux répétés,
    • actes biologiques répétés.

La prise en compte de l’ALD peut être rétroactive car elle s’applique à la date du début des symptômes. Il est à ce titre nécessaire de faire identifier et attester par votre médecin traitant ou par un autre médecin (infectiologue ou en fonction en médecine interne) votre infection à la Covid-19. L’ALD est accordée pour une durée limitée, définie par le médecin conseil de l’Assurance Maladie. Elle peut être renouvelée.

Il est observé que le temps de réponse du médecin conseil à la demande émise par le médecin traitant est fluctuante selon les régions. La demande doit être renouvelée par votre médecin traitant en l’absence de retour dans un délai raisonnable que ce dernier appréciera avec vous.

Concrètement, voici un exemple pour étayer l’ALD hors liste pour votre médecin (il est important que le médecin liste les besoins de soins du patient quelle que soit l'offre disponible) :

  1. Cocher ALD hors liste
  2. Diagnostic de l’ALD motivant la demande :
  • les symptômes invalidants (indiquer par exemple) : Covid Long sévère évoluant depuis mars 2022, et marqué par une fatigue importante, des symptômes cognitifs (difficultés de concentration, perte du mot), digestifs (douleurs abdominales post prandiales, intolérances alimentaires multiples), cardiothoraciques (essoufflement, POTS) exacerbés à l’effort physique ou intellectuel. Perte de poids. TEP Scan montrant… etc. etc.
  • les traitements (par ex) : betabloquant, cetirizine, famotidine, médicaments pour le SAMA
  • les spécialistes suivant le patient (par ex) : interniste, neurologue, cardiologue
  • les soins paramédicaux : kinésithérapeute 1 fois par semaine, orthophoniste 2 fois par semaine, etc. 

En savoir plus

À retrouver sur https://www.apresj20.fr/affection-longue-maladie

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Stigmatisation et discrimination : un poids supplémentaire sur les patients

Article

Publié le 14/02/2024

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Historiquement, les épidémies donnent souvent lieu à une mise au ban des personnes ou communautés considérées comme responsables, puis des malades et de leurs proches. La pandémie de Covid-19 ne fait pas exception et a donné lieu à l’expression de divers préjugés négatifs. Aujourd’hui, du fait des zones d’ombre qui entourent leur maladie, les personnes qui souffrent de Covid long se sentent parfois montrées du doigt de la part de leur entourage, des soignants, du monde du travail ou de la collectivité. Comment contribuer à réduire ce fardeau supplémentaire ?

Qu’appelle-t-on stigmatisation ?

La stigmatisation est le jugement négatif qu’une société porte sur des personnes ou des groupes minoritaires partageant certaines caractéristiques et, de ce fait, considérés comme différents. Elle consiste à critiquer publiquement et à attribuer une étiquette à ces personnes ou ces groupes, qui les catégorise comme inférieurs ou déviants selon divers préjugés et stéréotypes.
Dans le contexte de la santé, c’est ce que vivent par exemple les personnes obèses, ou celles qui souffrent de maladies mentales, de troubles de la croissance ou des effets du grand âge qui se retrouvent affublées d’étiquettes (les « gros », les « fous », les « nains », les « vieux ») : ces étiquettes les marquent d’un sceau dévalorisant qui leur interdit d’être pleinement acceptées par la société dans laquelle elles vivent. Ce jugement négatif s’accompagne souvent de mesures de discriminations, en termes de mise à l’écart, de perte des droits humains, de difficultés d’accès aux soins, voire de violences et d’agressions.

Les épidémies ont toujours fait le lit des stigmatisations : les personnes malades, leurs proches, mais aussi celles qui avaient guéri, étaient mises au ban de la société. À la fin du XXe siècle, la pandémie d’infection par le VIH/sida a été l’occasion de stigmatisation des personnes malades ou séropositives, voire de toutes celles qui étaient davantage à risque d’infection (homosexuels, usagers de drogues par voie intraveineuse, etc.). Plus récemment, la pandémie de Covid-19 a engendré des réactions de stigmatisation envers les personnes d’origine asiatique, les premiers cas ayant été signalés en Chine.
La stigmatisation est particulièrement nocive lorsqu’elle émane des groupes dominants ou des institutions : les structures et personnes publiques, le législateur, les médias, les personnels des établissements de santé ou médico-sociaux, par exemple. D’autre part, les personnes qui n’ont pas accès au pouvoir social, économique ou politique (personnes en grande précarité, personnes à faible niveau d’éducation, migrants, etc.) sont plus vulnérables vis-à-vis des pratiques ou des messages stigmatisants.

Qu’est-ce que l’auto-stigmatisation ?

Lorsqu’une personne stigmatisée adhère aux normes qui la stigmatisent, elle éprouve un sentiment de culpabilité (d’être comme elle est, d’être ou d’avoir été malade, de ne pas parvenir à guérir, d’être limité dans ses capacités, etc.) qui aggrave les effets de la maladie et de la stigmatisation sociale sur sa santé mentale : on parle alors d’auto-stigmatisation.
Selon les experts, les effets négatifs de l’auto-stigmatisation sont plus forts que ceux de la stigmatisation sociale. En effet, la personne qui s’auto-stigmatise ne peut pas mettre en place de mécanismes de protection puisqu’elle nourrit elle-même le rejet qu’elle ressent.

Quelles sont les conséquences de la stigmatisation et de l’auto-stigmatisation?

La stigmatisation et l’auto-stigmatisation aggravent les effets de la maladie sur la santé mentale : stress, anxiété et dépression. De plus, la personne qui souffre de stigmatisation peut chercher à cacher sa maladie, perdre le désir de se soigner et avoir tendance à s’éloigner de sa prise en charge médicale et psychologique. Rejetée par la société et, éventuellement, par elle-même, elle se résigne et s’isole socialement. Ainsi, pour elle, les trois aspects fondamentaux de la santé (physique, psychologique et sociale) se détériorent.
La stigmatisation peut avoir des répercussions négatives non seulement sur les personnes malades mais aussi sur leur famille, leurs amis, leur communauté, voire leurs soignants. Les personnes qui ne sont pas malades mais qui partagent d'autres caractéristiques avec les personnes malades peuvent également souffrir de la stigmatisation (comme les personnes d’origine asiatique pendant la pandémie de Covid-19).
La stigmatisation conduit généralement à la discrimination, c’est-à-dire à des inégalités de traitement négatives de la part de la société, entraînant des niveaux élevés de stress. Les personnes discriminées sont évitées, marginalisées et rejetées dans les domaines du travail, des relations interpersonnelles, de l'utilisation des services et de la scolarisation, entre autres.

Pourquoi les personnes qui souffrent de Covid long se sentent-elles parfois stigmatisées ?

Les personnes qui souffrent de Covid long présentent des symptômes persistants dont il est parfois difficile de préciser la cause exacte. Au moment où les symptômes sont signalés, aucune anomalie biologique ne peut être décelée malgré l’examen clinique approfondi et la prescription des examens complémentaires usuels.
Cette absence d’anomalies détectables peut favoriser la stigmatisation : rien n’est physiquement anormal et, donc, le patient est suspecté de « s’écouter » ou de ne pas « se prendre en main » pour faire disparaître ses symptômes. Aux yeux des autres, la personne qui présente ces symptômes peut apparaître comme « faible » ou « hypocondriaque », et l’origine de sa maladie se situer « dans sa tête ». En l’absence de causes établies pour expliquer son état de santé, il lui est difficile de faire reconnaître sa maladie comme telle, auprès de ses proches, de son employeur ou des professionnels de santé. 
Face à ces préjugés, la personne atteinte de Covid long risque de culpabiliser, de se crisper, de s’isoler du système de santé, voire de s’adresser à des personnes mal intentionnées qui lui apparaissent davantage à son écoute et qui se prétendent capables de lui apporter de l’aide.
Ce type de stigmatisation liée à la persistance de symptômes difficiles à expliquer a été observé après d’autres grandes pandémies (comme celle de grippe « espagnole » en 1917-1918 ou celle de grippe « russe » à la fin du XIXe siècle). Il est également observé envers les personnes qui souffrent de syndromes post-infectieux (la persistance de symptômes après une infection virale, bactérienne ou parasitaire). À noter, dans le Covid long comme dans les autres syndromes post-infectieux, la stigmatisation est renforcée par le fait que ces syndromes touchent préférentiellement les femmes et les populations précarisées, déjà sujettes à des formes de stigmatisation.

Que faire pour éviter la stigmatisation des personnes qui souffrent de Covid long ?

La prévention de la stigmatisation des personnes souffrant de Covid long est le fait de tous, simples citoyens, professionnels de santé, décideurs, etc. Les stéréotypes à l’origine d’une stigmatisation n’existent que parce que nous acceptons de les laisser survivre et se propager. Pourtant, quelques mesures simples peuvent réduire la stigmatisation des personnes qui souffrent de Covid long :

  • s’informer sur le Covid long pour ne pas propager de préjugés sur les personnes qui en souffrent ;
  • ne pas banaliser les symptômes persistants et faire preuve d’empathie et de soutien envers celles et ceux qui en souffrent ;
  • ne pas considérer que les personnes malades sont, d’une manière ou d’une autre, responsables de ce qui leur arrive ;
  • ne pas supposer une cause purement psychologique pour les symptômes persistants en l'absence d'anomalies détectables ;
  • ne pas juger les témoignages des personnes souffrant de Covid long. Les expériences des symptômes et les voies vers la guérison varient d'un individu à l'autre.
     

En conclusion, la stigmatisation et la discrimination ont été, et sont encore, des problèmes majeurs pendant la pandémie de Covid-19. Celles qui touchent les personnes qui souffrent de Covid long constituent un fardeau qui vient s’ajouter à celui des symptômes et de la diminution de la qualité de vie. Elles peuvent contribuer à l’aggravation des symptômes (en particulier ceux qui affectent la santé mentale), à l’isolement et la précarisation. De plus, elles interfèrent avec leur prise en charge médicale. Pour cette raison, il est essentiel de faire preuve d'empathie et de non-jugement à l'égard des personnes souffrant de Covid long afin de renforcer leur confiance dans les professionnels et les services censés les accompagner vers l’amélioration de leur santé. Pour les personnes malades, il s’agit également de ne pas s’enfermer dans une spirale de culpabilité.
 

Pour aller plus loin

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

Service Public d’Information en Santé

Les autres symptômes du Covid long

Article

Publié le 14/02/2024

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Au-delà des symptômes les plus fréquemment décrits (épuisement souvent aggravé par l’effort, troubles de la mémoire et de l’attention et troubles cardiorespiratoires), les personnes qui souffrent de Covid long rapportent la persistance possible d’une très grande variété de symptômes (plus de 200 symptômes ont été signalés parmi ceux pouvant persister après un Covid-19). C’est le cas, par exemple, de problèmes oculaires ou dermatologiques, de chute de cheveux ou d’acouphènes.

Les troubles oculaires

Divers troubles des yeux, des paupières ou de la vision sont observés lors de Covid long. Il peut s’agir, entre autres :

  • de picotements, de démangeaisons, de sensations de brûlure ou de grain de sable sous la paupière ;
  • de sécheresse des yeux ou de larmoiement ;
  • de rougeur des yeux ou des paupières ;
  • de tressautement d’une ou des deux paupières ;
  • de boule plus ou moins douloureuse dans une paupière (chalazion, orgelet) ;
  • de fatigue oculaire à la lecture ou en fixant un point ;
  • de taches sombres ou de flashs dans le champ de vision ;
  • de douleurs d’un œil, spontanées ou provoquées par le mouvement des yeux ;
  • plus rarement, de vision déformée, de vision trouble ou de réduction du champ de vision.

Ces symptômes, dont certains justifient une consultation en urgence, nécessitent souvent le recours à un ophtalmologiste, sauf les chalazions et les orgelets qui peuvent être pris en charge par le médecin généraliste.

Les problèmes de peau et de cheveux

Pendant et à la suite d’un épisode de Covid-19, divers problèmes de peau peuvent apparaître. En particulier :

  • des pseudo-engelures, touchant surtout les orteils, plus rarement les doigts. Elles se traduisent par des plaques rouges ou violettes, gonflées et douloureuses, provoquant parfois des démangeaisons ou des douleurs. Elles sont particulièrement présentes chez les personnes qui souffrent également d’acrocyanose (voir ci-dessous) ;
  • des phénomènes touchant les vaisseaux sanguins de la peau, à l’origine d’une couleur rouge violacée des mains ou des pieds (acrocyanose), d’une modification de la coloration des doigts (phénomène de Raynaud, avec pâleur puis rougeur, voire aspect violacé, en particulier après exposition au froid ou à l’humidité) ou de l’apparition d’un maillage de marbrures rougeâtres sur les membres (livédo).
  • une urticaire provoquant l’apparition de petits boutons rouges qui démangent, parfois de manière chronique, surtout chez les personnes qui souffraient déjà d’urticaire avant l’épisode de Covid-19 ;
  • des lésions d’eczéma sous forme de plaques rouges mal délimitées qui démangent et peuvent suinter ;
  • l’apparition spontanée d’ecchymoses (« bleus »), parfois douloureuses, ou de pétéchies (petites taches rougeâtres) ;
  • chez certaines personnes, une perte partielle de cheveux est signalée quelques mois après l’épisode aigu de Covid-19 (comme après de nombreuses situations de stress).

Ces problèmes de peau ont tendance à régresser spontanément mais, chez les personnes qui souffrent de Covid long, ils peuvent réapparaître par poussées. Leur prise en charge repose sur la prescription de traitements adaptés aux symptômes observés, voire de la mise en place de mesures préventives pour éviter les rechutes. Par exemple, protection des extrémités contre le froid, chaussures confortables, protection contre les agents irritant la peau, application de lotions hydratantes, etc. La consultation d’un médecin spécialiste (dermatologue, angiologue) est parfois nécessaire.

Les acouphènes

Certaines personnes souffrant de symptômes persistants après un Covid long se plaignent d’acouphènes, c’est-à-dire de sons perçus sans raison : bourdonnements, tintements, bruissements, grésillements, etc., d’un seul côté ou dans les deux oreilles. Ces acouphènes peuvent être permanents ou temporaires. Ils peuvent s’accompagner de douleur dans les oreilles. S’ils persistent, ils peuvent provoquer des troubles du sommeil et des difficultés à se concentrer, et nuire ainsi à la qualité de vie. Dans certains cas, ils peuvent signaler le début d’une exacerbation des symptômes après un effort. L’avis d’un médecin ORL est préférable afin de s’assurer de l’absence d’atteinte de l’oreille interne.

Pour aller plus loin

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

Service Public d’Information en Santé

Les troubles digestifs associés au Covid long

Article

Publié le 15/02/2024

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Parmi les personnes qui souffrent de symptômes persistants du Covid (Covid long), des troubles digestifs sont fréquemment signalés. Ces symptômes sont plutôt d’intensité modérée et sont fréquemment associés à d’autres symptômes (il est rare qu’ils soient les seuls symptômes). Ils peuvent être à l’origine d’une diminution de la qualité de vie, de déséquilibres alimentaires, voire d’un amaigrissement.

Comment se traduisent les troubles digestifs associés au Covid long ?

Les personnes qui souffrent de ces symptômes décrivent :

  • une diarrhée chronique, symptôme le plus fréquent ;
  • des symptômes de reflux gastro-œsophagien (brûlures d’estomac, régurgitations) ;
  • une digestion difficile et douloureuse associant maux d’estomac après les repas (l’estomac met davantage de temps à se vider, c’est la gastroparésie), impression trop rapide d’avoir suffisamment mangé, fatigue intense, lenteur à la digestion, ou ballonnements au niveau de l’estomac. Parfois la personne signale également des nausées et des vomissements ;
  • des maux de ventre plus ou moins rythmés par les repas, le plus souvent touchant l’ensemble du ventre de manière diffuse ;
  • des ballonnements intestinaux ;
  • de la constipation.

Certains patients se plaignent d’avoir développé une intolérance à des aliments auparavant bien tolérés et éliminent d’eux-mêmes les féculents, le gluten ou les produits laitiers, ce qui peut déséquilibrer leur alimentation. Un amaigrissement important peut en résulter.

Quelles sont les causes de ces troubles digestifs ?

À ce jour, les causes exactes de ces troubles n’ont pas été identifiées. Plusieurs hypothèses existent, qui pourraient être associées.

Par exemple :

  • une inflammation persistante du système digestif, peut-être liée à la persistance du virus dans les cellules des parois de l’intestin ;
  • une production excessive d’histamine par certaines cellules de l’immunité (syndrome d’activation mastocytaire, voir encadré) ; 
  • une atteinte des nerfs vagues (qui contrôlent de nombreuses fonctions « automatiques » du corps comme la digestion, le rythme cardiaque, la respiration, etc.) affectant la vidange de l’estomac ;
  • une perturbation du microbiote intestinal (« flore intestinale ») favorisant l’inflammation de la paroi de l’intestin (dysbiose) ;
  • une conséquence du stress et de l’anxiété générés par les symptômes du Covid long.

Qu’est-ce que le syndrome d’activation mastocytaire ?

On parle de syndrome d’activation mastocytaire lorsque certaines cellules du système immunitaire (les mastocytes, particulièrement impliqués dans les réactions allergiques) sont hyperactives et produisent des quantités anormalement élevées de substances liées à la réaction immunitaire : cytokines, histamine, héparine, leucotriènes, etc. La libération de ces substances peut être déclenchée par le contact avec des allergènes, certains médicaments, l’effort, certains aliments, etc.
Lorsque ces substances sont libérées dans l’organisme en trop grandes quantités, elles entraînent une accélération du rythme cardiaque, une sensation de malaise, des bouffées de chaleur, des nausées, une sensation de brouillard cérébral, des réactions de la peau de type urticaire, etc. Ce syndrome est souvent associé au syndrome de tachycardie posturale orthostatique (PoTS, Postural Tachycardial Syndrome) (lien).

Le syndrome d’activation mastocytaire est traité par divers médicaments dont des médicaments antihistaminiques (H1 et H2).

Que fait le médecin lors de troubles digestifs associés au Covid long ?

Face à des troubles digestifs chez une personne souffrant de symptômes prolongés du Covid, le médecin cherche d’abord à s’assurer qu’aucune autre maladie n’est responsable de ces symptômes. Pour cela, il s’entretient avec la personne sur ses antécédents médicaux, leur nature, leur fréquence, leur régularité, leur intensité, les aliments ou autres facteurs qui les déclenchent ou les aggravent, etc. Il pratique un examen clinique. Le cas échéant, il prescrit des examens complémentaires. 

En cas de résistance aux traitements habituels, le médecin peut décider de prendre un avis spécialisé auprès d’un gastro-entérologue.

Quels sont les traitements de troubles digestifs associés au Covid long ?

Si aucune autre maladie n’a été identifiée, le traitement des troubles digestifs associés au Covid long est essentiellement symptomatique : il vise à soulager les symptômes et améliorer la qualité de vie sans traiter la ou les causes. Ces traitements sont similaires à ceux prescrits aux personnes qui souffrent de troubles fonctionnels digestifs hors Covid long.

Ces traitements symptomatiques peuvent être :

  • des médicaments destinés à réduire l’acidité de l’estomac (en cas de reflux) ;
  • des ralentisseurs du transit intestinal (en cas de diarrhée) ;
  • des médicaments destinés à diminuer les sécrétions de l’intestin (en cas de diarrhée) ;
  • des médicaments contre les crampes digestives ;
  • des médicaments pour soulager la douleur, de type paracétamol ou autres ;
  • des probiotiques, pour rétablir un microbiote intestinal fonctionnel ;
  • parfois, des médicaments antihistaminiques, lorsque le médecin suspecte une hyperactivité de certaines cellules du système immunitaire.

Quelle alimentation adopter en cas de troubles digestifs associés au Covid long ?

Dans certains cas, le médecin peut recommander d’adopter un régime pauvre en FODMAP. Les FODMAP (« oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles ») sont des glucides présents dans certains aliments et qui sont difficilement absorbés par l’intestin. Pour cette raison, ils ont tendance à augmenter la teneur en eau des selles et à favoriser la production de gaz par les bactéries du microbiote (qui sont plutôt friandes de FODMAP pour leur développement). Les aliments riches en FODMAP sont :

  • ceux qui contiennent plus de fructose que de glucose (par exemple, le miel, les mangues, etc.) ;
  • ceux qui contiennent du lactose (lait, produits laitiers non fermentés, etc.) ;
  • ceux qui contiennent des polyols (l’avocat, les champignons, etc.)
  • ceux qui contiennent des fructanes (le blé et ses dérivés, les oignons, l’ail, etc.) ;
  • ceux qui contiennent des galacto-oligosaccharides (les légumineuses, le « lait de soja », etc.).

D’autres adaptations de l’alimentation sont parfois prescrites (par exemple pour éliminer le lactose ou le gluten). Ces adaptations doivent s’accompagner de conseils nutritionnels pour éviter un déséquilibre alimentaire. Dans tous les cas, il est important d’éviter un régime trop restrictif. Un suivi diététique peut être proposé.

Sources

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

Service Public d’Information en Santé

Covid long et symptômes douloureux

Article

Publié le 15/02/2024

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Chez les personnes qui souffrent de troubles persistants après un épisode de Covid-19 (Covid long), les symptômes douloureux sont fréquents et variables d’une personne à l’autre, dans leurs localisations mais également leurs intensités, leurs fluctuations, leurs facteurs déclenchants, etc. Ces douleurs peuvent parfois être rattachées à une cause spécifique (autre maladie, inflammation, atteinte des fibres nerveuses, etc.). Dans la plupart des situations, les examens complémentaires habituels ne mettent pas d’anomalies en évidence, malgré la réalité des douleurs ressenties.

Quels sont les symptômes douloureux lors de Covid long ?

Les douleurs les plus fréquemment signalées sont :

  • des douleurs de la poitrine (thorax) : derrière le sternum, entre les côtes, parfois sensation de poids (oppression) sur la poitrine, parfois accompagnées de palpitations (voir ci-dessous) ;
  • des douleurs de la tête et du cou : maux de tête, douleur d’une oreille (parfois accompagnée d’acouphènes), douleurs oculaires, douleurs de l’articulation entre le crâne et la mâchoire ;
  • des douleurs des muscles et des articulations ;
  • des maux d’estomac et de ventre, avec des crampes, des spasme sou des sensations de brûlure ;
  • des douleurs le long de certains vaisseaux sanguins ;
  • des douleurs des extrémités des membres (douleurs neuropathiques) avec des sensations de brûlure, de froid, de décharges électriques, de picotements, de fourmillements, de démangeaisons, d’engourdissement, etc. Parfois, des sensations de froid douloureux au bout de certains doigts devenant blancs ou bleutés (acrosyndrome).

Le cas particulier des douleurs de la poitrine

Lors de douleurs du thorax, il est important d’exclure d’emblée, comme pour tout patient, les causes cardiaques ou pulmonaires urgentes telles que le syndrome coronarien aigu (un rétrécissement des artères qui irriguent le cœur), l’embolie pulmonaire (un caillot dans un vaisseau sanguin d’un poumon), la péricardite (une inflammation de l’enveloppe du cœur) et la myocardite (une inflammation du muscle du cœur), qui peuvent d’ailleurs être une complication d’un Covid-19. 

Les antécédents médicaux, la durée et la périodicité des troubles, les facteurs déclenchants, les symptômes associés et les facteurs de risque permettent, avec l’examen clinique, d'orienter le diagnostic. Des examens complémentaires, par exemple un électrocardiogramme, sont parfois nécessaires pour le préciser.

Lorsque le médecin peut déclencher les douleurs à la palpation du thorax, il s’agit probablement d'une inflammation de la jonction entre les côtes et le sternum, ou de contractures des muscles responsables de l'inspiration. Une contracture du muscle du diaphragme peut également provoquer de la douleur lors de l’inspiration. Les douleurs du thorax peuvent également être dues à des causes pulmonaires ou gastro-intestinales (gastrite, syndrome du côlon irritable, par exemple). La douleur thoracique peut également être une manifestation d’une exacerbation des symptômes post-effort (lien).

Que fait le médecin face à des symptômes douloureux lors de Covid long ?

En présence de symptômes douloureux, le médecin va chercher à en identifier l’origine, en éliminant les différentes causes possibles, par exemple une maladie inflammatoire, une infection, une maladie auto-immune (lorsque le système immunitaire attaque une partie du corps) ou un trouble cardiaque ou pulmonaire.

Il demande à la personne de décrire précisément les douleurs : son intensité (à l’aide d’échelles analogiques de la douleur), sa durée, sa périodicité, ses fluctuations et les circonstances de sa survenue (effort physique ou intellectuel, stress, variations de température, règles, etc.). Il s’enquiert également d’éventuels autres symptômes ressentis et de l’existence de maladies chroniques qui pourraient expliquer les douleurs (arthrose, rhumatisme inflammatoire, fibromyalgie, etc.).

Il pratique un examen clinique à la recherche de signes physiques (rougeur, gonflements, par exemple) et pour savoir si ces douleurs sont déclenchées ou aggravées par la palpation ou par certains mouvements. Il cherche également à évaluer l’impact de ces symptômes sur l’état psychique du patient et sur sa qualité de vie.

Le cas échéant, le médecin peut prescrire des examens complémentaires ou demander l’avis d’un spécialiste, par exemple un neurologue ou un cardiologue. Lorsque les douleurs ne répondent pas aux traitements les plus courants, ou en présence de douleurs chroniques complexes, le médecin peut demander l’avis d’un spécialiste de la douleur dans un centre spécialisé.

Quels sont les traitements des douleurs lors de Covid long ?

Le principe de traitement des douleurs présentes lors d’un Covid long est similaire à celui de la douleur en général. Il vise à diminuer son intensité, à prévenir le risque de passage à la chronicité et à améliorer la qualité de vie. Le choix du traitement dépend de l'intensité de la douleur, de sa nature, de sa localisation et du patient. La prise en charge des symptômes douloureux chroniques, adaptée au type et à l’intensité de ces douleurs, est essentielle pour la qualité de vie.

Le traitement de la douleur peut nécessiter des médicaments antalgiques (contre la douleur). Le paracétamol, l’aspirine ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, comme l’ibuprofène ou le kétoprofène) sont destinés aux douleurs légères. La codéine ou le tramadol sont destinés aux douleurs modérées ou sévères, ou aux douleurs insuffisamment soulagées par le paracétamol ou les AINS. Les dérivés de la morphine sont plutôt réservés aux douleurs intenses rebelles aux autres antalgiques.

Dans le cas des douleurs neuropathiques, d’autres types de médicaments peuvent être prescrits, spécifiques à cette forme de douleur, dont des médicaments initialement développés pour traiter l’épilepsie ou la dépression.

Il est essentiel que le traitement médicamenteux de la douleur se fasse en concertation avec le médecin traitant. L’automédication prolongée expose à des risques d’effets indésirables et d’accoutumance.

Les médicaments de la douleur peuvent entraîner divers effets indésirables selon les substances utilisées : nausées, troubles de l'équilibre, somnolence, constipation, etc. Certains sont incompatibles avec la conduite de véhicule et la manipulation de machines outils. Le médecin peut éventuellement prescrire des médicaments pour prévenir certains de ces effets indésirables (laxatifs, par exemple). N’hésitez pas à les signaler sans attendre.

Les médicaments ne sont pas la seule manière de soulager la douleur. Des techniques non médicamenteuses existent :

  • des techniques physiques et des exercices de rééducation (de type kinésithérapie) ;
  • des méthodes psychocorporelles comme le tai chi ou le qi gong ;
  • des techniques d’acupuncture et de physiothérapie ;
  • des thérapies cognitives et comportementales ;
  • la relaxation, la sophrologie ou l’hypnose ;
  • dans les centres de prise en charge de la douleur, une technique particulière, la neurostimulation périphérique transcutanée, qui vise soulager la douleur à l’aide d’un courant électrique de faible tension transmis par des électrodes placées sur la peau.

Que les traitements proposés soient médicamenteux ou non médicamenteux, ils nécessitent des réévaluations régulières en vue de s’assurer de leur efficacité et de l’absence d’apparition d’un phénomène de dépendance (pour les médicaments).

Que faire soi-même pour atténuer les douleurs lors de Covid long ?

Le plus souvent, en cas de douleur chronique, les médicaments antalgiques sont prescrits pour une prise à intervalles réguliers, sans attendre d’avoir mal. Ce traitement régulier peut être accompagné d’un traitement « de crise », lorsque la douleur survient malgré le traitement régulier.

Les personnes qui souffrent de douleurs chroniques peuvent compléter leur traitement médicamenteux par des techniques de relaxation à pratiquer lorsque la douleur apparaît. Lorsque des éléments déclencheurs ont été identifiés, il est bien sûr essentiel de les anticiper et de les éviter.

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