Idées reçues sur la ménopause

La périménopause et la ménopause sont des étapes naturelles de la vie des femmes, mais elles soulèvent de nombreuses interrogations. Comment reconnaître leurs premiers signes ? Peut-on encore tomber enceinte ? Quels sont leurs effets sur la santé ? Faut-il prendre un traitement hormonal ? Voici des réponses à quelques questions fréquentes, fondées sur les recommandations médicales et les connaissances scientifiques actuelles.

Périménopause et ménopause : les réponses à vos questions

Faux. Si la ménopause survient en moyenne à 51 ans en France, elle peut se produire bien avant ou après cet âge. La plupart des femmes sont ménopausées entre 45 et 55 ans. Lorsqu'elle survient entre 40 et 45 ans, on parle de ménopause anticipée ou précoce. Avant 40 ans, l'arrêt du fonctionnement des ovaires peut être lié à une insuffisance ovarienne prématurée, une situation qui nécessite une prise en charge particulière. Certains traitements, comme la chimiothérapie anticancéreuse, ou une intervention chirurgicale, peuvent également provoquer une ménopause précoce. 

Les premiers signes de la périménopause (règles irrégulières, bouffées de chaleur, troubles du sommeil, état dépressif, etc.) peuvent apparaître plusieurs années avant l'arrêt définitif des règles. Chaque femme vit donc cette transition à un âge et à un rythme qui lui sont propres [1,2].

Oui. Les périodes de périménopause et de ménopause peuvent favoriser l'apparition de symptômes dépressifs. Les fluctuations hormonales, importantes pendant la périménopause, peuvent perturber l'humeur et augmenter le risque d’état dépressif, en particulier chez les femmes ayant déjà connu des épisodes dépressifs. Les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes et les troubles du sommeil peuvent également contribuer à une fatigue psychologique [1,3]. 

Mais attention : toutes les femmes ne connaissent pas ces difficultés et une dépression ne doit jamais être automatiquement attribuée à la ménopause. En cas de tristesse persistante, de perte d'intérêt ou de plaisir, il est important de consulter. Des traitements efficaces existent.

Non. Une grossesse reste possible pendant la périménopause. Même si la fertilité diminue avec l'âge, les ovaires peuvent encore libérer des ovules, parfois de manière imprévisible. Il est donc nécessaire de conserver une contraception tant que la ménopause n'est pas confirmée. 

Chez une femme de plus de 50 ans qui n'utilise pas de contraception hormonale, on considère généralement que le risque de grossesse devient négligeable après 12 mois consécutifs sans règles. Avant 50 ans et sans contraception, deux années sans règles sont habituellement recommandées avant l'arrêt de celle-ci. 

Chez les femmes qui prennent une contraception hormonale, la situation est plus complexe, car la contraception peut masquer l'arrêt naturel des règles. Votre médecin ou votre sage-femme pourra vous aider à déterminer quand arrêter votre contraception sans risque [4].

Oui pour la périménopause. On peut être en périménopause tout en ayant encore ses règles. Cette période de transition commence généralement entre 40 et 50 ans et peut durer plusieurs années. Les cycles menstruels deviennent souvent irréguliers : les règles peuvent être plus rapprochées, plus espacées, plus abondantes ou au contraire moins importantes. Certaines femmes ressentent déjà des bouffées de chaleur, des troubles du sommeil, une irritabilité, une sécheresse vaginale voire un état dépressif. Ces manifestations sont liées aux fluctuations des hormones produites par les ovaires. En revanche, la ménopause proprement dite correspond à l'arrêt définitif des règles. Elle est généralement confirmée après 12 mois consécutifs sans menstruations, en l'absence d'autres causes [4,5].

C’est compliqué. La pilule prise en continu peut masquer les signes habituels de la ménopause. En effet, certaines pilules suppriment les saignements, même lorsque les ovaires fonctionnent encore. L'absence de règles ne permet donc pas de savoir si la ménopause est installée. De plus, les hormones contenues dans certaines pilules perturbent les résultats des prises de sang destinées à évaluer le fonctionnement ovarien. 

À l'approche de la cinquantaine, le médecin peut proposer de remplacer une pilule estroprogestative par une autre méthode contraceptive mieux adaptée à l'âge et aux éventuels facteurs de risque. Cela permet notamment de surveiller le retour ou l'arrêt naturel des règles. Il ne faut donc pas interrompre sa pilule sans avoir prévu une autre contraception si une grossesse n'est pas souhaitée [2].

Pas vraiment. Dans la grande majorité des cas, aucune prise de sang n'est nécessaire pour diagnostiquer la ménopause. Chez une femme de plus de 45 ans qui ne prend pas de contraception hormonale, le diagnostic repose surtout sur l’examen clinique, la recherche de symptômes caractéristiques et de leur impact sur la vie quotidienne, ainsi que l'absence de règles pendant 12 mois consécutifs. Il existe des dosages hormonaux, notamment celui de la FSH, une hormone produite par le cerveau qui stimule les ovaires. Mais son taux varie beaucoup pendant la périménopause : un résultat isolé ne permet donc pas de savoir avec certitude si une femme est ménopausée. Les autotests de ménopause vendus en pharmacie mesurent la FSH et présentent donc les mêmes limites [2].

Non. La prise de poids n'est pas une conséquence inévitable de la ménopause. Avec l'âge, les besoins énergétiques diminuent et la masse musculaire a tendance à se réduire, ce qui favorise une prise de poids progressive. Les changements hormonaux de la ménopause modifient également la répartition des graisses, qui ont davantage tendance à s'accumuler au niveau du ventre. Mais toutes les femmes ne grossissent pas et cette évolution dépend aussi de l'alimentation, de l'activité physique, du sommeil et des prédispositions individuelles. Pour préserver son poids et sa santé, il est conseillé de pratiquer régulièrement une activité physique et d'adopter une alimentation équilibrée. Les régimes restrictifs ne sont généralement pas une bonne solution [1,2].

Non. La ménopause concerne l'ensemble de l'organisme, et pas seulement les organes génitaux. La diminution des estrogènes peut entraîner des bouffées de chaleur, des troubles du sommeil ou des changements d'humeur, mais elle peut également avoir des conséquences à plus long terme. Elle accélère notamment la perte de densité osseuse, augmentant le risque d'ostéoporose et de fractures. Elle s'accompagne aussi de modifications métaboliques et cardiovasculaires, avec une augmentation progressive du risque d'hypertension, de diabète ou de maladies cardiovasculaires. C'est pourquoi le suivi médical après la ménopause ne doit pas se limiter aux examens gynécologiques. Il doit également permettre de surveiller la pression artérielle, le cholestérol, la glycémie, la santé osseuse et les habitudes de vie [1,2].

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) est le traitement le plus efficace contre les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes. Il peut également améliorer le sommeil, soulager certains troubles génitaux et prévenir la perte osseuse liée à la ménopause. Il consiste à apporter des estrogènes, généralement sous forme de gel ou de patch, associés à de la progestérone ou à un autre progestatif chez les femmes qui ont conservé leur utérus.  

Mais ce traitement n'est ni obligatoire ni recommandé systématiquement à toutes les femmes. Sa prescription dépend de l'importance des symptômes, de l'âge, des antécédents médicaux et des préférences de chacune. Il comporte certains risques, notamment de cancer du sein ou de complications vasculaires, qui varient selon les traitements et les situations individuelles. 

Lorsqu'il est débuté avant 60 ans ou dans les 10 années suivant la ménopause, son rapport bénéfices-risques est généralement favorable chez les femmes qui souffrent de symptômes de la ménopause et qui ne présentent pas de contre-indications. La décision est individuelle et se prend avec le professionnel de santé, après une information complète [1]. 

Faux. Contrairement à une idée répandue, il n'existe pas chez l'homme de phénomène véritablement comparable à la ménopause féminine. Chez les femmes, la ménopause correspond à l'arrêt définitif du fonctionnement reproducteur des ovaires. Elle survient chez toutes les femmes. 

Chez les hommes, la production de testostérone diminue généralement de manière lente et progressive avec l'âge, sans interruption brutale ni disparition systématique de la fertilité. Certains hommes peuvent développer un déficit en testostérone, appelé « hypogonadisme masculin lié à l'âge », qui se manifeste notamment par une diminution du désir sexuel, des troubles de l'érection ou une perte de masse musculaire. Mais ce déficit ne concerne pas tous les hommes et ces symptômes peuvent avoir d'autres causes. Le terme « andropause » est donc trompeur et les médecins préfèrent parler d'hypogonadisme, lorsque celui-ci est confirmé par des dosages hormonaux [6]. 

Peut-être, mais sans preuves convaincantes. De nombreuses plantes sont proposées pour soulager les bouffées de chaleur et les autres symptômes de la ménopause, mais les preuves scientifiques de leur efficacité restent limitées. 

C'est notamment le cas du soja et du trèfle rouge, qui contiennent des phytoestrogènes, des substances végétales capables d'imiter certaines actions des estrogènes. Certaines études suggèrent une réduction modeste des bouffées de chaleur, mais leurs résultats sont contradictoires. L'actée à grappes noires pourrait également apporter un soulagement, sans que son efficacité soit clairement établie pour toutes les préparations.  

Attention : naturel ne signifie pas sans danger ! Certaines plantes peuvent provoquer des effets indésirables ou interagir avec des médicaments. De rares atteintes du foie ont notamment été signalées avec des produits contenant de l'actée à grappes noires. Quant aux compléments de phytoestrogènes, leur sécurité à long terme reste insuffisamment connue, notamment chez les femmes ayant des antécédents de cancers du sein ou gynécologiques. Il est donc préférable de demander conseil à un professionnel de santé avant d'y recourir [7].  

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